Ils furent délassés. Quel soulagement de rejeter le fardeau des résolutions, des plans, des phrases et des combinaisons incommodes ! A quoi bon s’éterniser dans une atmosphère moisie où l’on ne respire point ? On a l’amour que l’on mérite et le premier devoir est d’y obéir. — Je ne suis plus rien devant votre volonté, Claude. — Je ne suis plus rien devant votre caprice, Armelle!... demandez-moi ce qui vous plaît, humiliez-moi, j’accepte tout, je vous sacrifie tout... Ils éprouvaient une satisfaction perverse à traduire leurs sentiments dégénérés, maintenant qu’ils se décidaient à en suivre l’impulsion. Les moindres choses qui supposaient la toute-puissance de leur amour les ravissaient, fussent-elles des preuves irrécusables de déchéance. — J’ai compris ces jours-ci, dit Claude, il ne m’est point possible de vivre sans vous, même pour une semaine. — Je l’ai compris également,dit Armelle,
他們終於卸下了重擔。丟開那些決心、計畫、說辭,還有種種麻煩的盤算,多麼輕鬆!何必在令人窒息的霉味空氣裡拖延下去呢?人有什麼樣的愛,就配什麼樣的愛;首要的本分,就是服從它。 「在您的意志面前,我已一無所有,克洛德。」 「在您的任性面前,我也一無所有,阿梅勒!……您要什麼,就向我開口吧。羞辱我吧,我全都接受,我一切都犧牲給您……」 如今他們決意順著這份變了質的感情走,把心底話說出來時,竟有一種變態的快意。哪怕是最微不足道的小事,只要能證明他們的愛至高無上,就令他們心醉神迷——即使這些恰恰是墮落的鐵證。 「這幾天我明白了,」克洛德說,「我再也……」
il faut que je vous voie et que vous me voyez, sinon je ne sais que faire. La neige ne tombait plus. Elle recouvrait l’immensité de sa blancheur monotone. Après la tourmente un grand calme planait. La nature s’était unifiée. Les champs, les marais, les routes, tout se confondait comme une ébauche à lignes indécises. Là-bas, sous le vêtement de flocons, étaient-ce des tas de sel ou des huttes d’hommes ou des meules de foin ? Ainsi ils avaient enseveli leurs rêves. Gomme sous les plis d’un linceul, ils gisaient, ces rêves, indistincts les uns des autres. Les formes qui soulevaient le linge immaculé étaient-ce des tombes, des cadavres?... Ils ne se souvenaient plus de rien. Ivres d’espace, grisés de sensations neuves, ils couraient sur les plaines vierges où nul chemin ne les importunait. Ils couraient en un besoin irrésistible d’action. Leurs paroles chantaient comme des cris de victoire, et leurs gestes se libéraient.
「我必須見到您,您也必須見到我,否則我就不知道該怎麼辦了。」 雪已經停了。單調的白色覆蓋著無邊的大地。風雪過後,一片大寂靜浮在上空。大自然渾然成一體了。田野、沼澤、道路,全都融成一片,像一幅線條曖昧的草圖。遠處,在那雪花織成的外衣底下,是一堆堆的鹽,還是人的小屋,或是乾草堆呢?他們的夢想,也就這樣給埋葬了。像裹在壽衣的皺褶裡,那些夢想橫陳著,彼此再也分不清。撐起那潔白布料的形影,是墳墓,還是屍骸呢?……他們什麼都記不得了。陶醉於空間,沉迷於新鮮的感受,他們在處女地上奔跑,沒有一條路來打擾他們。
— Oui, Armelle, je vous aime exclusivement, méchamment, avec ruse et colère... Je cherche par où vous attaquer. L’idée de vous faire du mal ne m’effraye pas, vous êtes presque mon ennemie... mais je vous adore... — Détestez-moi, Claude, si c’est une condition de l’amour. Et il lui disait aussi : — Il y a vous, et en dehors de vous, rien. Je crois maintenant que je resterais indifférent à toute la nature, aux nuits d’été, aux lacs et aux forêts, car je ne les verrais pas... je ne vois que votre image... vraiment, Armelle, je sens que vous vivez moins en vous qu’en moi, et vous devez sentir que c’est ma vie dont vous vivez. Elle lui saisit les bras et, dans un effort haletant vers quelque mot qui exprimât l’affolement de son amour, elle balbutia : — Claude, Claude... je t'aime... je t’aime plus que je t’aime... Il la serra contre lui. Leurs regards avides se pénétrèrent. Alors ils se virent
「是啊,阿梅勒,我愛您,專一地愛,愛得帶著惡意,帶著詭計和怒氣……我一直在找,看從哪裡向您下手。想傷害您,這念頭一點也不嚇到我——您簡直就是我的敵人……可我崇拜您……」 「那您就恨我吧,克洛德,如果這是愛的條件。」 他又對她說: 「有您,除了您,什麼都沒有。我現在相信,就算面對整個大自然,面對夏夜、湖泊和森林,我也會無動於衷,因為我根本看不見它們……我看見的只有您的身影……真的,阿梅勒,我覺得您活在我心裡,比活在您自己身上還多;而您也該感覺得到,您是靠著我的生命在活的。」 他握住她的雙臂。她喘著氣,想找出一個字,能說出她愛得多麼慌亂,結果只結結巴巴地吐出: 「克洛德,克洛德……我愛你……我愛你,愛得那麼……」
anxieux et troublés, ainsi qu’à l'approche d’un événement formidable. Ils frissonnèrent. Claude épia les lèvres d’ArmelIe. De petits mouvements nerveux les convulsaient. Celle du bas s’avançait, humide et sensuelle, et se creusait comme sous le poids d’un baiser. De tout son désir il imagina sa bouche, à lui, là, sur ce nid de chair délicate. Les lèvres se firent coquettes, et douces, et boudeuses, et souriantes. Claude en suivait, affolé, le manège provocant. Et il les vit qui balbutiaient d’incohérentes syllabes. En même temps Armelle s’abandonnait, et elle murmura : — Prenez-les donc, Claude, prenez- les. Il les prit. Ce fut un acre et féroce baiser, une sorte de choc brutal. Les dents se heurtèrent et mordirent. Les gencives furent meurtries. Ils s’embrassèrent éperdument, au delà des bouches, très loin, jusqu’au fond de leur être. La caresse était sans limites.
兩人都焦慮惶亂,像一場可怖的大事將臨。他們顫抖了。克洛德凝視著阿梅勒的嘴唇。那嘴唇不時痙攣,抽動細微。下唇微微前伸,濕潤而充滿感官,彷彿承受著一個吻的重量,凹陷下去。他用全部的慾望,想像著自己的嘴就落在那裡,落在那柔嫩的肉巢上。雙唇變得嬌媚、溫柔,時而噘嘴賭氣,時而含笑。克洛德心神狂亂地追逐著這挑逗的姿態。他看見它們吐出語無倫次的音節。就在這時,阿梅勒委身相就,低聲說:
Partout elle les brûlait. Il leur sembla qu’ils se baisaient le cœur. Soudain les bras d'Armelle se raidirent contre la poitrine de Claude, comme des ressorts irrésistibles. Il avait tenté...
那熱情處處灼燒著他們。他們彷彿覺得,彼此吻上的是對方的心。忽然,阿梅勒的雙臂在克洛德胸前繃緊,像無法抗拒的彈簧。他曾試著……
La neige avait fondu. Les choses reprirent leur aspect, mais combien piteux et sali! Le squelette des arbres dégouttait misérablement. Des ruisseaux de boue sillonnaient les chemins. Les cônes de sel portaient à leur flanc comme des guenilles noires, et, çà et là, de la suie traînait sur des bandes de neige plus opiniâtre. Ainsi retrouvèrent-ils leurs rêves souillés et lamentables. En une minute d’aberration, ils les avaient trahis pour courir après des joies interdites. Ils avaient élu vertu le mensonge d’amour contre lequel ils s’étaient insurgés si vaillamment. Excédés de fatigue, ils avaient cherché dans les bras l’un de l’autre un peu
雪已經化了。萬物恢復原貌,卻是多麼可憐、多麼骯髒!光禿禿的樹枝淒涼地滴著水,泥漿的水流在路上一道道縱橫。鹽堆側面掛著烏黑的破布似的髒物,到處都有煙灰拖曳在幾條殘存的雪带上。就這樣,他們尋回了自己的夢——被玷污、被踐踏的夢。就在一瞬間的迷亂裡,他們背叛了夢,去追逐禁忌的歡樂。他們曾那麼英勇地反抗愛的謊言,如今竟把這謊言選作美德。他們疲憊不堪,曾在彼此的懷抱裡尋求一點
de repos et de paix, en voilant leur défaite avec des cris de triomphe. Quelle lâcheté ! Pourquoi essayaient-ils de flétrir leur idéal alors qu’ils en connaissaient la beauté divine? S’ils ne pouvaient l’atteindre et s’aimer dignement devaient-ils proclamer que c’est un but chimérique et céder à l’illusion malsaine des mots troublants et factices? Sous toutes les excuses de lassitude, sous toutes les envies de tendresse et d’épanchement, ils virent que se cachait le piège de la chair. Partout l’embûche furtive se tendait. Toujours la chair inassouvie leur conseillait l’étreinte chaste pour profiter d’une faiblesse possible. Or ils ne succomberaient point. Succomber, c’était la victoire définitive des jalousies et des droits. C’était aliéner ce qui leur restait d’indépendance. Ils ne seraient pas amant et maîtresse. Une fois de plus Armelle l’avait senti en son épouvante du geste de Claude. Et Claude lui-même, s’il obéissait encore à la loi de l’instinct, ne paraissait pas admettre ce
安息與平靜,還用勝利的歡呼掩飾自己的潰敗。多麼懦弱!理想的神聖之美,他們明明知道,為何還要玷辱它?倘若達不到理想、無法高尚地相愛,難道就該宣稱理想只是虛幻的目標,向那些惑人矯飾的言詞所生的病態幻覺投降嗎?一切的疲憊藉口之下,一切的溫柔與傾訴的慾望之下,他們看出藏著肉體的陷阱。隱密的埋伏,處處設著。那不知饜足的肉體,總是勸他們行貞潔的擁抱,好趁機利用可能發生的軟弱時刻。然而他們絕不會屈服。屈服,便是嫉妒與權利的最終勝利,便是喪失他們僅存的獨立。他們不願成為情郎與情婦。阿梅勒再一次從她對克洛德舉動的驚恐中感覺到了這點。而克洛德自己,儘管仍服從著本能的法則,似乎也不承認這樣的
dénouement, ni ne tentait jamais d’y amener la jeune femme par la séduction des prières. Ils ne succomberaient point. Ils seraient implacables. Ils se refuseraient au péril d’un baiser, d’un enlacement, ou même d’un regard profond. Cela, du moins, subsisterait de leur rêve. Autour de ce point spécial, le plus important, ils concentreraient leurs efforts, se résignant d’autant mieux aux autres concessions. D’avance ils acceptaient tous les faux pas, toutes les méchancetés, tous les caprices, et se les pardonnaient en faveur de leur volonté inflexible à l’égard de ce qu’ils désiraient le plus follement. Alors ils furent malheureux. Ils le furent sans espoir de ne plus l’être. Il n’y avait aucune raison pour que l’avenir les soulageât, puisqu’ils répudiaient le seul acte qui pût modifier leur vie douloureuse. Ils se recherchaient ou se fuyaient au hasard des humeurs passagères. Souffraient-ils davantage près ou loin l’un de l’autre ? Ils
結局,也從不試圖用苦苦哀求,把這年輕女人引到那一步。他們絕不屈服。他們會毫不留情。一個吻、一次擁抱,甚至一道深沉的目光,只要有危險,他們一概拒絕。至少,他們的夢裡還能留下這一點。圍繞這個最要緊的焦點,他們要集中全部心力;對其他讓步,也就更能甘心。失足、惡意、任性,他們事先一概接受,一概相互寬恕——憑的是他們對最癡狂渴求之物那份不動搖的意志。於是,他們陷入了不幸。陷入不幸,也不再指望脫離。未來沒有任何理由減輕他們的痛苦,因為他們拒斥了唯一能改變這悲苦生活的行為。他們隨著一時心緒,或相互尋覓,或相互躲避。相近也罷,相離也罷,哪一邊更痛苦?他們
MO l’ignoraient ou plutôt chacune de ces deux peines leur était plus cruelle au moment où ils la subissaient, et ils souhaitaient le retour de l’autre, comme de la plus tolérable. Et des détails précis leur montraient de temps en temps l’invasion progressive des sentiments les plus inférieurs. Un soir, Ar- melle se blottit derrière ses volets parce .qu’elle avait cru, la veille, apercevoir une femme qui sortait de la tour et franchissait la poterne au bras de Landa. Elle ne vit rien. Néanmoins un doute lui resta. Le
並不知道。或者說,這兩種痛苦,哪一種在承受的當下都顯得更殘酷,於是他們盼望另一種回來,把它當成較可忍受的一種。一些具體的細節,也不時讓他們看出,最卑微的情感正一步步入侵。一天晚上,阿梅勒躲在百葉窗後。因為前一天,她以為瞥見一個女人挽著朗達的手臂,從塔樓裡出來,越過小門。她什麼也沒看見。然而疑影仍留在心頭。隔
lendemain, ce fut Claude qui, la sachant dehors, l’attendit au seuil de la maison, du côté de l’impasse. — D’où venez-vous? Il avait eu la vision absurde de rencontres et de promenades avec Paul. Ils n'allè- rent plus en ville l’un sans l’autre. Et Guérande également agissait sur eux par menues influences imperceptibles qui déformaient à la longue certaines de leurs pensées ou de .leurs habitudes. Les rues herbeuses restreignent l’horizon. Les bonnes
第二天,輪到克洛德。他知道她出門了,便在房子門口、靠死巷的那一側等她。 「妳從哪裡回來?」 他腦中荒謬地浮現出她和保羅碰面、一同散步的情景。此後他們上城,再也沒有一個人不帶另一個。而蓋朗德也同樣在暗中影響著他們,種種細微難察的作用,久而久之扭曲了他們某些想法或習慣。長草的街道讓視野變窄。良善的人們……
gens aux fenêtres enseignent le calme et la patience, mais aussi la soumission et l’effa- cernent. Leur sagesse est faite de petits renoncements, de petits égoïsmes, de petites turpitudes. A défaut de grands drames, on devine la marche sourde des potins et des calomnies et l’enchevêtrement des conspirations quotidiennes, et de tout cela se compose l’atmosphère somnolente. Ce que jadis, dans leurs flâneries autour de la ville, ils imaginaient comme un nuage épais et mouvant qui roule par les rues, baigne les maisons et bat la paroi des murailles, c’était l’air qu’ils respiraient aujourd’hui et dans quoi ils éprouvaient une sorte de béatitude à penser et à vivre. La lave des siècles qui bouillonne au fond de l’immuable cuve de granit et se cristallise au flanc des remparts, déposait en eux d’impalpables résidus. Et comme les vieux héroïsmes se sont évaporés et les belles flammes éteintes, ce qui persiste est un mélange insipide et grossier. Pourraient-ils s’en préserver, eux dont l’âme actuelle
良人們教人寧靜,教人忍耐,卻也教人順從,教人消隱。他們的智慧,無非是一樁樁小小的捨棄、小小的自私、小小的墮落。這裡沒有什麼重大戲劇事件,只聽得見流言與誹謗在暗中緩步推移,日常的陰謀彼此交織,而這一切,便凝聚成那昏昏欲睡的氛圍。從前他們在城邊漫遊,曾想像這是一座濃厚而流動的雲,滾過街道,浸潤房舍,拍打著牆垣;如今他們呼吸的,正是這樣的空氣,而且在其中體會到一種思想與生活上的幸福。世紀的熔漿在不變的花崗岩槽底翻騰,在城牆壁上結晶,也在他們心中沉積下無形的殘渣。古老的英雄氣概蒸發了,美麗的火焰熄滅了,留下的只是一種乏味而粗劣的混合物。他們又怎能免於此呢,他們如今
912 offrait aux idées vulgaires un réceptacle commode ? Ils n’étaient point sans suspecter la fréquentation de la ville close, mais où aller ? La saison leur défendait les promenades lointaines. En outre la solitude les gênait, car ils ne savaient comment se tenir l'un en face de l'autre. Quelque chose manquait à leur intimité qui lui eût valu sa signification complète. Et ils avaient l’impression confuse qu’en n’accomplissant pas cette chose mystérieuse, ils se rendaient coupables d’un tort. Quelle chose ? Envers qui, ce tort ? Envers quoi ? Mais, en ville, un fait inexplicable se passa. Le hasard, peut-être aussi le désir de se distraire de leur obsession en échangeant des propos quelconques, les avait attardés parfois chez des fournisseurs. Là des gens leur parlaient qui les saluaient ensuite d’un
的靈魂,正為庸俗的觀念提供一個現成的容身之處呢?他們並非沒有察覺這座封閉之城正悄悄浸染他們,可是又能上哪兒去呢?時節不容許他們遠遊。何況獨處也讓他們渾身不自在,因為他們不知道兩人相對時該如何自處。他們的親密之間,總欠缺了某樣東西——欠缺了能讓這份親密變得圓滿的東西。他們隱隱覺得,若不完成這件神祕的事,自己便算犯了過錯。什麼事?這過錯,是對誰犯的?又是為了什麼?然而,城裡卻發生了一件難以解釋的事。機緣湊巧,或許也出於想藉閒聊排遣心中執念的念頭,他們有時會在幾家店鋪多耽擱一會兒。在那裡,總有些人過來搭話,事後還滿
air content. On les entourait de sympathie et de sourires. Cette approbation discrète les flattait. Or il survint une série de petits faits iso-
滿面笑容地向他們致意。眾人對他們滿懷好感,笑臉相迎。這種含蓄的讚許讓他們頗為得意。然而,隨後卻發生了一連串零星的小事,
lés qui finirent par les intriguer, tant leur retour fréquent et leur apparence marquaient entre eux une corrélation bizarre. Des personnes, les avisant de loin, se jetaient dans les rues adjacentes. D’autres, prises au dépourvu, leur adressaient un salut compassé. Les femmes surtout affichaient une réserve évidente. On ne souriait plus. Il y avait comme du vide autour d’eux. Armelle et Claude n’en revenaient pas. Une lettre de Paul leur fournit le mot de l'énigme. Tout confus, le jeune homme les avertissait que, pour le venger, sa mère démentait leur parenté de frère et de sœur et montrait les preuves de sa médisance. Malgré tout, l’aventure leur fut désagréable. Ils supportèrent avec humeur les reproches des yeux, le blâme des attitudes, les affronts imbéciles, toute cette comédie de vertu où ils étaient jugés minutieusement et vilipendés selon leur mérite. Ils avaient envie de prendre à part quelqu’un des plus hostiles et de lui expliquer les choses, de lui prouver la noblesse de leur conduite, car,
孤立的事件,接二連三,終於令他們起了疑心——這些事的頻頻出現,和他們的外貌之間,顯然有種奇特的關聯。有些人遠遠望見他們,便閃進旁邊的巷子。也有人措手不及,只好朝他們行了個僵硬的禮。尤其是女人,矜持得特別明顯。再也沒有人微笑。他們四周彷彿空了一片。阿梅勒和克洛德百思不解。保羅的一封信為他們解開了謎底。年輕人滿心惶惑地告訴他們:他母親為了替他報復,正否認他們兄妹的親戚關係,還拿出誹謗的證據。這件事還是令他們不快。他們氣惱地忍受著眼色的責備、態度的非難、愚蠢的羞辱,忍受這整齣美德的喜劇——在其中,他們被細細審判,又依「罪狀」被肆意貶抑。他們很想把某個最具敵意的人拉到一旁,向他解釋事情,證明自己行為的高尚,因為,
en vérité, cela les agaçait qu’on pensât mal d’eux. Ainsi chaque jour apportait sa part de souffrance. Ils ne cessaient de se dire : — Voyons, il n’est pas possible que cela dure ainsi, nous sommes trop misérables... Mais ils n’essayaient nullement de corriger leur destinée. En eussent-ils trouvé la force s’ils en avaient découvert le moyen ? Ils étaient bien faibles et bien meurtris. Toute douleur nouvelle s’accompagnait d’un pas en arrière, et de même tout échec amenait un chagrin nouveau. Et toujours grossissait, comme une armée d’insectes rongeurs, l’invasion des rancunes infimes, des bouderies, des énervements, des procédés volontaires, des vexations. Ordinairement résignés, ils se raidissaient au moindre choc. L’un se froissait sitôt que l’autre semblait se distraire en dehors de lui. Quelle torture ! Et ils songeaient : — Pourquoi nous acharner ? Qu’espérons-nous ? Que faisons-nous ? Se réunir suppose un but. Quel est le nôtre ? Ne vau-
說實話,別人對他們懷有惡感,這的確令他們惱火。就這樣,每一天都帶來一份痛苦。他們不停地互相說:「唉,不可能一直這樣下去,我們太可憐了……」但他們卻絲毫不想改變自己的命運。就算找到了辦法,他們會有那股力量嗎?他們太軟弱,傷痕也太深了。每添一份新的痛苦,他們便退縮一步;每遭一次挫敗,便添一樁新的悲傷。而那侵蝕不斷擴大,像一支齧蟲大軍,是種種細碎的怨懟、賭氣、煩躁、故意的刁難、委屈。他們平日逆來順受,卻經不起最輕微的碰撞,動輒僵住。只要一方似乎把心思放到對方之外,另一方立刻就受了傷。
drait-il pas mieux se quitter que d’endurer ensemble un tel supplice ? Jamais pourtant ils ne se virent davantage. Et le désir aussi les martyrisait. Ne dût- elle être que passagère et se dénouer en une effroyable souffrance, la grande joie était là, à leur portée, infinie. Il leur suffisait de vouloir. Et même, sans le vouloir, ne céderaient-ils pas à F affolement de leur chair, à leurs bouches qui se souvenaient, à leurs corps en révolte ? Ils vivaient dans l’angoisse continuelle d’une défaillance qu’ils souhaitaient de toute leur jeunesse et de toute leur énergie. Quelques jours abominables se succédèrent. Souvent les effleura l’idée d’une séparation. La haine passait par souffles furtifs. Les amours-propres se cabraient. Ils s’aimaient éperdument. Un incident brusqua les choses. Un matin Armelle accourut en hâte et dit d’une voix entrecoupée. — Claude, j’ai reçu une lettre de mon
與其一同忍受這樣的酷刑,難道分手不是更好嗎?然而他們卻比以往見面更頻繁。慾望也在折磨著他們。那極大的歡樂就在眼前,觸手可及,無窮無盡,哪怕它只是短暫的、終將化作一場可怖的痛苦。只要他們願意,便足夠了。甚至,即使不願,他們難道不會向肉體的狂亂屈服嗎?向那仍在懷念的嘴唇,向那抗拒中的身體?他們日日夜夜惶惶不安,怕自己軟弱失守——而那失守,正是他們以全部的青春、全部的精力所渴望的。幾個可怕的日子接連過去。分離的念頭屢屢掠過他們心頭。恨意如偷襲的氣息般拂過。自尊心屢屢揚起。他們卻愛得發狂。一件突發事件加速了事情的演變。一天早上,阿梅勒·德呂斯匆匆趕來,聲音斷斷續續地說:「克洛德,我收到我
ce que cela signifie... Il tenta de la calmer : — Eh bien, quoi? Vous ne devez pas de comptes à votre père... — Des comptes, non, mais je ne veux pas qu’il me soupçonne, c’est un chagrin pour moi... une honte... Il l'examina dédaigneusement. Qu’était devenue la femme fière et haute qui affir- mait, sa liberté comme on arbore un drapeau au sommet d’une tour? Il demanda : — Qu’allez-vous faire ? — Partir. 'Comme un cri, Claude répéta: — Partir ! vous, partir ! Tout ce qu’il y avait de mauvais en lui, d’orgueilleux et de tyrannique, se rua d’un coup à l’assaut de cette volonté. Il souhaita d’en briser le bloc et de le réduire en poussière. Une telle résistance le stupéfiait. Il
父親的一封信……」他設法安撫她:「那又怎樣?您並不欠父親什麼交代……」「交代倒是不欠,可我不願意他懷疑我。這對我是痛苦……是羞恥……」他輕蔑地打量她。那個驕傲的女人,那個曾像塔頂高舉旗幟一般宣示自己自由的女人,如今到哪裡去了?他問:「您打算怎麼辦?」「離開。」克洛德幾乎是喊叫著重複:「離開!您,離開!」他心中一切惡劣的東西,一切驕傲與專橫,霎時撲向這份意志,一心想把它擊碎,碾成粉末。這樣的抵抗令他震驚。他
père... il sait tout.., oui, on lui a écrit... sans doute la mère de Paul... il sait que vous êtes là et que vous habitez là... il sait tout ce que nous faisons... et il me demande
父親……他什麼都知道了……是的,有人寫信告訴了他……大概是保羅的母親……他知道您人在這裡,也知道您就住在這裡……我們做的一切,他都知道了……而且他要我
