Armelle et Claude · armelle
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vers lequel la vie les porta. Ils n’avaient plus ni méchanceté, ni colère. Désormais ils n’aspiraient qu’à se liguer contre l’idée nouvelle que les paroles de Claude avaient évoquée et qui les effleurait sournoisement comme un frôlement d’ailes, la nuit. Elle leur semblait si formidable qu’ils ne savaient trop comment se défendre. La moindre erreur pouvait les perdre. Tout leur effort se bornait, ainsi qu’au premier instant, à se serrer l’un contre l’autre, à se faire petits et humbles devant l’ennemi et à simplement attendre qu’il s’en allât de lui- même.

生活正把他們載往的方向。他們之間不再有惡意,也不再憤怒。從此他們只想聯手對抗一個新的念頭——那是克洛德的話喚起的,像夜裡翅翼輕拂,陰險地掠過他們心頭。這念頭在他們看來太過可怖,他們不知該如何防禦。最微小的失誤,都可能毀了他們。一如最初,他們能做的,只剩彼此緊緊相依,在敵人面前把自己縮得渺小卑微,靜靜等它自行離去。


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Ils se confinèrent dans la tour, berceau et tombe de leur rêve. Ils la voulaient décorer de leurs joies dernières, comme de fleurs tristes, et, au départ, ils la fermeraient pieusement comme on ferme un sépulcre où repose quelqu’un que l’on aima. Surtout ils affectionnaient l’une des chapelles formées par l’embrasure des fenêtres. Leurs songeries se plaisaient à la mélancolie de l’étendue, parmi les collines dénudées et les marais monotones. Ils se prenaient souvent la main, ce qui déliait leur cœur et leurs lèvres. Ils s’affranchirent des silences farouches où chacun pleure au fond de soi, et les larmes de leur vie coulèrent ensemble. Ils s’entretenaient du passé. Ils analysaient leur amour. Et, une à une, se dévoilaient les causes de leur défaite. Claude dit, montrant l’espace : — Tant que nous avons vécu là, seuls, au milieu de la nature, nous nous sommes élevés, parce qu’elle nous mêlait à elle qui est pure et généreuse. Dès que nous

他們把自己關進那座塔裡——那座塔是他們夢想的搖籃,也是墳墓。他們想用最後的歡樂來裝飾它,就像插上幾束哀傷的花;等離開那天,他們要虔敬地把它關起來,如同人們闔上安放著所愛之人的墓穴。他們尤其鍾愛窗龕圍成的小禮拜堂裡的那一座。他們的遐想沉醉在這片天地的憂鬱裡,置身於光禿的山丘和單調的沼澤之間。他們常常牽起彼此的手;這一牽,心和唇都鬆開了。他們掙脫了那種各自在心底暗自哭泣的蠻橫沉默,讓生命的淚水一同流淌。他們談論過去,剖析自己的愛情。導致他們挫敗的種種原因,便一一顯露出來。克洛德指著那片曠野說:「只要我們住在那裡,獨自置身於大自然之中,我們便不斷昇華,因為它讓我們與它那純潔而慷慨的本性交融。可是我們一旦


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l’avons quittée nous avons commencé de descendre. Une autre fois, il accusa la ville : — Il ne fallait pas y entrer. Nous y sommes entrés, et elle nous a fait du mal. Habitués à nous offrir de toute notre foi aux émotions du dehors, nous nous sommes livrés à elle, et elle nous a imprégnés de ses soucis médiocres, et c’est son âme inférieure et non plus celle de la nature qui s’est mêlée à la nôtre. Et Armelle lui objectant : — Alors aucun être noble ne saurait vivre parmi les hommes sans en être avili ? il répliqua : — Si, il en est que nul contact ne souille, il en est d’irréductibles qui partagent la vie des autres tout en gardant leur vie intérieure, et nul milieu qui ne soit propice à leur embellissement. Nous ne sommes pas de ces élus et la ville close a détruit nos meilleures énergies. Ils la renièrent. Elle leur paraissait une prison aux murs infranchissables. Assis

離開了它,我們便開始沉淪。另一次,他怪罪城市:「我們本不該進去。可我們進去了,它便傷害了我們。我們一向以全副虔誠去領受外界的感動,於是把自己交給了它;它那平庸的憂慮浸染了我們。混進我們靈魂的,是它那低劣的靈魂,不再是自然的靈魂。」阿梅勒反問:「那麼,任何高貴的人,只要活在人群之中,就免不了被玷污嗎?」他答道:「不,有些人任何接觸都玷污不了。這些不可屈服的人分享他人的生活,卻仍保有自己的內在生命;沒有任何環境不利於他們的昇華。我們不是這樣的選民。這座封閉的城市,摧毀了我們最寶貴的活力。」他們否定這座城市。在他們眼中,它像一座高牆無法逾越的監獄。他們坐在


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auprès des fenêtres, ils regardaient l’immensité comme un lieu de délices interdit à leurs pas. Ils étaient prisonniers de la ville. Elle ne leur ouvrirait ses portes que pour les jeter sur des chemins opposés où jamais plus ils ne se rencontreraient. Cependant, au plus secret d’eux-mêmes, une voix incessante leur indiquait une issue par laquelle ils pouvaient fuir ensemble, la main dans la main. C’était la petite porte basse que Claude avait découverte. Il suffisait de se courber un peu. Ils n’y voulaient point réfléchir. Si dangereuse qu’ils sentissent la tentation, ils n’admettaient pas qu’elle le fût assez pour avoir raison d’eux. Contre elle s’insurgeait la foule indignée de leurs convictions, de leurs espoirs et de leurs libres tendances. Et la bataille se déroulait dans les champs obscurs de leur cerveau, sans qu’ils cherchassent à voir clair, certains que l’idée ne s’acharnerait pas et s’en irait comme elle était venue.

窗邊,他們凝視著那片廣袤,彷彿那是一處不准他們涉足的樂土。他們成了這座城市的囚徒。城門只會開啟一次,好把他們拋上兩條背道而馳的路,從此永不再相逢。然而,在他們心底最深處,總有一個聲音不斷指著一條出路——只要手牽著手,便能一同逃走。那便是克洛德發現的那扇低矮的小門,只需稍微彎身便可通過。他們不願去多想它。這誘惑明明危險,他們也感覺到了,卻不肯承認它危險到足以征服他們。起而反抗這誘惑的,是他們的信念、他們的希望,和他們自由的天性所匯成的一股憤怒的人潮。於是這場戰鬥就在腦海幽暗的原野上展開,他們也不設法看清——他們確信這念頭不會糾纏不休,來時如何,去時也將如何。


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Ils se traînaient donc de jour en

於是他們就這樣日復一日地


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affaiblis, découragés ainsi que des malades | à qui le dénouement de leurs longues souf- | frances finit par être indifférent. I — Comme je suis lasse ! disait Armelle, | comme je vous devine las !... Pourquoi som- | mes-nous ainsi ? | Ils cherchaient. Ils répétaient les causes de leur misère, l’attribuant en outre aux imperfections inévitables de toute expérience humaine, à l'impossibilité de se maintenir sur des cimes trop élevées. Mais aucun de ces motifs ne les satisfaisait. Il y en avait un autre, unique et tout-puissant, que leur conscience se refusait à discerner et que cependant ils proclamèrent un jour de crise violente où s’étaient déchaînés leurs instincts inférieurs. Ce jour-là on les eût dits tous deux avides de disputes, tant leurs allures dev enaient cassantes et leur ton agressif. Enfin un mot de la jeune femme servit à Claude pour s’écrier : — Soyez donc franche, Armelle, vous

日漸衰弱,意氣消沉,就像久病的患者,漫長苦難的結局如何,早已無關緊要。 「我多麼疲倦啊!」阿梅勒說,「我也猜得出您是多麼疲倦!……我們為什麼會變成這樣?」 他們苦苦思索,反覆檢視這不幸的種種原因,還把它歸咎於人生經歷中難免的缺陷,歸咎於人無法長久停留在過高的頂峰。但沒有一個理由能讓他們滿意。其實還有另一個原因,獨一無二、壓倒一切的原因。他們的良心拒絕去面對它,直到某一天爆發了一場激烈的危機,下等的本能盡情宣洩,他們才終於把它說了出來。那一天,看兩人的舉止變得多麼生硬、語氣變得多麼咄咄逼人,誰都會說他們倆正巴望著吵一架。終於,年輕女子一句話觸動了克洛德,他忍不住喊道:「請您坦白吧,阿梅勒,您


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avez l’air de m'accuser... je ne serais pas fâché de connaître vos griefs. — Je n’ai point de griefs, Claude, nous examinons ce qui a déterminé l’amoindrissement de nos rapports, et je me demande si votre jalousie... — Ma jalousie, mais c’est vous qui l’avez provoquée par votre conduite avec Paul ! Elle s’irrita, de geste et d’accent: — Et de quel droit vous en mêliez-vous? de quel droit avez-vous jeté cet enfant dehors ? — Du droit que j’avais de refréner votre coquetterie, Armelle... Ils étaient debout, l’un devant l’autre, apres et hostiles. Armelle prononça sourdement : — Et votre désir? Croyez-vous que cela ne nous ait pas désunis ?... vous ne compreniez donc pas que rien ne m’échappait de vos accès de convoitise? Oh ! votre désir fiévreux et suppliant, comme il m’exaspérait ! Il lui posa la maiu sur la bouche.

的樣子像是在責怪我……我很樂意聽聽您的不滿。「我沒有什麼不滿,克洛德。我們是在追究,是什麼讓我們的關係淡了。我倒想問,是不是您的嫉妒……」「我的嫉妒?還不是您和保羅(Paul)之間的舉動招來的!」她激動起來,又比手勢又提高聲調:「您有什麼權利干涉?您有什麼權利把這孩子趕出門?」「我有權利約束您的賣弄風情,阿梅勒……」兩人就這麼站著,面對面,僵硬而充滿敵意。阿梅勒壓低了聲音說:「那您的慾望呢?您以為這不曾讓我們離心嗎?……難道您不明白,您那貪慾發作的樣子,沒有一絲逃得過我的眼睛嗎?唉!您那發燒般苦苦哀求的慾望,真叫我受不了!」他伸手掩住了她的嘴。


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— Taisez-vous, Arm elle, ce désir était la vérité... c’était la vérité de ma chair amoureuse de la vôtre, la vérité de la nature et de la vie... Et savez-vous pourquoi nous avons été vaincus ?... je viens de le voir clairement, moi... et je le savais depuis longtemps... et vous aussi... eh bien... voici pourquoi... voici... c’est parce que... Ses doigts se crispaient aux épaules d'Armelle. Il parlait d’une voix solennelle et haletante, comme sous le souffle d’une inspiration : — C’est parce que nous avons dédaigné la vérité, c’est parce que nous avons résisté à la nature et à la vie... Entendez-vous... quand je vous implorais... eh bien... eh bien... Armelle... il fallait vous donner... Elle tomba sur une chaise en sanglotant : — 11 fallait me prendre, Claude... 11 y eut un grand silence. Comme deux flammes blanches luisaient les cris désolés d’Armelle et de Claude. Et à ces flammes vinrent fondre leur colère et leur injustice.

「別說了,阿梅勒,這份慾望是真實的……它是我愛戀您的肉體的真實,是自然與生命的真實……您知道我們為什麼落得這個下場嗎?……我方才看得清清楚楚……其實我早就知道了……您也一樣……那麼……原因就在這裡……就是……就是因為……」 他的手指緊扣著阿梅勒的肩膀,聲音莊重而急促,彷彿受著某種靈感的吹拂: 「就是因為我們鄙棄了真實,就是因為我們違抗了自然與生命……您聽見了嗎……當我懇求您的時候……那麼……那麼……阿梅勒……您本該把自己交給我……」 她癱坐進一把椅子,啜泣著: 「您本該占有我,克洛德……」 一片巨大的沉默。阿梅勒與克洛德哀慟的呼喊,如兩道白焰閃爍著。而他們的憤怒與他們的不公,也都消融在這兩道火焰之中。


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II s’assit à quelque distance d’elle et, les mains jointes sur son front, il dit à voix basse : — Il fallait nous prendre... c’est notre faute à tous deux... nous nous sommes trompés... Si nous nous étions pris, nous pouvions nous passer de la nature et la ville close ne nous eût pas fait de mal... Oh ! comment n’avons-nous pas senti notre devoir ? tout nous l’indiquait, la marche progressive de nos rêves, ausi bien que l’abandon de nos attitudes. Au fond de la Bretagne, ne vous ai-je pas avoué mon désir comme une chose sainte et logique, et ne l'avez-vous pas accueilli sans honte ? Notre amour, qui avait monté toujours, voulait franchir le degré suprême qui le séparait de son but. J’en ai eu l'intuition, moi, sur la lande de Lanvaux : il eût été beau de s’y prendre. — Moi aussi, Claude, j’en ai eu l’intuition. Il continua d’un ton amer : — Mon dieu, mon dieu, à quelles inepties

他在離她不遠處坐下,雙手交疊在額前,低聲說:「我們本該彼此占有……這是我們兩人的過錯……是我們錯了……倘若當初我們占有了彼此,便不需要依靠自然,這座封閉的城市也就傷害不了我們……唉!我們怎麼會感受不到自己的義務呢?一切都向我們指明了它——我們夢想的逐步推進,正如我們姿態的鬆懈,都在說明這一點。在布列塔尼(Bretagne)的深處,我不是曾把我的慾望當作神聖而合理的事,向您坦白了嗎?您不是也毫不羞恥地接納了它嗎?我們的愛一路攀升,一心想跨過那將它與目標隔開的最後一級臺階。在朗沃荒原(lande de Lanvaux)上,我便有了這種預感:在那裡占有彼此,本該是多麼美好。「我也一樣,克洛德,我也有過這種預感。」


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nous sommes-nous soumis? Notre serment, quelle bêtise ! ma crainte de la lassitude, votre haine du désir, notre effroi de gâter le charme de nos rapports, quelles folies ! Nous qui avons brisé les barrières les plus solides, nous n’avons pu vaincre la peur de l’acte amoureux. Car au fond, c’est devant cela que nous avons reculé. On a fait de cet acte quelque chose d’épouvantable et de mystérieux. C’est une sorte d'abîme, un gouffre que l’on entoure d’obstacles et contre lequel on nous prévient dès notre enfance. On le qualifie en termes méprisants, chute, défaillance, faute. Se donner, c’est succomber. Les mots amant et maîtresse sont des injures. C’est l’acte le plus important. Deux êtres qui s’aiment diffèrent totalement selon qu’ils l’ont accompli ou non. On croirait qu’ils n’ont plus la même âme. Voilà ce qui nous a terrifiés. Nous n’avons pas compris qu’au point de vue moral l’acte d’amour ne signifie rien, rien en vérité... — Oh ! Claude, dit Armelle, c’est ma

我們竟向什麼屈服了?我們的誓言,多麼愚蠢!我怕倦怠,您恨慾望,我們又怕破壞了彼此關係的魅力——這一切多麼瘋狂啊!我們連最堅固的屏障都突破了,卻戰勝不了對愛之行為的恐懼。說到底,我們正是在這件事面前退縮了。人們把這件事弄得可怕又神祕。它像一道深淵,四周圍滿了重重障礙,從小大人就警告我們要提防它。人們用輕蔑的字眼稱呼它:墮落、失足、過錯。奉獻自己,便是屈服。「情人」和「情婦」竟成了罵人的話。可這偏偏是最要緊的行為。兩個相愛的人,做過與沒做過,便截然不同。人家會以為,他們從此不再擁有同樣的靈魂。我們怕的正是這個。我們不明白,就道德而言,愛的行為毫無意義,說真的,毫無意義……「唉!克洛德,」阿梅勒說,「這是我的


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h 229 faute, la faute de mes répugnances et de mes incompréhensions de femme. — C’est la mienne aussi, Armelle, vous l’avez dit, il fallait vous prendre, vous prendre de force, violer votre instinct et votre chair. Mais, comme vous, je ne savais pas et je n’ai jamais cherché à vous convaincre. Il se rapprocha d’elle. — Je vais vous dire ce que nous devions faire. Puisque nous nous aimions, sincèrement et hautement, nous devions d’abord jouir de notre amour, suivant notre droit et notre devoir, et nous accorder les grandes et fortes joies de la chair. Puis nous devions revenir à Paris, vivre ensemble ou séparément selon notre volonté, mais nous mêler à la vie de nos semblables. Et j’affirme que, protégés par un amour normal et magnifique, nous n’eussions pas descendu. Je n’aurais pas été jaloux ni vous provocante. Confiants l’un en l’autre, pleins de souvenirs et d’espoirs, en harmonie parfaite avec la nature, en harmonie parfaite

過錯,錯在我身為女人的嫌惡與不解。「這也是我的過錯,阿梅勒,您說過了。本該占有您,強行占有您,衝撞您的本能與肉體。可是我和您一樣懵懂,從來沒想過要說服您。」他靠近她。「我來告訴您,我們本該怎麼做。我們既然真摯而坦蕩地相愛,首先就該依著自己的權利與義務,盡情享受這份愛,讓彼此領受肉體那強大而深刻的歡愉。然後再回巴黎,願意同住就同住,願意分居就分居,但總要融入我們同類的生活。我敢說,有這麼一段正常而壯麗的愛情護佑著,我們絕不會沉淪。我不會嫉妒,您也不會挑釁。彼此信任,懷著滿心的回憶與希望,與自然、與我們


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wuy yl • • gr ee s . avec tous nos instincts, affranchis des pré- lta ... juges stupides et des entraves gênantes, nous étions invincibles. Nous devenions vraiment les deux êtres libres, beaux, complets, graves et simples, que nous avions rêvé de devenir. Nous pouvions tendre la main aux autres... Au lieu de cela... Il s’interrompit. La vision du rêve perdu le brisait. Ses lèvres tremblaient. Il ne réussit qu’à prononcer : — Maintenant... Armelle... il faut rompre... ou bien... ou bien... Il n’acheva pas. Il la contemplait avec égarement et soudain, il s’abattit à ses pieds en gémissant : — Je t’aime, Armelle, je t’aime à en mourir, ne me quitte pas, ne nous quittons jamais... je ne puis vivre sans toi... Oh ! mon Armelle, mon Armelle... Il embrassait, comme un suppliant, les genoux de la jeune femme. Il roulait sa tête entre les mains abandonnées et il répétait : Mon Armelle, mon Armelle... aie .. ne me quitte pas...

與我們的一切本能完美和諧,擺脫愚蠢的偏見和惱人的束縛,我們將是無敵的。我們會真正成為夢想中的那兩個人:自由、美好、圓滿、莊重而質樸。我們本可以對周遭的人伸出援手……可是呢……他說不下去了。失落夢想的景象將他擊碎了。他的嘴唇顫抖著,勉強擠出一句:「現在……阿梅勒……必須分開……否則……否則……」話沒說完。他神情恍惚地望著她,忽然呻吟一聲,撲倒在她腳邊:「我愛您,阿梅勒,我愛您愛到願意死去。別離開我,我們永遠別分開……沒有您,我活不下去……唉!我的阿梅勒,我的阿梅勒……」他像懇求者似的,親吻著年輕女子的雙膝,把頭枕在她垂下的雙手之間滾動,反覆說著:「我的阿梅勒,我的阿梅勒……別……別離開我……」


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Elle le laissait faire, les bras inertes, le visage impassible. Ayant levé les yeux sur elle, il fut frappé de sa froideur. A quoi pensait-elle ? Il dénoua son étreinte. Et ils ne bougèrent plus, l’un près de l’autre, et si loin l’un de Vautre. Des jours s’écoulèrent. Ils les vécurent ensemble. Jamais toutefois, il n’y eut entre eux autant d’indifférence. Chacun pensait et souffrait à part. Les heures mornes sonnaient sans qu’une parole fût échangée. Ils essayaient de voir l’avenir. Ils reconnaissaient que la vie à Guérande ou à Paris, dans des conditions d’amour analogues, était impossible. Alors indéfiniment se présentaient les deux issues, toutes deux aussi détestables, la rupture ou le mariage. Et de la première comme de la seconde, ils s’éloignaient avec horreur. Souvent Claude répétait — Non, n’est-ce pas, Armelle, nous ne nous quitterons jamais? — Nous ne nous quitterons jamais, répondait la jeune femme, distraite.

她任他就這樣,雙臂垂著不動,面容平靜無波。他抬起頭望向她,被那份冷漠震住了。她在想什麼?他鬆開了擁抱。此後兩人一動也不動,身體挨得這麼近,心卻隔得這麼遠。日子一天天過去,他們依舊朝夕相處。然而兩人之間的漠然,卻從來沒有這麼深過。各人各自想著心事,各人各自忍受痛苦。時鐘沉悶地響著,兩人卻連一句話也不交談。他們試著看清未來,也承認了:再這樣愛下去,無論住在蓋朗德還是巴黎,日子都過不下去。於是兩條出路一次次浮現眼前,同樣令人厭惡——分離,或是結婚。而對這兩者,他們都心存恐懼,避之唯恐不及。克洛德常常問:「不會的,對吧,阿梅勒,我們永遠不會分開的,對吧?」「我們永遠不會分開,」年輕女子心不在焉地回答。


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L’autre issue demeurait ouverte. Et l’idée, l’idée inqualifiable dont ils avaient négligé le péril, ne les lâchait pas, non plus ennemi caché, à l'attaque sournoise, mais ennemi nombreux et audacieux qui les harcelait et les investissait étroitement. Une fatigue extrême leur soufflait les pires conseils. Un absurde besoin de réhabilitation les guettait dans les rues de la ville close. Toutes leurs habitudes de mondains, tous les préjugés, toutes les vieilles croyances, toutes les opinions établies, montaient à l’assaut comme des troupes disciplinées et coutumières de la victoire. Et leur désir surtout les disposait à se rendre. Ils s’appartiendraient ! Ils goûteraient la volupté sans être néanmoins amant et maîtresse. Et de la sorte, ils satisferaient à toutes les lois et à toutes les règles et ils n’auraient à lutter contre rien, ni contre personne, ni contre eux-mêmes. Quelle tentation ! Mais une certitude absolue les rassurait

另一條出路依然敞開。那個念頭,那個難以言喻的念頭——他們早已輕忽了它的危險——始終不放過他們。它不再是暗中埋伏、偷襲突擊的敵人,而是兵多將廣、大膽囂張的敵軍,不斷騷擾他們,把他們團團圍住。極度的疲憊在他們耳邊灌輸最壞的主意。一種荒謬的挽回顏面的念頭,就在這座圍牆之城的街頭窺伺著他們。他們身為社交名流的一切習性、一切成見、一切舊信仰、一切既定觀念,像訓練有素、慣於取勝的軍隊一般發動總攻。而最令他們動搖、最想叫他們投降的,是他們自己的慾望。他們將只屬於彼此!他們能享受歡愉,卻不必做情人與情婦。如此一來,他們便合乎一切法律、一切規範,不必對抗任何事,不對抗任何人,也不對抗自己。多麼大的誘惑!但一種絕對的確信讓他們安心,相信


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contre un tel dénouement. Ils seraient sau-

不會落到這般下場。他們一定會得


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vés, dût un miracle intervenir. De cela, ils ne doutaient point. Armelle cependant gardait toujours son visage impénétrable et son étrange silence.

救的,哪怕得靠奇蹟降臨。這一點,他們毫不懷疑。然而阿梅勒始終是一張難以捉摸的臉,和一份奇異的沉默。


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Claude était seul dans la chapelle de la salle. On partait le lendemain. Il y avait un pâle soleil d’hiver, à peine une couronne de blancheur parmi les voiles gris du ciel. Nulle espérance ne semblait encore frissonner au cœur des arbres noirs et nulle gaîté sourire sur la peau rugueuse des champs. La mer se cachait derrière l’horizon. Les yeux allaient de préférence vers les tas de sel qui animent le marais comme des tentes innombrables où camperait une armée invisible. Et à droite, au bord d’une plaine, deux moulins aussi attiraient l’attention avec leurs mouvements désordonnés. Tâchant en vain de s’intéresser au spec-

克洛德獨自在廳堂的小教堂裡。他們明天就要啟程。冬日太陽蒼白,灰色雲幕之間,只掛著一圈微弱的白暈。黑漆漆的樹木,心底似乎沒有半點希望在顫動;乾裂的田野,表面也不見一絲歡愉浮現。大海躲在地平線後面。目光總是不由自主地落在那些鹽堆上——它們點活了沼澤,宛如紮營的無數營帳,裡頭駐著一支看不見的軍隊。右邊,平原邊緣,兩座風車也以其雜亂無章的轉動引人注目。克洛德勉強想對眼前的大自然景


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tacle de la nature, Claude songeait à l’époque où tous deux compatissaient à l’air minable de petites plantes malingres. Pourraient-ils jamais s'émouvoir, eux que ne secourait plus l’exaltation de leurs âmes mêlées? Mais un effleurement le surprit : Armelle était auprès de lui sans qu’il se fût avisé de son approche. Silencieusement, par gestes doux, elle s’assit à côtés, lui entoura le cou de son bras, croisa les mains et s’appuya la tête contre son épaule. Il défaillit de gratitude. Un peu de son mal s’apaisait. Il n’osa l’en remercier, tellement l’effarait le bruit d’une parole, et ils regardèrent ensemble le paysage morne dont les efforts du soleil aggravaient la mélancolie. Claude se souvint de minutes analogues où le destin leur avait permis la même félicité. Etait-ce la dernière de ces minutes et devait-il attribuer à l’imminence de l’adieu cette grâce suprême? Son angoisse imagina le retour à Paris, la vie solitaire, les doutes inévitables. Et Vidée, Vidée

色提起興趣,心中想的卻是往昔,想著兩人曾一起憐憫那些瘦弱小植物的可憐模樣。靈魂交融的昂揚如今不再救助他們,他們還能感動嗎?忽然一陣輕觸讓他一驚:阿梅勒已在他身旁,他竟渾然不覺。她默默坐到他身邊,動作輕柔,用手臂環住他的脖子,十指交扣,頭靠上他的肩。他感激得幾乎暈眩,一部分痛苦也隨之平息。他不敢向她道謝——任何一言一語的聲響都令他惶恐——於是兩人一同凝望那片陰鬱的風景,太陽的努力反而加深了它的憂鬱。克洛德想起類似的時刻,命運也曾讓他們享有同樣的幸福。這會不會是最後一次?這至高的恩寵,是否該歸因於離別在即?他的焦慮想像著返回巴黎,孤獨的生活,不可避免的疑慮。而那個念頭,那個


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tenace revint. Il la chassa. D’autres visions cruelles accoururent. Il tressaillit. Armelle se coulait peu à peu contre lui, souple, insinuante et câline. Se dominant, il fut attendri de la peine que supposait un tel accès d’abandon et ne voulut pas y répondre par quelque brutalité. Il évoqua leurs malentendus, son piège sournois un soir de démence, tout le drame obscur de leurs instincts. Il se renversa, car le parfum des cheveux blonds lui grisait le cerveau. Bientôt Armelle l’enlaça si étroitement que, à travers l’étoffe lâche de la robe, il sentit s’écraser sur sa poitrine le gonflement de la gorge. Il ferma les yeux afin de ne pas voir du moins. Cependant elle en

那頑固的念頭又回來了。他把它驅走。接著,一幕幕殘酷的幻影襲來。他不禁一顫。阿梅勒正一寸一寸地貼向他來,那麼柔軟,那麼纏綿,那麼親暱。他克制住自己。她想,她這樣傾身相就,想必是強忍著痛苦,他心一軟,不忍以任何粗魯的舉動回應。他想起兩人之間的種種誤解,想起某個癲狂的夜晚她設下的陰險圈套,想起他們本能之間那整齣晦暗的戲碼。他向後仰身,金色髮絲的香氣熏得他腦中醺然。不一會兒,阿梅勒緊緊擁住他,隔著裙衫寬鬆的布料,他感覺到喉頭的隆起壓上自己的胸口。他閉上眼睛,至少別再看見。然而她正


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trait en lui de tous côtés par l’odeur de sa chair et par le rythme de son souffle et par le seul fait de sa présence. Il fut sur le point de crier : — Epargnez-moi, Armelle. Les restes vacillants de sa volonté s’unirent contre tout ce qui pouvait décevoir la

她正從四面八方侵入他,靠著肌膚的氣息,靠著呼吸的節奏,甚至單憑她的存在。他幾乎要喊出來:「饒了我吧,阿梅勒。」所幸他意志僅存的那點微弱力量聯合起來,抵禦一切可能讓這位


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jeune femme. Il pensa qu’elle espérait en cette intimité pour ramener une dernière fois l’harmonie de leurs âmes et orner d’une belle émotion les heures laides du départ. Pas un geste ne la punirait de sa confiance. Elle montait vers lui d’un glissement continu. A travers ses paupières closes, il devina son visage. Une haleine fraîche le frôla. Les lèvres devaient se tendre.

年輕女子失望的事物。他想,她是想在這份親密之中,最後一次喚回兩人靈魂的和諧,好為離別的醜陋時辰添上一份美好的情感。任何舉動都不該懲罰她的信賴。她一路輕輕滑移,向他貼近。閉著眼,他已猜出她的面容。一縷清新的氣息拂過來。嘴唇想必正要湊上了。


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Ses bras se raidirent. Ses doigts s’agrippèrent au banc. Puis les lèvres vinrent. Elles se posèrent sur son front, sur ses tempes, sur ses joues, traçant un chemin de baisers qui s’approchait de sa bouche. Alors il comprit. Il eut un instant le vertige. Le désir le secouait d’une onde de folie. Il allait céder. Mais ayant ouvert les yeux, il rencontra les yeux d’Armelle et ils lui parurent si gênés et si timides qu’une immense pitié l’envahit pour celle qui s'offrait. Il voulut se dégager. Brusquement, en un sursaut d’énergie nerveuse, elle le saisit et balbutia :

他的手臂繃緊了。手指緊抓著長凳。接著,嘴唇來了。落在他額上、太陽穴上、雙頰上,一路印下親吻,逐漸逼近他的唇。於是他明白了。剎那間,他一陣暈眩。慾望像瘋狂的浪潮般撼動著他。他就要屈服了。但一睜開眼,他迎上了阿梅勒的目光。那雙眼如此侷促、如此羞怯,一股無邊的憐憫頓時淹沒了他,憐惜著這位以身相許的女子。他想抽身。她卻突然鼓起一股神經質的猛勁,抓住他,喃喃說道:


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"WWWO"YIT‘ TTMPYr FI TT P 5 " nmor » RrNa.,re EEetimwer 238 — Prends-moi Claude... oh! prends- moi... je n’en puis plus, j’ai besoin de ton étreinte... prends-moi, mon Claude...*

「要了我吧,克洛德……喔!要了我……我再也撐不住了,我好需要你的擁抱……要了我吧,我的克洛德……」


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Elle cherchait ses lèvres. Elle le caressait

她找尋他的唇,用赤裸的雙臂撫愛著他。


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de ses bras nus. Elle le tentait de sa gorge libre. Et c’était infiniment triste ce manège de vierge inhabile, aux gestes gauches et trop hardis, à la voix embarrassée, et qui donnait une impression chaste malgré l’impudeur de son acte. Il fut désolé. Comme elle devait souffrir pour obliger ainsi ses lèvres au mensonge et son corps à la comédie d’un désir qu’elle n’éprouvait pus ! — Ma pauvre Armelle, murmura-t-il. Ces mots la bouleversèrent. Elle se re

用袒露的頸胸誘惑他。這幕情景無限悲涼:一個生澀的少女,動作笨拙卻過於大膽,嗓音窘迫,舉止儘管放肆,卻透出一股貞潔的味道。他心中哀痛。她得多痛苦,才要這樣逼自己的嘴唇說謊,逼自己的身體演出這齣戲,演一種她根本感受不到的慾望!「我可憐的阿梅勒,」他低聲說。這句話令她心碎。她掙


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