Armelle et Claude · armelle
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nous tendions, Claude, nous aimer, surtout nous aimer bien, voilà le rêve qui se cachait sous les phrases. — Oh! Armelle, est-il d'autre rêve possible entre l’homme et la femme?... Ce qui fut notre rêve à nous, c’est de nous aimer suivant un idéal plus noble et plus rare, et nous nous aimons de la sorte. Un orgueil surhumain les éleva, comme s’ils fussent parvenus à quelque cime inaccessible d’où ils découvraient l’audace du chemin effectué. Un air plus pur les baignait. Il n’y avait rien autour d’eux que l’immensité. Dans leur ivresse, ils se rapprochèrent encore l’un de l’autre. — Je vous aime, Claude, mon amour a grandi à l’ombre de l’ignorance... je n’ai rien fait pour vous aimer... je ne savais pas que je vous aimais... et depuis que je le sais, je m’aperçois que vous êtes toute ma vie. Il goûta délicieusement la saveur de l’aveu. — Moi non plus, je n’ai pas appelé l’amour, il est venu à mon insu comme une

趨向的那個看不見的目標了,克洛德。我們相愛,尤其要好好地相愛——這就是藏在字句底下的夢。」「噢!阿梅勒,男人與女人之間,還能有別的夢嗎?……我們的夢,是按照一種更高貴、更罕見的理想去相愛,而我們正是這樣相愛的。一種超人的驕傲把他們高高托起,彷彿他們已登上某座不可企及的峰頂,從那裡俯瞰走過的險路。更純淨的空氣沐浴著他們。四周除了浩瀚無垠,一無所有。他們陶醉之中,彼此又靠近了些。「我愛您,克洛德。我的愛情是在無知的陰影下長大的……我沒有做任何事去愛您……我不知道自己愛您……自從我知道以後,才發覺您就是我的全部生命。他美妙地品嚐著這表白甘美的滋味。「我也一樣,我並沒有召喚愛情,它不知不覺地來到我身邊,像一份


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récompense, comme le couronnement d’une œuvre de foi et de sincérité... Et je puis vous le dire : je vous aime, je vous aime, Armelle... Vous comprenez bien, n’est-ce pas : je vous aime. Pour la première fois, je dis ces mots à une femme selon leur sens véritable. Auparavant, ils signifiaient : « Vous êtes à moi, je vous tiens. » Aujourd’hui, je dis simplement que je vous aime... J’aime votre âme, j’aime l’être que vous êtes... je vous veux du bien... Ils sortaient de la lutte, vainqueurs. Ils s’aimaient selon leur vœu, ils pouvaient agir à leur guise. Chacun demeurait libre, leur amour ne les armant d’aucun droit et ne les frappant d’aucun devoir. Que Claude restât, l’ami d’une ancienne maîtresse, que Mlle de Rhuis se plût en la compagnie d’autres hommes, ou que le caprice de l’un leur infligeât le mal de l’absence, leur accord n’en serait pas atteint. — C’est que l’intimité de nos âmes, dit Landa, se produit dans une atmosphère si sereine que nous ne cessons de nous voir,

獎賞,像信實與真誠所成就的事業終於加冕……而我大可以對您說:我愛您,我愛您,阿梅勒……您很明白,對吧,我愛您。這是我第一次對一個女人說出這話,說出它真正的含義。從前,這話說的是:「您屬於我,我佔有您。」今天,我只是單純地說,我愛您……我愛您的靈魂,愛您這個人……我願您幸福……他們走出掙扎,像勝利者一般。他們如願相愛,行事自如。兩人依然各自自由——他們的愛既不賦予任何權利,也不施加任何義務。克洛德還是舊情人的朋友也好,德呂斯小姐樂於與別的男人作伴也好,或是一方任性、使兩人嘗受離別之苦也好,他們的默契都不會受損。「這是因為,朗達說,我們心靈的親密是在這樣寧靜的氛圍中產生的,所以我們不斷地


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de nous entendre, d’avoir conscience l’un de l’autre et, par là, de nous respecter. J’ai de votre existence une notion aussi nette que de la mienne, et ce que vous êtes ne me semble pas moins important que ce que je suis. Et puis nous sommes imprégnés d’une telle beauté! Il y a entre nous tant d’émotion, et non pas l’émotion restreinte et un peu artificielle que provoquent les faits et les pensées, mais l’émotion limpide et intarissable de la nature. Comment pourrions-nous nous abaisser à un acte mesquin? Il y eut un moment de silence affectueux, Armelle murmura : — Comme nous sommes près l’un de l’autre !... Claude, il me semble que je suis entre vous et moi... Il défaillit sous la caresse des mots. — Armelle, dit-il gravement, de toute sa force et de toute sa loyauté, si je savais qu’un autre vous aimât mieux que moi, je vous l’amènerais. Armelle, c’est vous que j’aime en vous, ce n’est pas moi.

彼此聽得見,彼此意識到對方的存在,因而彼此尊重。我認識您的存在,就像認識我自己的一樣清晰;您是怎樣的人,在我看來,並不比我重要多少。何況我們浸潤在這麼美的東西裡!我們之間有這麼多的感動——不是由事實與思想引起的那種狹隘、略帶人工的感動,而是大自然那清澈而不竭的感動。我們怎麼可能自貶去做卑劣的事呢?一陣深情的沉默。阿梅勒低聲說:「我們是多麼貼近啊!……克洛德,我覺得我就在您與我之間……」他幾乎被話語的撫愛弄得暈眩。「阿梅勒,」他鄭重地說,「若我知道有誰比我更愛您,我會把您帶到他那裡去。阿梅勒,我愛的是您之中的您,而不是我自己。」


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Elle eût voulu le remercier avec des paroles inconnues. Des appétits de bonté etde dévouement s’éveillaient en elle, et cela lui fit dire : — Claude, la vérité conquise, faut-il la garder pour nous? Le devoir n’est-il pas désormais de tendre la main à ceux qui marchent au hasard? Il prononça très bas et d’une voix frémissante : — Est-ce que notre avenir se borne à

她好想用從未有人說過的話來感謝他。行善與奉獻的渴望在她心中甦醒,於是她說道:「克洛德,這份得來的真理,只該留在我們兩人手中嗎?從今以後,我們的責任,難道不是向那些盲目摸索的人伸出手嗎?他以極低的、微微發顫的聲音說:


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celte œuvre de secours? Et nous?... nous, Armelle, qu’allons-nous faire pour nous? Le silence fut lourd. La demande de Claude se perdit comme un bruit dans les ténèbres. Armelle ne la releva pas, et, lui- même, intérieurement, se dérobait devant une réponse à la question qu’il avait émise. Des nuages s’étaient amassés. Il tomba quelques gouttes d’eau. Ils se quittèrent. Deux semaines s’écoulèrent de bonheur inaltérable. Ils ne se lassaient pas de répéter les chères et douces syllabes de l’aveu. Elles leur étaient toujours nouvelles. Ils

「難道我們的未來,就只到這救助的工作為止嗎?那我們呢?……我們,阿梅勒,我們自己又該怎麼辦呢?」 沉默沉甸甸的。克洛德這一問,像黑暗中的一聲響,就這麼沒了下文。阿梅勒沒接話;連他自己,心裡也在閃躲,不願回答自己提出的這個問題。雲層已經聚攏過來,落下幾滴雨,兩人便分開了。 之後的兩個星期,幸福得無可動搖。他們一遍又一遍念著表白裡那些親愛而柔美的音節,怎麼也不厭倦;那些音節對他們永遠是新鮮的。他們


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s’étonnaient de les dire et de les entendre. C'était d'ailleurs un sujet continuel d'étonnement que cet amour inattendu, et ils en causaient comme d’un miracle auquel ils avaient peine à croire. Mais à la suite d’un refroidissement, Mlle de Rhuis dut garder la chambre pendant plusieurs jours, et une réserve assez inexplicable leur interdit de se réunir chez elle. Ils s’écrivirent alors de longues lettres où leur amour prenait une couleur plus violente et marquait une sorte de fougue plus

他們自己說著、聽著這些話,也覺得驚訝。這段意想不到的愛情,本來就令人時時驚異;他們談起它,就像談論一樁難以相信的奇蹟。但德呂斯小姐染了風寒,只好臥房休養了好幾天;一種相當難以解釋的顧忌,使他們不得再到她家聚首。於是他們開始互寫長信,信中的愛情變得更加熾烈,帶著一種更


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instinctive, presque douloureuse, des lettres où ils se disaient des choses qu’ils n’eussent point dites de vive voix. Souvent ils se contemplaient à travers la vitre des fenêtres et la trame de la pluie. Le soir, leurs rêves entre-croisés venaient voleter autour de leur lampe comme des papillons ivres de lu- mière.

那是一種本能的、近乎痛苦的狂熱。在信裡,他們說出了當面絕不會說出口的話。他們常常隔著窗玻璃,隔著雨簾,彼此凝望。到了夜晚,兩人交織的夢便飛繞在燈邊,像一群醉了光的蝴蝶,翩翩飛舞。


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Armelle remise, ils n’osèrent cependant s'aventurer sur les grand’routes, et bien qu’ils s’y fussent refusés jusqu’alors, ils entrèrent dans Guérande. Peut-être, en

阿梅勒痊癒之後,他們卻仍不敢走上大路冒險。此前他們一直不肯進城,這回卻還是進了蓋朗德。或許,在


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152 ARMELLEET CLAUDE approchant de leurs semblables, obéissaient-ils à un espoir informe et chimérique de propagation, peut-être au désir plus vague encore de diminuer des occasions de solitude qu’ils ne sentaient point sans quelque péril. L’autre façade du manoir commandait une impasse étroite qui s’en va vers les rues du centre. En dedans de l’enceinte, c’est d’abord un cercle de jardins spacieux, puis les ruelles et les passages s’enchevêtrent, tortueux, mal pavés, bordés de maisons inégales que ne distingue aucun symptôme d’ancienneté. Au milieu s’élève la cathédrale dédiée à Saint-Aubin. D’ensemble peu harmonieux, de styles divers, elle leur plut par de jolis détails, par la chaire extérieure, par les sculptures grimaçantes qui ornent les chapiteaux de quelques piliers. On observait curieusement leurs allées et venues. Ils entendirent qu’on les appelait le frère et la sœur, et cela les amusait de simuler des attitudes indifférentes que

走近同類,他們或許是順從一種模糊而虛幻的希望,想把自己的愛傳揚出去;或許是出於更曖昧的心願,想減少獨處的機會——他們隱隱覺得,獨處並非全無危險。莊園的另一面臨著一條窄巷,通往市中心的街道。圍牆之內,先是一圈寬敞的花園;再往裡,小巷與通道縱橫交錯,彎彎曲曲,鋪石殘破,兩旁房屋參差不一,看不出半點古老的痕跡。正中矗立著奉獻給聖奧班的教堂。整體說來並不和諧,風格也雜,卻憑幾處精緻的細節討他們歡喜——室外那座講道壇,還有幾根柱頭上雕的猙獰像。人們好奇地打量他們進進出出。聽見別人稱他們兄妹,他們覺得有趣,便裝出一副副冷淡的姿態,暗地裡卻被緊握的雙手和綿綿情話拆穿。


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démentaient en secret la pression de leurs mains et l’échange de paroles tendres. Mais un jour, ayant franchi le seuil d’une boutique poussiéreuse, encombrée de meubles décrépits et de tapisseries lamentables, ils découvrirent un Christ en faïence dont les pieds trempaient au creux d’un bénitier. Et la marchande, une vieille grosse femme emmaillotée de châles, engagea Claude à l’offrir à sa dame. Il la reprit, en souriant : — A ma dame?... non, à ma sœur... Elle les examina par-dessus ses lunettes et ricana : — Etes-vous bien sûr? Ce doute les ravit et, au retour, Armelle disait :

暗中,兩人緊握的雙手和綿綿情話,卻把這份冷淡拆穿了。然而有一天,他們跨進一間灰塵滿布的店鋪,店裡堆滿破敗的舊家具和寒酸的掛毯,竟發現一尊陶土基督像,雙腳浸在聖水缽裡。女店主是個裹著披巾的胖老婦,慫恿克洛德把它送給他的夫人。他笑著回答:


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— Comment les autres peuvent-ils se tromper? Si je rencontrais deux êtres s’aimant comme nous, je devinerais aussitôt leur amour. Je sens que mes yeux changent quand je suis près de vous, et qu’ils ont pour les choses des regards qu’ils n’ont pas loin de vous.

「別人怎麼會看走眼呢?要是碰上兩個像我們這樣相愛的人,我馬上就能察覺出來。我覺得,待在您身邊的時候,我的眼神都變了——看東西的目光,是離開您之後所沒有的。」


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Ils montèrent sur la plate-forme de la tour, rapidement, selon leur coutume en ces minutes heureuses, et pieusement, comme s’ils apportaient à quelque dieu, pour la faire éclore et fleurir, leur joie nouvelle. — Oh! Claude, s’écria la jeune femme, il y a deux couchers de soleil. Il y en avait un qui embrasait la mer, et à l'autre bout du ciel, il y en avait un autre, qui flambait au-dessus de la terre. Des flottes de nuages s’échappaient de l’océan, et glissaient les uns sur les autres, des nuages rouges, des nuages violets, des nuages noirs. Et tous ils traînaient des lambeaux d’or vers la fournaise insolite. Quelques-uns en détresse tombaient aux confins des plaines et s’ourlaient de vagues à crête de sang. Des larmes, des sanglots, des rires, des cris de triomphe palpitèrent en eux. Ils furent gonflés de cette émotion d’amour qui s’exhale en mots et en caresses. — Je vous aime, je vous aime, se dirent-ils.

他們照著幸福時刻的老習慣,急忙登上塔頂的平臺,又懷著虔敬之心,彷彿要把新生的喜悅獻給某位神明,好讓它開花綻放。


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Le soleil du couchant disparut et l’on eut cru qu’il venait, par-dessous la terre, se mêler à l’incendie du levant. Tout l'horizon s’emplit de flammes qui tourbillonnaient ainsi qu’une fumée de feu. Et du foyer ardent sortit la pâle lune. Des caresses, des caresses seules, pouvaient répondre à l’élan douloureux de leur extase. Leurs mains et leurs lèvres se cherchèrent. Mais, au premier contact des doigts, avant que leurs bouches se fussent trouvées, un mouvement brusque et simultané les éloigna l’un de l’autre. Ils restèrent un moment éperdus. Puis ils firent un geste encore pour se reprendre. Ce fut en vain. Alors ils ne bougèrent plus. Des paysages charmants se superposèrent à la mer et ouvrirent sur l’infini des espaces illusoires semés d’herbes rouges, irisés de lacs multicolores, égayés de lagunes paisibles. Ils ne les voyaient point. Ils ne voyaient plus rien. Ils songeaient à Succi- nion où leurs mains s’étaient jointes simplement, à Josselin où Armelle avait pleuré

西沉的太陽隱沒了,叫人以為它從地底下鑽出來,投入日出的烈火之中。整個地平線燃滿火焰,像烈火的濃煙一般翻卷。熾熱的火心裡,升起了蒼白的月亮。唯有撫愛、唯有撫愛,才能回應他們狂喜中那痛苦的激盪。他們的手和唇彼此尋找。可是,指尖剛一相觸,唇還未相遇,兩人便不約而同地猛然分開。他們怔忡了片刻,又想挽回,卻是徒然。於是再也不動了。迷人的景色層疊在海上,向無盡的幻境敞開:遍地紅色的草,色彩斑斕的湖泊閃著虹光,平靜的潟湖點綴其間,賞心悅目。他們卻視而不見,什麼也看不見了。他們想起絮西尼翁,他們的手曾在那裡單純地相握;想起若斯蘭,阿梅勒曾在那裡伏在


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sur l’épaule de Claude, à la forêt de Brocé- liande où Claude s’était réfugié dans les bras d'Armelle, à la lande de Lanvaux où leurs lèvres avaient connu le baiser. Et ils s’avisaient que, depuis ce baiser, nul enlace* ment ne les avait unis. La nuit mélancolique les enveloppa.

