Chapitre II – Tueries
第二章 殺戮
Chapitre II – Tueries
第二章 殺戮
Qu’il soit bien établi, tout d’abord, que le déjeuner qui précéda, à la villa des Clématites , l’effroyable douzaine d’heures où s’accumulèrent les péripéties du drame, fut, entre les deux jeunes filles et les deux jeunes gens que menaçait un destin si proche, d’une gaieté naturelle, légère, insouciante, mêlée de gentillesse et d’émotion amoureuse. Toutes les tempêtes ne s’annoncent pas par des signes précurseurs. Celle-ci éclata brusquement dans un ciel serein, sans qu’aucun pressentiment étreignît le cœur de ceux qui allaient en être les victimes effarées.
首先得說清楚:在鐵線蓮別墅,那可怕的十幾個小時——悲劇的種種波折接連上演的十幾個小時——還沒開始之前,那頓午餐的氣氛極為自然、輕鬆、無憂無慮。兩位年輕姑娘和兩位年輕人,雖然厄運已近在眼前,席間卻滿是親切,還交織著愛戀的悸動。並非所有暴風雨來臨前都有徵兆。這一場就在晴朗的天空下驟然爆發;即將成為驚恐犧牲者的人們,心中沒有絲毫預感。
Ceux-là riaient et parlaient gaiement de leurs projets immédiats comme de leurs projets du lendemain et de la semaine suivante. Il y avait les sœurs Gaverel qui, depuis la mort de leurs parents, c’est-à-dire depuis sept ou huit ans, continuaient d’habiter les Clématites , sous le chaperonnage d’une gouvernante qui les avait vues naître, la vieille Amélie, et de son mari, Édouard, le domestique.
他們談笑風生,說著眼前的事,也說著明天、下週的打算。加夫雷爾姊妹自從父母去世,也就是這七、八年來,一直住在鐵線蓮別墅。照管她們的,是一位看著她們出生的老女管家阿梅莉,還有她的丈夫——男僕愛德華。
L’aînée des deux sœurs, Élisabeth, une grande jeune fille blonde avec un visage un peu trop pale de convalescente et un sourire d’une séduction ingénue, s’adressait surtout à son fiancé, Jérôme Helmas, beau gaillard à la figure franche, sans situation pour l’instant, et qui, orphelin, avait gardé la petite maison où vivait jadis sa mère, dans l’agglomération même du Vésinet, au bord de la route nationale de Paris. Ami d’Élisabeth avant d’être son fiancé, il avait connu la cadette, Rolande, tout enfant, et la tutoyait. Il prenait ses repas aux Clématites .
兩姊妹中的姊姊叫伊莉莎白,是個高挑的金髮少女。她臉色蒼白,像大病初癒的人,笑起來卻純真動人。她說話的對象,多半是未婚夫傑羅姆·埃爾馬斯。這是個結實英俊的小夥子,相貌坦率,目前還沒有固定職業。他自幼成了孤兒,一直住著母親生前的小屋,就在維西內鎮中心、通往巴黎的國道旁。他先做了伊莉莎白的朋友,後來才成了她的未婚夫。妹妹羅蘭德,他從小就認識,兩人向來以「你」相稱。他也在鐵線蓮別墅用餐。
Rolande, beaucoup plus jeune que sa sœur, avait plus d’expression qu’Élisabeth, plus de beauté réelle, et surtout un charme plus passionné et plus mystérieux. Et, sans doute, attirait-elle l’autre jeune homme, Félicien Charles, qui ne cessait de l’observer furtivement, comme s’il n’osait trop la regarder en face. Était-il amoureux d’elle ? Rolande elle-même n’aurait pu le dire. Il était de ces êtres décevants dont la physionomie n’exprime pas la nature secrète, et qui ne paraissent jamais penser ou sentir comme ils pensent ou comme ils sentent.
羅蘭德比姊姊年輕許多,比伊莉莎白更有神采,也更真實地美,尤其有一種更熱情、更神秘的魅力。另一個年輕人費利西安·夏爾顯然就被她吸引住了,不停偷偷打量她,彷彿不敢正面直視。他愛上她了嗎?連羅蘭德自己也說不上來。他是那種令人捉摸不透的人:外表流露的,掩蓋了內在的本性;他看起來所思所感,從來不是他真正的所思所感。
Le repas fini, ils entrèrent tous quatre dans le studio, vaste pièce, tout intime cependant par l’arrangement des meubles, des bibelots et des livres. Sa fenêtre à l’anglaise, très large, grande ouverte, donnait sur une pelouse étroite qui séparait la villa de l’étang. L’eau immobile, sans un frisson, reflétait des arbres touffus dont les longues branches pendantes venaient rejoindre les branches qui les doublaient au creux du miroir. En se penchant, on apercevait, sur la droite, à soixante mètres, l’autre maison, l’Orangerie , où demeurait l’oncle Philippe. Une haie très basse marquait la limite des deux jardins, mais la bande de gazon courait, ininterrompue, tout le long de l’étang.
飯後,四人一同走進工作室。那房間很寬敞,卻因為家具、小擺設和書籍的布置,顯得十分溫馨。寬大的英式窗戶完全敞開,窗外是一片狹長的草坪,草坪隔開別墅與池塘。池水紋絲不動,倒映著枝葉繁茂的樹木;低垂的長枝探向水面,與鏡中的倒影相接。俯身望去,右邊六十公尺處是另一棟房子——橘園,菲利普叔叔就住在那裡。兩座花園之間只隔著一道極低的樹籬,草坪卻沿著池塘邊一路綿延,不曾中斷。
Élisabeth et Rolande se tinrent un moment par la main. Elles semblaient s’aimer infiniment. Rolande surtout témoignait d’un grand désir de se dévouer et aussi d’une constante inquiétude. La santé d’Élisabeth, après sa maladie, exigeait encore certaines précautions.
伊莉莎白和羅蘭德手牽著手站了一會兒。姊妹倆似乎感情深厚。尤其是羅蘭德,一心想照顧姊姊,臉上也總帶著放心不下的神情。伊莉莎白大病初癒,健康上還得多加小心。
La laissant avec son fiancé, Rolande se mit au piano et appela près d’elle Félicien Charles, qui chercha d’abord à se dérober.
羅蘭德把姊姊留給她的未婚夫,自己坐到鋼琴前,叫費利西安·夏爾過來坐在身邊。他起初還想推辭。
– Vous m’excuserez, mademoiselle, mais nous avons déjeuné plus tard, aujourd’hui, et mon travail commence chaque jour à la même heure.
「小姐,恕我失陪,我們今天午餐吃得比較晚,而我每天的工作都是同一時間開始的。」
– Votre travail ne vous laisse-t-il pas toute liberté ?
「您的工作不是讓您可以自由安排嗎?」
– C’est justement parce que je suis libre que je dois être exact. D’autant que M. d’Averny arrive demain à la première heure. Il voyage toute la nuit en auto.
「就是因為我自由,我才更得準時。何況達維尼先生明天一早就要到了,他得開一整夜的車趕路。」
– Quelle chance de le revoir ! dit-elle. Il est si sympathique, si intéressant !
「能再見到他,多幸運啊!」她說,「他人那麼好,又那麼有意思!」
– Vous comprenez alors mon désir de le contenter.
「所以您該懂我為什麼這麼想讓他滿意了。」
– Tout de même, asseyez-vous… une demi-minute seulement…
「話是這麼說啦,你先坐一下嘛……半分鐘就好……」
Il obéit et se tut.
他照做了,閉口不語。
– Parlez-moi, dit-elle.
「跟我說說話嘛。」她說。
– Dois-je vous parler ou vous écouter ?
「是我說話給您聽,還是您說話給我聽?」
– Les deux à la fois.
「兩樣都要啊。」
– Je ne puis vous parler que si vous ne jouez plus.
「您要是不彈琴,我才好跟您說話。」
Elle ne répondit pas. Elle joua, simplement, quelques phrases de musique si douces, si abandonnées qu’on aurait pu croire à un aveu. Essayait-elle de lui faire comprendre quelque chose de secret, ou de le forcer à plus d’expansion et d’élan ? Mais il garda le silence.
她沒有回答,只是彈了幾段樂句。那琴聲那麼輕柔、那麼忘情,聽起來簡直像是一種表白。她是想讓他明白什麼秘密,還是想逼他傾吐心聲、暢所欲言?可是他始終沉默不語。
– Allez-vous-en, ordonna-t-elle.
「你走吧。」她下令道。
– M’en aller… pourquoi ?
「叫我走……為什麼?」
– Nous avons assez causé aujourd’hui, plaisanta la jeune fille.
「今天話說得夠多啦。」少女打趣道。
Il hésita, stupéfait, puis, comme elle répétait son ordre, il partit.
他愣住了,遲疑著沒動。她又重覆一遍命令,他便走了。