阿波書房 · III
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ET CLAUDE 83 seil? Certes je ne l’aurais pas interrogé. Encore m’eut-il fallu dominer certains instincts inférieurs. Or je n’y ai même pas pris garde. Quelle marque d’indifférence ! Et elle songeait, tandis que Landa marchait devant elle : — Qui est cet homme ? Que me veut-il ? Que fait-il auprès de moi et qu’est-ce que j’attends de lui ? Pourquoi ce passant, cet etranger dans ma vie? Personne, personne ne m’a paru si loin. Claude se retourna. Il surprit sa peine. La même le hantait. Il lui dit tristement : — Vous souffrez, n'est-ce pas ? moi aussi. Nous souffrons parce que nous avons voulu être moins seuls que jadis, et que nous sommes plus seuls que jamais. — Je le suis au point que je ne sais plus si je vis. Il m’en faudrait quelque preuve certaine. Et rien ne me la donne, ni vous qui vous éloignez, ni les choses mêmes, car je m’en désintéresse. Tout s’éteint, tout s’efface. — C’est la détresse de vivre... il y a tant

ET CLAUDE 83 徵求他的意見嗎?我當然不會去問他。再說,我還得先壓下某些低劣的本能才行。可我竟連想都沒想過。這是多麼冷淡啊!」她一路思索著,朗達走在她前頭。這個人究竟是誰?他想從我這裡得到什麼?他守在我身旁做什麼,我又期望從他那裡得到什麼?為什麼偏偏是這個過客,這個闖進我生命的外人?從來沒有人,像他這樣在我眼中顯得如此遙遠。克洛德回過頭來,察覺了她的苦惱。同樣的苦惱也正纏著他。他悲傷地說:「您在受苦,對嗎?我也是。我們受苦,是因為我們想比往昔少一些孤獨,結果卻比任何時候都更孤獨。」「我孤獨到不知道自己還活不活著。我需要一個確切的證明。可什麼都給不了我,漸行漸遠的您給不了,事物本身也給不了,因為我已對它們失去興趣。一切都在熄滅,一切都在消逝。」「這是活著的苦悶……生命裡有這麼多


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de mort dans la vie, dit Claude... nous éprouvons la souffrance de ceux qui sont dignes de souffrir sans cause. Mais on sort plus courageux de ces petits baptêmes de douleur. Le soir, ils gravirent ensemble les marches de la tour jusqu’à la plate-forme qui la domine. La nuit irradiait. C’était une nuit d’ombre infinie, où l’ombre naît d'elle-même, s’enfle, circule et rayonne, comme un élément formidable fait de la poussière des mondes et de leur diffusion à travers l’espace. Elle seule subsistait. Il n’y avait point d'autre bruit que le roulement de ses flots, ni d’autre parfum que son haleine tiède. — J’ai l’impression de voiles tendus autour de nous, dit Claude, et, derrière eux, je devine des plaines ardentes, des villages illuminés, des mers de soleil, tout un éblouissant midi.

「……生命裡有一種死亡,」克洛德說,「我們體會到的,正是無緣無故也配得上受苦的那種人的痛苦。但經過這些小小的痛苦洗禮,人會變得更加勇敢。」 傍晚,他們一同登上塔樓的石階,走到塔頂俯瞰四方的平臺。黑夜散發著光芒。那是一個無限幽暗的夜;黑暗從自身誕生,膨脹,流動,放射,像一種可畏的元素,由諸世界的塵埃構成,瀰漫於太空之中。唯有它存在。除了它浪潮般的滾動聲,再沒有別的聲響;除了它溫熱的氣息,再沒有別的芬芳。 「我感覺四周張掛著層層帆幕,」克洛德說,「帆幕之後,我隱約看見灼熱的平原、燈火通明的村莊、太陽的海洋——一整個令人目眩神迷的南方。」


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Mais la nuit se resserrait peu à peu, refoulant les incursions de leurs sens et de leurs pensées et investissant jusqu’aux

然而黑夜逐漸收攏,將他們感官與思緒的馳騁步步逼退,連他們想像所棲身的 (本槽僅含此斷句,銜接下文「光的田野」。)


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champs de lumière où se réfugiait leur imagination. Elle les enveloppa de toutes parts. Elle bâtit des murailles. Elle s’adapta fidèlement à leur forme. Et elle s’immobilisa. Alors ils en furent réduits à eux-mêmes, à l’infime place que l’on occupe. Le monde entier fut contenu dans le temple où se célèbre le mystère des personnes. Et tout était si formidablement noir, que quelque chose au fond d’eux protesta contre cet envahissement des ténèbres. — Oh ! dit la jeune femme, je sens en moi comme un effort de clarté. Cela me fait songer au clignotement douloureux des petites étoiles qui veulent luire. — C’est la sensation de la vie, murmura Claude, la profonde et inexplicable sensation. Elle s’oppose vaillamment au néant de l'immensité et se manifeste par cette image de lumière en contraste avec la nuit souveraine. Et cela s’allume également en moi, et, de même, je vous évoque sous l'appa- rence d’une petite flamme pâle qui vacille

他們想像力棲身的那些光的原野。黑夜從四面八方將他們包裹,築起牆垣,忠實地貼合著他們的形體,然後靜止下來。於是他們只剩下自己,只剩下人所占據的那一丁點地方。整個世界都被收進這座殿堂,這舉行個人奧祕儀式的地方。黑暗可怕得如此深沉,他們內心深處竟有什麼東西起而反抗這侵占了。「啊!」年輕女子說,「我感覺體內彷彿有一股光明的奮力掙扎。這讓我想起那些想發光的小星星,痛苦地眨著眼。」「這是生命的感覺,」克洛德低聲說,「深沉而難以解釋的感覺。它英勇地對抗浩瀚的虛無,以這幅光的形象顯現自身,與君臨的黑夜形成對比。同樣的光也在我體內點燃,同樣地,我把您想像成一朵蒼白的小小火焰,在


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à mon côté, inhabile et grêle, éperdue sous les souffles ennemis. Ainsi, pour la première fois, ils eurent conscience de leur vie réciproque. — Vous vivez, Armelle, vous vivez... tout le reste du monde n’est peut-être qu’une illusion, mais je sais que vous vivez et que je ne suis pas seul. — Claude, gémit-elle, je ne suis pas seule non plus... Un peu de leur vie se mêlait comme se marient par leur clarté deux lueurs. S’étant tournés vers la ville, ils imaginèrent des milliers de petites flammes, plus pales encore, plus effacées, les petites flammes que ne dissipe point le trépas de la chair et qui voltigent sur les toits, frémissent le long des clochers, et s’abritent dans le creux des vieux remparts.

我身旁搖曳,笨拙而纖弱,在敵意的氣流下驚惶失措。就這樣,他們第一次意識到彼此的生命。「您活著,阿梅勒,您活著……世上其餘的一切或許只是幻影,但我知道您活著,也知道自己並不孤單。」「克洛德,」她低聲呻吟,「我也不孤單了……」他們些許的生命交融在一起,就像兩道微光,因彼此的光輝而結合。他們轉身面向那座城,想像出千萬朵更加蒼白、更加黯淡的小火苗——肉體的死亡也無法驅散的小火苗。這些火苗在屋頂上飛舞,沿著鐘樓顫動,棲身於古老城牆的凹處。


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phrases qu'il lut à Mlle de

……的文字,他念給德呂斯小姐聽。


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Afin de mieux fixer leurs réflexions, Landa les transcrivit en Rhuis : « Nous n'avons qu’à nous tenir tran- quilles. Ne croyons pas non plus que les instants d'émotion peuvent se multiplier jusqu'à former notre existence elle-même. Ils sont courts et rares. Mais qu’ils surviennent quelquefois suffit à la modifier comme une goutte d’essence parfume un flacon d’eau. Il faut donc se laisser vivre sans faire d’effort pour vivre. Rester en soi simplement, les yeux ouverts, les oreilles et les mains ouvertes pour accueillir ce qui viendra, c’est un meilleur moyen de s’enrichir que d’implorer les fenêtres et les portes

為了把這些想法好好記下,朗達在呂伊將它們寫了下來:「我們只要安安靜靜就好。也別以為那些動情的時刻能不斷累積,直到構成我們的生命本身。它們短暫而稀少。但它們偶爾降臨,就足以改變我們的生命,就像一滴香精,足以薰香一瓶水。所以我們應當順其自然地活著,不必刻意用力去活。只是安安分分守住自己,睜著眼睛,敞開耳朵和雙手,迎接將要到來的一切——比起向門窗苦苦哀求,這才是更好的充實自己的方法。


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comme un chanteur des rues. Quiconque tente de s’améliorer n’a pas besoin de se mettre en campagne comme un soldat batailleur. Il n’y a point là de conquête violente à faire, ni de recherches à opérer, ni de plans à ourdir. Non, ce qui est nécessaire s’offre à qui le désire loyalement. Tout afflue si la volonté est patiente, tenace, réfléchie, sincère au point de devenir un instinct. » Ils se sentirent un peu plus grands et un peu plus fermes, accrus de sensations et augmentés l’un de Vautre. Ils se virent moins, mais leurs entrevues y gagnaient en intensité. Un doux espoir les soutenait. Guérande se complète par les marais salants. Leur nom est lié à son histoire. Pour les protéger elle fut construite et munie d’une armure. Ils y descendirent. Au bas des collines ce sont des milliers de petits rectangles pareils à des champs réguliers. L’eau de la mer y est semée dont les graines impalpables écloront et mûriront au soleil. Armelle et Claude suivaient sur la crête des digues les canaux d’écoulement. Et chacun

向門窗哀求。凡想自我提升的人,無須像好鬥的士兵那樣四處征討。這裡沒有要以暴力奪取的疆土,沒有要進行的探索,也沒有要謀劃的計策。不,必要的東西會主動來到誠心渴望它的人面前。只要意志有耐心、夠堅韌、肯深思、真誠到成為一種本能,一切便會源源湧來。」他們覺得自己高了些,也定了些;感觀使他們豐盈,彼此也因對方而成長。兩人見面的次數少了,會面卻更有深度。一股溫柔的希望支撐著他們。蓋朗德因鹽田而完滿。鹽田的名字,和這座城的歷史緊緊相連。為了守護鹽田,這座城才建了起來,披上甲冑。他們走下城去探訪鹽田。山丘腳下,是千萬個整齊如田畝的小方格。海水被播撒在其中,那些無形無狀的種子將在陽光下發芽、成熟。阿梅勒和克洛德沿著堤壩的脊線,順著排水的渠道而行。而每一……


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de leurs pas remuait quelque souvenir endormi là comme un oiseau, quelque parcelle de l'antique Guérande dont la botte du paludier n’avait pas troublé le repos, mais que ranimait le passage de leur sympathie. Cela encore leur servait de trait d’union. — Nous nous retrouvons partout, énonça Claude, comme à des rendez-vous fidèles et constants que nous prenons dans les âges défunts ou dans tel spectacle contemplé. Si différente que soit notre route, nous sommes sûrs de nous rencontrer à l’étape. N’est-ce pas délicieux? Et ils allèrent aussi vers l’Océan, vers la vaste plaine d’eau où galopaient jadis les corsaires, et que surveille encore Guérande, gardienne fidèle qne les hommes n’ont pas relevée de son inutile faction. En une heure de voiture on atteint la pointe de Piriac que peuple un misérable village de pécheurs. Des chalets se hasardent le long de la grève. Dans l’un d’eux, ils passèrent quelques jours. Le temps fut triste d'abord et pluvieux.

他們的腳步每踏出一步,都會驚醒一個沉睡如鳥兒的回憶,驚醒古老蓋朗德的些許殘片——採鹽人的靴子不曾擾亂它的安眠,卻因他們倆的相知路過而重新甦醒。這也成了他們之間的連繫。 「我們處處重逢,」克洛德說道,「就像約好了忠實而恆常的約會——約在已然逝去的年代裡,約在某個凝望過的景象中。無論我們走的路多麼不同,我們確信必定會在驛站相逢。這不是很美妙嗎?」 他們也朝著海洋走去,走向那片廣闊的水域,往昔海盜曾在那裡奔馳,至今蓋朗德仍守護監視著它——這忠實的衛士,人們早已不再讓它重披那無用的崗哨。乘車一小時便抵達皮里亞克岬,那裡有個貧窮的漁村。幾座小屋小心翼翼地沿著海灘排列。他們在其中一座裡度過了幾天。起初天氣陰鬱多雨。


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Et la mer leur parut très mauvaise. Elle était jaune, comme mêlée de vase. Elle était verte, comme imprégnée de bile. Elle avait de longues rides sévères. Les noms bizarres des baies ou des trous rappellent le plus souvent sa férocité. Toutes les légendes l’accusent. Elle s’acharne contre la côte, la mord, l’effrite, la pétrit selon le caprice de sa méchanceté, ciselant des obélisques, sculptant des grottes qu’elle parachève dans le silence de ses invasions. La veille de leur départ, les nuages se dissipant, Mle de Rhuis résolut de se baigner. Ils se dirigèrent vers une grotte dont l’entrée pouvait se fermer à l’aide d’un peignoir. Armelle s’y retira. Claude descendit sur la petite plage de sable fin. Il la parcourut deux ou trois fois, d'un pas hésitant, la canne hostile aux menus galets et aux coquillages, puis il s’éloigna parmi les rochers, remontant en biais du côté de la falaise. Une flaque d’eau l’arrêta qu’emprisonnaient des parois de pierre taillées en coupe de bénitier. Il y trempa le

海在他們眼中也顯得十分兇惡。它黃濁,彷彿混著淤泥;碧綠時,又像浸透了膽汁。海面上一道道長皺紋,神情嚴峻。海灣、洞穴的種種怪名,多半叫人想起它的兇殘。所有的傳說都在控訴它。它狠狠撲向海岸,啃咬它,磨損它,揉捏它,全憑自己一股惡意——雕出方尖碑,鑿出洞穴,再在侵襲的靜默中細細打磨。他們動身的前一天,雲散開了,德呂斯小姐決定去游泳。他們走向一個洞穴,洞口可以用一件浴袍遮起來。阿梅勒進去更衣。克洛德走下細沙的小海灘。他猶疑地在灘上來回走了兩三趟,手杖敵視著小石礫和貝殼,隨後便鑽進礁石之間,斜斜往懸崖方向爬上去。一窪水攔住了他,四壁石頭削得像聖水缽。他把指尖浸入水中。


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bout de ses doigts. Un crabe s'effaroucha et, comme il essayait de le saisir, il entendit la voix d’Armelle. — Je vous cherchais, Claude. Il se retourna brusquement. Elle était près de lui, vêtue de sa robe et coiffée de son chapeau. — Et votre bain? demanda-t-il. — J’y renonce. Leurs yeux s'évitèrent. Ils devinaient que le même motif les avait déterminés, lui à fuir le rivage, elle à ne pas se baigner. Et ils étaient troublés de se savoir soumis à de telles causes. Mais Claude leva la tête et dit fermement : — Eh bien, oui, nous avons compris tous les deux qu’il y avait péril. Je suis parti parce que mon regard ne doit pas apprendre certains secrets. Et n’est-ce pas la crainte de mon regard curieux qui vous a empêchée de vous dévêtir ? — Oui, affirma-t-elle. Il reprit d’une voix contenue : — Pourquoi cacher les précautions que

一隻螃蟹受了驚。他正想捉住它,忽然聽見阿梅勒的聲音。「我在找您,克洛德。」他猛然轉身。她就站在身旁,穿著裙子,戴著帽子。「那您的泳呢?」他問。「我放棄了。」兩人目光各自避開。他們都察覺到,是同樣的緣由促成了彼此:他逃避海岸,她不願下水。明白自己受制於這樣的心思,兩人都有些不安。但克洛德抬起頭,堅定地說:「唉,是的,我們倆都明白這裡有危險。我走開,是因為我的目光不該窺知某些祕密。而您不敢寬衣,難道不正是怕我這好奇的目光嗎?」「是的,」她肯定道。他壓低了聲音,繼續說道:「為什麼要隱瞞那些


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nous devons multiplier contre nous-mêmes ? Suis-je maître du désir fugitif que peut m’inspirer votre corps ? Et si parfois ce désir naissait, en seriez-vous atteinte comme d’une souillure ? Non, Armelle, c’est chose secondaire qu’il est bon de surveiller, mais dont nous n’avons pas à rougir. — Oh ! murmura la jeune fille, comme vous avez raison de parler ! Cela les mettait l’un devant l’autre en un

……我們何必對自己加倍戒備呢?您這身軀或許會在我心中激起一絲短暫的慾望,難道我做得了主?而若這慾望偶爾萌生,您會視之為污點而感到受創嗎?不會的,阿梅勒,這終究是次要的事,值得留意,但我們無須為它羞恥。」 「啊!」少女低聲說,「您這樣說,說得多對啊!」 這番話使他們彼此之間處於一種


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état de foi robuste et de sérénité suprême, malgré la nature des pensées qu’ils énonçaient. Ils aspirèrent à d’autres aveux malaisés, tant les grisait cette volupté. Par la toute-puissance d’un mot loyal que d’obstacles s’écroulaient encore! Et la vérité de la parole les frappa. — Ne semble-t-il pas, dit Claude, qu’après un effort de belle sincérité l’on soit plus léger et plus pur ? C’est comme une délivrance. Il ne faut pas hésiter à dire les choses nécessaires. Le silence est trop vaste : on risque de s’y perdre. La parole trace des sentiers que suit l’âme.

在堅實的信念與至高的安寧之中,儘管他們吐露的是那樣的心思。這種快感令他們陶醉,使他們渴望更多難以啟齒的告白。一句坦誠之言,竟有如此全能力量,又讓多少障礙崩塌了!言語的真實也令他們震撼。「您不覺得嗎,」克洛德說,「一次真誠的努力之後,人會變得更輕盈、更純淨?這就像一種解脫。必要的話,就該說出口,不必猶豫。沉默太浩瀚了,人容易在裡面迷失。言語能為靈魂開出一條路來。」


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Hardiment elle tendit les mains au jeune homme, et il les serra. Sur une roche voisine, plus haute, ils s’assirent en face d’une petite île grise où des troupeaux remuaient. Le repos accueillant de l’étendue les affranchit de leurs préventions contre la mer. Puis sa couleur les ravit. Elle était toute bleue, et ils ne l’avaient pas encore vue ainsi, de sorte qu’ils lui trouvèrent un aspect très doux. Ils s’y abandonnèrent, ballottés d’une pointe à l’autre et du rivage à l’horizon. Mais de petits bruits joyeux les surprirent. C’était la mer qui grimpait autour d eux. Une série de rochers assurant leur retraite, ils se divertirent à voir son œuvre patiente et ingénieuse. Elle rampe sans à-coup, par ondulations imperceptibles. Elle clapote, s’amuse au moindre creux, forme des étangs, présente au ciel des miroirs. Si une pierre l’arrête, elle l’investit, se sépare en deux courants qui se rejoignent à la longue. Et des cailloux flottent, et la chevelure des herbes vibre comme un étendard.

她大膽向年輕人伸出雙手,他緊握住了。兩人在旁邊一塊較高的岩石上坐下,面對一座灰色小島,島上有牛群在蠕動。這片天地安寧宜人,他們對海的成見就此釋然。接著,海的顏色又叫他們欣喜。海水一片湛藍,他們從沒見過它這個樣子,便覺得它顯得格外溫柔。他們把身心託付給它,任它從這一岬到那一岬、從海岸到海平線地飄盪。忽然一陣細小的歡欣之聲令他們一驚——原來海水正攀上他們四周。好在有一連串礁石保障退路,兩人便饒有興味地看著它耐心而靈巧的工程。它爬行得不斷不續,波浪起伏卻難以察覺。它潺潺作響,在任何小凹處嬉戲,積成小池塘,向天空獻上映鏡。遇上一塊石頭攔路,它便包圹上去,分成兩股水流,最終又匯合。於是碎石漂浮起來,草的髮絲如軍旗般顫動。


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Et peu à peu ils eurent conscience que de la vie palpitait à l’entour. Et cette vie ne se restreignait pas aux jeux des pois- sons et des bestioles effarées, ni aux voluptueuses câlineries de l’eau qui baise la berge. Elle s'épanouissait au large, partout, formidable. luxuriante, infinie. Elle respirait jusqu’aux plus immobiles profondeurs et gonflait de frissons la glauque surface endormie. Armelle et Claude en furent imprégnés. Un grand souffle intérieur les emplit. La vie de la mer se ruant en eux par flots de fraîcheur, par bouffées d’aromes, par torrents d’azur, se joignit à leur vie et la doubla et l’exalta. — Comme on existe puissamment quelquefois, dit Armelle, avec de tels battements de cœur et de tels élans d’âme qu’on pourrait croire que l’on s’entend vivre l’un l’autre. Moins qu’un bruit, c’est une sensation confuse de bruit. — Quelque chose comme cela, fit Claude, le bras tendu.

漸漸地,他們意識到,四周有生命在悸動。這生命不限於魚群和受驚小蟲的嬉戲,也不限於海水親吻岸邊時那撩人的依偎。它在遼闊處綻放,無處不在,洶湧、繁盛、無窮。它一直呼吸到最深處那最不動的地方,以陣陣顫慄鼓起沉睡的灰綠色水面。阿梅勒和克洛德都被它浸透了。一股巨大的內在氣息充滿了他們。海的生命以清新的洪流、芬芳的氣息、湛藍的激流,奔湧進入他們體內,與他們的生命結合,使生命加倍,使生命昇華。 「有時候,人是多麼強烈地存在著啊,」阿梅勒說,「心跳那麼劇烈,靈魂那麼飛揚,幾乎可以相信,彼此都聽得見對方活著。那比聲響更微弱,只是對聲響的一種朦朧感覺。」 「正是類似那樣的東西,」克洛德說著,把手臂伸向前方。


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Il y avait à droite, plus loin que les roches, une bande de sable où l’eau se jouait. Les nappes limpides s’étalaient, glissaient les unes sur les autres et se repliaient en menues franges d’écume claire. Et ces petites vagues, ils ne les entendaient pas non plus, mais ils en devinaient le bruit. Elles s’abattaient gaiement, avec une certaine fierté, avec des sons de cristal et une transparence d’air pur. Et longtemps ils les écoutèrent tomber une à une, si gracieuses et si fraîches. Cependant le soleil se couchait. Majestueusement il s’ouvrait un chemin triomphal dans la foule des nuages dorés. Il effleura le bord de l’horizon, puis s’enfonça, puis disparut. Il y eut alors, avant la fin du jour, un moment d’angoisse solennelle. Quelque chose allait mourir. La vie, ainsi qu'un fleuve devant l’obstacle, s’enfla d’énergie croissante et de forces irritées. Et eux aussi, ils sentirent l’excès de cette vie anxieuse, intense comme une vie d’agoni-

右邊,比礁石更遠處,有一片沙帶,海水在那裡嬉戲。清澈的水幕層層舒展,相互滑過,又收攏成細碎潔白的邊緣。這些小浪,他們同樣聽不見,卻猜得到它們的聲響。它們快活地撲落,帶著幾分得意,聲如水晶,透亮如清新的空氣。他們久久聽著浪花一朵朵落下,那麼優雅,那麼清新。 此時太陽正在西沉。它在成片的金色雲朵之間,莊嚴地開出一條凱旋之路。它掠過地平線的邊緣,沉落,消失。白晝將盡,頓時生出一刻莊嚴的焦慮。有什麼東西就要死去。生命像受阻的河流一般,以不斷增長的能量、被激怒的力道,膨脹起來。他們也感受到這股焦灼的生命太過滿溢,強烈得如垂死者最後的生命——


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Et soudain Claude s’aperçut qu'Armelle tenait sa tête entre ses mains. Oh ! qu’importait ! elle n’en voyait pas moins, en l’ombre de ses paupières, ce qu’il voyait de ses yeux agrandis. Rien n’aurait pu faire que, dans l’immensité des spectacles épars, elle ne discernât surtout les menues franges d’écume claire. Et non plus il ne se pouvait que l’un ou l’autre ne songeât à leurs âmes comme à deux petites vagues jumelles, harmonieuses et limpides, qui chantent au rythme ardent de la mer vivante.

忽然間,克洛德發覺阿梅勒正用雙手捧著他的頭。啊!那有什麼關係!她閤著眼皮,在一片陰影裡,照樣看得見他那放大了的雙眼所看見的一切。在這散布萬象的浩瀚之中,她偏偏就辨認得出那些細碎明亮的潔白浪緣,什麼也攔不住。同樣地,兩人之中不管哪一個,也必然會把彼此的靈魂想成兩朵孿生的小浪,和諧而清澈,順著活生生海洋那熾熱的節奏歌唱。


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Depuis trois heures, par les marais et les plaines monotones, à travers des villages misérables, ils chevauchaient. Ils allaient vers le Nord, vers la Bretagne. Leurs bêtes étaient maigres et nerveuses, d’allure égale et de marche allongée. Derrière les selles, se gonflaient des porte-manteaux et devant Claude, en outre, pendait une paire de sacoches. Ils arrivèrent au bord de la Vilaine. Un bac les passa, dont la chaîne glissait en grinçant le long d’un fil de fer tendu d’une rive à l’autre. S’étant reposés sur la berge et rafraîchis dans la grande coulée d’air vif qui circule à l’embouchure des fleuves, ils repartirent. Le pays leur plut davantage, pierreux et accidenté maintenant, avec des

三個小時了,他們一路騎馬,穿過沼澤和單調的平原,經過一個個貧困的村莊。他們往北走,往布列塔尼去。兩匹馬都瘦而神經質,步態平穩,步伐悠長。馬鞍後面鼓著行李袋,克洛德馬前還掛著一對鞍囊。他們來到維萊訥河畔。渡船載他們過河,鐵鏈沿著繃在兩岸之間的鐵線滑行,嘎吱作響。他們在岸邊歇了歇腳,河口的風清新流暢,吹得人精神一振,然後又上路了。這片土地越發合他們的心意,如今多石而崎嶇,山坡上有


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carrières rousses au flanc des collines. Jusqu’au soir ils restèrent silencieux. Ils ouvraient leur sens sur le dehors ainsi que des fenêtres, le corps veule, comme s’ils se fussent efforcés de n’opposer aucune résistance. A quoi? ils ne savaient pas. C’était une impression, le désir qu’il n’y eût pas d’obstacle entre eux et ce qui se présente- rait. Et le matin, après une nuit à l’auberge, ils se mirent en chemin du côté de l’Ouest, toujours graves et muets. Mais le long du golfe du Morbihan, l’admirable pays de Sarzeau leuroffrit ses plaines heureuses, ses vignes, ses bois de chênes verts, ses jardins de grenadiers, de lauriers et de myrtes, et ils étaient pleins d’allégresse quand ils aperçurent, non loin du rivage, les ruines énormes de Succinio, ossature lamentable et déchiquetée du château de Jean le Roux. Comme un coup intérieur, jusqu’à la fin du jour, ils sentirent le choc de l'extase, et une fièvre sourde précipitait les battements de leur cœur tandis qu’ils arrivaient au pied du géant.

赭紅色的採石場。直到傍晚,他們一路沉默。他們把感官向外在世界敞開,像敞開的窗戶,身體柔順,彷彿竭力不作任何抵抗。抵抗什麼?他們不知道。那是一種感覺,一種願望:但願在他們與即將來臨的事物之間,沒有任何阻礙。早晨,在客棧過了一夜,他們朝西邊上路,依舊莊重而沉默。但沿著莫爾比昂海灣,薩爾佐的絕美鄉土向他們獻上幸福的平原、葡萄園、聖櫟林,還有種著石榴樹、月桂與桃金孃的花園;當他們在不遠的海岸邊望見蘇契尼奧的巨大廢墟——讓·勒魯城堡那令人哀傷、殘破斷裂的骸骨——滿心歡喜。像一記內心的撞擊,直到日落,狂喜的震盪始終未曾平息;當他們抵達巨人腳下時,一種隱隱的熱病正加速著心跳。


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Une fille de ferme courut à la recherche des clefs. En attendant ils suivirent les murs par des sentiers que heurte la bosse des rocs moussus ou qu’amollit l'humidité des marécages. De très hautes courtines, coiffées de créneaux, parées de mâchicoulis. trouées de baies et de brèches, joignent six gros donjons à trois étages de fenêtres. Là aussi le temps a jeté des dra- peries de verdure et, là aussi, le passé dort dans les eaux défuntes, parmi l'ombre grêle des roseaux et le reflet des tours. — Oh ! le passé, le passé, fit Armelle... Ils contemplaient les coulisses du pont- levis et le relief des armes seigneuriales. Et Claude dit : — Nous sommes plus près de ceux qui sont morts, voici mille ans, que de ceux qui naîtront demain. Il n’y a pas d’interruption entrele passé et nous, il y a des abîmes entre nous et l’avenir. L’avenir est vague, peuplé de formes indistinctes... Le passé, c’est notre chair elle-même. La voix de nos semblables nous appelle. Des bras se tendent.

一個農家姑娘跑去尋找鑰匙。等候的時候,他們沿著牆垣走小徑:小徑有時被長滿苔蘚的岩石隆起擋住,有時又被沼澤的濕氣浸得鬆軟。城牆極其高聳,頂上築著雉堞,飾有突堞口,牆身開著門窗與破洞,連接起六座粗壯的主塔,塔身上開了三層樓的窗。這裡,歲月也披上了綠色的帷幔;這裡,往昔也沉睡在已然逝去的水中,睡在蘆葦纖細的陰影與塔樓的倒影之間。「啊!往昔,往昔,」阿梅勒說道……他們凝望著吊橋的隱蔽結構,還有領主紋章武飾的浮雕。克洛德說:「我們離千年之前的死者,比離明天將生的人更近。過去與我們之間沒有間斷,我們與未來之間卻有深淵。未來是模糊的,充滿難以辨認的形影……過去,就是我們的血肉本身。我們同類的聲音在呼喚。有手臂在伸展。」


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II leur parut tout à coup facile de se regarder. Et ils le firent sans se soucier que leur regard fût amoureux, amical ou indifférent. Il fut clair. Il mêla des yeux graves qui éprouvaient comme une volupté à se sentir limpides, des yeux à fleur desquels affluaient des choses visiblement pures. Armelle songeait : — Oh ! ce n’est pas un étranger. Sa vie pénètre la mienne, et pourtant je ne crains rien de lui, je n’en espère rien non plus. Au contraire, j’attends tout de moi, au moment même où sa présence m’est le plus sensible. N’est-ce pas là le suprême bienfait à demander aux autres ? Claude dit lentement : — Comme vous êtes belle ! Elle sourit, car il n’avait pas dit ces mots par trouble ou par dessein de lui plaire, et nul embarras n’alourdit le silence. — Vous êtes belle et nous n’avons pas à proscrire votre beauté. Sous peine de mensonge je dois la reconnaître et vous devez en user, vous. Il est étrange que la beauté

他們忽然覺得,彼此對望原來是件容易的事。於是便望了,不在意那目光是愛戀的、友善的,還是漠然的。那目光十分清澈。其中混合著兩種眼神:一種莊重,彷彿以自身的澄明為樂;另一種,眼底明顯流湧著純淨之物。阿梅勒心想:——哦!他不是個陌生人。他的生命滲進我的生命,然而我對他一無所懼,也無所期望。相反地,就在他的存在對我最真切的這一刻,我期待的,是我自己的一切。這難道不是我們能向他人要求的最高的恩惠嗎?克洛德緩緩說道:——您真美!她微微一笑。他說這話,並非出於慌亂,也不是刻意討好,沉默裡也不見一絲尷尬的沉重。——您很美,我們無須否認您的美。為了不說謊,我必須承認它,您也必須善用它。奇怪的是,比起醜,


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soit plus que la laideur un élément de gêne. N’est-elle pas pourtant le meilleur intermédiaire entre nous et la beauté des choses ? et tout cela aurait-il la même signification, aussi bien pour vous que pour moi, si vous n’étiez pas belle comme vous l’êtes? De la main il désignait le château, les campagnes, l’Océan. Et il murmura: — Votre beauté est partout, Armelle. Ils entrèrent. A l’intérieur, c’est un vaste quadrilatère plat et dénudé que limitent des pans de mur, des vestiges d’habitation, la carcasse des donjons. Sous l’herbe jaunie se devinent les débris des palais écroulés. Ayant erré parmi les ruines, ils s’assirent à l’ombre, comme au bord d’une arène où se jouait le soleil indomptable, et ils parlèrent de ceux qui vécurent entre ces bornes de granit. L’histoire donne des noms : le connétable Arthur de Richemont, François de Foix, la princesse de Conti, le duc de la V allière. Que d’autres encore, inconnus ! Quelle multitude de gens, seigneurs, châtelaines, domestiques, hommes d'armes, vas- A . 0.

反而比醜更容易叫人侷促。然而,它不正是我們與萬物之美之間最好的媒介嗎?倘若您不是像現在這樣美,這一切對您、對我,還會有同樣的意義嗎?他抬手指示著城堡、田野與海洋,低聲說道:——您的美無所不在,阿梅勒。 他們走了進去。裡面是一片廣闊而平坦的四方形空地,光禿蕭索,四邊由幾段城牆、屋舍遺跡和主塔的空殼圍著。枯黃的草皮下,隱約看得出傾塌宮殿的殘骸。他們在廢墟間走了一陣,便在陰影處坐下,彷彿坐在競技場邊上,場中正上演著桀驁不馴的烈日。他們談起曾經生活在這些花崗岩界石之間的人。歷史留下了名字:元帥阿爾蒂爾·德·里什蒙(Arthur de Richemont)、弗朗索瓦·德·富瓦(François de Foix)、孔蒂親王妃、拉瓦利埃爾公爵(duc de la Vallière)。還有多少無名之人啊!人群何其眾多:領主、


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saux et vassales ! Pendant cinq cents ans, * des milliers d’êtres avaient respiré là, mangé, dormi, souffert. Il y eut des fêtes et des tueries, des intrigues, des sieges, des actions héroïques. On s’aima, et l’on se haït. De bonnes et de mauvaises et de médiocres existences se déroulèrent. — Et ces existences, dit Landa, furent aussi longues que les nôtres, également composées d’une enfance, d’une jeunesse et d’une vieillesse. Le temps durait comme aujourd’hui, ce que l'on a peine à s’imaginer. Chacune des minutes imposait à chacun de ces êtres la même impression de chose lente et interminable. Or toutes ces vies qui nous paraissent aussi fugitives que des lueurs, l’enceinte en est remplie comme d’une masse solide, sans interstice, sans possibilité d’émiettement. Et ils songèrent que chaque coin du monde comporte le même passé d'existences innombrables et diverses. Et tout autour d’eux, jusqu’aux régions les plus lointaines, d’autres vies palpitaient, et il y en aurait

武士、男僕、女僕!五百年來,成千上萬的生命曾在那裡呼吸、進食、睡覺、受苦。那裡辦過宴樂,也發生過屠殺,有陰謀,有圍城,也有英勇的事蹟。人們相愛,也相互仇恨。善良的、惡劣的、平庸的人生,一一展開。——而這些人生,朗達說道,和我們的一樣漫長,同樣由童年、青春與老年構成。時間當時也如今天一般悠長——這一點我們很難想像。每一分鐘,都讓每一個生命感受到同樣的緩慢與無盡。然而這些生命在我們看來,短促如微光;這圈圍牆卻把它們填得滿滿的,像一塊堅實的整體,沒有縫隙,也沒有碎裂的可能。


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d’autres encore qui palpiteraient dans l’avenir, cet abîme béant que seul pourra combler l’entassement des vies futures. Claude s’écria : — Quel hasard prodigieux de vivre à la même époque et quel miracle de se rencontrer ! On ne pense pas à cela. On le trouve tout naturel, et pourtant c’est un phénomène inouï. Deux amis se retrouvent en une ville étrangère. Ils s’en étonnent, s’en réjouissent. Mais qu’est ce hasard auprès du hasard de se rencontrer dans l’éternité et dans l’immensité? Accordez à deux grains de sable voisins une conscience subite. Comme ils s'aimeront ! comme ils apprécieront l’étrangeté de leur contact ! Or ceux d'une même génération sont aussi perdus dans les siècles que deux grains de sable dans l’univers. Il ajouta très bas : — Le fait seul de vivre à la même époque devrait tous nous rapprocher, supprimer tout égoïsme et toute haine. Oh! en vérité, c'est une chose attendrissante...

還會有其他生命,在未來繼續搏動。那未來是一道張開的深淵,唯有日後層層堆疊的生命才能將它填滿。克洛德喊道:——活在同一個時代,是何等奇妙的機緣!能相遇,又是何等奇蹟!人不會去想這件事,總覺得理所當然,其實這是聞所未聞的現象。兩個朋友在異國的城市重逢,會驚訝,會欣喜。可這點機緣,比起在永恆與無垠之中相遇的機緣,又算得了什麼?且容兩粒相鄰的沙,忽然有了意識。它們會多麼相愛!會多麼珍視彼此接觸的奇妙!而同一世代的人,迷失在世紀之中,正如兩粒沙迷失在宇宙之中。他又壓低了聲音說:——單是活在同一個時代,就該讓我們所有人親近起來,消除一切自私與仇恨。哦!說真的,這是件令人動容的事……


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{04 Quoique l’ombre des ruines s’allongeât et assombrît le sol de la cour, une aussi lourde chaleur pesait. Le ciel était toujours d’un bleu violent. Pour le mieux voir, Armelle et Claude s’étendirent. Il descendait aux angles déchiquetés, traversait le trou des fenêtres et s’appuyait sur les créneaux des donjons. Et puis il montait, il montait indéfiniment, et leurs yeux s’enfonçaient avec lui vers les étoiles cachées. — Le ciel n’est point vide, murmura Claude, mon esprit s’y heurte à de mystérieux contacts et l’emplit d’une mystérieuse essence. C’est la matière d’âme qui flotte à l’aventure, en quête de conscience. — Je vois cela, dit Armelle, comme de l’eau précieuse que nous sommes tous en état de recueillir. Ne pensez-vous que l’on pourrait nous comparer à ces petits creux de rocher qui s’arrondissent au bord de la mer? Ils sont tous de dimensions et de contours divers. Mais tous le flot les baigne également et à tous il laisse en se retirant un peu de son eau. Et voici que les

廢墟的影子越拉越長,庭院的地面漸漸暗了,暑氣卻依舊沉沉地壓著。天空還是那種濃烈的藍。為了看得更清楚,阿梅勒和克洛德躺了下來。天色沉入嶙峋的角落,穿過窗洞,倚在主塔的雉堞上,然後不斷上升,無盡地上升。他們的目光也隨著天色,沉入隱藏的星辰之間。——天空並不空虛,克洛德低語道,我的心智在其中碰撞到神秘的接觸,被一種神秘的本質所充滿。那是靈魂的質料,漫無目的地飄浮著,尋覓著意識。——我明白了,阿梅勒說,它就像珍貴的水,我們每個人都承接得住。您不覺得,我們可以被比作海邊那些渾圓的小石窩嗎?它們大小、輪廓各不相同,但波浪同樣洗滌著每一個,退去時,都在每個窩裡留下一點海水。而如今,有的


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