伏在克洛德的肩上哭泣;想起布羅塞良德森林,克洛德曾在那裡投入阿梅勒的懷抱;想起朗沃的荒原,他們的唇曾在那裡初嘗親吻。兩人也察覺,自那次親吻之後,他們再也沒有任何擁抱相繫。憂鬱的夜便籠罩了他們。


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Une fois encore, et d’autant plus

再一次,而且


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ment qu’ils étaient plus engagés l’un envers l'autre, se posait l’insoluble question de 1 eurs rapports. Ils pouvaient ne s’en point entretenir, et souvent étouffer la voix secrète qui leur en formulait les termes. Ils devaient néanmoins reconnaître que les choses avaient changé, puisqu’ils s’aimaient. Que résulterait-il de cette situation nouvelle? Qui serait maître? Eux ou l’instinct? Une promesse d’abord les retenait, exigée solennellement par Armelle, contractée à bon escient par Claude. Sans nul doute, en se liant ainsi, ils avaient prévu les crises probables et voulu qu’un serment, prêté* & l’époque où leur esprit plus libre avait plus

正因他們彼此的牽繫更深,一個無法解開的問題又浮上心頭:他們之間的關係該當如何。這問題可以不談,那悄悄在心底為它擬定條款的聲音,他們也常常壓了下去。然而他們終究得承認:事情已經變了,因為他們相愛了。這新的處境會走向什麼結果?誰是主宰?是他們,還是本能?起初有一道誓言約束著他們。那是阿梅勒鄭重要求的,克洛德也是清醒自願立下的。毫無疑問,在如此相繫之際,他們已預見到可能發生的危機,於是立誓,要在


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de clairvoyance, s’opposât à la tentation. Il leur eût peut-être suffi d’en parler pour en discerner au juste l’importance. Aucun ne s’y décida. Ils se souvenaient aussi, Claude de la lassitude cruelle qui le guettait aux bras de ses maîtresses, Armelle de l’aveu qu’il lui en avait fait dès les premiers jours. Savaient- ils si leur amour échapperait à cette loi impitoyable? Et non plus ils n’oubliaient, elle, combien jadis l’exaspérait le désir des hommes, lui , avec quelle amertume elle s’en était plainte. De ce que, durant leur voyage, elle avait goûté presque voluptueusement le trouble discret que l’on domine et que l’on confesse en souriant, pouvait-on conclure à sa soumission devant le désir mâle qui veut et qui agit? Et des causes morales plus obscures, de vieux préjugés, des principes mondains dont ils croyaient toute trace abolie, la peur d’une déchéance, leur orgueil engagé dans la lutte, formaient autant d’entraves qui

趁著他們心智清明、仍有洞察力的時候,去抵擋誘惑。也許只要談一談,便能確切辨明這誓言的分量。可是誰也沒下定決心這麼做。他們也各有記憶:克洛德記得那在情婦懷中窺伺著他的殘酷倦怠;阿梅勒記得,早在最初幾天,他就向她坦白過這一點。他們知道自己的愛情能否逃過這條無情的法則嗎?同樣,兩人也都不曾忘記:從前,男人的慾望曾使她多麼惱怒;而對這一點,她又曾以多麼苦澀的語氣抱怨過。旅途中,她曾近乎甘美地品嘗過那種隱微的悸動——能自制,能含笑承認——但據此就能斷言,面對那想要而行動的男性慾望,她必會順從嗎?還有更幽暗的道德因素、舊有的偏見、他們以為痕跡早已消除的世俗規範、對墮落的恐懼、捲入這場搏鬥的自尊心,構成了一重重羈絆,


