— Ça fait bon effet, tout cela, qu’en dis-tu ? conclut-il,
他總結道:「這樣擺在一起,效果挺不錯的,你說是不是?」
comme si sa femme eût été dans le salon. Maintenant, je crois qu'une bonne pipe...
彷彿他妻子就在客廳裡。「現在,我想抽一斗好菸……」
Il sortit sa blague, des allumettes et, traversant la terrasse, il s’appuya contre la balustrade de pierre qui la bordaït.
他掏出菸絲袋和火柴,走過露臺,倚在露臺邊的石欄杆上。
Des vallons et des collines se mêlaient en courbes harmo- nieuses, toutes vertes, par endroits, du vert allègre des pâtura- ges, toutes sombres du vert mélancolique des sapins et des mé- lèzes.
山谷和丘陵起伏相連,曲線柔和。放眼望去,滿是綠意:牧草地綠得輕快,冷杉和落葉松林綠得深沉憂鬱。
Au-dessous de lui, à trente ou quarante pieds, passait la route qui monte de Saint-Élophe au Vieux-Moulin. Elle contournait les murs, puis redescendait jusqu’à l’Étang-des- Moines, dont elle suivait la rive gauche. Interrompue soudain, elle se continuait en un mauvais sentier que l’on voyait au loin, dressé comme une échelle contre un rempart, et qui s’engageaïit dans une coupure étroite, entre deux montagnes d’aspect plus âpre, de forme plus heurtée que les paysages ordinaires des Vosges. C'était le col du Diable, situé à quinze cents mètres et au niveau du Vieux-Moulin.
在他腳下三十到四十呎處,有一條路從聖埃洛夫上來,通往舊磨坊。路繞過圍牆,又往下走到僧侶池,沿著池的左岸前行。路突然斷了,接上去的是一條難走的小徑。遠遠望去,小徑像一架梯子,直立著貼在峭壁上,一頭鑽進兩山之間的一道窄缺口。那兩座山,比孚日常見的山景更粗獷、更陡峭。那便是魔鬼隘口,在一千五百公尺外,和舊磨坊一樣高。
Quelques bâtisses s’accrochaient à l’un des versants du col, la ferme Saboureux. De la ferme Saboureux à la Butte-aux- Loups, que l’on apercevait sur la gauche, si l’on suivait une ligne dont Morestal connaissait tous les points de repère, toutes les sinuosités invisibles, toutes les montées et toutes les descentes, on discernait et l’on devinait la frontière.
隘口一側的山坡上,貼著幾間屋舍,那就是薩布魯農場。狼丘在左邊,看得到。從薩布魯農場到狼丘連著一條線,線上每一個地標、每一處看不見的轉彎、每一段上坡下坡,莫雷斯塔爾都一清二楚。順著這條線看過去,國界若隱若現,半靠眼看,半靠猜。
— La Frontière, murmura-t-il.. La Frontière ici... à vingt- cinq lieues du Rhin... en pleine France !
「國界,」他喃喃道,「國界就在這裡……離萊茵河二十五哩……這裡可是法國腹地啊!」
Chaque jour, et dix fois par jour, il se torturait ainsi à la contempler, la ligne implacable et douloureuse, et, au-delà d'elle, par des échappées que son imagination découpait à même les Vosges, il évoquait, dans la brume de l'horizon, la plaine allemande.
每天,一天十次,他都這樣折磨自己,凝視那道無情而令人心痛的界線。他的想像穿過孚日山,開出一道道遠景,一路越過界線。在天邊的霧氣裡,他望見了德意志的平原。
Et cela aussi, il se le répétait, et il se le répéta cette fois comme les autres, avec une amertume que les années ne cal- maient point.
這些話,他也在心裡一再重複。這一次和往常一樣,帶著一股歲月也沖不淡的苦澀。
— La plaine allemande... les collines allemandes... tout ce pays d’Alsace où je me promenais, enfant... le Rhin français, qui était mon fleuve et celui de mes pères. Deutschland... Deutsches Rhein.….
「德意志的平原……德意志的丘陵……整片亞爾薩斯,我小時候到處散步的地方……法國的萊茵河,那是我跟我爸他們的河。Deutschland……Deutsches Rhein……」
Un sifflement léger le fit tressaillir. Il se pencha vers l'escalier qui gravissait la terrasse, taillé en plein roc, et par le- quel ceux qui venaient de la frontière entraient souvent chez lui pour éviter le tournant de la route. Il n’y avait personne, et per- sonne non plus en face, sur le talus, enchevêtré d’arbustes et de fougères.
一聲輕輕的哨音,讓他渾身一顫。他俯身朝石梯看去。石梯直接鑿在岩壁上,一路通上平臺。從邊境來的人為避開大路上的彎道,常從這裡進他家。梯上沒人,對面斜坡上也沒人,只見灌木和蕨類纏繞叢生。
Et le même bruit recommença, discret, sournois, formé des mêmes modulations.
接著,同樣的聲音又響了起來。輕輕的,鬼鬼祟祟,調子跟剛才一樣。
— C’est lui. c’est lui. pensa M. Morestal, avec un senti- ment de gêne.
莫雷斯塔爾先生心想:「是他,是他。」心裡一陣彆扭。
Une tête jaillit entre les buissons, une tête où tous les os saillaient, rejoints par des muscles en relief, ce qui lui donnait l'air d’une tête de pièce anatomique. Sur l’os du nez, des lunet- tes de cuivre. Au travers du visage, comme une balafre, la bou- che édentée, grimaçante.
灌木叢間探出一顆頭。頭上骨頭根根凸起,肌肉一條條浮起連著,看起來就像一顆解剖標本的頭。鼻樑上架著一副銅眼鏡。一張缺牙的嘴橫過整張臉,像一道疤,咧著,扭曲著。
— Encore toi, Dourlowski.
「又是你啊,杜爾洛夫斯基。」
— Je peux venir ? fit l’homme.
「我可以進來嗎?」那人問。
— Non... non... tu es fou...
「不行、不行……你瘋了嗎……」
— Ça presse.
「很急啦。」
— Impossible... Et puis, tu sais, je ne veux plus. Je te l’ai dé- jà dit...
「不可能啦……再說,你也知道,我不想再幹了。我老早跟你講過了……」
Mais l’homme insistait :
但那人還在堅持:
— Ce serait pour ce soir, pour cette nuit. C’est un soldat de la garnison de Bœrsweïlen.… Il ne veut plus porter l’uniforme allemand.
「就今晚,就今天晚上。他是博斯維朗要塞駐軍的一個士兵……他不想再穿德國軍服了。」
— Un déserteur... j'en ai assez... fiche-moi la paix.
「逃兵……我受夠了啦……少來煩我。」
— Faites pas le méchant, monsieur Morestal... Réfléchis- sez.. Tenez, on se retrouvera vers quatre heures, au col, près de la ferme Saboureux... comme la dernière fois... Je vous attends. On causera.…. et c’est bien le diable...
「別這麼兇嘛,莫雷斯塔爾先生……你好好想想嘛……這樣啦,四點左右我們在山口見,薩布魯農場旁邊……就跟上回一樣……我在那裡等你,到時候再談……要還談不成,那才真見鬼了……」
— Silence ! fit Morestal.
莫雷斯塔爾喝道:「安靜!」
Une voix criait du salon :
客廳傳來喊聲: