– Allez, mon enfant.
「說吧,孩子。」
Ma tante ébaucha lentement un signe de croix et dit d’une voix faible :
姑媽緩緩畫了十字,嗓音微弱地說:
– Bénissez-moi, mon père, parce que j’ai beaucoup péché.
「神父,請為我祝福吧,因為我犯了很多罪。」
Puis elle entama le confiteor.
接著她念起懺悔經。
L’abbé se trémoussait sur sa chaise, impatient. Il l’interrompit :
神父在椅子上扭來扭去,一臉不耐煩。他打斷她:
– Y a-t-il longtemps que vous vous êtes confessée ?
「很久沒辦告解了吧?」
Et sans attendre la réponse, il se mit à parler, comme quelqu’un qui ne peut pas, une seconde de plus, demeurer silencieux.
他沒等回答就開了口。他彷彿多一秒也沉默不下去。
– Il y a bien longtemps, n’est-ce pas, mon enfant ? Que voulez-vous ? On vit, on s’amuse. Je comprends cela, allez, et je ne vous le reproche pas. On a tant de choses à faire. Et puis, c’est pas drôle. Tenez, moi, je reste des mois entiers sans m’approcher du tribunal de la pénitence… Maintenant, vos péchés mon enfant… Par ordre, n’est-ce pas ? Êtes-vous orgueilleuse ? Avez-vous un amour déréglé de vous-même ?
「很久沒來了吧,對不對,我的孩子?這也是沒辦法的事嘛,人活著就是要開開心心過日子。這個我懂啦,真的,我不會怪妳的。要忙的事情那麼多啊。而且,辦告解本來就不好玩嘛。你看我,我自己也是常常一連好幾個月都不靠近懺悔亭……好了,現在說說妳的罪吧,我的孩子……我們按順序來,好不好?妳驕傲嗎?有沒有太愛自己,愛到過了頭?」
Tante Lydie sembla se recueillir et chercha, sans doute, si elle avait un amour déréglé d’elle-même. Ses lèvres s’agitèrent. Mais le prêtre la devança.
莉迪亞姑媽似乎靜下心來,大概在想自己有沒有過分自愛。嘴唇動了動,但神父搶先開了口。
– Ah ! l’orgueil, bien grosse faute ! Le cœur qui se dessèche, qui devient comme… comme…
「啊!驕傲,這可是大罪啊!心會乾掉,變得像……像……」
Il réfléchit un instant, puis reprit :
他想了片刻,接著說:
–… Plus d’humilité, on n’a d’autre but que soi-même. Si je vous dis ça, voyez-vous, mon enfant, c’est que moi… je pèche beaucoup par orgueil. Je me mets au-dessus de l’abbé Cagnard, de Duflos, vous savez, le gros Duflos… et de tous mes confrères !
「……人不謙卑了,眼裡就只剩下自己。我跟您說這個,您瞧,我的孩子,就是因為我……我自己就很愛犯驕傲這條罪。我老覺得自己高過卡尼亞爾神父,高過杜弗洛——您知道的,就是那個胖子杜弗洛……高過我所有的同行!」
Précipitamment, comme s’il eût eu peur qu’elle ne plaçât un mot, il s’exclama :
他連忙搶著說,彷彿怕她插話:
– Et l’avarice ! comme dit le catéchisme, c’est un amour exagéré des biens de la terre. L’avez-vous cet amour ? Moi, oui, je suis avare, je refuse l’aumône, je ne dis pas les messes non payées. Sans argent, pas de messe. Tu veux un saint office pour un défunt ? donne-moi vingt sous… Êtes-vous envieuse ? Ressentez-vous un certain déplaisir quand un bien quelconque arrive à votre prochain ? Moi, j’en ressens. C’est si naturel. Ainsi, lorsque Cagnard a été nommé à Duclair, j’en ai eu la jaunisse, tant je crevais de jalousie. Ah ! il y en a qui ont de la chance ! Moi, pas. Tenez, Loumet vient d’avoir cinq enterrements de suite. Depuis six mois, je n’en ai pas un ! Vous êtes le premier. Certes, je ne désire pas la mort des chrétiens, mais puisqu’ils meurent, pourquoi ne meurent-ils pas autant dans ma paroisse ?