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paralysaient leur élan l’un vers l’autre. Mais surtout ils redoutaient de gâter leur amour. Ils le jugeaient d’une essence si précieuse et, peut-être par suite de sa rareté, d’une délicatesse si subtile, qu’ils n’y osaient toucher. Ils n'admettaient point que l’étreinte lui laissât son caractère de douceur et de simplicité et lui permit de se maintenir au même degré d’idéal. L’acte physique leur paraissait la ruine immédiate de leurs conquêtes. Se prendre, se posséder, s’appartenir, être l’un à l’autre, comme tous ces termes trahissent la nature et les consé

這些羈絆癱瘓了他們,使他們無法奔向彼此。但更重要的,是他們怕糟蹋這份愛。在他們眼中,這愛本質何等珍貴,也許正因稀有,又何等纖細微妙,以致他們不敢觸碰。他們無法接受,擁抱竟可以不失其溫柔與單純,仍維持同樣的理想境地。肉體的行為,在他們看來,會立刻毀掉他們贏得的一切。占有、擁有、隸屬、彼此歸屬——這些字眼多麼背叛這行為的本質與後


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quences d’un tel acte! L’amant dépend de sa maîtresse et elle dépend de lui. C’est la marque du servage, l’invasion des droits et des privilèges. Pourquoi risquer de s’aimer moins bien, après avoir réalisé l’œuvre si difficile de bien s’aimer? Toutes ces raisons dont ils se refusaient à peser la valeur, mais qui s’offraient à eux sans trêve, constituaient une raison unique et formidable qui leur défendait même l'espérance. Leurs bouches ne se baiseraient

果啊!情人依賴情婦,情婦也依賴情人。這是奴役的印記,是權利與特權的入侵。好好相愛,這件事多麼艱難,好不容易才做到了,何必冒險,讓日後愛得不如從前?這些理由,他們雖不願去衡量其分量,卻無休止地浮現眼前,匯成唯一而可怕的一個理由,連希望都禁止他們擁有。他們的嘴唇不再親吻


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plus. Leurs mains ne s’enlaceraient plus. Ils en avaient acquis la preuve navrante, l’autre soir, sur la terrasse où, par intuition brutale qu’ils se heurtaient à des obstacles invincibles, ils avaient dû renoncer aux délices des caresses. Ainsi l’avenir les harcelait déjà de son incertitude. Il exigeait qu’on s’occupât de lui. Il présentait ses deux solutions d’amour chaste et d’amour instinctif, et bien qu’ils n’hésitassent jamais à choisir l’une en dépit de son insuffisance, ils n’en songeaient pas moins à l’autre plus qu’il n’eût fallu. — Oh ! Claude, dit Armelle, un soir taciturne où leurs pensées se cherchaient, Claude, les plus grands bonheurs sont parfois si semblables aux plus grandes douleurs qu’on ne sait si l’on est heureux ou malheureux ? — Nous sommes heureux, Armelle, et nous avons peur. Retournant dans la ville, ils lui trouvèrent de jolis attraits. Elle cache soigneusement des coins de calme où s’épanouit

了。他們的手不再相擁了。前晚在露臺上,他們憑一股殘酷的直覺,明白自己撞上了無法克服的障礙,只得放棄愛撫的甜蜜——這便是他們痛苦得到的證明。未來就這樣開始以它的不確定糾纏著他們,要人不得不去理會。它擺出兩條路:貞潔之愛,或本能之愛。兩人毫不猶豫地選了前者,儘管它有所不足;卻也不免想到後者,想得超過了應有的程度。「哦!克洛德,」一個沈默的夜晚,兩人的思緒彼此尋覓時,阿梅勒說,「克洛德,最大的幸福有時和最大的痛苦如此相似,叫人不知道自己是幸福還是不幸?」——「我們是幸福的,阿梅勒,我們只是害怕。」回到城裡,他們發現它有迷人的魅力。它小心地藏起一些寧靜的角落,


