Armelle et Claude · armelle
第一輯1 / 13次輯 ▸
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Dans ce milieu d’artistes et de littérateurs, la complicité de tons devait, dès la première entrevue et sans que nul n’y tâchât volontairement, rapprocher Armelle de Rhuis et Claude Landa. Tandis que chacun des invités, de par sa profession, se classait en quelqu’une des diverses catégories de l’art, ils n’avaient, eux, à se réclamer que de leur titre de mondains. Claude n’avait jamais tenté de mettre en relief les réelles qualités de son intelligence et de son goût. Et Mle de Rhuis, malgré ses allures indépendantes, ne se donnait pas des airs d’amateur en peuplant son atelier de chevalets et de toiles.

在這個藝術家與文人薈萃的圈子裡,那種聲氣相投的默契,理應讓阿梅勒·德呂斯(Armelle de Rhuis)與克洛德·朗達(Claude Landa)在初次見面時便親近起來,而且無須任何人刻意為之。賓客們各自因職業之故,歸入藝術的某一類別;他們兩人卻不然,只能以社交名流的身分自居。克洛德從未想過彰顯自己在才智與品味上真正的長處。德呂斯小姐儘管舉止獨立不羈,也不曾在畫室裡擺滿畫架和畫布,裝出一副業餘藝術家的姿態。


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Cette situation leur valut d’être seuls aussitôt qu’ils furent présentés l’un à l’autre. On s’écarta comme s’ils allaient tenir un langage ignoré et remuer des questions d’un ordre spécial. Peut-être cette complaisance les gêna-t-elle au début, mais l’éveil rapide de secrètes sympathies leur fit accepter l’isolement où l’on s’accordait à les laisser. Physiquement, leurs apparences s’harmonisaient, ce qui provient de causes plus obscures que les similitudes ou les diffé- rences dans la taille, le geste ou l’âge. Armelle avait des cheveux blonds à nuances très diverses, comme des blés que le soleil a mûris inégalement. De l’or aussi éclairait ses yeux sombres, et la lumière de ses dents brillait entre ses lèvres rouges. Au repos, son visage était plein de sourire, à tel point qu’on ne savait pas ce qui souriait de ses yeux ou de sa bouche, de ses joues ou de son menton. Plutôt même que du sourire, on eût dit de la clarté qui rayonnait comme une atmosphère de joie. Près d'elle, Claude semblait plus brun et plus pâle

這樣的處境,讓他們倆一經引見,便落得獨處一隅。眾人紛紛走開,彷彿兩人即將展開一場旁人聽不懂的對話,探討某種特殊領域的問題。起初,這番體貼或許讓他們有些侷促,但暗中萌生的好感迅速甦醒,他們便也接受了眾人一致留給他們的這份清靜。就外貌而言,兩人十分相襯,而這種和諧的成因,遠比身材、舉止或年齡的異同更幽微難解。阿梅勒有一頭色澤變化萬千的金髮,宛如被太陽曬得成熟不一的麥田。她的眼眸雖深暗,也閃著金光;紅潤的唇間,牙齒泛著光澤。靜下來的時候,她整張臉都是笑意,叫人分不清:究竟是眼在笑,還是嘴在笑?是臉頰在笑,還是下巴在笑?與其說那是微笑,不如說是一種光華,像歡樂的氣息般四射。站在她身旁,克洛德顯得比實際


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qu’il n'était. L’expression pensive de sa physionomie s’accentuait également par

顯得更黝黑、更蒼白。他臉上那沉思的神情,也因這番對比而愈發突顯。


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contraste. Cependant Armelle remarqua dans la suite que sa figure, sous l'influence d’une exaltation ou d’un sentiment un peu vif, devenait ardente, presque heureuse. Et il nota, lui, le masque de gravité, de mélancolie, presque de froideur, dont l’émotion ou simplement l’effort de la réflexion recouvrait le visage souriant de la jeune fille. Si l’on devinait au juste l’importance que telle personne prendra dans notre vie, comme ils se fussent examinés attentivement, afin d’analyser l’impression reçue au premier choc ! L’image que l’on finit par prendre d’autrui est si différente de l’image qu'offre le souvenir qu’on ne les croirait pas issues du même être. Laquelle des deux est la vraie ? Armelle et Claude avaient l’un sur l’autre ces vagues notions dont on se contente en général pour juger. Quelques liaisons flatteuses, le fait d'avoir abandonné l’une de

更加突顯。然而阿梅勒後來發現,每當他情緒激昂,或情感稍有波動,臉上便會泛起熱光,近乎幸福。而他則注意到,這位少女明明滿面笑容,可一旦情緒起伏,或只是認真思索,臉上便罩上一層嚴肅、憂鬱、近乎冷冽的面具。倘若我們真能預知,某個人日後將在自己生命中占據何等分量,他們理當仔細端詳彼此,好好分析初見那一刻的印象啊!我們最終對一個人形成的形象,與記憶裡的形象竟如此不同,簡直難以相信兩者出自同一人。究竟哪一個才是真的?阿梅勒與克洛德對彼此的認識,只有這樣模糊的輪廓;而一般人評斷他人,通常也滿足於此。幾段體面的風流韻事,再加上拋棄過某位


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ses maîtresses, valaient à Claude une réputation d’homme à conquêtes et à caractère volage. On le savait orphelin, indépendant, occupé de sport, friand de vieux livres. Armelle intriguait par son genre d’existence. Dédaigneuse des salons que sa naissance lui eût ouverts, elle fréquentait des peintres, des gens de lettres, le monde des théâtres, sans prendre garde aux manières des hommes ou à la conduite des femmes. Elle tenait de sa mère une grosse fortune qui lui servait à satisfaire aux habitudes dissipées de son père. On lui prêtait vingt- cinq ans et deux ou trois aventures. Ils éprouvèrent assez longtemps l’embarras de ceux qui se trouvent en rapports pour la première fois et qui font cas de leur opinion réciproque. Une parole vraie le chasse. Mais comme elle est difficile à prononcer ! Vient-elle aux lèvres, il semble d’avance qu’elle va sonner faux. Après quelques instants néanmoins, Claude hasarda : — Sentez-vous comme moi, mademoi-

幾段風流韻事,為克洛德贏得獵豔高手、性情輕浮的名聲。眾人還知道他是孤兒,獨立不羈,熱衷運動,嗜好古籍。阿梅勒的生活方式則引人好奇。憑她的出身,那些沙龍本可任她出入,她卻不屑一顧,反而與畫家、文人、戲劇界人士往來,從不理會男人的舉止或女人的行徑。她從母親那裡繼承了一大筆財產,用來填補父親揮霍無度的習慣。人們傳聞她二十五歲,有過兩三段情史。 他們久久感受著初識者之間的那種窘迫——尤其又彼此重視對方的看法。一句真心的話能驅散這種窘迫,可是說出口何其困難!話到唇邊,卻彷彿預先覺得它會走調。然而過了片刻,克洛德還是壯起膽子:「小姐,您是否和我一樣,感受到


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selle, tout ce qu’il y a de particulier dans la mise en présence de deux inconnus ? Cela se reproduit si souvent que nous n’en apercevons pas le côté étrange et, si nous sommes troublés, ce n’est qu’au fond de nous et à notre insu. Et cependant, n’est- ce pas deux mondes inexplorés que le destin place côte à côte ? Le plus petit regard y pourrait effectuer de merveilleuses découvertes. Or c’est précisément quand il y a sympathie que les facultés d’observation restent inactives. On s’emploie plutôt à se faire connaître qu’à connaître. On parle au lieu d’écouter. Elle ne s’étonna pas de cette allusion à leur sympathie possible. Elle dit en souriant : — Supposons les deux interlocuteurs résolus à écouter, l’entretien menacerait de languir. — Où serait l’inconvénient ? Pourquoi est-on si mal à l’aise quand la conversation tombe ? J’admets parfaitement que deux êtres n’aient rien à se dire et demeurent

兩個陌生人相會之際,那種種微妙的意涵?」這種情形太常見了,我們反而看不出它的奇異之處。就算心緒受了擾動,也只藏在心底,自己渾然不覺。然而,命運把兩個未經探索的世界並肩放在一處,難道不正是如此嗎?哪怕最細微的一瞥,都可能帶來奇妙的發現。可偏偏就在心懷好感的時候,觀察力反而閒置了。人們忙著讓對方認識自己,而不是去認識對方;只顧說話,不肯傾聽。」她對這番暗示兩人可能情投意合的話並不訝異,只微笑著說:「假設兩個交談的人都決心傾聽,談話恐怕就要沉悶了。」「那又有什麼不好?話題中斷時,人為什麼會那麼不自在呢?我完全可以接受兩個人之間無話可說,面對面


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silencieux l’un en face de l’autre tout en faisant les simples remarques de vie que la vie offre, qu’inspire le coudoiement des foules ou bien les spectacles extérieurs. Ainsi, peu à peu, apparaîtrait la vérité de chacun. Mais le silence n’est rempli qu’après l’échange de certaines phrases plus intimes 4 et le leur était si vide qu’ils eurent hâte de le combler à l’aide de mots quelconques. Ils devinèrent leur angoisse mutuelle. De quoi causer ? Répugnant à faire de l’esprit ou à disserter à tort et à travers, ils n’osaient davantage, par une fausse honte assez commune, donner à leur conversation un tour plus élevé. Sait-on à qui l’on s’adresse et si telle parole précieuse ne passera pas inaperçue ? En réalité ils s’intimidaient l’un l’autre, malgré leur habitude de situations analogues. Jamais, sans doute, ils n’avaient désiré prendre contact aussi rapide et aussi essentiel avec telle personne rencontrée. Et c’est en ce cas surtout que l’on s’avise

面對面保持沉默,只說些生活裡現成的簡單感想——人潮推擠之際、外頭景象當前,那類感想自然就湧上來。這樣一來,彼此的真實面貌便會漸漸顯現。可是,沉默要充實,得先交換過某些較親密的話語才行;而他們之間的沉默太空虛了,兩人急著隨便找些字句來填補。他們都察覺到對方的焦慮。聊些什麼呢?他們不願賣弄機智,也不願漫無邊際地高談闊論;可偏偏出於一種再常見不過的虛榮作祟,又不敢把交談的格調拉高一些。誰知道自己在跟什麼人說話?誰知道某句珍貴的話,會不會無人領會?其實,儘管兩人都慣於這類場面,卻還是互相威嚇著對方。毫無疑問,他們從未如此渴望與萍水相逢之人建立如此迅速而如此


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des hautes barrières qui s’interposent entre les êtres. Tout effort se heurte à de nouveaux obstacles, murailles massives, effroyables banquises qu’il faut casser à coups de hache ou user par le frottement patient des formules banales. Alors ils se décidèrent à parler d’eux, ce qui est un hommage après tout, puisque, en se montrant comme on est ou comme on cherche à paraître, l’on marque l’espoir de plaire. Et ils en parlaient allègrement. — Moi, disait l’un... — Moi, répondait l’autre... Ainsi que des balles bondissaient les affirmations positives. Toute révélation entraînait une riposte aussi catégorique. Et comme, le plus souvent, nous règlent au début l’ambition d’être agréable et la crainte de froisser, ils semblaient n’avoir qu’un sentiment sur toutes choses, que des passés identiques et des conduites parallèles. Chacun s’introduisait de force dans le moule qu’il supposait préféré par l’autre. Ils s’entretenaient moins d’eux-mêmes que

深刻的聯繫。也正是在這種時刻,人才驚覺人與人之間橫著多高的屏障。每一分努力都撞上新的阻礙:厚重的城牆,駭人的冰山,非得用斧頭劈開不可,不然就靠陳腔濫調耐心地磨。於是他們決定談談自己。這畢竟是一種敬意——不論展示真實的自己,還是刻意經營的形象,都表示希望取悅對方。他們談得興高采烈。「我嘛,」一個說……「我嘛,」另一個答……斬釘截鐵的斷言像皮球一樣來回彈跳。每一句吐露,都引來一句同樣斬釘截鐵的回應。起初,我們多半受兩種心情支配:想討人喜歡,又怕觸怒對方。所以他們彷彿對萬事萬物只有同一種感受,只有相同的過去與平行的行徑。各自都硬把自己塞進對方想必偏愛的模子裡。他們談論的與其說是自己,


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de marionnettes qu’ils agitaient au bout de leur poing et dont ils prônaient le costume, le mécanisme, les diverses singularités. Qu’apprirent-ils? Peu de chose. Claude sut que M"e de Rhuis inspirait à son père une confiance et un respect illimités, qu’elle ne se souciait pas des médisances et n’acceptait de contrôle ni dans ses façons d’agir ni dans le choix de ses relations. Lui, de son côté, déclara son goût pour les exercices violents, pour les belles reliures anciennes et pour les voyages à travers la France en quête de petites villes bizarres. Mais sous le réseau factice des paroles, quelque chose allait de l’un à l’autre qu’ils ne voyaient ni n’entendaient, quoiqu’ils s’en rendissent compte comme d’un courant de chaleur dans l’air froid. C’était l’accord de leurs pensées inexprimées et de leurs instincts profonds. Les êtres s’accouplent silencieusement, en dehors de toute manifestation et sans que l’on soupçonne la raison de ces mariages invisibles. Très souple en sa robe de soie changeante dont le tissu lâ-

不如說是自己握在拳頭末端操弄的提線木偶,並對木偶的服裝、機關、種種奇特之處讚不絕口。他們學到了什麼?寥寥無幾。克洛德得知,德呂斯小姐深受父親無限的信任與敬重;她不在意流言蜚語,無論行事方式或擇友,一概拒絕他人干涉。而他這邊,則聲明自己熱愛激烈的運動,喜歡精美的古籍裝幀,熱衷遊歷法國各地,尋訪奇特的小城。然而在這層虛假的言語之網底下,有某種東西在兩人之間流動。他們看不見也聽不到,卻感覺得到,就像寒空中的一股暖流。那是他們未說出口的心思與深層本能的和鳴。人與人是在沉默中結合的,毫無外在表現,也無人猜得出這些無形結合的緣由。阿梅勒身著一襲隨光線變色的絲質長裙,剪裁寬鬆的


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che reposait sur ses formes, Armelle jouait de son sourire frais, de ses yeux dorés, de son visage lumineux, tandis que Claude soignait à son insu le geste de ses mains et le croisement de ses jambes. Toute leur coquetterie se bornait à ces innocents manèges. Ils n’essayaient pas de se plaire ni de montrer qu’ils se plaisaient. Pourtant les minutes leur étaient d’un prix inestimable et le signal du départ les décontenança un moment. Le fait seul d’avoir été l’un près de l’autre les avait unis davantage que la multiplicité des phrases émises. Elle consentit à ce qu’il l’accompagnât. Ils suivirent à pied l’Avenue du Bois. Un soir doux annonçait le printemps. Quelques feuilles marquaient la silhouette grêle des arbres. L’air portait des parfums. Ils ne disaient rien. Claude observait M"e de Rhuis et parfois s’attardait un peu, car la marche des femmes l’intéressait beaucoup. Celle d'Armelle le ravit. Elle faisait des pas allongés,.bien déterminés, et rebondissait imperceptiblement, de sorte que son

衣料服貼著她的身段。她盡情展現清新的微笑、金色的眼眸、明亮的容顏;克洛德則不自覺地留意起自己雙手的動作、雙腿交疊的姿勢。他們全部的賣弄風情,僅止於這些無邪的小伎倆。他們並不打算取悅對方,也沒有表現出彼此有好感。然而每一分鐘對他們來說都彌足珍貴,一旦出現離別的暗示,兩人頓時手足無措。光是曾經相伴這件事本身,就比千言萬語更將他們緊緊相繫。她允許他送她回家。兩人沿著布瓦林蔭大道步行而去。這是一個溫柔的夜晚,預告著春天的來臨。幾片新葉勾勒出樹木纖細的輪廓。空氣中飄散著芬芳。他們默默無語。克洛德注視著德呂斯小姐,不時稍稍放慢腳步——他對女人的步態很感興趣。阿梅勒的步態令他心醉。她步伐修長而堅定,身體以難以察覺的方式輕微彈動,因此她的


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allure était légère, d’un rythme puissant et Be d’une jeunesse incomparable. a ’ . • 81 — Vous avez une marche de petite 27 t s - .. c fille, lui dit-il, de petite fille posée, en plein “ équilibre et qui sait où elle va. Il y a tant B F de femmes qui ont besoin du bras d’un homme. Vous, on ne vous voit au bras de ‘ s , personne. — Dois-je donc marcher seule dans l'exis- tence? demanda-t-elle. 0 » Ils avaient parlé gravement, sans intention flatteuse d’une part ni provocante de l’autre. Loin des foules et des lumières, te * r leur gêne se dissipait. La nuit aime les : confidences. L’ombre les induisit à plus de f hardiesse, et ils dirent des choses à propos de l’amour. X Ils convinrent aussitôt que la vie en suit 29.3 " 2 • les fluctuations heureuses on malheureuses [ avec la docilité d’une épave. Mais l’accord ferta _ • cessa sur la place qu il doit tenir. Armelle d al et k la limitait. Claude la voulait infinie. Se. K — Comment assigner. des bornes à ce t qui est notre essence ? dit-il. Ceux qui n’ai-

她的步伐輕盈,節奏飽滿,帶著無與倫比的青春氣息。 「您走路像個小女孩,」他對她說,「像個安穩沉著、站得筆直、知道自己要往哪裡去的小女孩。有那麼多女人,都需要男人的手臂依靠。您呢,卻從沒見您挽過誰的手臂。」 「難道我該獨自走在人生路上嗎?」她問道。 他們的交談是認真的,一方沒有奉承之意,另一方也沒有挑逗之心。遠離了人群與燈火,兩人的拘謹漸漸消散。黑夜喜愛傾訴。夜色引得他們更大膽,於是他們談起了愛情。 他們隨即同意:人生就像一艘漂流物,馴服地隨著愛情的順逆起伏。但說到愛情該占什麼地位,兩人的看法便分歧了。阿梅勒給愛設了界限,克洛德卻要它無限。「怎能給我們的本質設下疆界呢?」他說。


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ment pas d’une façon constante et absolue sont des dégénérés et des malades. La meilleure preuve en est que le pouvoir d’aimer coïncide avec la période où la vie at- teint sa plus grande intensité. Être jeune, cela signifie être capable d’amour. Toutes les autres occupations sont des passe-temps, de même que la brume, la pluie, la neige sont les intermèdes d’un état normal qui est le plein soleil. L’ardeur de sa voix frappa M"e de Rhuis. D’ordinaire on eût pu constater en lui plutôt une certaine hésitation de parole. Maintenant les mots coulaient de sa bouche abondamment. Il continuait : — Toute ambition me paraît misérable qui n’est pas celle d’aimer. Et je n’appelle pas amour cette petite liaison commune des gens qui cherchent une distraction. Aimer, c’est s’anéantir, se dépouiller de sa person- , nalité, sacrifier tout ce qui fait qu’on est soi et non un autre. Quand j’aime, je n’existe plus, quoique j’existe cent fois davantage. J’ai la joie farouche de m’échap-

不以恆久而絕對的方式去愛的人,都是墮落的病態之人。最好的證明便是:愛的能力最強的時期,正是生命最熾盛的時期。年輕,就意味著能夠去愛。其他一切事務都只是消遣,正如霧、雨、雪,都只是常態天候——燦爛晴日——之間的間奏。 他話音中的熾熱震動了德呂斯小姐。平日裡,他說話反而帶著幾分遲疑。此刻,話語卻滔滔不絕地流瀉而出。他繼續說道: 「在我看來,一切不以愛為目標的野心都是可悲的。而那種為排遣無聊而生的尋常小事,我也不把它稱為愛情。愛,就是自我消融,褪去自己的個性,捨棄一切使我之所以是我、而非他人的東西。當我在愛時,我已不存在——儘管我比先前存在得更強上百倍。我懷著野性的狂喜,掙脫自


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per de moi pour vivre, hors de mon cerveau et de mon corps, une vie surnaturelle. De quelle voix étrange il s’exprimait ! On eût dit qu’il se servait d’un organe nouveau, harmonieux et musical, à la fois apte aux . inflexions tendres et frémissant d’exaltation sincère. Armelle, toute remuée, murmura : — Oui, une vie de rêve dont les souffrances valent les joies... Se penchant vers elle, il reprit : — On n’a point conçu de plus noble attitude que de se mettre à genoux et de joindre les mains. Il faut être ainsi devant qui l’on aime. Il faut s’absorber dans une seule idée, s’affranchir de tout amour-propre, refuser tout plaisir étranger. Il faut agir comme si l’on tenait sa faculté d’agir de l’être que l’on aime. Notre vie commence où commence la sienne et finit où elle finit. Il est notre principe et notre but. Il nous crée incessamment. En dehors de lui il n’y a rien, il n’y a rien...

……失去自我,離開自己的頭腦與身軀,去過一種超自然的生活。他用多麼奇異的聲音說話啊!彷彿動用了一副全新的器官,和諧而富音樂性,既能表達溫柔的抑揚,又因真誠的熱情而顫動。阿梅勒深深動了心,低聲說:「是的,一種夢幻般的生活,其中的痛苦和歡樂一樣珍貴……」 他俯身向她,接著說:「世上再沒有比跪下、合起雙手更高貴的姿態了。在所愛的人面前,就該如此。要讓自己沉浸在一個念頭裡,擺脫一切自尊,拒絕一切外來的歡樂。行動時,要彷彿行動的能力都是所愛的人賜予的。我們的生命,從她的生命開始之處開始,也在她終結之處終結。她是我們的本原,也是我們的目標。她不斷地創造我們。在她之外,一無所有,一無所有……」


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Elle lui saisit le bras et l’arrêta :

她一把抓住他的手臂,攔住了他:


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— Pensez-vous ce que vous dites? Pensez-vous que l’amour doit être un asservissement, une immolation perpétuelle de soi- même? Doit-on se courber oc se traîner à terre parce que l’on aime ? Doit-on mépriser toute aspiration noble si elle ne participe pas à notre amour ? Est-ce là votre idéal ? Répondez franchement. Elle le questionnait d’un ton impérieux et, comme il se taisait, elle insista : — Le pensez-vous? répondez sans détours... répondez avec la loyauté d’un homme qui s’interroge... le pensez-vous ? — Non... non... je ne le pense pas. Tout de suite il eût voulu se reprendre, raisonner, faire la part du faux et du vrai, affirmer que si des doutes, depuis peu, l’obsédaient, du moins telle avait été sa conception réelle de l’amour. Mais en vain il se débattit. A travers tous les obstacles, elle avait pénétré jusqu’au seuil même de sa conscience, et il ne put que répéter : — Je ne le pense pas, non, je ne le pense

「您說的是真心話嗎?您覺得愛情就該是一種奴役,一種永無止境的自我犧牲嗎?因為愛一個人,就得彎腰屈膝、卑微到塵土裡嗎?任何高貴的嚮往,只要跟這份愛無關,就活該被看不起嗎?這就是您的理想嗎?老實回答我。」 她語氣凌厲地質問他,見他不吭聲,又追問:「您到底是不是這麼想的?別拐彎抹角……拿出自我反省的人該有的誠實來回答……您是不是這麼想?」 「不……不……我不是這麼想的。」 他馬上想收回,想辯解,想分清真假,想說明:就算近來有些疑慮一直纏著他,這至少曾經是他對愛情最真切的理解。可他掙扎也是白費。她穿透層層心防,一路逼近他意識的邊緣,他只能反覆說著:「我不是這麼想的,不,我不是這麼想的……」


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Ils se remirent en marche le long des fortifications, du côté de la Muette. Ils se hâtaient,- en un désir confus de séparation. Devant la grille d'un jardin, Armelle tendit la main à Claude : — Me voici arrivée... venez me voir bientôt, je suis toujours chez moi à la fin de l’après-midi. Elle ouvrit la porte. Immobile, Claude écouta les pas qui s’éloignaient sur le sable des allées.

兩人重新沿著城牆,朝繆埃特方向走去。他們走得匆匆,心裡隱隱渴望就此分開。走到一座花園柵欄前,阿梅勒向克洛德伸出手:「我到家了……請早日來看我,傍晚時分我總是在家。」她推門進去。克洛德一動不動地站著,聽腳步聲在小徑的沙地上漸漸遠去。


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Claude fut introduit, au second étage dans une petite pièce basse dont des rayons de livres formaient l’unique décor. Il regarda les titres : c'était la multitude des romans modernes, entassés au hasard des lectures successives. La variété des couleurs, l’emmêlement des jaunes, des bleus, des rouges et des verts, concouraient à une gaîté d’ensemble que Landa n’obtenait pas avec ses plus riches reliures. Il s’avisa qu’à droite et à gauche de la fenêtre les casiers ne portaient que des ouvrages de femmes, et notamment les lettres et les mémoires des deux derniers siècles. Il tira l’un de ces volumes. Mainte page était cornée. Des barres au crayon

有人引克洛德上二樓,進了一間低矮的小房間,房裡唯一的裝飾便是一排排書架。他看了看書名:盡是現代小說,按先後的閱讀隨手堆疊。黃的、藍的、紅的、綠的,各色書脊交錯混雜,整體透出一股歡快的氣息,連朗達最華美的精裝書也比不上。他這才注意到,窗子左右兩側的書格裡,放的全是女人寫的書,尤其是近兩個世紀的書信與回憶錄。他抽出其中一冊,翻開來,好幾頁都摺了角,還有用鉛筆畫的線。


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je lis, ni lire où j’écris. Déjà des habitudes de vieille fille, ajouta-t-elle en riant. Il secoua la tête. — Ne nous en moquons pas, les manies les plus puériles sont autant d’efforts que nous évitons à notre volonté, autant de repos accordés à notre énergie morale ou physique. Le son de leur voix affirmait leur sympathie. Ils s’examinaient avec complaisance. Armelle était gracieuse et désirable. Claude était harmonieux et fort. Tous deux consi- déraient la vie gravement, et chacun sen

……我既讀不成,也不知該在哪裡讀、在哪裡寫了。已經養成老姑娘的習慣啦。」她笑著說。他搖搖頭。「我們別笑這個,再孩子氣的癖好,其實都是替我們的意志省下的力氣,是給精神或體力的一點休息。」兩人的語氣裡,聽得出彼此的好感。他們帶著欣賞,細細端詳對方。阿梅勒優雅而動人;克洛德勻稱而強健。兩人都認真看待人生,而且各自都感


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tant que l’autre pouvait influer sur lui et . changer le cours de son existence. C’est toujours une intuition qui nous fait tressaillir d’espoir et d’angoisse. La nuit tomba. Un domestique apporta la lampe et tira les rideaux. Dans ce cadre intime, ils n’eurent pas besoin de préambule ni de tâtonnement pour parler, du premier coup, de ce qui les réunissait. — Je ne m’explique pas, commença Claude, pourquoi je vous ai dit ces choses,

覺得對方足以影響自己、改變自己人生的走向。總是一股直覺,叫我們因希望和不安而心頭一顫。夜色來了。僕人端進燈來,放下窗簾。在這樣親近的氣氛裡,兩人不必客套,也不必摸索試探,一開口就談起彼此牽繫的事。「我不明白,」克洛德開口道,「自己為什麼對您說了那些話,」


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soir, ni surtout pourquoi vous vous en êtes méfiée. — Vous n ‘étiez pas le premier à me le dire, répondit Armelle, et non plus le premier que j’aie soupçonné de n’y pas croire. — N’y pas croire, murmura-t-il, le sais- je moi-même? J’y ai tellement cru! Oui, ce fut si longtemps le principe même de ma vie, cette croyance à l’amour exclusif et autoritaire. Tout amour nouveau entraînait un bouleversement total de mon existence, ma rupture avec le passé, un isolement absolu coupé des seules visites de ma maîtresse, le partage intégral de ses plaisirs et de ses occupations, le sacrifice immédiat de tout ce qui lui portait ombrage. — Et vous étiez satisfait de vivre ainsi? demanda-t-elle d’un ton qui n’était pas exempt de pitié et de mépris. Claude ne s’en froissa pas. — Hélas ! faut-il même avouer que je dois mes plus belles heures à cette conception de l’amour ? Cela suscitait en nous l’ivresse que doivent éprouver deux prison-

「昨晚說的那些話,更不明白您為什麼會起疑心。」「您不是第一個對我說這種話的人,」阿梅勒回答,「也不是第一個我懷疑自己其實不信的人。」「不信?」他低聲說,「連我自己也說不準啊。我曾經那麼相信!是啊,那種對排他而專制的愛的信念,長久以來就是我生命的根本。每一段新戀情,都讓我的整個人生翻騰一次:跟過去一刀兩斷,徹底與世隔絕,只見情婦一個人,她的喜怒和大小事我全攬過來分享,凡是她看了礙眼的,馬上犧牲掉。」「您就甘心這樣過日子?」她問道,語氣裡帶著憐憫,也藏著輕蔑。克洛德倒不以為忤。「唉!難道連這個也得承認嗎——我一生最美好的時光,正是從這種愛情觀得來的?它在我們心裡激起的那股陶醉,就像兩個囚犯」


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niers qui parviennent à se rejoindre la nuit, à tâtons, dans une cellule obscure. Leur joie crée de la lumière, du soleil. — Lumière factice, joie relative — Oui, je m’en suis aperçu à la longue. Les années m’apportèrent des envies d'in- dépendance, de dignité, de contrôle personnel : je n’ai pu les assouvir et j’ai souffert. Remarquez que je ne me plains pas de celles qui m’ont fait du mal. C’est moins de leur faute que de la mienne. Au début, averti par mes dernières expériences, je me défiais de moi, nous restions libres l’un de l’autre. Mais cela ne me suffisait point. Je m’imaginais ne tenir dans cette existence de femme qu’une place insignifiante et moi- môme ne me soucier d’elle que médiocrement. Alors, peu à peu, je tendais mes mains aux fers. Je faisais une concession : on m’en faisait une. Je m’isolais : on s’isolait. Les femmes sont plus fortes que nous à ce métier. Leurs concessions ne sont qu’apparentes, les nôtres sont réelles... et

