La Dent d’Hercule Petitgris · la_dent_hercule
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[50]

— Je regrette que l’entretien commence par une déclaration contre laquelle je suis contraint de protester. Mais cette petite erreur se dissipera d’elle-même au moment opportun. N’allons pas trop vite, et, sans nous attarder à ce qui n’est pas essentiel, prenons les choses du début.

「很遺憾,這場談話一開頭就有句我不得不抗議的話。不過這個小誤會,時候到了自然會澄清。我們別急,無關緊要的事不必多耗時間,就從頭說起吧。」


[51]

Et, se servant du dossier ouvert sur la table, il se tourna vers Maxime Lériot et prononça d’une voix où il y avait quelque hostilité :

接著,他翻開桌上的卷宗,轉向馬克西姆·雷里奧,語調中透著幾分敵意地說道:


[52]

— Nous commencerons par vous, monsieur. Vous êtes né à Dolincourt, Eure-et-Loir, d’un paysan laborieux, qui s’est saigné aux quatre veines pour vous donner une éducation convenable. Je dois dire que vous l’en avez amplement récompensé par votre travail. Études sérieuses, conduite parfaite, attentions délicates pour votre père, en tout vous vous êtes montré bon fils et irréprochable élève. La mobilisation vous surprend simple soldat aux chasseurs à pied. Quatre ans plus tard, vous étiez adjudant et croix de guerre avec cinq citations. Vous contractez un engagement. À la fin de 1920, on vous trouve à Verdun. Toujours excellente tenue. Vos notes vous signalent comme capable de faire un bon officier, et vous songez même à passer votre examen. Or, vers la mi-novembre de cette année, coup de théâtre. Un soir, dans un dancing de troisième ordre, après avoir fait déboucher dix bouteilles de champagne, la tête perdue, au cours d’une discussion sans motif, vous dégainez. On vous arrête. On vous mène au poste. On vous fouille. Vous étiez porteur de cent mille francs en billets de banque. D’où teniez-vous cet argent ? Vous n’avez jamais pu l’expliquer.

「我們先從您問起,先生。您出生在厄爾-盧瓦爾省的多蘭庫爾,父親是個勤勞的莊稼人,為了讓您受個像樣的教育,把自己的血汗都榨乾了。說實在的,您也夠爭氣,沒讓他白費。書讀得認真,品行沒話說,對父親又體貼——不管哪方面,您都是個好兒子、挑不出毛病的學生。動員令下來的時候,您還只是輕步兵團裡的一個大頭兵。四年之後,您已經當上副官,還拿了掛五次嘉獎的戰爭十字勳章。您簽了繼續留役的契約。一九二○年底,有人發現您在凡爾登。表現還是一樣出色。您的考績寫著您有本當個好軍官,您甚至打算去考軍官資格。可是,就在那年十一月中旬,突然出了大事。有天晚上,在一間三流的舞廳裡,您叫人開了十瓶香檳,喝得爛醉,在一場沒頭沒腦的口角裡拔出了槍。有人報警。您被帶到警察局,搜了身。您身上揣著十萬法郎的鈔票。這筆錢是哪來的?您始終說不出個所以然。」


[53]

Maxime Lériot protesta :

馬克西姆·雷里奧連忙抗議道:


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— Pardon, monsieur le Ministre, j’ai dit que cet argent m’avait été remis en dépôt par quelqu’un qui ne voulait pas se nommer.

「對不起,部長先生,我說過了,那筆錢是一位不願透露姓名的人託我保管的。」


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— Explication sans valeur. Toujours est-il qu’une instruction est ouverte par l’autorité militaire. Elle n’aboutit pas. Mais, six mois après, libéré de tout service, vous êtes l’objet d’un autre scandale. Cette fois, votre portefeuille contenait pour quarante mille francs de bons de la Défense. Et, là-dessus encore, le silence et le mystère.

「這種解釋毫無用處。反正,軍事當局展開了偵查,卻不了了之。可是六個月後,您剛退伍,馬上又鬧出另一樁醜聞。這一回,皮夾裡裝著的是價值四萬法郎的國防公債券。而這件事呢,您照舊一聲不吭,照舊神祕。」


[56]

Lériot ne se donna pas la peine de répondre. Il semblait considérer ces événements comme tout à fait insignifiants, et il ne s’émut pas davantage de l’évocation de deux autres démêlés exactement du même genre qu’il avait eus avec la justice.

雷里奧懶得回話。在他眼裡,這些事似乎完全無足輕重。他與司法機關另有兩次糾葛,性質與此一模一樣;聽人提起,他也照樣不動聲色。


[57]

— Ainsi donc, continua Rouxval, aucune explication, n’est-ce pas ? Vous ne pouvez pas nous dire comment vous faites face à la vie de débauche que vous menez depuis ce temps ? Pas de situation, pas de ressource avouable, et cependant l’argent coule entre vos doigts comme si la source en était inépuisable.

「這麼說,」魯克斯瓦爾繼續說道,「你是打算完全不交代,是吧?從那時候到現在,你過著那種花天酒地的日子,錢到底是怎麼來的,你說不出個所以然?沒頭沒臉的工作,也沒有一筆見得了人的收入,可錢偏偏在你手上流水一樣過,好像那財源永遠掏不空似的。」


[58]

— J’ai des amis, murmura Maxime Lériot.

「我有些朋友。」馬克西姆·雷里奧低聲嘀咕。


[59]

— Quels amis ? On ne vous en connaît pas. La bande avec laquelle vous courez les lieux de plaisir se renouvelle constamment, et se compose d’ailleurs d’individus sans aveu qui vivent à vos dépens. Les agents spéciaux qui se sont occupés de vous à cette époque n’ont rien découvert, et vous avez continué à descendre la mauvaise pente. Seul le hasard, ou une imprudence de votre part, pouvait se tourner contre vous. C’est ce qui se produisit. Un jour, sous l’Arc de triomphe, non loin de la tombe du Soldat Inconnu, un homme s’approcha d’une dame qui chaque jour, venait y prier et lui dit cette phrase : « J’attends demain l’envoi de votre mari. Avertissez-le, sinon… » Le ton était menaçant, l’attitude de l’homme hargneuse et méchante. La dame se troubla et remonta vivement dans son automobile. Dois-je préciser que l’une de ces personnes était vous, Maxime Lériot, et l’autre, la comtesse de Bois-Vernay, et que tout à l’heure elles affectaient de ne point se connaître ?

「什麼朋友?根本沒人知道您有什麼朋友。跟您一塊兒跑聲色場所的那夥人,來來去去一直在換,而且全是一些靠您吃飯、來歷不明的傢伙。當年專門盯您的那幾個特務,什麼也沒查出來,您也就繼續往墮落的路上滑。只有碰上意外,或是您自己一不小心,才可能對您不利。事情偏偏就發生了。有一天,在凱旋門底下,離無名戰士墓不遠的地方,有個男人走近一位天天來那裡祈禱的夫人,對她說了這麼一句:『我在等明天您丈夫那邊的消息。提醒他一聲,不然的話……』語氣帶著威脅,那人的神態又凶又刻薄。夫人慌了手腳,趕緊鑽回汽車裡走了。需不需要我指明,這兩個人,一個就是您,馬克西姆·雷里奧,另一個是布瓦-維爾奈伯爵夫人?而剛剛,他們倆卻裝作彼此不認識。」


[60]

Rouxval, brusquement, leva les mains :

魯克斯瓦爾(Rouxval)猛然舉起雙手:


[61]

— Je vous en supplie, monsieur, dit-il au comte qui allait intervenir, n’essayez pas de nier l’évidence. Ce que j’affirme n’est pas le résultat de déductions ou d’hypothèses, ni l’interprétation de racontars, mais le strict énoncé de faits que j’ai connus ou contrôlés moi-même. Si vous avez perdu votre fils à la guerre, et si Mme de Bois-Vernay va prier chaque jour près de la dalle sacrée, moi j’ai perdu les deux miens, et il n’est pas de semaine où je ne m’arrête également là-bas pour m’entretenir avec eux. Or, la scène eut lieu près de moi. C’est moi qui entendis la phrase prononcée. Et ce fut pour mon édification personnelle, sans rien connaître encore des incidents que je viens d’exposer, que je m’occupai de savoir qui avait ainsi parlé, et quelle était la victime de ce qui me paraissait un chantage.

「先生,我求求您,」他對正要開口的伯爵說,「別想否認眼前的事實。我說的這些話,不是推論,也不是假設,更不是什麼道聽塗說,而是我親身經歷、親自查證過的事實,一字一句都不假。您在戰爭中失去了兒子,布瓦維爾奈夫人天天在那塊神聖的石板旁祈禱;而我,兩個兒子都沒了,也沒有一個星期不到那裡去,跟他們說說話。那一幕,就發生在我身旁。那句話,是我親耳聽見的。當時我對剛才講的那些事還一無所知,純粹是想弄清楚到底是誰說出那樣的話,還有在我看來,那樁敲詐的受害者又是誰,我才著手去查的。」


[62]

Le comte se tut. Sa femme n’avait pas bougé. Dans son coin, le policier Hercule Petitgris hochait la tête et semblait approuver la façon dont l’interrogatoire était mené. Jean Rouxval, qui l’observait du coin de l’œil, en ressentait de l’assurance. La dent ne pointait pas au coin de la bouche. Tout allait donc pour le mieux, et il poursuivit, en resserrant de plus en plus l’étreinte de son réquisitoire :

伯爵沉默了。他的夫人一動也不動。角落裡,警探埃居爾·佩蒂格里斯(Hercule Petitgris)點著頭,似乎贊同這番審問的方式。讓·魯克斯瓦爾(Jean Rouxval)用眼角餘光看他,因此更添把握。牙齒並未在嘴角露出。一切都順利,他繼續說下去,控訴的鉗制越收越緊:


[63]

— À partir du moment où les circonstances me donnèrent la conduite de cette affaire, elle changea de face, pour la raison qu’elle s’était révélée à moi dans un cadre plutôt que dans un autre. Que je m’en rendisse compte ou non, ce souvenir domina toutes mes pensées et gouverna l’enquête que je fis presque involontairement, sur l’ordre catégorique d’une intuition à laquelle je ne pus résister. Tout de suite, au lieu de voir en Maxime Lériot l’homme d’aujourd’hui, je vis le soldat d’autrefois. Son passé m’intéressa plus que son présent. Or, instantanément, au premier coup d’œil jeté sur le dossier, deux choses me frappèrent, un nom et une date : Maxime Lériot se trouvait à Verdun, et il s’y trouvait au mois de novembre 1920. Pour un père qui pleure ses fils disparus, il y a dans ce nom et dans cette date quelque chose de particulier. Leur rapprochement prend une signification immédiate. Si, chaque jour, Mme de Bois-Vernay vient prier sous l’Arc de triomphe, si j’y vais avec tant de ferveur, c’est parce que, la veille du 11 novembre 1920, anniversaire de l’armistice, il s’est déroulé, dans les souterrains de la ville sainte, la plus solennelle des cérémonies. Ce fait bien établi, comment s’expliquait la présence, sous l’Arc de triomphe, de Maxime Lériot, adjudant de chasseurs à Verdun, en novembre 1920 ? J’allai me renseigner sur place. Ce ne fut ni long ni difficile. Son ancien chef de bataillon, que j’interrogeai, me montra aussitôt le texte d’une décision signée par lui à cette époque, et dont la lecture fut pour moi un trait de lumière. Le conducteur d’un des huit fourgons funèbres qui avaient amené, de huit points différents des champs de bataille, les huit cadavres non identifiés parmi lesquels devait être choisi le Soldat Inconnu, ce conducteur n’était autre que l’adjudant Lériot.

「從情勢讓我接手這案子那一刻起,整件事就變了樣,因為它是以這樣一個框架、而不是另一個框架向我展開的。不管我自己有沒有察覺,這段記憶掌控了我全部的思緒,也左右了我那場幾乎是不由自主的調查——那是一股我抗拒不了的直覺,下了一道不容違逆的命令。當下,我沒有把馬克西姆·雷里奧(Maxime Lériot)看作今天這個人,而是看到了昔日那個士兵。他的過去比他的現在更叫我放心不下。果然,卷宗才翻開第一眼,就有兩樣東西立刻撞進我眼裡:一個名字,一個日期。馬克西姆·雷里奧當時人在凡爾登,而且是一九二〇年的十一月。對一個哭悼亡子的父親來說,這個名字和這個日期有著特別的分量。兩相對照,意義馬上就浮出來了。布瓦維爾奈夫人天天到凱旋門下祈禱,我也懷著同樣的熱誠前去,就是因為在一九二〇年十一月十一日、停戰紀念日的前夕,那座聖城的地下墓室裡,舉行了一場最莊嚴的儀式。這個事實確立之後,又該怎麼解釋馬克西姆·雷里奧——在凡爾登服役的獵兵准尉——一九二〇年十一月會出現在凱旋門下?我親自跑了一趟去查。既不費時,也不費事。我去問了他昔日的營長,對方立刻拿出一份他當年簽署的命令文本給我,在我讀來,那簡直是一道亮光。八具無名遺體——為了從中遴選無名戰士——由八輛靈車運送,其中一輛的駕駛,正是雷里奧准尉本人。」


