Elle fut interminable. Des marches craquaient. Herledent les connaissait. Haletant, il suivit l’approche lente. Il se tenait assis, hors du lit presque, les yeux fixes fouillant l’espace noir. Une joie inexprimable l’inondait, mêlée d’orgueil et d’anxiété. Comme il remplissait l’âme de cet individu ! Quelle puissance colossale il exerçait sur lui ! Il était son maître, son univers, la pensée de ses pensées. Comme il devait souffrir, le misérable, comme il devait souffrir !
攀登漫長得沒有盡頭。樓梯嘎吱作響,每一級埃爾勒當都熟。他喘著氣,聽著那腳步慢慢逼近。他坐起身,身子幾乎探出床外,眼睛睜得大大的,盯進一片漆黑裡。難以言說的喜悅漫上心頭,裡頭摻著驕傲,也摻著不安。他把那傢伙的整顆心都占滿了啊!他對那傢伙握有多麼龐大的力量啊!他是他的主人,是他的全世界,是他念頭中的念頭。那可憐蟲該有多痛苦,該有多痛苦啊!
Une marche craqua, la neuvième. « Encore huit », se dit Herledent.
第九級樓梯吱嘎響了一聲。「還剩八級。」埃爾勒當心想。
Il les compta. Plus que sept, plus que six. Une impatience fiévreuse l’agitait, ses lèvres appelaient le meurtrier : « Mais viens, viens, puisque je t’entends venir. » Il souhaitait son étreinte comme une caresse, comme un baiser d’amour.
他數著。只剩七級,只剩六級。他心急如焚,嘴上不住喚著兇手:「來啊,來啊,我都聽見你走近了。」他渴望那個擁抱,就像渴望一場愛撫,一記愛的親吻。
L’homme parvint au palier. Herledent s’abattit sur son lit. La serrure grinça, une lumière jaillit, oblique. Et il y eut un grand silence très long.
那人走上樓梯平臺。埃爾勒當倒在床上。門鎖嘎吱一響,一道光斜斜射進來。接著是一段漫長的寂靜。
« Comme il doit souffrir ! comme il doit souffrir ! » se répétait le vieux, l’esprit hanté de cette seule phrase.
「他一定很痛苦!他一定很痛苦!」老人反覆唸著,腦子裡翻來覆去就只有這一句。
Le paysan avança, pas à pas, s’arrêtant parfois. Et soudain, un rire fou secoua Herledent. Certes son cœur battait à tout rompre, et sans aucun doute, l’assassin voyait les soubresauts du drap. Mais ce drap, ce qui le remuait davantage, c’était son rire, un rire convulsif, un rire intérieur qui ne dérangeait pas un muscle de son visage. Il riait, il riait vraiment à en perdre haleine, car il se souvenait… là, sur la table, parmi des paperasses en apparence inoffensives, il avait caché une feuille que la justice trouverait, avec ces mots écrits par lui :
那農夫一步一步走近,不時停下腳步。忽然,一陣狂笑撼動了埃爾勒當。他的心當然跳得快要炸裂,兇手也一定看得見床單在抖。但床單抖得這麼厲害,更多是因為他在笑。那是抽動般的笑,悶在身體裡的笑,臉上連一絲肌肉都沒動。他笑個不停,笑到快要斷氣,因為他想起來了……就在那裡,桌上。那疊看似無害的廢紙裡,他藏了一張紙。司法人員到時候會找到它,上頭是他親筆寫的字句:
« Je meurs de la main de Coignard. »
「我是死在夸尼亞爾(Coignard)手裡的。」
Oui, de la main, il le savait, de la main nue, sans armes. De même qu’il avait étranglé le gros coq, de même il mourrait étranglé. Ah ! cette main, comme il la désirait !
對,他知道,是那隻手,徒手,不用武器。他掐死過那隻大公雞,自己也要這樣被掐死。啊!那隻手,他多渴望啊!
Il la sentit autour de son cou. Jouissance infernale ! Comme il était haï ! Les doigts serrèrent. Quelle volupté ! Il ouvrit les yeux. Leurs regards se joignirent. Ah ! Ah ! comme il souffrait, l’autre ; l’assassin ! Lui, le Haï, souriait. Dans un spasme, il étouffa.
他感到那隻手纏上他的脖子。地獄般的快感!自己竟被恨得這麼深!手指收緊,多麼銷魂!他睜開眼,兩人視線相接。啊!啊!對方多痛苦,那個兇手!而他,這個被恨的人,卻在微笑。他一陣痙攣,窒息而死。
( Le Gil Blas , 7 novembre 1892.)
(《Gil Blas》,1892年11月7日)
III – CENT SOUS
三、一百蘇
Mon premier clerc introduisit un prêtre à cheveux gris, d’aspect commun et de visage sympathique. Il n’avait, malgré le froid, qu’une soutane, si usée, si luisante, que les flammes du feu y dansaient en miroitements vagues. Les rares poils dont son tricorne se hérissait étaient d’un roux sale. Il portait à la main un cabas en tapisserie.
我的首席書記領進來一位神父。頭髮灰白,長相普通,面容和善。天氣這麼冷,他身上只有一件教士袍。袍子又舊又亮,爐火映在上面,晃出模糊的光。三角帽上豎著稀疏的細毛,是髒髒的紅褐色。他手裡提著一只繡花布面的提籃。
Je le priai de s’asseoir et de m’exposer le but de sa visite. Il s’assit et me dit d’une grosse voix timide :
我請他坐下,說明來意。他坐下,用粗粗的嗓音,怯生生地說:
– Je suis l’abbé Gallois… Gallois…
「我是加洛瓦神父……加洛瓦……」
Il hésitait comme si ce nom eût dû me révéler quelque mystère. Et, en effet, je me souvins confusément d’une histoire de prêtre couvert de dettes, d’un scandale qu’avaient exploité les journaux de l’endroit. Il continuait :
他遲疑了一下,好像這個名字裡藏著什麼秘密,我應該聽得出來。我想想,隱約記起一樁舊事:有個神父欠了一身債,鬧出醜聞,當地報紙還拿這件事大做文章。他接著說:
– Maintenant, je dessers la paroisse de la Haie-Aubrée, une bien pauvre commune, bien pauvre – il soupira en levant les yeux au plafond – et j’ai là une somme que je voudrais vous confier…
「我現在在拉伊-歐布雷(la Haie-Aubrée)本堂服務,那是個很窮的鄉鎮,窮得很——」他嘆了口氣,抬眼望向天花板,「我這裡有一筆錢,想託付給您……」
Stupéfait de cette conclusion, je répondis :
我聽了這個結論,吃了一驚,回答道:
– C’est facile, je vous ferai un reçu.
「這好辦,我開張收據給您就是了。」
Il m’interrompit brusquement :
他忽然打斷我的話:
– Pourrai-je prendre sur cette somme au fur et à mesure de mes besoins ?
「那我以後需要用錢時,可以隨時從這筆錢裡拿嗎?」
– Évidemment, repartis-je.
我答道:「當然可以。」
Il parut content, ouvrit son cabas et tira d’abord d’un vieux portefeuille quatre billets de cent francs et cinq louis d’or. Puis il sortit un sac de toile, dont il vida sur la table le contenu : trois cents pièces de cinq francs.
他看起來很滿意。他打開提籃,先從一個舊皮夾裡拿出四張一百法郎的鈔票和五枚金路易。接著,他掏出一個布袋,把裡面的東西倒在桌上:三百枚五法郎的銀幣。
Cette accumulation de monnaie blanche m’étonna. Mais déjà il ramassait ses affaires et me saluait. Je le reconduisis.
這一大堆銀幣讓我吃了一驚。但他已經收好東西,向我告辭。我送他出門。
Au bout de huit semaines, des deux mille francs, il ne restait rien. Chaque samedi il accourait, réclamait dix ou quinze louis, et les comptait, en marmottant d’un air désolé :
八個星期過去,兩千法郎分文不剩。每到星期六,他總是匆匆趕來,開口就要十枚或十五枚金路易。他一邊數錢,一邊愁著臉咕噥:
– Comme ça marche, mon Dieu, mon Dieu !
「錢花得真快啊,天啊,天啊!」