La Frontière · la_frontiere
◂ 前頁6 / 15次輯 ▸
[125]

— Les voilà, monsieur, les voilà !

「來了來了,先生,他們來了!」


[126]

C'était le domestique, et Mme Morestal accourut également et dit :

是僕人。莫雷斯塔爾夫人也趕過來,說:


[127]

— Qu'est-ce que tu fais donc là ? Avec qui parlais-tu ? — Avec personne.

「你在那邊幹嘛啦?在跟誰說話啊?」「沒啦,沒跟誰。」


[128]

— Mais si, j'entendais...

「有啦,我明明有聽到……」


[129]

— Non, je t’assure.…..

「沒有啦,我跟你保證……」


[130]

— Ah ! j'avais cru... Et bien, tu sais, tu avais raison... Il est midi, et les voilà tous deux.

「啊,我還以為呢……好啦,還是你說得對……都中午了,你看,他們兩個都到了。」


[131]

— Philippe et Marthe ?

「菲利普和瑪爾特?」


[132]

— Oui, ils arrivent. Ils sont presque à l’entrée du jardin. Dépêchons-nous..

「對,他們來了,都快到花園門口了,我們快點吧。」


[133]

— 16 —

— 16 —


[134]

CHAPITRE II

第二章


[135]

Il n’a pas changé... Toujours son teint frais. Les yeux un peu fatigués, peut-être... mais la mine est bonne...

他一點都沒變……氣色還是一樣好。眼睛好像有點累……不過看起來精神還不錯……


[136]

— Avez-vous fini de m'éplucher tous les deux ? dit Philippe en riant. Quelle inspection ! Embrassez plutôt ma femme.

「你們兩個看夠了沒啊?」菲利普笑著說:「檢查得這麼仔細!來,先抱抱我太太吧。」


[137]

Marthe se jeta dans les bras de Mme Morestal, puis dans les bras de son beau-père, et, à son tour, elle fut examinée des pieds à la tête.

瑪爾特撲進莫雷斯塔爾太太懷裡,又撲進公公懷裡。接著輪到她,兩人把她從頭到腳打量了一遍。


[138]

— Oh ! oh ! la figure est moins pleine... Nous avons besoin de nous refaire. Mais ce que vous êtes trempés, mes pauvres enfants !

「哎喲、哎喲,臉都瘦了一圈……可得好好補回來才行。你們兩個怎麼全身都濕透了,可憐的孩子們啊!」


[139]

— Nous avons reçu tout l’orage, dit Philippe.

「我們把整場暴風雨都淋上了。」菲利普說。


[140]

— Et savez-vous ce qui m'est arrivé ? dit Marthe, j'ai eu peur ! Oui, peur, comme une fillette. et je me suis évanouie... Et Philippe a dû me porter pendant une demi-heure au moins...

「你們知道我出了什麼事嗎?」瑪爾特說,「我嚇壞了!真的,像個小女孩一樣嚇壞了,還昏倒了……菲利普只好背著我走了至少半個小時……」


[141]

— Hein ! dit le vieux Morestal à sa femme... pendant une demi-heure ! Toujours solide, le garçon. Et tes fils, pourquoi ne les as-tu pas amenés ? C’est dommage. Deux braves petits gos- ses, je suis sûr. Et bien élevés. Je connais Marthe ! Quel âge ont-ils ? Dix ans, n’est-ce pas, et neuf ans ? À propos, la mère a préparé deux chambres. On fait donc chambre à part, mainte- nant ?

「嘿!」老莫雷斯塔爾對妻子說,「揹了半個鐘頭呢!這小子身子骨還是一樣硬朗。你那兩個兒子呢,怎麼沒帶來?真可惜,一定是兩個乖孩子,教得又好,瑪爾特嘛,我還不清楚嗎!他們幾歲啦?十歲和九歲,對吧?對了,孩子他媽準備了兩間房,你們現在都分房睡啦?」


[142]

— Oh ! non, dit Marthe, ici seulement... Philippe veut se le- ver au petit jour et battre les grands chemins... tandis que moi, j'ai besoin de repos.

「哎唷,不是啦,只有在這邊才這樣啦……」瑪爾特說,「菲利普想天一亮就爬起來去外頭四處走走……我呢,我要好好休息。」


[143]

— Parfait ! parfait ! Conduis-les, la mère... et sitôt prêts, à table, les enfants Le déjeuner fini, je prends la voiture et je vais chercher les malles à Saint-Élophe, où la diligence du chemin de fer les apportera. Et si je rencontre mon ami Jorancé, je le ra- mène. Il doit être tout triste. Sa fille est partie ce matin pour Lunéville. Mais elle m’a dit qu’elle vous avait écrit.