fallait que la jeune femme se courbât - devant sa volonté, à lui, il le fallait. Il parla. Il supplia. Elle répondit : — Vous me désobligez, Claude. On ne doit jamais chercher à influencer les rapports de deux autres êtres parce qu'on ne les comprend jamais, ces rapports. Vous ne pouvez savoir exactement ce qu’il y a entre mon père et moi, les raisons pour lesquelles ayant un amant, j’aurais le courage de le lui dire, et les raisons pour lesquelles, n’en ayant point, je n’admets pas qu’il en doute, enfin les raisons qui exigent mon retour. Il frappait à une porte de fer où ses mains se déchiraient inutilement. Il fléchit. Alors sa douleur jalouse éclata. La perspective de leur existence à Paris lui fut épouvantable : — Là-bas, Armelle, vous sortirez, n’est- ce pas? Vous irez en soirée... vous verrez des gens... — Est-ce que je sais ! fit-elle. Il reprit d’un ton haletant :
必須讓這年輕女人在他——他本人——的意志面前低頭,非如此不可。他開口了。他哀求了。她回答:「您讓我不快,克洛德。人永遠不該設法左右另外兩個人的關係,那種關係,人永遠無法理解。我父親和我之間究竟是什麼,您無從確知。為什麼我若有情夫,會有勇氣親口告訴他;為什麼我既然沒有情夫,便不容許他起疑。總之,逼我回去的那些理由,您都無從確知。」他敲的是一扇鐵門,雙手白白撞得皮開肉綻。他讓步了。嫉妒的痛苦隨即爆發。一想到他們在巴黎的日子,他便驚駭不已:「在那邊,阿梅勒,您會出門應酬的,不是嗎?您會去赴晚會……您會見到一些人……」「我怎麼知道!」她說。他喘著氣接著說:
— Non, ce n’est pas possible... quoi ! On vous parlera, on vous fera la cour, on vous désirera, vous irez en des endroits où je n’irai pas... et je ne saurai rien... je ne pourrai rien... à peine si je vous verrai de temps à autre, en cachette... moi... moi qui voudrais vous enfermer comme une proie... Sa souffrance future l’attendrit. Il s’agenouilla et lui dit doucement :
「不行,這不可能……什麼!別人會跟您搭訕,會向您獻殷勤,會覬覦您,您會去那些我不會去的地方……而我呢,什麼都不知道……什麼都不能做……頂多偶爾偷偷跟您見上一面……我……我這種恨不得把您像獵物一樣關起來的人……」想到未來的痛苦,他的心軟了。他跪了下來,溫柔地對她說:
— Tout est fini. Armelle... je suis sûr que tout est fini... il y a des choses que je ne supporterai jamais... — Mon pauvre Claude, murmura-t-elle, souffrirons-nous là-bas plus qu’ici? Elle vit de l’égarement dans ses yeux. Ils erraient comme des bêtes fauves en cage qui cherchent une issue. Sa pensée devait être .ainsi, acculée, traquée, et toute sa vie, et leur vie à eux deux, était au fond d’une prison. Qu’allait-il dire pour les sauver? Qu’allait-il faire ? Elle eut peur : les yeux semblaient se débattre. Il prononça lentement : — Si nous nous épousions, Armelle?
「全都完了,阿梅勒……我確定全都完了……有些事我怎麼也受不了……」「我可憐的克洛德,」她低聲說,「到了那邊,我們會比在這裡更苦嗎?」她看見他眼裡一片迷亂。那眼神像關在籠裡、四處尋找出路的猛獸般游移。他的心思必定也是如此,被逼到絕境、被追獵;他整個人生,還有他們倆共同的人生,都困在一座監獄的最深處。他會說什麼來救他們?他又會做什麼?她害怕了:那雙眼睛彷彿正在掙扎。他緩緩地說:「我們結婚,好不好,阿梅勒?」
planaient comme de grands
像是巨大的
elle se tut. Et ils restèrent pantelants et muets, tandis qu’au-dessus d’eux les paroles effarantes
她沒再說下去。兩人顫抖著,一言不發。而在他們頭頂上,那些駭人的話語
regarda terrifiée. Des mots de pressaient en sa gorge. Pourtant
驚恐地望著。話語湧上她的喉頭。然而
écrivit à son père sa prochaine ce départ fut l’abîme inconnu
寫信告訴父親,她即將離去;這一別,就是那未知的深淵。