阿波書房 · XXX
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[125]

— J’irai jusqu’au bout de mon devoir… Si vous ne partez pas, je jure Dieu… je jure Dieu que je vous dénonce… Oui, j’irai jusque-là. Tout plutôt que de laisser cette chose monstrueuse…

「我會把我的責任貫徹到底……您要是不走,我對天發誓……我對天發誓,我一定會揭發您……對,我就是會走到這一步。說什麼我也不能容許這種駭人聽聞的事……」


[126]

Elle eut un rire de moquerie :

她冷笑一聲:


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— Me dénoncer ? Est-ce que c’est possible ? Osez donc me dénoncer, monsieur, et la rendre publique, cette chose qui vous fait trembler !

「揭發我?有這種可能嗎?好啊,你倒是敢去揭發呀,先生,把這件嚇得你發抖的事公諸於世啊!」


[128]

— Jusqu’au bout de mon devoir, cria-t-il. Rien ne m’arrêtera… Je ne peux pas vivre avec une telle idée… Si vous ne partez pas, c’est lui, madame, c’est lui qui partira… C’est le cadavre de votre fils…

「做到我職責的最後一刻,」他吼道。「什麼都攔不住我……抱著這種念頭,我活不下去……您要是不走,走的就會是他,夫人,就是他……走的就是您兒子的遺體……」


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Elle tressaillit, frappée par l’expression brutale. L’atroce vision de ce cadavre chassé de la tombe et jeté dans quelque coin lui fut intolérable. Sa figure se convulsa, et elle porta la main à son cœur avec un gémissement de souffrance. M. de Bois-Vernay voulut la saisir dans ses bras. Mais elle s’affaissa sur elle-même, tomba, et s’étendit tout de son long.

她渾身一顫。這句話太粗暴了。一想到遺體會被趕出墳墓、丟到某個角落,她就受不了。她臉上一陣痙攣,痛苦地呻吟一聲,手按住胸口。布瓦-維爾奈(Bois-Vernay)先生急忙想抱住她。但她整個人軟了下去,倒在地上,直挺挺地躺著。


[130]

Le duel prenait fin. Atteinte au plus profond de son être, mais victorieuse puisqu’elle n’avait pas cédé, la comtesse fut portée sur un divan par M. de Bois-Vernay qu’assistaient Lériot et Hercule Petitgris. Elle suffoquait. Ses dents grinçaient.

這場決鬥終於落幕。伯爵夫人深受重創,傷到了內心深處,卻是勝利者——她始終沒有讓步。布瓦-維爾奈先生把她抬到長榻上,雷里奧和埃居爾·佩蒂格里斯在一旁協助。她呼吸困難,牙關緊咬。


[131]

— Ah ! monsieur le Ministre, balbutia le comte, qu’avez-vous fait ?

「啊!部長先生,」伯爵結結巴巴地說,「您到底做了什麼啊?」


[132]

Rouxval ne s’excusa point. Sa nature, qui le poussait aux décisions extrêmes lorsqu’il l’avait trop longtemps contenue, ne lui permettait plus de patienter et de réfléchir. En ces cas-là, on peut dire qu’il voyait rouge. La situation lui paraissait irrémédiable au point qu’il n’eût reculé devant aucune solution, si absurde qu’elle fût. En était-ce une que d’avertir le Président du Conseil ? Cela importait peu. Il fallait agir. Celle-ci se présentant seule à son esprit, il l’adopta sur-le-champ, comme si le fait d’agir, dans un sens ou dans l’autre, eût été déjà un commencement de revanche. Il décrocha donc le téléphone, et, dès qu’il eût obtenu la communication, rapidement, d’une voix haletante :

魯克斯瓦爾(Rouxval)絲毫沒有道歉。他的天性一旦壓抑過久,就會逼他做出極端的決定;此刻,這股天性已不容他耐心等待、冷靜思考。遇到這種情況,可以說他已經氣紅了眼。在他看來,情勢已無可挽回,再荒謬的解決辦法,他也不會退縮。通知部長理事會主席,算是一個辦法嗎?這無關緊要,重要的是行動。腦海裡浮現的只有這一個辦法,他當下便採納了,彷彿只要行動,不管朝哪個方向,就已經算是復仇的開端。於是他拿起聽筒,電話一接通,便上氣不接下氣地匆匆說道:


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— Oui, c’est moi, mon cher Président… J’ai à vous parler sans retard… Allo, vous n’êtes pas libre avant une demi-heure ? Soit dans une demi-heure. J’y serai. Merci. Situation grave… décisions urgentes…

「對,是我,主席您好……我有件急事要馬上跟您談……喂?您半小時內沒空是嗎?那好,半小時後見。我準時到。謝謝。事情很嚴重……得馬上做決定……」


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Cependant on s’empressait autour de la malade. Elle devait être sujette à ces malaises, car son mari avait sur lui une petite trousse et des flacons. Il retira vivement son pardessus, s’agenouilla, et la soigna avec une angoisse qui lui étreignait la gorge et rendait presque inintelligibles les questions qu’il lui posait comme si elle avait pu entendre.

眾人忙著照料昏倒的病人。她想必常有這種毛病,因為她丈夫身上帶著小藥包和幾個小瓶。他趕忙脫下大衣,跪在她身旁施救。他焦慮得喉頭發緊,向她問話,聲音卻幾乎含糊不清,彷彿她還能聽見似的。


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— C’est ton cœur, n’est-ce pas, ma chérie ?… c’est ton pauvre cœur ?… Mais ce ne sera rien… Déjà tu ne souffres plus… Tes joues sont plus roses… Je t’assure que tout va bien. N’est-ce pas, ma chérie ?

「是妳的心臟,對不對,親愛的?……是妳那可憐的心臟吧?……不過不要緊的……妳已經不痛了……妳的臉頰都紅潤起來了……我向妳保證,一切都沒事了。是不是,親愛的?」


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La syncope dura quelques minutes. Lorsque Mme de Bois-Vernay se réveilla et qu’elle eût aperçu Rouxval, son premier mot fut un mot de détresse :

昏厥持續了幾分鐘。德布瓦韋爾內(Bois-Vernay)伯爵夫人甦醒過來,一眼看見魯克斯瓦爾,開口第一句話便是絕望的哀求:


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— Emmène-moi… Partons… je ne veux pas rester ici…

「帶我走……我們走吧……我不要留在這裡……」


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— Voyons, ma chérie, sois raisonnable… repose-toi d’abord…

「別這樣,親愛的,理性一點嘛……你先休息一下……」


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— Non… partons… je ne veux pas rester…

「不……我們走吧……我不要留在這裡……」


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Il y eut un instant d’agitation. Sur la prière du comte, Maxime Lériot la saisit dans ses bras et l’emporta. M. de Bois-Vernay suivait, bouleversé, tout en remettant son pardessus avec l’aide d’Hercule Petitgris.

一陣騷動。伯爵開口懇求,馬克西姆・雷里奧(Maxime Lériot)便把她抱起來,帶了出去。德布瓦韋爾內先生心慌意亂地跟在後面,由埃居爾・佩蒂格里斯(Hercule Petitgris)幫忙,一邊走一邊穿上大衣。


[141]

Rouxval n’avait pas bougé. On eût cru que la scène se passait en dehors de lui. D’ailleurs ces gens coupables du forfait le plus odieux ne lui inspiraient que de l’antipathie, et il ne se fût pas avisé qu’il devait secours ou pitié à une femme comme la comtesse. Le front collé contre la vitre d’une fenêtre, il essayait de raisonner et de trouver une ligne de conduite adaptée aux circonstances. Pourquoi cette visite au président du Conseil ? N’eut-il pas mieux valu en finir et se mettre en rapport avec le parquet, avec la justice ?

魯克斯瓦爾一動也不動。旁人還以為這場戲與他毫無關係。再說,這夥人犯下的是最可憎的罪行,只令他心生厭惡。他從未想過,自己對伯爵夫人這樣的女人負有救助或憐憫的義務。他把額頭貼在窗玻璃上,努力思索,想找出切合情勢的行動方針。何必去見部長理事會主席?何不乾脆了結此事,直接與檢察官、與司法機關聯繫?


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« Allons, se dit-il, je vais faire des bêtises. À tout prix, du sang-froid. »

「算了,」他對自己說,「我這樣會鬧出亂子來。無論如何,先冷靜下來再說。」


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Il résolut d’aller à pied jusqu’à la présidence. L’air vif, la marche le calmeraient. Il prit donc son chapeau dans un placard et se dirigea vers la porte.

他決定步行去主席官邸。外面空氣清冽,走一走,心情自然會平靜下來。於是他從櫃子裡取出帽子,朝門口走去。


[144]

Mais, à sa grande surprise, il se heurta, une seconde fois, au sieur Petitgris, assis sur une chaise, près de l’entrée. Le policier n’avait pas quitté la pièce.

但令他大吃一驚的是,他又撞見了佩蒂格里斯先生——對方正坐在門口附近的一張椅子上。原來這名警察根本沒離開過房間。


[145]

— Comment, c’est vous ? dit Rouxval agacé. Vous êtes encore là !

「什麼,怎麼是您?」魯克斯瓦爾(Rouxval)不耐煩地說。「您怎麼還在這裡!」


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— Oui, monsieur le Ministre, et je ne saurais trop vous engager à me tenir compagnie.

「是的,部長先生,我正愁沒人作伴,就等您來陪我呢。」


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Rouxval fit la grimace et il allait relever, comme elle le méritait, cette familiarité choquante, lorsqu’un haut-le-corps le redressa soudain. Il venait de s’apercevoir que la canine du policier pointait à gauche, en dehors de la lèvre retroussée. Il n’eût pas été plus décontenancé si quelque phénomène inattendu avait surgi en face de lui. L’apparition de cette dent acérée, très blanche, longue comme une dent de bête fauve, il savait ce que cela signifiait d’ironique et d’impertinent.

魯克斯瓦爾皺起眉頭,正打算給這無禮的舉動一點教訓,卻突然渾身一震,直起了身子。他剛發現,那警察的犬齒朝左邊翹出,露在翻起的嘴唇外。就算眼前突然冒出什麼異象,也不會叫他更加錯愕。這顆牙齒尖銳雪白,長得像猛獸的利齒,他明白其中蘊含著多麼譏諷、多麼無禮的意味。


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« Crénom, je n’ai pourtant pas bafouillé », se dit Rouxval qui employa le terme même dont s’était servi Petitgris.

「見鬼,我明明沒說錯話啊。」魯克斯瓦爾暗自嘀咕,用的正是佩蒂格里斯自己用過的那個字眼。


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Il se rebiffa. Un ministre, habitué comme lui au maniement des hommes et des affaires, ne bafouille pas. Sa vision des faits est nette. Le chemin qu’il choisit mène droit au but, et les petits pièges où trébuche le vulgaire ne s’ouvrent point sous ses pas. Tout de même, la vue de cette dent le gênait. Pourquoi cette dent ? Que signifiait-elle en l’occurrence ?

他重新振作起來。像他這樣一位部長,平日嫻熟於駕馭人事、處理政務,是不會說錯話的。事實在他眼中清清楚楚。他選擇的道路直指目標;凡夫俗子會絆倒的小陷阱,絕不會在他腳下張開。話雖如此,這顆牙齒還是讓他心裡不安。為什麼偏偏是這顆牙齒?這種時候,它究竟意味著什麼?


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