— Pas possible ?
「怎麼會呢?」
— Comme j'ai l'honneur de vous le dire. Il y aurait par ici un bureau clandestin de désertion ; c’est moi qui le dirige. Et vous, vous en êtes l’âme.
「就像我剛才跟您報告的這樣啦,這一帶聽說有個專門收留逃兵的地下據點,是我在主持的,您呢,您就是幕後的藏鏡人。」
— Oh ! moi, ils ne peuvent pas me souffrir.
「喔!我啊,他們可是看我不順眼啦。」
— Et moi pas davantage. Weiïsslicht, le commissaire alle- mand de Bœrsweilen, m'a voué une haine mortelle. On ne se salue plus. Il est hors de doute que les calomnies sont répan- dues par lui.
「我也一樣,好不到哪裡去。博斯維倫(Bœrsweilen)的德國專員魏斯利希特(Weiïsslicht)對我是恨之入骨,我們見了面連招呼都不打了。那些造謠中傷,不用懷疑,肯定都是他放出來的。」
— Mais quelles preuves avancent-ils ?
「那他們拿出什麼證據了?」
— D’innombrables.. toutes aussi mauvaises. entre autres, celle-ci : des pièces d’or françaises qu’on aurait trouvées sur des soldats. Alors, vous comprenez... avec le poteau qui retombe une fois de plus, les explications qui vont recommencer, les en- quêtes qui vont se poursuivre...
「證據多得是啦……可全都一樣爛。比方說這個吧,說是在士兵身上搜出法國金幣。你懂的嘛……界標又倒了一次,接下來又得解釋個沒完,調查又要一直拖下去……」
Philippe s’approcha :
菲利普走了過來:
— Voyons, voyons, il me semble que tout cela n’est pas bien grave.
「好啦,好啦,我覺得這也沒那麼嚴重啦。」
— Tu crois, mon garçon ? Tu n’as donc pas lu dans les jour- naux, ce matin, les dépêches de la dernière heure ?
「你真這麼想嗎,孩子?那今天早上的報紙,最新的消息你沒看嗎?」
— Non, dirent Philippe et son père. Qu'y a-t-il de nouveau ?
菲利普和他父親說:「沒有啊,出什麼事了?」
— Un incident en Asie Mineure. Les officiers français et al- lemands se sont pris de querelle. Un des consuls a été tué.
「小亞細亞出事了。法國跟德國的軍官吵了起來。有個領事被殺了。」
— Oh ! oh ! fit Morestal, cette fois.
這回換莫雷斯塔爾說道:「喔喔!」
Et Jorancé précisa :
若朗塞進一步說明:
— Oui, la situation est extrêmement tendue. La question du Maroc s’est rouverte. Il y a eu des affaires d'espionnage, l’his- toire des aviateurs français volant au-dessus des forteresses d'Alsace et jetant des drapeaux tricolores dans les rues de Stras- bourg... Depuis six mois, c’est une série de complications et de chocs. Le ton des journaux devient agressif. On arme. On forti- fie. Bref, malgré la bonne volonté des deux gouvernements, nous sommes à la merci d’un hasard. Une étincelle. et ça y est.
「對啊,情勢已經緊繃到極點了。摩洛哥問題又被翻出來,還搞出間諜案,什麼法國飛行員飛越阿爾薩斯的要塞、把三色旗丟到史特拉斯堡(Strasbourg)街上的事……這半年來,一件接一件,全是糾紛和衝撞。報紙的口氣也越來越嗆。忙著擴軍。忙著修工事。說穿了,就算兩國政府再有誠意,我們也只能聽天由命。一顆火星,就全完了。」
Un lourd silence pesa sur les trois hommes. Chacun d’eux, selon son tempérament, selon ses instincts, évoquait la vision sinistre.
沉重的沉默,壓在三個男人身上。每個人各自憑著性情和本能,在心裡浮現那不祥的景象。
Jorancé répéta :
若朗塞重複道:
— Une étincelle…. et ça y est.
「一點火花……就全完了。」
— Eh bien, ça y sera, fit Morestal avec un geste violent.
莫雷斯塔爾猛地一揮手說:「好,那就讓它爆吧。」
Philippe eut un sursaut :
菲利普渾身一震:
— Qu'est-ce que vous dites, père ?
「爸,您在說什麼啊?」
— Eh quoi ! il faut bien que tout cela finisse.
「唉!這一切總得有個了結嘛。」
— Mais cela peut finir autrement que dans le sang.
「可是,不一定要見血才能收場吧。」
— Non... non... Il y a des injures qui ne se lavent que dans le sang. Et lorsqu'un grand pays comme le nôtre a reçu le soufflet de 70, il peut attendre quarante, cinquante ans, mais il arrive un jour où il le rend, son soufflet, et des deux mains !
「不……不……有些屈辱,不見血是洗不掉的。像我們法國這麼大的一個國家,1870年挨了那一巴掌,可以等四十年、五十年,但總有一天會討回來,用兩隻手狠狠打回去!」
— Et si nous sommes battus ? dit Philippe.
菲利普問:「那要是我們打輸了呢?」
— Tant pis ! L’honneur avant tout ! Et puis, nous ne serons pas battus. Que chacun fasse son devoir et l’on verra ! En 70, prisonnier de guerre, j'ai donné ma parole de ne plus servir dans l’armée française. Je me suis échappé, j'ai réuni les gamins de Saint-Élophe et des environs, les vieux, les éclopés, des fem- mes même... On s’est jeté dans les bois. Trois loques nous ral- laient, un bout de linge blanc, de la flanelle rouge et un mor- ceau de tablier bleu... Le drapeau de la bande ! Le voilà... il re- verra le grand jour, s’il le faut.
「打輸了又怎樣!榮譽第一!再說,我們是不會輸的。每個人把自己的本分做好,到時候就知道了!1870年,我做了戰俘,答應過不再替法國軍隊效力。我逃了出來,把聖埃洛夫和附近的小鬼、老人家、缺胳膊少腿的,連女人都找來了……我們就這樣鑽進樹林裡。就靠三塊破布把大家聚在一起,一截白布頭、一塊紅法蘭絨、一角藍圍裙……那就是我們這一夥的旗子!喏,就是它……真有需要,它還會再拿出來見人!」