「還有貪吝!要理問答是怎麼說的,就是對世上的財物愛過了頭。這種貪愛,您有嗎?我有,我就是貪,不肯施捨,沒給錢的彌撒我不做。沒錢,就沒彌撒。想為亡者辦一台聖事彌撒?好啊,拿二十個蘇來……您會嫉妒嗎?看到鄰人得了什麼好處,心裡會不會有點酸酸的?我會,我就是會。這很自然嘛。像卡尼亞爾被派到杜克萊爾那時候,我嫉妒到臉都發黃了,簡直嫉妒得要死。唉,有些人就是運氣好!我就沒那個命。您看,盧梅剛剛一連就接了五場葬禮。我呢,半年了,一場都沒有!您還是頭一個。我當然不是盼著教友去死,可他們既然都要死,怎麼就不多死幾個在我的堂區呢?」
Le prêtre s’arrêta. Au début, la vieille fille avait tenté, de ses bras pesants, des gestes de révolte, et de sa voix affaiblie des protestations vagues. Mais il ne voyait rien, n’entendait rien. Et vaincue, paralysée, elle écouta sans un mot la confession du prêtre. Il poursuivait, à petites phrases courtes et hâtives :
神父停了下來。起初,老小姐還想抗議。她手臂沉重,比了幾個反抗的手勢,聲音虛弱,含糊說了幾句。可是他什麼都看不見,什麼都聽不見。她認了輸,渾身癱軟,只能一言不發,聽神父告解。他接著往下說,句子又短又急:
– J’suis pas coléreux, non, je ne vous mens pas… puisque c’est la confesse, il faut pas mentir, et bien vrai, j’suis pas coléreux. Mais la gourmandise, cet amour déréglé du boire et du manger ! La pire forme en est l’ivrognerie, dit le catéchisme. Ah ! mon enfant, l’ivrognerie ! L’homme n’est plus un homme, c’est une brute. Quand je bois, moi, il n’y a plus rien, j’suis plus qu’un… qu’un cochon. Mais c’est si bon, une bonne table devant soi, avec de bonnes choses qui fument et, pour faire passer le tout, du vin, du vin rouge, blanc, mousseux, du cidre, du café, de la fine… On a chaud au ventre, chaud à la tête ! C’est ça qui va avec la paresse, encore un péché qui me connaît ! Il y a pourtant pas gros à faire dans le métier. Eh bien, moi, j’en ai encore trop. Le bréviaire, surtout, ça m’ennuie ! J’en ai trouvé un vieux avec des pages qui manquent… Mais c’est égal, c’est dur… Voyons, maintenant, c’est… qu’est-ce que c’est donc… j’ai pourtant un péché de moins.
「我不愛發火啦,真的,我沒騙您……既然是辦告解,就不能說謊,老實講,我真的不愛發火。可是貪吃就不一樣了,就是吃吃喝喝沒個節制的那種貪愛!要理問答說了,最壞的就是喝到爛醉。唉!我的孩子啊,爛醉啊!人一爛醉就不是人了,是畜生。我喝起酒來,什麼都沒了,我就是一頭……一頭豬。可是一桌好菜擺在面前,熱騰騰、香噴噴,再拿酒來配,紅酒、白酒、氣泡酒、蘋果酒、咖啡、白蘭地……那才叫爽啊!肚子暖了,頭也熱了!這就跟懶惰湊成一對了,又是一宗巴著我不放的罪!幹我們這行,本來就沒多少事好做,可我還嫌太多。特別是日課經,煩都煩死了!我找到過一本缺頁的舊日課經……唉算了,太難了……我們剛說到哪……說到什麼來著……我還少算了一宗。」
Il compta sur ses doigts, puis, se rappelant :
他扳著指頭數了數,想起來了:
– Ah ! j’y suis… crénom, c’est pourtant le plus beau !… C’est la luxure, mon enfant, le vice d’impiété qui, selon saint Paul, ne devrait pas même être nommé parmi les chrétiens. Ce que j’ai à vous dire est grave… vous savez, le prêtre doit être chaste, la femme est l’ennemie de l’homme, donc il faut la fuir. Eh bien, je ne la fuis pas, moi, je la recherche… elle m’attire… je les aime toutes… toutes. En ville, j’en ai trois ou quatre que je connais… Ici, même, mon enfant… dans mon presbytère… Félicie… hein, est-elle assez gentille ?… et bien faite, et une peau, oh ! une peau, on dirait du satin qui sent bon… et le reste… tout le reste à l’avenant… Eh bien, chaque nuit, elle vient me retrouver, et je ne vous dis que cela…
「啊!我想起來了……他媽的,這可是最大條的一樁!……就是邪淫,我的孩子,不虔敬的惡習,聖保祿說過,基督徒連提都不該提。我要跟你說的可是很嚴重的事……你知道的嘛,神父要守貞,女人是男人的仇敵,所以要躲她躲得遠遠的。唉,我咧,我才不躲,我還自己去找……她把我吸住了……她們我全部都愛……全部。城裡,我就認識三四個……連這裡也有,我的孩子……就在我的神父住所裡……菲莉西……嘿,她是不是很討人喜歡?……身材又好,那皮膚,喔!那皮膚,簡直就像會散出香味的緞子……還有那裡……其他地方也全都一樣好……反正,每天晚上她都來找我,我就跟你說到這裡……」
Il fit une pause, puis reprit :
他頓了頓,接著說:
– Je vous l’ai dit, j’aime le bon Dieu. Il y a des moments où je suis heureux. Ainsi, après le saint sacrifice, quand j’ai avalé le vin de la burette, j’suis à mon aise… j’prie bien… j’ai une chaleur dans l’estomac. Mais tout ça, ça ne vaut pas l’amour.
「我跟您說過,我愛天主啦。有時候我也是挺幸福的。就像做完聖祭,聖爵裡那口酒一喝下去,我整個人就鬆了……禱告也唸得很順……胃裡暖呼呼的。可是啊,這些加起來,都比不上愛情。」
La mourante s’était soulevée et regardait l’abbé de tout près, comme pour mieux comprendre ses paroles. Sa figure pâle trahissait une abominable angoisse. Je la revois encore, cette face décomposée, et aujourd’hui, j’y lis, oui, j’y lis un regret, le regret sans doute de ce qu’elle avait dédaigné. L’abbé continuait avec une sorte d’émotion :
垂死的人撐起身子,湊近看著神父,像要把他的話聽得更明白。她臉色蒼白,透著一股駭人的煎熬。那張扭曲的臉,我到現在還記得清楚。今天回想起來,是的,我在那張臉上讀到了悔恨。那無疑是對她曾經鄙棄的東西的悔恨。神父語帶激動,接著說:
– Ah ! tante Lydie, quand j’étais jeune, les rendez-vous, le soir, quel rêve ! On se prenait par la taille, on marchait à travers les prairies, au clair de la lune, et l’on s’embrassait à pleine bouche. Un baiser sur la bouche, mon enfant, c’est meilleur… c’est meilleur que tout, c’est un bien-être, une jouissance qui vous coule dans les veines, qui vous coule dans l’âme… Il ne faut pas chercher autre chose dans la vie : aimer.
「啊!莉迪亞姑媽,我年輕的時候,晚上跟人約會,那簡直像在作夢!我們摟著腰,在月光下穿過草地,嘴對嘴親個痛快。親在嘴上的一吻啊,孩子,那比什麼都好……比什麼都好,那是一種舒服、一種痛快,會流進你的血管,一直流進你的靈魂裡……人生不用再去找別的了,就是愛。」
On aurait cru que son ivresse s’en était allée, tant il débitait ces phrases d’un ton grave, presque solennel.
他說這些話,語氣凝重,近乎肅穆。真會讓人以為,他的醉意已經退了。
– Je leur pardonne toutes leurs fautes, à ceux qui aiment sincèrement, l’amour est la grande excuse…
「真心相愛的人,犯了什麼錯我都原諒,愛,就是最大的理由……」
Tout à coup, je me ruai vers lui en proférant :
突然,我撲向他,喊道: