dresse intacte l’orgueilleuse
被斬了頭的城牆卻依然完整地挺立
n’offre plus que le travail harmonieux des mâchicoulis. Des fentes l’entr’ouvrent. Des brèches bâillent. Mais partout c’est la même teinte grise uniforme, couleur de temps. C’est la même mosaïque austère, faite de moellons inégaux et disjoints. C’est la même effervescence de végétation, folle, imprévue, luxuriante, s’autorisant de la moindre motte pour germer, de la moindre fissure pour s’échapper. L’œil de la meurtrière est un prétexte à sourcil de broussaille. Telle touffe se hérisse au bord d’un trou, comme un bouquet de poils en une oreille. A pleine gueule, les fenêtres crachent des fusées d’arbustes, des jets de valériane, d’œillets et de mauves. Le lierre surtout, maître des ruines, les habille à sa guise, cache ou respecte leur nudité, et déploie de sombres et fastueuses draperies. Ils s’attardaient davantage aux endroits où subsistent les fossés. De l’eau dort encore
只剩突堞垛口和諧的工藝還傲然挺立。裂縫將牆微微裂開,破口則大張著。但到處都是同一種單調的灰色調,歲月的顏色。都是同一種樸素的鑲嵌,由大小不一、互不相接的碎石砌成。都是同一片蓬勃的草木,狂野、出人意表、繁茂,只要一小撮泥土便發芽,只要一絲裂縫便鑽出。箭孔的眼,成了亂蓬蓬眉毛的藉口。有的草叢在洞口邊豎起,像耳朵裡的一撮毛。窗戶大張著口,噴出一叢叢灌木、一柱柱纈草、石竹和錦葵。常春藤尤其如此。它是廢墟的主宰,隨心所欲地給城牆穿衣,或遮掩或保留它們的裸體,鋪展著深沉而華麗的帷幔。他們在還存有護城河的地方逗留得更久。在淤泥層裡,在蘆葦的髮絲與毛茛陰險的花朵之間,還躺著死水。
dans la couche de vase, parmi la chevelure des roseaux et la fleur sournoise des renoncules. Elle baigne le pied des murs. Sur leur reflet voguent les lentilles et les feuilles de nénuphar. Spectacle troublant, d’une séduction indéfinissable. Les yeux et les rêves en sont captifs. Là jadis, songeaient ou disaient Armelle et Claude, là jadis ont eu lieu de formidables combats. Les machines de guerre enjambaient les douves et s’accrochaient à l’enceinte. S’aidant les uns les autres, soldats et capitaines grimpaient sous l’averse des pavés, des boulets et du plomb fondu. Ou bien c’est la nuit. A l'abri des ténèbres se glissent de silencieux fantômes. L’escalade commence. Armes ni cuirasses ne résonnent. Il y a moins de bruit encore que les autres nuits , comme si la nuit était complice. Et c’est plutôt l’angoisse de l’espace qui avertit le veilleur. Alors un tumulte s’élève, cris d’appel, cliquetis d’épées, hurlements de colère et de terreur. Des masses noires culbutent dans le vide.
死水浸潤著牆腳。浮萍與睡蓮葉,在倒影上漂蕩。這景象撩人心緒,有一種難以言喻的魅力,眼睛和夢想都被它囚住了。阿梅勒與克洛德想著,或說著:從前,就在那裡,發生過驚天動地的戰鬥。戰爭機器跨越濠溝,攀附上城牆。士兵與隊長們相互扶持,冒著石塊、炮彈與熔鉛傾瀉而下,一步步向上攀爬。有時是夜裡。無聲的幽靈藉著黑暗掩護潛行。攀城開始了。武器和盔甲都不作響。夜比別的夜晚更靜,彷彿夜是共犯。
Et le linceul de l’eau enveloppe pêle-mêle les blessés et les cadavres. Une fin d’après-midi, ils trouvèrent à l’enceinte un aspect incroyable. Elle était toute rose. Toute rose, d’un rose pâle, elle semblait, la vieille parure de pierre, fraîche comme un collier de corail. Une nuée rose flottait contre elle. Du rose atténuait ses rides, comme un fard de jeunesse. Du rose voltigeait à travers les arbustes. Et il en retombait des lueurs sur l’eau morte. C’était, de très loin, du bord extrême de l’horizon, par-dessus la mer et par-dessus les dunes, c’était la caresse expirante du soleil. Ils en furent enveloppés. L’air subtil et coloré les imprégna de bien-être. Leur vision des choses devint plus légère. Claude dit : — Evoquons quelque seigneur d’autrefois et sa dame. Ils se promènent comme nous autour de la ville. Comme nous, l’apothéose du vieux rempart les ravit. Et tenez, notre ombre, là-bas, n’est-ce pas la leur?
而水這層裹屍布,把傷者與死者雜亂地一併裹住。一天傍晚,他們發現城牆出現了難以置信的面貌:一片玫瑰色。整座牆泛著淡淡的玫瑰色,這身古老的石頭盛裝,竟清新得像一串珊瑚項鍊。一團玫瑰色的雲在牆前飄浮。玫瑰色淡化牆上的皺紋,宛如青春的脂粉;玫瑰色在灌木間飛舞;一縷縷玫瑰色的光輝,又落在死水上。那是從極遠處,從地平線的盡頭,越過海洋、越過沙丘傳來的,是夕陽臨終前最後的撫愛。他們被這片光色包住了。細膩而帶著色彩的空氣滲進全身,令人舒暢。眼前的景物也變得輕盈起來。克洛德說:「來,我們召喚一位往日的老爺和他的夫人吧。他們像我們一樣繞城散步,也像我們一樣,為古老城牆的壯美而心醉。瞧,我們那邊的影子,不正是他們倆嗎?」
Ils se soumirent à la fantaisie de l’illusion. Sur cette trame un peu frivole, se tissaient d’autres pensées plus graves qu’ils ne distinguaient point, tellement le dessin en demeurait confus. L’ombre engloutit les nuées roses. Le rempart s’assombrissait entre les plaines livides du ciel et les blancheurs éparses de l’eau. Ils se remirent en marche. Devant eux, avec un grincement de chaîne rouillée, le pont-levis s’abaissa. Quelques notes de cor traînèrent, tandis que sous l’ogive de la voûte flamboyait une torche. Ils furent joyeux. Moins par raisonnement que par intuition subite et irrésistible, ils savaient qu’il était très utile, voire même indispensable à la progression de leur rêve, de jouer au seigneur et à la châtelaine qui rentrent dans leur donjon.
他們順從了這幻象的任性。在這層織物上,雖然略帶輕浮,卻也織入了更嚴肅的思緒;只是圖案始終模糊,他們分辨不出來。夜色吞噬了玫瑰色的雲。城牆夾在天空的死灰與水面零星的白光之間,漸漸暗了。他們重新上路。吊橋在面前緩緩降下,鏽鏈嘎吱作響。幾聲號角餘音拖曳,拱頂下一支火炬閃耀。他們滿心歡喜。與其說靠推理,不如說靠一股突然湧起、無法抗拒的直覺,他們明白了:扮演返回自家城樓的老爺與女城堡主,對夢想的推進大有益處,甚至是不可或缺的。
Ils disciplinèrent leur existence. On se verrait aux heures des repas, l’après-midi pour la promenade, et, selon leur envie, le soir. En dehors de ces rencontres chacun agirait à sa guise. Ils lurent. Mais les livres ne les intéressaient que relativement à leur propre situation. Les plus belles pensées, dont ils se fussent plu, en temps ordinaire, à se communiquer la découverte, passaient inaperçues, tellement les captivait davantage le problème de leur intimité. En fait ils ne goûtaient de joies fécondes que le long du chemin qui cerne la ville. Là mûrissait leur vie sérieuse comme au soleil un fruit d’espalier. Aussi n'abordaient- ils ces lieux sacrés qu’en toute onction et
他們替生活訂下規矩。吃飯時碰面,下午散步,晚上看心情。除了這些聚會,各過各的。他們也讀書。可是書本只有牽涉到他們自身處境時,才引起興趣。換作平常,那些精美思想,他們總會樂於互相分享發現的樂趣;如今卻視而不見——兩人親密關係的難題,牢牢吸住了他們。說實在的,他們只在環城的小路上,才嘗得到豐碩的喜悅。他們認真的人生就在那裡成熟,像向陽的牆邊果樹結出的果子。也因此,他們走近這些聖地時,總是滿懷虔敬。
s’offraient-ils pieusement aux rayons de grâce qui fluaient de l’enceinte. Ils la contemplaient sans lassitude. Ils écoutaient de leurs oreilles attentives ce qu’elle pouvait bien dire dans le silence des matins et des soirs. Ils respiraient son haleine de fleurs sauvages et d’herbes humides. Et ils l’interrogeaient avidement sans trop savoir le sens de leur supplique, ni la réponse qu’ils espé- raient. Elle leur raconta son histoire. Elle dit la vaillance des citoyens, tous de rudes hommes de guerre fidèles à leurs ducs'bre- tons. Elle dit la lutte tragique de Blois et de Montfort, la prise de la ville par Louis d’Espagne et l’incendie de cinq églises, l’entrée de Duguesclin et la défaite de Clisson. Elle dit aussi les longues périodes de paix où la cité fleurit derrière son bouclier de roc, où les sauniers s’assemblent avant de conduire vers les campagnes de France leurs mules chargées de sel et d’oignons. Et ils étaient pleins d’affection et de fraternité pour tous ceux qui vécurent à son abri.
並虔誠地沐浴在城牆流瀉而下的恩寵光芒裡。他們凝望著它,永不厭倦。清晨與黃昏一片靜默,他們便豎起耳朵,細聽它在說些什麼。他們呼吸著它身上野花與濕草的氣息。他們熱切地向它探問,卻不太明白自己懇求的是什麼,也不明白期盼的是怎樣的回答。城牆向他們講起自己的歷史。它說起公民們的英勇——個個都是效忠布列塔尼諸公爵的驍勇戰士。它說起布洛瓦與蒙福爾的悲壯鬥爭,說起西班牙人路易攻陷城池、五座教堂付之一炬,說起迪蓋克蘭的入城與克利松的敗績。它也說起漫長的太平歲月:城市在其岩石盾牌後繁榮興盛,鹽商們聚攏起來,趕著滿馱鹽與洋蔥的騾子,走向法蘭西的鄉野。對所有曾在城牆庇護下生活的人,他們滿懷深情與手足之情。
— Ne craignons point de nous attendrir, disait Claude. On pleure bien à revenir où Ton fut plus jeune, pourquoi ceux qui ten- dent vers la vie de l’humanité ne pleureraient-ils pas où cette humanité fut plus jeune ? Certes elle le fut ailleurs, et partout des raisons de larmes pourraient se découvrir, au sein des forêts ou au milieu des cités. Mais nulle part autant qu'en une ville close ne persiste le passé. Il est là, devant vous, concentré, impérissable. Les murs, ses contemporains de chaque jour, le gardent comme des geôliers dont il ne saurait tromper la vigilance. On le tient. On l’entend. Ils le voyaient aussi comme une atmosphère flottante. Evénements, catastrophes, rumeurs du peuple, épouvante des masses, misère et bonheur des individus, tout cela forme, au ras des créneaux, un nuage épais et mouvant qui roule par les rues, baigne les maisons et se cristallise le long des murailles. Il n’a point d’issue pour s'échapper, s’épandre et disparaître, et il bouil-
「別怕心軟動情,」克洛德說,「人回到自己年輕時待過的地方,還不是會掉淚?那麼,嚮往人類生命的人,到了人類年輕過的地方,怎麼就不能流淚呢?的確,人類在別處也年輕過,森林深處、城市之中,處處都找得到流淚的理由。可是沒有一個地方,像這座圍起來的城一樣,把過去留得這麼久。它就在那裡,就在你眼前,凝聚在一起,永不磨滅。天天與它相伴的城牆,像獄卒一樣看守著它,它騙不過那些獄卒的眼睛。你抓得住它。你聽得見它。」他們也把它想像成一團漂浮的大氣。事件、災難、人群的喧囂、群眾的驚惶、個人的苦難與幸福——這一切在城堞的高度,凝成一片厚重而流動的雲,沿著街道翻滾,浸潤房舍,貼著城牆結晶。它找不到出口可以逃逸、擴散、消散,它沸騰
lonne, il vient battre en écumant les parois qui l’enferment, et la lave des siècles et des siècles fermente dans l’immuable cuve de granit. Mais un jour, comme ils se taisaient, le silence leur sembla tout à coup infiniment vide. Ils se regardèrent. Claude dit avec ironie : - Nous avons l’air de deux braves chiens qui feraient les beaux devant une* statue pour en obtenir une friandise. Un doute navrant les accabla. Quel bénéfice leur valait cette évocation de ba- tailles féodales et de surprises nocturnes? Qu’éprouvaient-ils de si singulier qu’ils en pussent se réjouir ? Pourquoi l’admirable confiance avec laquelle ils demandaient à un vieux pan de mur et à une flaque d’eau l'aumône de quelque miracle? Désespérément ils implorèrent la sainte muraille. Ils en énuméraient les délices et les bontés avec la ferveur de dévots qui chantent les litanies et, dévidant le chapelet aux grains de pierre, ils réclamaient une
翻滾,帶著泡沫拍擊囚禁它的牆壁;世世代代的熔岩,就在那不變的花崗岩槽裡發酵。可是有一天,正當兩人默然相對,那沉默忽然顯得無比空虛。他們面面相覷。克洛德語帶諷刺地說:「我們活像兩隻規矩的狗,蹲在雕像面前裝模作樣,就想討塊點心。」一種令人心痛的疑慮壓垮了他們。追想這些封建戰役與夜襲,究竟給他們帶來了什麼好處?他們感到的,又有什麼特別之處,值得為之欣喜?為什麼他們懷著那樣可欽佩的信心,向一堵舊牆、一泓積水,乞討某種奇蹟的施捨?他們絕望地向那聖潔的城牆哀求。他們懷著信徒唱連禱文般的熱忱,一一數說它的美好與仁慈,撥動那石珠串成的念珠,索求著一
réponse à leurs doutes. L’idole resta muette et lointaine. Elle leur parut fort ennuyeuse, simplement une ruine composée de moellons indifférents et couverte d’un feuillage banal. Armelle se leva et partit. Claude rentra. Le lendemain ils ne se virent qu’aux heures des repas et n’y échangèrent aucune parole. Puis, les jours suivants, Claude ne se présenta même point. Ils souffraient de ne plus croire à l’excellence de leurs méditations. Ils les jugeaient niaises et puériles et, des doutes plus graves s'insinuant en eux, ils ne tardèrent pas à suspecter la valeur même de leur tentative. — Que voulons-nous ? songeaient-ils, que voulons-nous ? Ils l’ignoraient. Ils se retrouvaient soudain dans l’ombre, avec la conviction qu’ils avaient jusqu’ici marché au hasard et gaspillé sans profit les ressources précieuses de leur énergie. Qu’y avait-il derrière la façade de jolies phrases qui leur masquait la réalité? Rien, peut-être... Alors de secrètes tentations leur conseil-
回應他們的疑慮。那偶像依舊沉默、遙遠。他們越看越覺得它無趣,不過是一堆冷漠的石塊堆成的殘垣,上面覆著平凡的藤葉。阿梅勒站起身走了。克洛德也回房去了。第二天,兩人只在用餐時碰面,席間一句話也不交談。往後幾天,克洛德索性連面都不露了。他們痛苦,因為再也無法相信自己的冥想有何高妙之處。那些冥想,在他們眼中顯得愚蠢而幼稚;更沉重的疑慮又悄然滲進心裡,不久他們便懷疑起這番嘗試本身的價值。「我們究竟想要什麼?」他們暗自思忖,「我們究竟想要什麼?」他們答不上來。他們驀然重回黑暗之中,深信自己至今不過是在盲目摸索,白白糟蹋了精力中寶貴的資源。在那掩蓋真實、由漂亮辭句砌成的門面背後,究竟有什麼?或許,什麼也沒有……於是,隱秘的誘惑便勸
lèrent de s’accommoder d'un bonheur plus facile. La lumière les attirait, ( ne vision obsédante montrait à chacun d'eux ce que l’autre représentait de doux et d'ineffable, et ce qu’ils perdaient de joies certaines à poursuivre une chimère impossible. Comme les choses se préciseraient ! Quelle claire signification prendrait la théorie des seigneurs et des dames errant par couples autour de la ville! Quel air de fête aurait la grise muraille ! Ils eurent peur, Claude surtout. Ils supposaient bien qu’une crise analogue les se- couait, et ils s’alarmaient encore davantage de se savoir également cloîtrés, inquiets, peureux, soumis aux mêmes instincts, prêts par conséquent aux mêmes défaillances. Claude fut sur le point de partir. Un soir, de sa chambre, il perçut, dans l’escalier le frôlement d’une» étoffe. Il prêta l oreille. Le bruit continua jusqu’à l’étage supérieur, et il entendit s’ouvrir et se refermer la porte de la salle : « C'est Armelle, murinura-t-il, Armelle ! > Ce nom lui sem-
他們開始想遷就一種更容易得到的幸福。光明吸引著他們。一個縈繞不去的幻象,向各自顯示:對方身上有著多麼溫柔、多麼難以言喻的東西;又顯示:他們追逐一個不可能的幻影,失去了多少確實的歡樂。到那時,事情將會多麼明確!男女成雙成對繞城遊蕩的那套理論,將取得多麼清晰的意義!灰色的城牆將帶著何種節慶的氣息!他們害怕了,尤其是克洛德。他們隱約察覺,一場相似的危機正撼動著兩人。而當他們明白彼此同樣被禁閉、同樣不安、同樣恐懼,受制於同樣的本能,因而也同樣容易動搖時,便更加驚惶。克洛德幾乎就要離開了。一天晚上,他在房間裡聽見樓梯上傳來衣料摩擦的窸窣聲。他側耳傾聽。那聲響一直延續到樓上,接著,他聽見大廳的門開了又關上。「是阿梅勒,」他低聲說,「阿梅勒!」這個名字在他聽來
blait fait de syllabes inconnues. Il le répéta d'une voix haute, comme s’il appelait : « Armelle », et il eut l’impérieux désir de la voir sans plus tarder, de lui dire des mots quelconques et d’écouter les mots qu’elle lui dirait. Il monta. Une demi-obscurité l’accueillit au seuil de la salle où mourait la lueur d’une veilleuse. Aussitôt il reconnut Armelle, debout, vêtue d’une longue robe blanche et tournée vers lui. On eût dit une apparition. Landa n’osait remuer de peur qu’elle ne s’évanouit, et il attendait un geste d’elle. La veilleuse vacillait. Tout au plus discernait-il la forme blanche. Il marcha. Par mouvements invi- * sibles, elle recula jusqu’au mur. Claude tendit les bras. Elle disparut. 11 resta stupéfait, tout près de croire à un inconcevable prodige, d’autant qu’avant de s’éteindre la flamme, d’un éclat brusque, avait illuminé la silhouette menaçante d’un homme qui brandissait une épée. L’excès de son effarement le fit sourire. A l’aide d’allumettes il avisa les person-
這名字聽來彷彿由陌生的音節組成。他高聲複誦,像在呼喚似的:「阿梅勒!」隨即湧起一股無法遏抑的渴望:想立刻見到她,想對她說些什麼,也想聽聽她會怎麼回答。他上樓去了。大廳門口迎接他的是一片半明半暗,一盞守夜燈的微光正在那裡漸漸熄滅。他立刻認出了阿梅勒。她站著,身穿一襲長長的白袍,正面朝著他,宛如幽靈顯形。朗達不敢動彈,生怕她就此消失,只等她先有所舉動。守夜燈搖曳著,他頂多只能辨認出那白色的身影。他向前走去。她以看不見的動作,一步步退到牆邊。克洛德伸出雙臂。她消失了。他怔住了,幾乎要相信這是不可思議的奇蹟——何況火燄熄滅之前,火苗驟然一亮,照出一個揮舞利劍的男人猙獰的輪廓。過度的驚惶反而使他笑了起來。藉著幾根火柴,他看清了——
nages d’une vieille tapisserie, et, Payant écartée, une petite porte pratiquée dans le mur. Il l’ouvrit. L’air frais du dehors lui caressa le visage. La forme blanche se devinait, assez lointaine. Comme s’il eût voulu l’étreindre, il se dirigea vers elle, les mains en avant, insouciant du danger. Il trébuchait, se heurtait à des cailloux, s’embarrassait en des racines. Mais. plus que les obstacles matériels, s'op- posait à son élan quelque chose d’indéfinissable qu’il devait rompre. Il éprouvait à faire du bruit et à se mouvoir la même gêne que l’on aurait à crier dans une église, aux heures où elle est sombre et déserte. Il eût voulu marcher sur du gazon. Il ralentit le pas. Et c’est doucement. délicatement, qu’il vint se poser auprès de la jeune fille. Armelle ne bougea point. Elle était appuyée contre un des créneaux, au faîte des remparts, et tournée du côté de la ville. La nuit mêla leurs rêveries. Ils se taisaient. Et quoique leurs vêtements se touchassent, ils ne redoutaient aucun péril, car ce qui
一幅舊掛毯上的人物。他把掛毯撥開,發現牆上開著一扇小門。他打開門。外面清新的空氣拂過臉龐。那白色的身影隱約可辨,在相當遠的地方。他朝她走去,雙手向前伸著,彷彿要擁抱她,絲毫不顧危險。他跌跌撞撞,踢到石塊,又被樹根絆住。但有形的障礙還不算什麼,更擋著他的,是某種難以名狀的東西,他必須將它衝破。他一出聲、一走動,就感到侷促不安,就像人在教堂昏暗無人的時刻想要吶喊一般。他真想在草地上行走。他放慢腳步,就這樣輕輕地、小心翼翼地,走到少女身旁停了下來。阿梅勒一動也不動。她倚著城牆頂端雉堞之一,面朝城內。夜色將他們的夢想交融在一起。他們沉默著。兩人的衣衫彼此相觸,卻不懼怕任何危險,因為橫在
s'interposait entre eux les défendait mieux que l’éloigrement et que la plus ferme volonté. C'était un grand respect. Il ne montait pas du fond de leur être, mais ils le recevaient de toutes parts ainsi que des effluves sans cesse renouvelés. Cela venait de la nuit. Elle les rendait humbles et timides. Au-dessus d’eux se devinaient des nuages paisibles, et, tout autour, des voiles de brume qui séparaient un coin d’espace ténébreux de l’espace infini où devait s’épandre la blancheur de la lune et des étoiles. — Ne dirait-on pas que nous sommes dans une immense cathédrale? fit Claude à voix basse. Les murs en exhaussaient jusqu’au ciel les murs de l’enceinte. Des piliers d’ombre la soutenaient. Il y avait comme des fenêtres pâlies par d’incertaines lueurs et des profondeurs d’abside noyées en une obscurité plus épaisse. Et c’était de la voûte invisible, et des blêmes croisées, et des chapelles noires qu’émanait ce grand respect
橫在他們之間的那道屏障,比距離、比最堅定的意志,更有效地守護著他們。那是一種深沉的敬畏。它並非發自他們的內心深處,而是從四面八方灌注給他們,如永不斷絕的氣息。它來自黑夜。黑夜使他們謙卑而膽怯。頭頂上隱約可見安詳的雲朵;四周則瀰漫著層層霧靄,將一角幽暗的空間,與那無垠的蒼穹隔開——月亮與星辰的白光,想必正傾瀉在那無垠之中。 「我們不就像置身在一座廣袤的大教堂裡嗎?」克洛德低聲說。城牆的圍垣高聳入雲,更襯出這教堂的宏偉。一根根暗影的支柱撐持著它。那裡彷彿有被朦朧微光染淡的窗子,還有半圓室的深處,沉浸於更加濃厚的黑暗之中。而正是從那看不見的穹頂、從那蒼白的十字窗、從那一座座黑暗的小聖堂,散發出這份深沉的敬畏,
dont Armelle etLandasubissaientl’influence. La nuit les purifiait. La grâce chassait l’esprit du mal. Quelque chose s’infiltrait en eux, comme de l’eau patiente qui écarte les atomes serrés d’un corps, se glisse, s’insinue, le perce et l’imprègne de sa fraîcheur. Tout émus ils se penchèrent sur La ville. — J’ai la vision, reprit Claude, d’un office surnaturel qui se célèbre dans la nef majestueuse... Nous sommes à genoux et nous prions... Et au-dessous de nous sont agenouillés et prient les êtres de tous les siècles, hommes et femmes, riches et pauvres. dont nous sommes les frères compa- tissants. Leur poitrine se gonfla de tendresse. Toute la joie et toute la douleur de ceux qui avaient vécu là, leurs sanglots, leurs espoirs, leurs amours, leurs blasphèmes, tout cela s’évapora comme un parfum d’encens qu’ils respiraient avec piété.
阿梅勒與朗達正浸染在這份敬畏之中。黑夜淨化了他們,恩寵驅走了邪惡之靈。有什麼東西正滲入他們體內,就像耐心的水,撥開軀體裡緊密相連的原子,悄然滑入,滲透進去,以自身的清涼浸潤全身。他們滿心激盪,俯身眺望這座城。「我看見了,」克洛德接著說,「一場超自然的彌撒,正在那莊嚴的中殿裡舉行……我們跪著祈禱……而在我們下方,歷代的人們也跪著祈禱——男人與女人,富人與窮人——他們是我們懷著悲憫之心的兄弟。」他們的胸中滿溢著柔情。曾在這裡生活過的人們,他們全部的歡樂與苦痛,他們的啜泣、他們的希望、他們的愛情、他們的瀆神之語,這一切都如一縷聖香的芬芳般蒸騰而起,而他們懷著虔敬之心,呼吸著這份芬芳。
Pareille à ces rêves d’un moment où s’enchaînent d’innombrables faits, la fugitive minute leur laissa le souvenir d’une impression longue, puissante et complexe. Ils en éprouvèrent aussitôt le bénéfice, étant rassérénés et confiants en l’avenir. Certes la lutte continuerait. Ils auraient encore à se défendre contre leurs instincts et contre la tentation des joies claires et faciles qu’ils avaient décrétées indignes. Mais, n’ayant jusqu’ici que sollicité le passé, ne devaient-ils pas s'applaudir du succès obtenu? D’autres efforts aboutiraient
一如剎那的短夢能串起無數事件,這轉瞬即逝的一刻,也在他們心中留下悠長、強烈而複雜的印象。他們立刻嘗到它的益處,心境重歸安寧,對未來重具信心。誠然,掙扎仍將繼續。他們仍須對抗自身的本能,對抗那些明朗而輕易的歡樂的誘惑——他們早已判定,自己不配擁有這些歡樂。然而,至今只是叩問過往,他們難道不該為既有的成果感到欣慰嗎?更多的努力終將
à des récompenses plus complètes qu’ils goûteraient chaque fois davantage avec des sens plus affinés et un esprit moins asservi à ses anciennes façons de jouir.
帶來更圓滿的報償。他們的感官將日益精純,心靈也將漸漸擺脫昔日享樂之道的束縛;如此一來,這份報償他們將一次比一次品味得更深。
Ils retournèrent ensemble autour de la ville. Et ils n’eurent plus besoin d'implorer la muraille, ni de la hausser au rang d’idole qui bénit ou se refuse. Elle fut simplement la ruine où s’attestent les âges défunts. Elle fut le grand coffret de pierre où gît, comme une relique, l’immortel passé. — Oh! le passé, résuma Claude, comme j’en comprends l’aide maintenant! Comme notre instinct mystérieux a deviné qu’il fallait nous baigner à cette source de sagesse et d’émci ! Nous nous sommes dépouillés d'abord de nos vieux vêtements afin de nous laver de notre petit passé, à nous, si mes- quin et si triste. Et aujourd’hui nous nous sentons une parcelle du grand passé des choses. Ainsi s’estdégagé un peude notre âme essentielle, un peu de notre aine d’éternité. En la rattachant à celle d’autrefois, nous la faisons participer à des siècles de conscience. Ils avaient donc raison de la chercher, cette âme morte et toujours vivante. Elle réside dans la vie, dans les faits, témoi-
他們又一同繞著城散步。他們不必再向城牆祈求什麼,也不必把它捧成賜福或拒福的偶像。它只是斷垣殘壁,見證著逝去的世代;是一具巨大的石匣,不朽的往昔躺在裡面,如一件聖髑。「啊!往昔,」克洛德總結道,「如今我多麼明白它的助益啊!我們那神祕的本能多有先見之明,知道必須讓我們浸浴在這智慧與力量的泉源裡!起初我們脫下舊衣,為的是洗淨自己那可憐又悲哀的小小個人過往。而今天,我們感到自己是萬物宏大往昔的一粒微塵。就這樣,我們本質的靈魂裡的一小部分、我們永恆血脈裡的一小部分,被釋放了出來。將它繫於往昔的靈魂,我們便使它分享了幾個世紀的意識。因此,他們尋找那死而恆活的靈魂,原是對的。它存在於生命之中,存在於事實之中,存在於那些
gnages, œuvres, vestiges de cette vie, dans un morceau de silex, dans les miettes d’un bibelot. — C’est vrai, dit Armelle, le vieux rempart n’est pas seulement bâti avec des pierres, mais avec les craintes, les aspira tions et les nécessités de toute une époque. Il y a là des traces de regards, des traces de doigts, des traces d’âme prévoyante, ou peureuse, ou tranquille, ou féroce, ou rapace. C’est cela que nous évoquons, c’est cela qui nous a fait défaillir l'autre soir, comme si nous nous rappelions une époque indéterminée de notre existence à nous. Sachant la signification de leurs actes, ils
見證、作品、生命的遺跡之中,存在於一塊燧石裡,存在於一件古玩的碎片裡。「一點不錯,」阿梅勒說,「這古老的城牆不只是用石頭砌成的,也是用整個時代的憂懼、渴望與需要砌成的。那裡有目光的痕跡、手指的痕跡,還有靈魂的痕跡——或深謀遠慮,或惶恐,或安寧,或兇殘,或貪婪。我們召喚的正是這些,那晚令我們心神搖盪的也正是這些,彷彿我們憶起了自己生命裡某個說不清的年代。」既已明白自己行為的意義,他們
n’en agirent que plus simplement, de petits rentiers se chauffaient au ce voisinage ne les chagrina point auparavant. Ils ne s’offensaient pas
的舉止便更加單純自然,像一對小收租人一樣晒太陽取暖。這鄰近相處不再令他們煩擾,他們也並不以此為忤。
Parfois soleil : comme davan-
有時天氣放晴,陽光燦爛:比往常更好。
tage que des canards s'ébattissent parmi les roseaux des douves féodales. Et les blanchisseuses qui lavent le linge de la ville dans l’eau séculaire ne furent plus leurs ennemies.
……好讓鴨群在封建護城河的蘆葦間戲水。至於那些在古老水裡洗滌全城衣物的洗衣婦,也不再把她們當敵人了。
Ils ne craignirent point de compromettre leurs conquêtes en s'écartant des remparts. D'ailleurs toute ville est ceinte d’une zone où s’épandit quelque chose d’elle. Gué- rande, forteresse hautaine, est environnée de menus castels, échoués dans le jardin joyeux de ses compagnes comme des rocs éboulés d’une falaise. Ils ont l’aspect farouche et comique de vieux chiens rageurs qui ne peuvent plus mordre. Malgré leurs tours démantelées, leurs bastions effondrés, ils aboient encore après le passant et lui montrent les dents avec les tessons de bouteille de leurs murs. Ce fut un plaisir pour Armelle et pour Claude de les découvrir au fond de leurs niches de feuillage. Si la grâce du passé les favorisait, leurs rapports ne s’amélioraient pas. Ils ne pouvaient nier que leur vie se fût heureuse- ment imprégnée de la vie des choses mortes. Mais qu’en retiraient-ils pour le bien de leur propre cause ? Le développement de leur sensibilité les unissait-il davantage ? Ils avançaient bien de front, mais plutôt sur
他們不怕走出城牆會危及收穫。再說,每座城周圍總有一圈地帶,散布著城裡的氣息。蓋朗德這座高傲的要塞,四周點綴著一座座小城堡,像從懸崖崩落的岩石,擱淺在同伴們歡樂的花園裡。這些城堡像老狗,凶巴巴的,卻滑稽得很——再也咬不了人了。塔樓傾頹,稜堡塌陷,牆上嵌著碎玻璃,它們還是朝過路人吠叫,齜牙咧嘴。阿梅勒和克洛德在枝葉窠巢的深處一一探訪這些城堡,真是樂事。過往的優雅雖然眷顧著他們,兩人的關係卻不見起色。他們無法否認,自己的生命已幸運地浸潤在死去事物的生命之中。可是這對他們各自的目標究竟有何益處?感官的發展,是否使他們更親近了?兩人確實並肩前行,卻走在
- deux routes parallèles qui se hérissaient d’obstacles au travers desquels ils se voyaient et s’entendaient à peine. Dans l'espérance d’accroître leur intimité, ils ne se quittèrent plus, et ils parlaient beaucoup afin de se mieux connaître. Ils avaient l’air d’offrir sur leurs mains ouvertes tout ce qu’ils savaient ou ignoraient d'eux-mêmes et de se dire anxieusement : — Tenez, voilà, me comprenez-vous ? Y a-t-il là de quoi vous séduire ? Hélas ! sous l’amas des contradictions et
兩人走在兩條平行的路上。路面上障礙叢生,隔著這些障礙,他們幾乎看不見彼此,也聽不清彼此。為了增進親密,他們形影不離,還談了很多話,想更瞭解對方。他們彷彿攤開雙手,把自己知道的、不知道的一切全捧了出來,焦急地向對方傾訴:「你看,就是這些,你明白我了嗎?這裡頭有沒有什麼能打動你的?」唉!在重重矛盾與
des mensonges inconscients, ils achevaient de s’égarer. Un jour, sans le vouloir, Mlle de Rhuis vit, sur l’enveloppe d’une lettre que Claude jetait à la poste, le nom d’une ancienne maîtresse dont il l'entretenait parfois. Elle n’y fit pas attention. Mais deux heures plus tard, au cours de leur promenade, elle réfléchissait : — Si je m’inquiétais de lui le moins du monde, je me serais émue. Que lui dit-il ? A-t-il confié notre secret? demande-t-il con-
在無意識的謊言之中,他們終究越陷越深,迷失了方向。一天,克洛德正要把一封信投進郵筒,德呂斯小姐無意間瞥見信封上寫著一個舊情婦的名字——這人他偶爾會向她提起。她當時並未留意。但兩小時後,散步途中,她暗自思量:「倘若我對他有絲毫掛念,我早就動容了。他在信裡寫了什麼?他透露了我們的祕密嗎?他在