「夜裡摸著黑、在昏暗的牢房裡重新會合時,那種歡喜。他們的快樂會造出光,造出太陽來。」「假的光,有限的快樂。」「是啊,時間久了我也看出來了。年紀漸長,我開始渴望獨立、渴望有尊嚴、渴望能自己做主:可是我沒辦法滿足這些渴望,於是就痛苦了。妳要知道,我並不怪那些傷過我的女人。錯與其說在她們,不如說在我自己。起頭的時候,有前幾次經驗當教訓,我對自己存著戒心,兩人各保各的自由。但這樣我並不滿足。我總覺得自己在這個女人的生活裡,不過佔個無關緊要的位置,我對她的關心也只是點到為止。於是,一點一點地,我又把手伸向了鎖鏈。我退讓一步,對方也跟著退讓一步。我把自己孤立起來,對方也把自己孤立起來。在這門營生裡,女人比我們厲害。她們的退讓只是做做樣子,我們的卻是真的……而且」


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puis la lutte nous ennuie, elles jamais.

「而且後來這種爭鬥我們會厭煩,她們卻永遠不會。」


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Certains souvenirs le hantaient visiblement. Ses gestes étaient nerveux. Se contenant, il prononça : — Ainsi la lassitude ne tardait pas. Me lassais-je parce que j’étais trop enchaîné ou mes chaînes me pesaient-elles parce que j’étais las, je ne sais. Toujours est-il que je me réveillais lié, muselé, ficelé, harnaché, sans amis, sans droits, sans refuge autre qu'auprès de celle que je n'aimais plus. Et c’étaient ces fins de liaison abominables où l’on se déteste de ce que chacun reprend ce qu’il a donné, où chaque effort de beauté personnelle paraît une trahison. Dans mes souvenirs, l'histoire de ces ruptures tient une telle place qu’elle empiète sur les heures les plus douces, et quand j’aime maintenant, c’est avec appréhension, je suis las d’avance de toute la lassitude inéluctable. Dès le début je songe à la fin, et l’idée que je dirai : « Je t’aime » lorsque je n’aimerai plus, m’empêche de le dire sincèrement lorsque j’aime. Et je sors de tout cela plein de remords... oui, des remords...

某些回憶顯然在他心裡揮之不去。他的動作透著緊張。他強自克制,說道:「所以倦怠總是不久便到來。我究竟是被束縛得太緊才倦怠,還是因為倦怠,才覺得鎖鏈沉重?我不知道。總之,我醒來時已被捆綁、堵嘴、綁緊,還套上了鞍轡——沒有朋友,沒有權利,除了那個我已不再愛的女人身邊,再沒有別的避難所。而這就是戀情那些可憎的結局:彼此憎恨,因為各人都收回自己曾付出的東西;任何想保持自身美好的努力,都像是背叛。這些決裂的往事,在我記憶裡佔了這麼大的位置,竟侵佔了最溫柔的時光。如今我再愛上一個人,總是心懷憂懼,那不可避免的倦怠還沒來,我就先厭倦了。一開始我便想到結局;一想到自己終將在不再愛的時候說出「我愛你」,我便無法在還愛著的時候,真心地說出這句話。這一切走完,我滿懷悔恨……是的,悔恨……」


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de la voir, petit effort intimité où et du bon-

「……去見她,一點小小的親密努力,在那當中……還有那美好的……


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elles ont une logique si spécieuse, elles vous prouvent si bien que vous êtes un monstre d'égoïsme ! « N’est-ce pas toi qui m’as appris cet amour ? tu m’as montré ce qu’il y avait de meilleur, et maintenant... » Certes elles s’en accommoderaient, elles, de cette existence. Mais moi, à ce jeu, j’ai perdu la mienne... toutes mes forces, l’amour les a dévorées, je ne suis rien, je ne serai rien... Revenant au sujet qui l’obsédait : — Vous n’imaginez pas leurs exigences, leur incompréhension obstinée. Ainsi j’ai une ancienne amie, une parente, dont l’affection m’est précieuse. Elle a été ma maîtresse, soit, mais je ne l’aime plus, elle ne m’aime plus, elle est vieille. N’im

她們的邏輯看似有理,偏偏能把你是個自私的怪物證明得透徹無比!「不就是妳教會了我這份愛嗎?妳讓我看見了世上最美好的東西,而如今……」當然啦,那種生活她們自己倒能將就。可是我呢,在這場遊戲裡賠上的卻是自己的一生……我所有的力量,全叫愛吞噬了;我什麼也不是,將來也什麼都不是……話題又回到一直糾纏著他的心事上:「妳想像不到她們的要求多麼苛刻、她們的固執多麼不可理喻。譬如我有一位老朋友,也是親戚,她的情誼對我很珍貴。她曾是我的情婦,好吧,可我已經不愛她了,她也不愛我了,她老了。無


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