– Tiens, lâche, tiens bougre de salaud.
「拿去啦,孬種,拿去啦,你這混帳王八蛋!」
Et il frappait comme un forcené.
他打得像發了瘋一樣。
Mais une idée l’assaillit et il se pencha au-dessus du paysan. Il le reconnut.
但他腦中忽然閃過一個念頭,俯身細看那農夫。他認出他了。
– Ah ! c’est toi, Linan, dit-il, eh ben, t’n’affaire est bonne, mon gaillard !
「啊,是你啊,利南(Linan),」他說,「嘿,這下你完蛋了,小子!」
L’homme pleurnichait, ne comprenant pas.
那男人哭哭啼啼,什麼也聽不懂。
Un mois après Linan passait en cour d’assises.
一個月後,利南上了重罪法庭。
C’était un pauvre diable, marié, père de famille, que la misère avait poussé à bout. Toujours la même histoire : l’année mauvaise, la famille qui vivote, le père qui raccroche encore par-ci par-là quelque besogne, les dettes qui s’accumulent, puis le travail qui manque, et plus de pain à la maison. Un jour s’écoule, puis un autre. Les enfants, très pâles, ont des regards étonnés. Leurs yeux ont faim, leurs gestes, leur voix, tout en eux semble mendier. Le père court, cherche, implore, demande l’aumône… rien. Alors, comme il a remarqué que le voisin, un riche, celui-là, ne rentre que fort tard, une pensée le hante. Il lutte… Un jour encore s’écoule… Un enfant tombe malade, épuisé. Il se décide, et un soir il escalade le mur, enjambe la fenêtre et vide les tiroirs.
他是個可憐人,結了婚,有妻小要養,窮困把他逼到了絕境。永遠是同一個故事:收成不好的一年,一家人勉強糊口,父親東一點西一點勉強找些零工,債務越積越多,後來連工作也沒了,家裡斷了麵包。一天過去,又一天過去。孩子們臉色蒼白,眼神驚愕。眼睛裡透著飢餓,一舉一動、一言一語,全身上下都像在討飯。父親到處跑,到處找,到處求人,甚至伸手乞討……一無所獲。這時候,他發現鄰居是個有錢人,每天都很晚才回家,一個念頭便纏住了他。他掙扎……又熬過一天……一個孩子耗盡體力,病倒了。他拿定主意,當晚翻過圍牆,跨進窗子,把抽屜掏空。
Arrêté, Linan se défendit à peine. Voleur, certes, il l’avouait, il était venu pour voler. Mais quand on lui parlait d’un assassinat, d’un homme tué par lui, il ne comprenait plus. Dans son cerveau de brute que la souffrance et la solitude de la cellule détraquaient, les idées s’embrouillaient. De cette confusion, il ne sortit pas un mot de révolte, pas un cri de désespoir.
被捕後,利南幾乎沒替自己辯解。說他是賊,他認了,他去就是為了偷。可是一說到謀殺,說他殺了人,他就完全聽不懂了。他腦子原本就跟野獸一樣遲鈍,牢裡的痛苦和孤單又把他折磨得失常,念頭全攪成一團。他陷在這團混亂裡,說不出一句反抗的話,也喊不出一聲絕望的叫喊。
Le président l’interrogea avec bienveillance. Linan pleurait, pleurait. Parfois il gémissait d’une voix mouillée :
庭長溫和地問他。利南只是哭,一直哭。偶爾,才帶著哭腔呻吟:
– J’ai pas tué, pour sûr, j’ai pas tué.
「我沒殺人啦,真的,我沒殺人啦。」
Les témoins déposèrent. Le domestique fut implacable. Il avait cru distinguer de sa chambre une détonation. Incertain il se recouchait à moitié vêtu. Mais le fracas de la lanterne renversée le mettait sur pied, et il accourait en hâte.
證人一一出庭作證。僕人緊咬不放。他在自己房裡,好像聽見一聲槍響。他拿不定主意,衣服穿到一半,又躺了回去。可是燈籠翻倒的巨響把他驚得跳起來,他連忙趕了過來。
Le ministère public prit la parole. Au moyen de déductions rigoureuses, avec une logique effrayante, il établit la préméditation. La découverte du couteau de cuisine ne la prouvait-elle pas de façon péremptoire ? Selon toute évidence, la victime s’était réveillée au moment où Linan dévalisait le secrétaire, et l’accusé, trouvant un pistolet, avait tiré.
檢察官發言了。他推論嚴密,邏輯逼人,認定這是預謀。那把菜刀都找到了,不是鐵證是什麼?事情很明白:利南翻寫字檯時,被害人醒了,被告拿到一把手槍,隨即開槍。
L’avocat plaida les circonstances atténuantes. En vain. Linan fut condamné à mort.
律師替他辯護,請求減刑。枉然。利南判了死刑。
Il ne proféra aucune plainte. Cela lui semblait tellement monstrueux qu’il n’admit pas une seconde la possibilité de son exécution. Patiemment, il attendit l’heure de la justice.
他一句怨言也沒有。在他看來,這實在荒謬到了極點。他連一秒鐘也不曾承認,自己有可能被處決。他耐心等候正義到來的時刻。
Elle sonna, un matin. Des gens en noir entrèrent dans sa cellule. L’un d’eux lui dit :
一天早晨,時刻到了。幾名穿黑衣的人走進他的牢房。其中一人對他說:
– Préparez-vous à mourir. Linan.
「利南,準備受死吧。」
Il ouvrit de grands yeux hagards. On fit sa toilette. On le lia. Il se laissait manier, comme une bête docile, comme une chose.
他瞪大雙眼,眼神驚惶。有人替他整理儀容,把他綁了起來。他任人擺布,像頭溫馴的牲口,像件東西。
On dut le porter jusqu’à l’échafaud. Ses dents claquaient. Il bégayait :
只好把他抬上斷頭台。他牙齒直打顫。他結結巴巴說:
– J’ai pas tué… j’ai pas tué…
「我沒殺人……我沒殺人……」
( Le Gil Blas , 6 février 1893.)
(《Gil Blas》,1893年2月6日)
VI – LA CONFESSION DE TANTE LYDIE
六、莉迪亞嬸嬸的告解
Le bruit d’une chute retentit. J’accourus. Tante Lydie gisait à terre, sur le dos, la face violette.
摔倒的巨響傳來。我跑過去。莉迪亞嬸嬸仰躺在地上,臉色青紫。
Je me précipitai vers elle. Elle gémit, la voix indistincte :
我連忙衝到她身邊。她呻吟著,聲音含糊不清:
– Un prêtre… Je voudrais… me confesser…
「神父……我想……告解……」
Éperdu, je lui expliquai que mes parents étaient au marché, que la ferme était déserte et le village lointain. Elle murmurait obstinément :
我慌了神,跟她解釋,爸媽都上市場去了。農莊一個人也沒有,村子又遠。她執意喃喃著: