Elle l’entendit qui disait :
她聽見他說:
– Eh bien, Ya-Bon, tu as fait bonne garde ? Rien de nouveau ? Et ton prisonnier ? Ah ! vous voilà, camarade ? Commencez-vous à respirer ? Ah ! c’est que la main de Ya-Bon est un peu dure… Hein ? Quoi ? vous ne répondez pas… Ah ! ça ! mais, qu’est-ce qu’il a ? Il ne bouge pas… Crebleu, mais on dirait…
「欸,雅邦,有好好守著吧?沒什麼動靜吧?你的俘虜呢?啊!老兄,是你啊?緩過氣來了嗎?唉,雅邦下手是有點重……蛤?什麼?你怎麼不回話……欸!這是怎麼回事?他怎麼一動也不動……見鬼,看起來像是……」
Il laissa échapper un cri. La jeune femme courut jusqu’au vestibule. Elle rencontra le capitaine qui essaya de lui barrer le passage, et qui, très vivement, lui dit :
他失聲驚叫。年輕婦人奔向前廳,迎面遇上隊長。隊長想攔住她,急急說道:
– Ne venez pas. À quoi bon ?
「別過來。過來也沒用。」
– Mais vous êtes blessé ! s’exclama-t-elle…
她驚呼:「可是你受傷了!……」
– Moi ?
「我嗎?」
– Vous avez du sang, là, sur votre manchette.
「您袖口這邊沾到血了。」
– En effet, mais ce n’est rien, c’est le sang de cet homme qui m’a taché.
「是啊,不過沒什麼,是那個人的血沾到我而已。」
– Il a donc reçu une blessure ?
「所以,他受傷了嗎?」
– Oui, ou du moins il saignait par la bouche. Quelque rupture de vaisseau…
「對啊,至少他嘴裡在流血,八成是血管破了……」
– Comment ! Mais Ya-Bon n’avait pas serré à ce point…
「怎麼會!可是亞邦又沒勒那麼緊啊……」
– Ce n’est pas Ya-Bon.
「不是亞邦。」
– Qui, alors ?
「那是誰啊?」
– Les complices.
「是他的同夥。」
– Ils sont donc revenus ?
「所以,他們有回來過?」
– Oui, et ils l’ont étranglé.
「對啊,他們還把他勒死了。」
– Ils l’ont étranglé ! Mais non, voyons, ce n’est pas croyable.
「把他勒死了!不會吧,拜託,這怎麼可能!」
Elle réussit à passer et s’approcha du prisonnier. Il ne bougeait plus. Son visage avait la pâleur de la mort. Une fine cordelette de soie rouge, tressée fin, munie d’une boucle à chaque extrémité, lui entourait le cou.
她總算擠了過去,走到那俘虜身邊。他一動也不動,臉色白得像死人一樣。他脖子上纏著一條紅色細絲繩,編得很細很密,兩頭各有一個繩圈。
Le Triangle d'or
金三角
Chapitre 2
第二章
La main droite et la jambe gauche
右手與左腿
– Un coquin de moins, maman Coralie, s’écria Patrice Belval, après avoir ramené la jeune femme dans le salon et fait une enquête rapide avec Ya-Bon. Rappelez-vous son nom, que j’ai trouvé gravé sur sa montre : « Mustapha Rovalaïoff », le nom d’un coquin.
帕特里斯·貝爾瓦爾把年輕女子扶回客廳,和亞邦迅速查探一番後,揚聲喊道:「又少了一個壞蛋啦,柯拉莉媽媽。記好他的名字,我在他手錶上看到刻的:『穆斯塔法·羅瓦萊奧夫』,一聽就是壞蛋的名字。」
Il prononça ces mots d’un ton allègre, où il n’y avait plus trace d’émotion, et il reprit, tout en allant et venant à travers la pièce :
他說這番話,語氣輕快,聽不出一絲激動。他一邊在屋裡踱來踱去,一邊接著說:
– Nous qui avons assisté à tant de catastrophes et vu mourir tant de braves gens, maman Coralie, ne pleurons pas la mort de Mustapha Rovalaïoff, assassiné par ses complices. Pas même d’oraison funèbre, n’est-ce pas ? Ya-Bon l’a pris sous son bras, et profitant d’un moment où il n’y avait personne sur la place, il l’a emporté vers la rue Brignoles, avec ordre de jeter le personnage par-dessus la grille, dans le jardin du musée Galliera. La grille est haute. Mais la main droite de Ya-Bon ne connaît pas d’obstacles. Ainsi donc, maman Coralie, l’affaire est enterrée. On ne parlera pas de vous, et, pour cette fois, je réclame un remerciement.
「咱們見過那麼多慘事、送走過那麼多好人,柯拉莉媽媽,就別為穆斯塔法・羅瓦萊奧夫掉眼淚了,他是被自己的同夥做掉的。連悼詞都省了吧,對不對?亞邦把人往腋下一夾,趁廣場上沒人的空檔,扛到布里尼奧勒街那邊去,我交代他把這傢伙從柵欄上頭扔進加利埃拉博物館的花園裡。柵欄是很高沒錯,不過亞邦的右手可不知道什麼叫障礙。所以囉,柯拉莉媽媽,這件事就算埋了,不會有人扯到您身上,這一次,您可得跟我道聲謝。」
Il se mit à rire.
他笑了起來。