阿波書房 · XIX
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[125]

– Curiosité que peut se permettre une Bakefield, dit-il assez lourdement.

「這種好奇心,是貝克菲爾德家的小姐才敢有的。」他說得相當笨拙。


[126]

Et il ajouta :

他又說:


[127]

Comme vous le voyez, mademoiselle, moi aussi je connais votre nom.

如您所見,小姐,我也知道您的名字。


[128]

Et l’employé de Cook aussi, dit-elle en riant.

「庫克旅行社的職員也知道呢,」她笑著說。


[129]

– Allons, fit Raoul, je suis battu. Je prendrai ma revanche à la première occasion.

「好吧,我認輸了。下次有機會我一定討回來。」拉烏爾說。


[130]

– L’occasion se présente surtout quand on ne la cherche pas, conclut l’Anglaise.

「機會往往在你不去找的時候才出現,」英國小姐下了結論。


[131]

Pour la première fois, elle lui donna franchement et en plein le beau regard de ses yeux bleus. Il frissonna :

她頭一回大大方方地望向他,一雙藍眸直視著他。他不禁一顫:


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– Aussi belle que mystérieuse, murmura-t-il.

「既神祕,又美麗,」他喃喃地說。


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Pas le moins du monde mystérieuse, dit-elle. Je m’appelle Constance Bakefield. Je rejoins à Monte-Carlo mon père, lord Bakefield, qui m’attend pour jouer au golf avec lui. En dehors du golf, dont je suis passionnée comme de tous les exercices, j’écris dans les journaux pour gagner ma vie et garder mon indépendance. Mon métier de « reporter » me permet ainsi d’avoir des renseignements de première main sur tous les personnages célèbres, hommes d’État, généraux, chefs et chevaliers d’industries, grands artistes et illustres cambrioleurs. Je vous salue, monsieur.

「神祕?才沒有呢,」她說。「我叫康絲坦絲.貝克菲爾德(Constance Bakefield),正要趕去蒙地卡羅找我父親貝克菲爾德勳爵,他等著我陪他打高爾夫球呢。高爾夫我是迷得不得了——其實只要是運動我都愛——平常則替報紙寫稿,自己賺錢過活,好保住我的獨立。幹『記者』這一行,各界名人的第一手消息都瞞不過我:政治家、將軍、實業鉅子和投機客、大藝術家,還有鼎鼎大名的神偷。先生,就這樣囉。」


[134]

Déjà elle refermait sur son visage les deux extrémités d’un châle, enfouissait sa tête blonde dans le creux d’un oreiller, jetait une couverture sur ses épaules et allongeait les jambes sur la banquette.

她隨即拉攏披肩的兩端遮住臉,把一頭金髮埋進枕頭的凹陷裡,毯子往肩上一拋,雙腿在長椅上伸直。


[135]

Raoul, qui avait tressailli sous la pointe de ce mot de cambrioleur, jeta quelques phrases qui ne portèrent point : il se heurtait à une porte close. Le mieux était de se taire et d’attendre sa revanche.

拉烏爾被「竊賊」這個字眼刺得一震,又丟出幾句話,卻全沒著落:他碰上的是一扇緊閉的門。此時最好閉嘴,靜待扳回面子的機會。


[136]

Il demeura donc silencieux dans son coin, déconcerté par l’aventure, mais au fond ravi et plein d’espoir. La délicieuse créature, originale et captivante, énigmatique et si franche ! Et quelle acuité dans l’observation !

於是他窩在角落裡一聲不吭,這場奇遇固然令他困惑,心底卻暗自欣喜、滿懷希望。多麼迷人的女子!獨特又吸引人,像謎一般,卻又那麼坦率!觀察力又是何等的敏銳!


[137]

Comme elle avait vu clair en lui ! Comme elle avait relevé les petites imprudences que le mépris du danger lui laissait parfois commettre ! Ainsi, ces deux initiales…

她把他看得多麼透徹!那些他因輕視危險而偶爾犯下的小疏失,也被她一一點了出來!就拿那兩個姓名縮寫來說……


[138]

Il saisit son chapeau et en arracha la coiffe de soie qu’il alla jeter par une fenêtre du couloir. Puis il revint prendre place au milieu du compartiment, se cala aussi entre ses deux oreillers, et rêvassa nonchalamment.

他抓起帽子,扯下裡面的絲質襯裡,走到走廊從窗口丟了出去。然後回到車廂中央坐好,也把身子安頓在兩個枕頭之間,漫不經心地做起白日夢來。


[139]

La vie lui semblait charmante. Il était jeune. Des billets de banque, facilement gagnés, garnissaient son portefeuille. Vingt projets d’exécution certaine et de rapport fructueux fermentaient en son ingénieux cerveau. Et, le lendemain matin, il aurait en face de lui le spectacle passionnant et troublant d’une jolie femme qui s’éveille.

在他眼中,人生是多麼迷人啊。他還年輕,皮夾裡塞滿了輕輕鬆鬆賺來的鈔票,二十個十拿九穩、獲利豐厚的計畫正在他那顆靈巧的腦袋裡醞釀翻騰。更別說明天一早,眼前還將上演一幕既動人又撩人的景象——一位漂亮女人緩緩甦醒的模樣。


[140]

Il y pensait avec complaisance. Dans son demi-sommeil il voyait les beaux yeux bleus couleur du ciel. Chose bizarre, ils se teintaient peu à peu de nuances imprévues, et devenaient verts, couleur des flots. Il ne savait plus trop si c’étaient ceux de l’Anglaise ou de la Parisienne qui le regardaient dans ce demi-jour indistinct. La jeune fille de Paris lui souriait gentiment. À la fin c’était bien elle qui dormait en face de lui. Et un sourire aux lèvres, la conscience tranquille, il s’endormit également.

他得意地想著。半夢半醒間,眼前浮現那雙天空般湛藍的美眸。怪的是,眸色一點一點染上意料外的光影,竟轉成綠色,像浪。迷濛微光裡,他已分不清望著自己的,是英國女子的眼,還是巴黎女子的眼。巴黎姑娘朝他溫柔一笑;到頭來,睡在他對面的,果然是她。於是他唇邊掛著笑,心安理得,也沉沉睡去。


[141]

Les songes d’un homme dont la conscience est tranquille et qui entretient avec son estomac des relations cordiales ont toujours un agrément que n’atténuent même pas les cahots du chemin de fer. Raoul flottait béatement dans des pays vagues où s’allumaient des yeux bleus et des yeux verts, et le voyage était si agréable qu’il n’avait pas pris la précaution de placer en dehors de lui, et pour ainsi dire en faction, comme il le faisait toujours, une petite partie de son esprit.

一個人問心無愧、腸胃舒坦,做起夢來總是格外香甜,連火車的顛簸也減損不了分毫。拉烏爾飄飄然浮游在朦朧的國度裡,那裡亮起一雙雙藍眼睛、綠眼睛。旅程實在太愜意了,他竟忘了老習慣——沒有像往常一樣,在自身之外留一小部分心神,姑且算是站崗放哨。


[142]

Ce fut un tort. En chemin de fer, on doit toujours se méfier, principalement lorsqu’il y a peu de monde. Il n’entendit donc point s’ouvrir la porte de la passerelle à soufflet qui servait de communication avec la voiture précédente (voiture numéro quatre) ni s’approcher à pas de loup trois personnages masqués et vêtus de longues blouses grises, qui firent halte devant son compartiment.

這是個失誤。搭火車,總得時時提防,尤其在乘客稀少的時候。所以他沒聽見那扇通往前一節車廂(第四號車廂)的折疊門拉開了,也沒聽見三個蒙著臉、身穿灰色長罩衫的人躡手躡腳走過來,在他的包廂門前停下。


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Autre tort : il n’avait pas voilé l’ampoule lumineuse. S’il l’eût voilée à l’aide du rideau, les individus eussent été contraints d’allumer, pour accomplir leurs funestes desseins, et Raoul se fût réveillé en sursaut.

另一個失誤:他沒把燈泡遮暗。要是他用簾子掩住燈光,那些人要下手行兇,就得自己開燈,拉烏爾也會猛然驚醒。


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De sorte que, en fin de compte, il n’entendit ni ne vit rien. Un des hommes, revolver au poing, demeura, comme une sentinelle, dans le couloir. Les deux autres, en quelques signes, se partagèrent la besogne, et tirèrent de leurs poches des casse-tête. L’un frapperait le premier voyageur, l’autre celui qui dormait sous une couverture.

結果到頭來,他什麼也沒聽見,也什麼也沒看見。一個男人握著左輪手槍,像哨兵般留在走廊上。另外兩人比了幾個手勢,分好差事,從口袋裡掏出棍棒。一人對付前頭那名旅客,另一人對付裹在毯子下睡覺的那個。


[145]

L’ordre d’attaque se donna à voix basse, mais, si bas que ce fût, Raoul en perçut le murmure, se réveilla, et, instantanément raidit ses jambes et ses bras. Parade inutile. Le casse-tête s’abattait sur son front et l’assommait. Tout au plus put-il sentir qu’on le saisissait à la gorge, et put-il apercevoir qu’une ombre passait devant lui et se ruait sur miss Bakefield.

下手的暗號壓得極低。可再怎麼低,拉烏爾仍聽見了那點聲息,驚醒過來,霎時繃緊手腳。抵擋已經來不及。棍棒照著他的額頭砸下,將他擊昏。他至多隻覺得喉嚨被人扼住,隱約瞥見一道黑影掠過面前,朝貝克菲爾德小姐(miss Bakefield)撲去。


[146]

Dès lors, ce fut la nuit, les ténèbres épaisses, où, perdant pied comme un homme qui se noie, il n’eut plus que ces impressions incohérentes et pénibles qui remontent plus tard à la surface de la conscience, et avec lesquelles la réalité se reconstitue dans son ensemble. On le ligota, on le bâillonna énergiquement, et on lui enveloppa la tête d’une étoffe rugueuse. Ses billets de banque furent enlevés.

從那時起,一切陷入黑夜,陷入濃重的黑暗。他像溺水的人一樣失去立足點,只剩下些零亂而痛苦的印象,這些印象日後才浮上意識的表層,現實也靠它們重新拼湊成形。有人把他捆了起來,用力堵住他的嘴,又拿一塊粗布蒙住他的頭。他身上的鈔票被搜走了。


[147]

– Bonne affaire, souffla une voix. Mais tout ça, c’est des « hors-d’œuvre ». As-tu ficelé l’autre ?

「賺頭不錯,」有個聲音低聲說道。「不過這些都還只是『前菜』。另一個綁好了沒有?」


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– Le coup de matraque a dû l’étourdir.

「那一棍應該把他打昏了。」


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Il faut croire que le coup n’avait pas étourdi « l’autre » suffisamment, et que le fait d’être ficelé ne lui convenait pas, car il y eut des jurons, un bruit de bousculade, une bataille acharnée qui remuait toute la banquette… et puis des cris… des cris de femme…

看來那一棍並沒把「那個」打得夠昏,他也不怎麼樂意被人綁著。只聽咒罵聲響起,一陣推擠騷動,接著是一場惡鬥,撼得整張長椅都在晃……然後是叫喊聲……女人的叫喊聲……


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