[64]

Jean Rouxval frappa du poing le dossier, et, le visage crispé, tout son être tendu vers l’adversaire, il scanda, d’une voix assourdie :

讓·魯克斯瓦爾一拳擊在卷宗上。他滿臉緊繃,全副心神都逼向對手,用低沉喑啞的聲音一字一頓地說:


[65]

— C’était vous, Maxime Lériot, et, dans la galerie souterraine où se passa la cérémonie historique, parmi ceux qui composaient la garde d’honneur, vous étiez encore là, Maxime Lériot. Votre héroïsme, votre renommée militaire, vous avaient fait élire au nombre de ceux qui jouèrent un rôle entre les drapeaux tricolores et les panoplies qui ornaient les murs de la chapelle ardente. Vous étiez là, et, par conséquent…

「馬克西姆·雷里奧,就是您。就在舉行那場歷史性儀式的地下長廊裡,站在榮譽護靈隊伍當中的人,您也在場,馬克西姆·雷里奧。憑著您的英勇、您的軍中聲望,您才被選進那群人裡,站在三色旗和靈堂牆上的飾物之間扮演角色。您人在那裡,所以……」


[66]

L’émotion interrompit l’apostrophe véhémente de Rouxval. D’ailleurs, avait-il besoin de dire des paroles plus précises pour que l’on devinât sa pensée secrète. Hercule Petitgris balançait toujours la tête avec une approbation visible, qui surexcitait l’ardeur et la conviction du ministre.

魯克斯瓦爾的斥責說到一半,情緒激動,話就斷了。何況,也不必再說得更明白,旁人早已猜得出他心底的想法。埃居爾·佩蒂格里斯仍舊連連點頭,讚許之色溢於言表,這更加助長了部長的熱忱與信念。


[67]

L’ancien adjudant ne soufflait mot. Comme des troupes qui cernent l’ennemi assiégé, les phrases d’abord hésitantes, puis vigoureuses et logiques de Rouxval avaient investi l’adversaire avant qu’il n’y prît garde. Le comte écoutait et observait sa femme d’un air soucieux.

昔日那位准尉一言不發。魯克斯瓦爾的話起初遲疑,繼而變得強勁而有條理,就像包圍受困敵軍的部隊一樣,對手還沒察覺,早已被團團圍住。伯爵一面聽,一面滿心憂慮地盯著自己的夫人。


[68]

Rouxval dit à voix basse :

魯克斯瓦爾壓低嗓音說道:


[69]

— Jusqu’ici, même au plus profond de moi-même, je n’avais eu que des pressentiments vagues, et jamais encore un soupçon nettement formulé. Je redoutais de comprendre, et c’est avec le même état d’esprit craintif, effaré, que je cherchai les preuves de ce que je ne voulais pas savoir. Elles furent implacables. Je vais les énumérer dans leur ordre chronologique, et brièvement, sans aucun commentaire. Elles proclament d’elles-mêmes, par leur simple exposé, la série des faits qui s’enchaînent et des actes qui furent accomplis. Ceci d’abord. Le jour de la Toussaint, puis le 3 novembre, le 4 et le 5, l’adjudant Lériot, dont je réussis à reconstituer exactement la vie quotidienne, se rendit, le soir venu, dans une auberge isolée, où il rencontra un monsieur et une dame avec lesquels il demeura en conférence jusqu’au dîner. Ce monsieur et cette dame venaient en auto, paraît-il, d’une grande ville proche où ils habitaient un hôtel dont on me donna l’adresse. J’y allai et demandai le registre. Du 1er au 11 novembre 1920 avaient séjourné en cet hôtel le comte et la comtesse de Bois-Vernay.

「說實話,到現在為止,就連我自己心底,也只有些模模糊糊的預感,從來沒有過一個真正成形、明確的懷疑。我怕自己想通,也就是懷著這種既畏怯又惶恐的心情,才去尋找我其實不想知道的證據。結果證據無情得不得了。我會照時間順序一件一件列出來,只講重點,不做任何評論。光是把這些證據擺出來,它們自己就會說明一連串環環相扣的事實,和那些已經做下的事。先從這件事說起。諸聖節那天,接著十一月三日、四日、五日,雷里奧准尉——我把他的日常生活查得一清二楚——每到傍晚,就到一家偏僻的旅店去,跟一位先生、一位女士碰面,一路談到晚餐。聽說那位先生和那位女士是開車從附近一座大城市來的,住在一家旅館,有人把地址給了我。我去了,要求查閱住客登記簿。一九二〇年十一月一號到十一號那幾天,住在那家旅館的,正是布瓦維爾奈伯爵夫婦。」


[70]

Un silence. Le pâle visage de la comtesse se creusait. Rouxval étala son dossier. Il en tira deux feuilles qu’il déplia.