「太好了,太好了!老伴,帶他們去吧……整理好了就上桌吃飯,孩子們。等吃完飯,我就搭馬車去聖埃洛夫拿行李,鐵路的驛車會把行李送到那裡。要是碰到我朋友若朗塞,我就把他順路帶回來。他現在一定難過得很。他女兒今天早上出發去呂內維爾了。不過她有跟我說,她已經寫信給你們了。」


[144]

— Oui, oui, fit Marthe. Suzanne m'a écrit l’autre jour. Elle non plus n’est pas gaie de partir.

「是啊,是啊,」瑪爾特說,「蘇珊前幾天有寫信給我。她這一走,心裡也不好受。」


[145]

Deux heures plus tard, Philippe et sa femme s’installaient dans deux jolies chambres voisines, situées au second étage, et qui avaient vue sur le côté français. Marthe se jetait sur son lit et s’endormait presque aussitôt, tandis que son mari, accoudé à la fenêtre, regardait le paisible vallon où s’étaient écoulés les jours les plus heureux de son enfance.

兩小時後,菲利普和妻子住進二樓,兩間相鄰的漂亮房間,窗戶朝著法國那一側。瑪爾特往床上一撲,很快就睡著了。她丈夫倚在窗邊,望著寧靜的山谷。他童年最快樂的日子,就是在那裡度過的。


[146]

C'était là-bas, au bourg de Saint-Élophe-la-Côte, dans le modeste logis que ses parents habitaient avant le Vieux-Moulin. Interne au collège de Noïrmont, il passait au village d’enthou- siastes vacances à jouer ou bien à courir les Vosges en compa- gnie de son père — papa Trompette, comme il l’appelait, en raïi- son de toutes les trompettes, clairons, cors et cornets, qui cons- tituaient avec des tambours de tous les modèles, avec des épées et des poignards, des casques et des cuirasses, des fusils et des pistolets, les seuls cadeaux que connût son jeune âge. Un peu sévère, Morestal, un peu trop attaché à ce qui concernait les principes, les usages, la discipline, l’exactitude, un peu emporté, mais si bon, et sachant si bien se faire aimer de son fils, d’une affection si respectueuse et si franche !

那是山谷那頭的聖埃洛夫拉科特(Saint-Élophe-la-Côte)。父母搬進老磨坊(Vieux-Moulin)之前,就住在村裡那間樸素的屋子。他在努瓦爾蒙(Noïrmont)中學住校,一放假就回村子,不是玩耍,就是跟著父親跑遍孚日山,玩得盡興。他管父親叫「喇叭爸爸」。小時候他認得的禮物只有這些:各式喇叭、軍號、號角和小號,還有各種樣式的鼓、刀劍和匕首、頭盔和胸甲、步槍和手槍。莫雷斯塔爾有點嚴厲。說到原則、慣例、紀律、準時,他總看得太重,脾氣也有點急。可是他人那麼好,也那麼懂得讓兒子愛他。兒子對他的感情,又敬重又坦率,深厚得很!


[147]

— 18 —

— 18 —


[148]

La seule fois qu'ils se heurtèrent, ce fut le jour où Philippe, alors élève de philosophie, annonça son intention de poursuivre ses études au-delà du baccalauréat et d’entrer à l’École Nor- male. Tout le rêve du père s’écroulait, son beau rêve de voir Phi- lippe en uniforme, des soutaches d’or à la manche de son dol- man, le sabre au côté.

父子倆唯一起衝突的一次,是菲利普唸哲學班那年。他宣布會考之後要繼續深造,報考師範學院。父親的美夢就此碎了。他一直夢想看見菲利普穿上軍服,短外套袖口鑲著金色滾條,腰間佩著軍刀。


[149]

Choc véhément et douloureux où Morestal, stupéfait, se trouva en face d’un Philippe obstiné, réfléchi, maître de lui, et fermement résolu à conduire sa vie comme il l’entendait et se- lon ses propres aspirations. Durant une semaine, on disputa, on se fit du mal, on se réconcilia pour se fâcher encore. Puis le père céda tout d’un coup, au milieu d’une discussion, et comme s’il comprenait subitement la vanité de ses efforts.

這一撞,又猛又痛。莫雷斯塔爾愣住了。眼前的菲利普,固執,想得清楚,也沉得住氣。他鐵了心,人生要照自己的意思走,順自己的志向活。整整一個星期,兩人吵了又吵,彼此傷害,才和好又翻臉。後來,有一回吵到一半,父親忽然讓步,像是突然明白,再掙扎也是徒然。


◂ 前頁下頁 ▸