Préface
序
À l’exception de L’Ami de la logique, les contes ci-après ont paru dans le quotidien parisien Le Gil Blas , où Maurice Leblanc fit ses débuts le 3 octobre 1892 ; et poursuivit sa collaboration jusqu’au 29 décembre 1897.
除《邏輯之友》外,以下各篇都曾刊登在巴黎日報《Gil Blas》上。莫里斯・勒布朗(Maurice Leblanc)於1892年10月3日在該報初試啼聲,此後持續為該報寫稿,直到1897年12月29日。
I – LA VISITE
一 探視
Le major dit au fourrier qui conduisait à la visite des réservistes de la troisième batterie :
軍曹帶著第三砲連的後備兵來體檢,少校對他說:
– Faites déshabiller vos hommes, pendant que j’examine ceux de la deuxième.
「叫你的人把衣服脫掉,我先檢查第二連的。」
Le fourrier commanda :
軍曹下令:
– Déshabillez-vous.
「脫衣服。」
Les réservistes obéirent. Charles Ramel défit le dolman et le pantalon dont on l’avait affublé la veille, les déposa sur un lit avec les vêtements de ses voisins, mais garda ses flanelles et son caleçon, car il grelottait, étant chétif et de santé médiocre.
後備兵們都照辦了。夏爾・拉梅爾(Charles Ramel)脫下短外套和長褲,那是前一天別人給他套上的。他把這身衣服和旁人的衣物一起放在一張床上。法蘭絨內衣和襯褲他沒脫,因為他身子單薄,健康也不好,凍得直發抖。
On se trouvait dans une salle de l’infirmerie, vaste et froide. Les fenêtres grillées donnaient peu de lumière. D’ailleurs, il pleuvait dehors, une pluie glaciale d’automne, que chassaient des bourrasques de vent.
他們在醫務室的一間大廳裡,又大又冷。窗戶裝了鐵柵,透不進多少光。外面還下著雨,秋雨冰冷,陣陣狂風捲著雨走。
Quelques lits couverts d’effets s’alignaient contre les murs. Au centre, devant une table où un maréchal des logis inscrivait les décisions du major, des hommes nus formaient un demi-cercle. Le médecin les appelait un à un, les examinait de face et de dos, jugeait leurs réclamations, et les renvoyait. Une odeur forte viciait l’atmosphère.
幾張床靠牆排著,上面堆滿衣物。中央擺著一張桌子,一名軍士坐在桌前,記錄少校的裁定。桌前,一群赤身的男人圍成半圓。軍醫逐一叫人上前,正面、背面都檢查過,評斷他們的申訴,再讓人退下。空氣中瀰漫著一股濃烈的氣味。
Des corps défilèrent, étranges et disparates. De courtes jambes frêles portaient de gros bustes lourds. Des bras descendaient jusqu’aux genoux. Des pieds accidentés s’attachaient à des mollets tortueux. Et il y avait des êtres d’un jaune d’iode, d’autres d’un blanc de cierge, d’autres d’un rouge de viande saignante.
一具具身體魚貫而過,奇形怪狀,各不相同。腿又短又細,上身卻又粗又沉。手臂長得垂到膝蓋。腳凹凸變形,小腿彎彎曲曲。有的黃得像碘酒,有的白得像蠟燭,有的紅得像淌血的生肉。
Quelques-uns se lamentèrent. Il se présenta particulièrement un pauvre garçon, maigre et pâle, qui gémissait. Il crachait le sang, prétendait-il. Le major ricana :
有幾個人叫起苦來。特別有個可憐的年輕人,又瘦,臉色又蒼白,呻吟個不停。他自稱會咳血。少校冷笑說:
– Prouvez-le, mon ami. En attendant vous ferez comme tout le monde.
「證明給我看啊,老兄。在那之前,你就跟大家一樣。」
Charles eut un sursaut. Parfois son mouchoir se teintait de rose, quand il l’appliquait le matin contre sa bouche. Et une vilaine toux lui arrachait les poumons.
夏爾心頭一震。早上把手帕按在嘴上,有時上頭會染上一點淡紅。那陣要命的咳嗽一來,簡直要把肺都扯出來。
Fils de veuve, il n’avait point fait de service militaire. Mais la loi l’obligeait à une double période sous les drapeaux. Il comptait néanmoins être réformé pour faiblesse de constitution. L’attitude du major lui parut de mauvais présage.
他是寡婦的兒子,沒當過兵。但按法律,他得服雙倍役期。他本來指望體格太弱,能免役。少校的態度,看來不是好兆頭。
Une voix impérieuse le secoua. Le fourrier l’apostrophait :
一個威嚴的聲音把他驚醒。軍曹正對他喝斥:
– Eh bien, qu’est-ce que vous fichez, vous ? Vous ne pouvez pas vous déshabiller ?
「喂,你搞什麼鬼啊?脫個衣服都不會嗎?」
En toute hâte il enleva ses derniers vêtements, et il resta debout, misérable et la peau frissonnante. Ses dents claquaient.
他趕緊脫下最後幾件衣服。光著身子站著,模樣狼狽,渾身直發抖。牙齒咯咯打顫。
Et soudain, en face de lui, parmi les hommes de sa batterie, il aperçut l’amant de sa femme – nu.
忽然,他在對面看見妻子的情人,就混在自己連隊的人群裡,全身赤裸。
Leurs regards se croisèrent. Paul Brancourt le reconnut. Ils semblèrent se défier un instant, tous deux l’air agressif. Puis Paul, réprimant un sourire, tourna la tête, mit les mains sur ses hanches et se campa en une pose hautaine.
兩人目光相接。保羅・布朗庫爾(Paul Brancourt)認出了他。有一瞬間,兩人彷彿相互較勁,臉上都帶著挑釁。接著,保羅忍住一絲笑,轉過頭去。他雙手叉腰,擺出傲然的姿態。
C’était un beau gars, de stature élevée et de visage mâle. Sa large poitrine respirait librement. Il avait un aspect souple et fort. Sous sa peau très blanche saillaient des muscles puissants. Il émanait de lui une telle sensation de beauté plastique que ceux qui l’entouraient, ouvriers ou paysans à l’intelligence grossière, en subissaient le charme, et le considéraient avec une curiosité inconsciente, comme un être à part, d’une matière et d’une forme autres que les leurs.
他生得好看,身材高大,相貌很有男子氣概。胸膛寬闊,呼吸自在。體態柔韌,又很有力氣。皮膚很白,結實的肌肉在底下鼓了起來。他渾身透出一種雕塑般的美,連周圍那些心思粗樸的工人或農夫都受他吸引。他們不自覺地帶著好奇打量他,彷彿他是另一種人,血肉和形體都跟他們不一樣。
Et une souffrance bizarre montait en l’âme de Charles Ramel. Il ne pouvait détacher les yeux de ce corps maudit. Irrémédiablement, ils étaient rivés à ces lignes vigoureuses, ils s’accrochaient aux bras nerveux, aux jambes nobles, aux chevilles minces. Et, en même temps, une multitude d’idées tristes s’abattaient sur lui.
夏爾・拉梅爾心頭升起一陣奇異的痛苦。他移不開視線,離不開那具受詛咒的軀體。目光死死釘在那強健的線條上,攀住那有力的手臂、挺秀的雙腿、纖細的腳踝。同時,無數悲傷的念頭朝他壓了過來。
Tout de suite le hanta le souvenir de sa femme. Il se rappela sa tendresse pour elle, sa foi naïve, son bonheur, puis la lettre de Paul Brancourt découverte par hasard dans un livre de messe, puis les aveux de Suzanne, ses larmes, ses menteuses paroles de repentir, la grâce féline de ses gestes. Et il se remémora la scène du pardon, le morne voyage à travers l’Italie, l’interminable hiver à Naples. Depuis, lâchement, il s’efforçait de ne rien surprendre. Les retards, les mines fatiguées, les bouderies, les querelles, il excusait tout. Les femmes ne sont-elles pas coutumières de fantaisies irraisonnées ? Mais, au fond, il savait l’implacable vérité, le lien d’amour que rien ne brisait entre Suzanne et Paul.
妻子的回憶立刻纏上他。他想起自己對她的疼愛,想起當初天真的信任,想起那份幸福。然後是那封信,保羅・布朗庫爾寫的,是他偶然在一本彌撒書裡發現的。然後是蘇珊的招認,她的眼淚,她虛假的懺悔話語,還有她舉手投足貓一般的柔媚。他又想起寬恕的那一幕,想起穿越義大利那趟陰鬱的旅行,想起在拿坡里漫長的冬天。從那之後,他懦弱地逼自己什麼都別撞見。晚歸也好,滿臉倦容也好,賭氣也好,吵架也好,他都原諒。女人難免有些沒道理的小性子,不是嗎?可在心底,他知道那個無情的事實:蘇珊和保羅之間繫著愛,什麼都拆不散。
Et la cause de son martyre se trouvait là, à quelques pas de lui, c’était cet homme qu’il ne pouvait pas ne pas voir en sa nudité radieuse. Une colère le cingla. Il serra les poings, prêt à se ruer sur son rival. Il eût voulu l’abattre, écraser cette silhouette dont il sentait l’attitude insolente.
而折磨他的禍首就在這裡,離他不過幾步。就是這個男人,全身赤裸,光彩耀眼,他想不看都不行。怒火狠狠抽了他一下。他握緊拳頭,隨時要撲向情敵。他恨不得把他打倒,把那道身影碾碎。在他眼裡,那姿態傲慢又無禮。
Surtout, une jalousie atroce lui tordait le cœur. Cette peau, les lèvres de sa femme s’y collaient éperdument. Pas une place qu’elle n’eût marquée d’un baiser. C’était comme un tissu de caresses qui s’appliquait aux formes mêmes. Cette bouche connaissait la bouche de Suzanne et son haleine d’enfant. Ces mains, la chair de Suzanne les avait imprégnées de son parfum tiède, le gonflement de ses jeunes seins les avait arrondies, ses pieds s’y étaient réchauffés. La veille, peut-être, ce corps frissonnait sous de petits baisers menus, à peine appuyés, des baisers de sa femme ; peut-être aussi se crispait-il, mordu par des dents rageuses, les dents de sa femme, dont il s’imaginait distinguer les traces encore fraîches !
最難受的,是一股狠毒的嫉妒擰著他的心。那身皮膚,他妻子曾發了瘋似地貼上去親吻。每一寸,都留過她的吻。那就像一層愛撫織成的衣,緊緊包住他的身形。這張嘴認得蘇珊的嘴,也認得她孩童般的氣息。這雙手,蘇珊的肉體早已用溫熱的香氣把它們浸透,她年輕胸脯的飽滿曾讓它們彎成圓形,她的雙腳也曾貼著它們取暖。也許就在昨天,這具身體還在細碎輕柔的吻下顫抖。那是他妻子的吻。也許它也曾繃緊起來,挨著發狂牙齒的啃咬。那是他妻子的牙齒。他甚至覺得,自己還看得出那些新鮮未退的齒痕!