一陣沉默。伯爵夫人臉色蒼白,面容愈發消瘦。魯克斯瓦爾把卷宗攤在桌上,抽出兩張紙,展開來。


[71]

— Voici deux actes de naissance. L’un concerne Maxime Lériot, né à Dolincourt, Eure-et-Loir, en 1895. C’est le vôtre, Maxime Lériot. L’autre est celui de Julien de Bois-Vernay, né à Dolincourt, Eure-et-Loir, en 1895. C’est celui de votre fils, monsieur de Bois-Vernay. Donc, n’est-ce pas, même origine et même âge. Ce point est acquis. Voici, maintenant, une lettre du maire de Dolincourt. Les deux jeunes gens avaient eu la même nourrice. Pendant toute leur jeunesse, ils avaient conservé des relations de camaraderie. Ils s’étaient engagés en même temps. Nouvelle certitude.

「這裡有兩份出生證明。一份是馬克西姆·雷里奧的,一八九五年生於厄爾-盧瓦爾省的多蘭庫爾。這是您的,馬克西姆·雷里奧。另一份是朱利安·德·布瓦維爾奈的,也是一八九五年生於厄爾-盧瓦爾省的多蘭庫爾。這是令郎的,布瓦維爾奈先生。所以你看,不是嗎?同樣的出身,同樣的年齡。這一點算是確定了。接下來,這是多蘭庫爾鎮長寫的一封信。兩位年輕人小時候是同一位奶媽帶大的。整個少年時期,兩人也一直保持著朋友情誼。他們還是同時入伍的。又是一項鐵證。」


[72]

Rouxval continuait de feuilleter son dossier, et il énonçait au fur et à mesure :

魯克斯瓦爾繼續翻著卷宗,隨翻隨念道:


[73]

— Voici l’acte de décès de Julien de Bois-Vernay, mort en 1916, à Verdun. Voici la copie du certificat d’inhumation dans le cimetière de Douaumont. Voici un extrait du rapport de l’adjudant Lériot qui recueillit « dans une tranchée, longeant la route de Fleury à Bras, et près d’un ancien poste de secours, la dépouille desséchée, mais intacte d’un fantassin inconnu… » Enfin, voici le relevé topographique de la région. L’ancien poste de secours est ici, à cinq cents mètres du cimetière où fut inhumé Julien de Bois-Vernay. J’ai été de l’un à l’autre. J’ai fait creuser le sol : la tombe est vide. Qu’est devenu le cercueil de Julien de Bois-Vernay ? Qui l’a enlevé du cimetière de Douaumont ? Qui, sinon vous, Maxime Lériot, vous l’ami de Julien, vous l’ami du comte et de la comtesse de Bois-Vernay ?

「這是朱利安.德.布瓦-韋爾奈的死亡證明,一九一六年死於凡爾登。這是葬入杜歐蒙墓園的下葬證明副本。這是雷里奧士官長報告的節錄,報告裡寫著,他『在一條沿著弗勒里通往布拉的公路的戰壕裡,靠近一處舊急救站,收殮了一具身分不明的步兵遺骸,屍身乾癟,卻完好無缺……』最後,這是當地的地形測量圖。舊急救站就在這裡,離埋葬朱利安.德.布瓦-韋爾奈的墓園五百公尺。我從一頭走到另一頭,叫人把土挖開——墳墓是空的。朱利安.德.布瓦-韋爾奈的棺木到哪兒去了?是誰把它從杜歐蒙墓園裡移走的?除了你,馬克西姆.雷里奧,還會有誰?你是朱利安的朋友,你是布瓦-韋爾奈伯爵夫婦的朋友?」


[74]

Aucune des phrases de Rouxval qui ne contribuât à l’établissement d’une vérité dont l’évidence s’imposait. Toutes enveloppaient l’ennemi d’arguments irrécusables. Il n’y avait qu’à se soumettre.

魯克斯瓦爾的每一句話,都在把那個不容置疑的真相一步步確立起來。所有論據環環相扣,將敵人團團圍住。對方除了俯首認罪,別無他途。


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