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toute l’âme de la province. Certaines rues dorment aussi profondément que les boulevards de l’enceinte, et le passé les ensevelit sous son apaisement aussi bien que l’eau morte des douves. Les gens qui s’y promènent ne paraissent point déranger les plis de ce linceul. Armelle et Claude y furent des intrus, d’abord. Des femmes aux fenêtres, des hommes à leur établi, levaient la tête et se souciaient d’eux. Ils faisaient une petite révolution dans les demeures et dans l’atmosphère immobile. Leur passage soulevait, comme des nuages de poussière, les commentaires et les hypothèses et laissait un sillon lent à se refermer. Mais l’ordre se rétablit peu à peu. On s’accoutumait à leur flânerie. Le sommeil des rues, la torpeur des êtres, le poids des âges l’emportèrent sur leur agitation. Le silence des siècles ne fut pas plus dérangé par la cadence de leurs pas que l’air par le vol d’un oiseau. Ils erraient de préférence dans les sentes

整個外省的靈魂都在其中展露。有些街道沉睡得和城牆邊的林蔭大道一樣深沉;往昔以其安寧將它們掩埋,一如護城河的死水。漫步其間的人,似乎絲毫擾動不了這層裹屍布的皺褶。起初,阿梅勒和克洛德是闖入者。窗邊的女人、工作臺前的男人,都抬起頭來打量他們。寂然不動的屋舍與空氣裡,被兩人掀起了一場小小的騷動。他們走過之處,議論與揣測揚起如塵埃,留下一道久久不散的痕跡。但秩序漸漸恢復。人們習慣了他們的閒逛。街道的沉睡、生靈的麻木、歲月的重量,終究壓過了他們的騷動。世紀的寂靜並未因他們的腳步而多受一分驚擾,正如空氣不因一隻鳥飛掠而受擾。他們最愛在花園牆垣間蜿蜒的狹窄小巷裡徘徊。


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étroites qui circulent parmi les murs des jardins. Souvent les arrêtait l’aspect pittoresque d’anciennes maisons encadrées d’arbres vénérables. Il leur advint d’y demander accès, sous prétexte d’études concernant Guérande. Et ils déterraient alors d’in- croyables existences oubliées là comme des cadavres. Une fois, comme ils s’intéressaient à des vestiges de cloître épars sur une pelouse, une dame à cheveux grisonnants qui, depuis un instant, observait Mlle de Rhuis, s’écria tout à coup : — Mais c’est bien vous, Armelle, on me l’avait dit, mais ce qui m’a déroutée, c’est que je ne vous connaissais pas de frère, et puis, je sors si peu de chez moi... Armelle l’écoutait, hésitante. La dame

狹窄的小巷裡。古老的房舍四周圍著蒼老的樹木,景致如畫,常常令他們駐足。他們曾以研究蓋朗德為藉口,請求入內參觀。就這樣,他們挖出了一段段不可思議的人生,像屍體一樣,被遺忘在那裡。有一次,兩人正專注於草坪上散布的修道院遺跡,一位頭髮花白的夫人忽然喊出聲來——她已經打量呂斯小姐一會兒了:「——真的是您,阿梅勒,有人跟我提過了,可我認不出您來,因為我不曉得您有兄弟,再說,我又很少出門……」阿梅勒聽著,有些猶豫。那位夫人


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— Vous ne me remettez pas ? J’étais une parente de votre cousine défunte, votre cousine donc, à la mode de Bretagne... rappelez-vous... vous jouiez là, pendant qu’elle et moi nous causions.

「——您想不起我是誰了嗎?我是您過世那位表親的親戚,也就是您的表親,照布列塔尼的說法……您想想看……那時候她跟我聊天,您就在那邊玩呢。」


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De toutes parts venaient vers des groupes de souvenirs, et elle drissait de les voir accourir, un à un, comme de petits enfants qui se jettent dans vos bras. — Oui, balbutia-t-elle, voilà la vieille tour éventrée... On y mettait déjà des fagots... et je grimpais dessus pour aller jusqu’aux ruches... oh ! tenez, voici les ruches... et puis là... cette sainte Vierge contre le mur... je m’agenouillais à ses pieds en pleine terre... et je priais. — Et le baptême de mon fils Paul, vous souvenez-vous, Armelle, et le feu d’artifice de mon pauvre mari... — Oh ! oui, je me souviens... il y avait des lanternes et l’une d’elles a brûlé... Comment n’ai-je jamais repensé à tout cela?... J’avais une robe bleue... et j’étais si fière de ma robe bleue... Sa voix tremblait. Seule ou avec Landa, elle eût pleuré. Et la dame continuait : — Je vous enverrai mon Paul... Il est à Paris en ce moment pour ses inscriptions... dès son retour je vous l’enverrai...

四面八方,一簇簇回憶向她湧來。看著它們一個個奔上前來,像撲進懷裡的小孩子,她心裡歡喜。「——是的,」她結結巴巴地說,「就是那座破了頂的舊塔……那時塔邊已經堆著柴捆……我總是爬上去,一直走到蜂箱那兒……哦!您看,蜂箱還在……還有那裡……靠牆的那尊聖母像……我就跪在祂腳下的泥地上……祈禱著。」「——還有我兒子保羅的洗禮,您記得嗎,阿梅勒?還有我可憐丈夫放的煙火……」「——哦!記得,我記得……那天掛了好多燈籠,其中一盞燒了起來……我怎麼從來沒想起過這一切呢?……我那時候有一件藍裙子……我好為那件藍裙子自豪……」她的聲音顫抖著。這樣的場合,若不是獨自一人,便是和朗達在一起,她多半是要哭出來的。夫人接著說:「——我會叫保羅去見您……他現在正在巴黎辦註冊……等他一回來,我就叫他去找您……」


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* * Une heure après, devant le feu de la grande salle, Claude, à genoux et les coudes sur les bras du fauteuil où se tenait la jeune femme, lui disait : - - Armelle, je vous aime quand vous étiez petite fille, et je pleure avec vous. Il est si troublant d’apercevoir soudain le menu personnage insouciant et naïf que ton fut. On craint pour lui les peines qui le guettent et que l’on a subies. Dire que vous avez été une petite bonne femme à jupe courte, qui jouait à la poupée et sautait à la corde, vous, vous que j’aime, vous la grande Armelle dont j’ai un peu peur. Oh ! parlez-moi d’elle... Elle était jolie, n’est-ce pas ? — Elle était jolie, Claude, vous avez raison de l’aimer. Voyez-vous, je ne pleure pas seulement parce que je la revois, mais parce que je la revois auprès de vous qu’elle devait aimer plus tard... Nous sommes là tous deux qui la regardons, et je ne sais pas pourquoi cela me bouleverse. Et puis, j’ai presque pitié d’elle. Je vous aime tant

* * 一小時後,大廳的爐火前,克洛德跪在年輕女子坐的扶手椅旁,手肘撐在扶手上,對她說:「——阿梅勒,我愛您,也愛您小時候那個小女孩,我跟您一起流淚。猛然瞥見您曾經那個無憂無慮、天真爛漫的小小身影,實在讓人心緒翻騰。它即將遭遇、而我們自己已經承受過的那些痛苦,都教我們為它擔心。想想看,您也曾是個穿短裙的小女孩,玩洋娃娃、跳繩;而您呢,我心愛的您,是那個令我有些畏懼的高大的阿梅勒。哦!跟我談談她……她很美,對吧?」「——她很美,克洛德,您愛她是對的。您瞧,我流淚,不只是因為又見到了她,更是因為我看見她就站在您身旁,而她日後理應會愛上您……我們倆都在這裡望著她,不知道為什麼,這讓我心緒激盪。而且,我幾乎為她感到憐惜。我這麼愛您,


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