阿波書房 · XXXII
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[150]

— Parler ? Mais je n’ai rien à vous dire, mossieu le Ministre.

「說?可我沒什麼好跟您說的呀,部長先生。」


[151]

— Comment, rien à me dire ? Mais je suppose que vous n’avez pas l’intention de coucher ici ?

「什麼,沒什麼要跟我說?我想你不會打算在這裡過夜吧?」


[152]

— Certes non, mossieu le Ministre.

「當然不會啦,部長先生。」


[153]

— Alors.

「嗯,那麼。」


[154]

— Alors, j’attends.

「那麼,我就等。」


[155]

— Vous attendez quoi ?

「您在等什麼?」


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— Une chose qui va se produire.

「一件馬上要發生的事。」


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— Quelle chose ?

「什麼樣的事?」


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— Patientez, mossieu le Ministre. Vous avez encore plus d’intérêt que moi à la connaître. Ce ne sera pas long, d’ailleurs. Quelques minutes…, une dizaine tout au plus… C’est cela… dix minutes…

「您稍等一下,部長先生。您可比我还想晓得这件事呢。反正也快了。幾分鐘而已……頂多十分鐘……對……十分鐘……」


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— Mais il ne se produira rien du tout ! s’écria Rouxval. Les aveux de ces gens-là sont catégoriques.

「可是根本什麼事都不會發生嘛!」魯克斯瓦爾叫了起來。「那些人的供詞都說得一清二楚了。」


[160]

— Quel aveux ? fit le policier.

「哪些供詞?」警探問。


[161]

— Comment, mais ceux de Lériot, du comte et de sa femme.

「什麼話,當然就是雷里奧、伯爵還有他老婆的供詞啊。」


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— La comtesse peut-être. Mais le comte n’a rien avoué, et Lériot pas davantage.

「伯爵夫人嘛,或許有。可是伯爵什麼都沒招,雷里奧也一樣沒招。」


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— Qu’est-ce que vous me chantez là ?

「你這是唱哪齣啊?」


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— Ce n’est pas une chanson, mossieu le Ministre, c’est un fait. Les deux hommes n’ont, autant dire, pas soufflé mot. Au fond il n’y a qu’une personne qui a causé, c’est vous, mossieu le Ministre.

「部長先生,這可不是唱戲,這是事實。那兩個傢伙可以說是半個字都沒吐。說到底,真正開過口的只有一個人——就是您,部長先生。」


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Et, sans paraître remarquer l’attitude menaçante de Rouxval, il articula :

他彷彿根本沒瞧見魯克斯瓦爾那副氣勢洶洶的樣子,一字一句地說:


[166]

— Un beau discours, d’ailleurs, que j’ai savouré comme il convenait. Quelle éloquence ! À la tribune de la Chambre, vous en auriez eu un succès ! ovations, affichage, et tout le reste. Seulement, c’était pas ça du tout qu’il fallait ! Quand il s’agit de cuisiner le coupable, on ne le farcit pas de discours. Au contraire ! on l’interroge. On le fait jacasser. On l’écoute. Voilà ce que c’est qu’une instruction. Si vous croyez que le sieur Petitgris s’est contenté de roupiller dans son coin ! Fichtre non. Le sieur Petitgris ne lâchait pas de l’œil nos deux bonshommes, surtout le Bois-Vernay. Et c’est pourquoi, mossieu le Ministre, je vous avertis que dans huit minutes, quelqu’un viendra et qu’une chose se produira… Encore sept minutes et demie…

「話說回來,那篇漂亮演說,我也很賞臉地好好品味了一番。真是能言善道啊!要是在眾議院講台上發表,包準轟動全場!掌聲、登上報紙,樣樣少不了。只可惜,這根本就不是該有的做法!要整治罪犯,可不能拿演說往他嘴裡塞。恰恰相反!要審問他。要讓他嘰嘰喳喳地招。要聽他說。這才叫做偵訊。您該不會以為佩蒂格里斯先生只顧窩在角落裡打瞌睡吧?才沒那回事呢。佩蒂格里斯先生的眼睛可是一刻也沒離開過咱們那兩位老兄,尤其是布瓦韋爾奈。所以,部長先生,我提醒您,再過八分鐘,就會有人上門,也會有一樁事情發生……還剩七分半……」


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Rouxval était dompté. Il n’accordait pas le moindre crédit aux prédictions du sieur Petitgris et à cette annonce d’une chose qui, soi-disant, allait se produire. Mais la ténacité du personnage le maîtrisait. Et cette dent surtout, cette canine féroce, méchante, arrogante, énigmatique… Il se résigna. Retournant à sa place, il martelait, à coups rageurs, son bureau avec le bois d’un porte-plume et, de temps à autre, il observait la pendule ou bien épiait le sieur Petitgris.

魯克斯瓦爾被制服了。佩蒂格里斯先生的那些預言,還有那所謂即將發生之事,他半點也不信。可是這傢伙頑強得很,偏偏制住了他。尤其是那顆牙齒——那顆兇狠、惡毒、狂傲、莫測高深的犬齒……他只好認命。他回到自己的座位上,憤憤地拿筆桿敲著桌面,時而盯著掛鐘,時而窺視佩蒂格里斯先生。


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Une seule fois celui-ci remua. Ce fut pour arracher d’un bloc-notes une feuille de papier, où il écrivit rapidement quelques lignes à l’aide du porte-plume même que tenait Rouxval et qu’il lui emprunta d’autorité. Cette feuille, il la plia en quatre, l’introduisit dans une enveloppe et la déposa sous un annuaire mondain qui traînait à l’extrémité du bureau. À la suite de quoi, il se rassit. Qu’est-ce que tout cela voulait dire ? Et pour quelle raison mystérieuse l’abominable canine s’obstinait-elle à ricaner ?

只有一次他動了一下。他從記事簿上撕下一頁紙,又逕自把魯克斯瓦爾手裡那枝自來水筆借了過來,飛快地寫了幾行字。接著把紙摺成四折,塞進信封,擱在辦公桌末端那本攤著的社交名錄底下。然後,他重新坐下。這一切究竟是什麼意思?那顆可憎的犬齒,又為何執意咧嘴冷笑呢?


[169]

Trois minutes. Deux minutes. Une colère subite chassa Rouxval de son fauteuil, et le déchaîna dans son cabinet, qu’il se mit à parcourir de nouveau en bousculant des chaises et en faisant sauter les bibelots sur les meubles. Toute cette histoire était vraiment insipide. Le sieur Petitgris et sa dent diabolique le mettaient hors de lui.

三分鐘。兩分鐘。一陣突來的怒火把魯克斯瓦爾從扶手椅上趕了起來,只見他在辦公室裡又來回亂轉,撞得椅子東倒西歪,震得家具上的小擺飾亂跳。這整件事實在無聊透頂。佩蒂格里斯這傢伙和他那顆惡魔般的牙齒,簡直讓他氣瘋了。


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— Chut, mossieu le Ministre… marmotta le policier en agitant la main. Écoutez…

「噓,別出聲,部長先生……」警察一邊擺手一邊低聲說。「您聽……」


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— Écoutez quoi ?

「聽什麼啊?」


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— Un bruit de pas. Tenez, on frappe…

「有腳步聲。您聽,這不就有人敲門了……」


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On frappait, en effet. Rouxval reconnut la manière discrète de l’huissier.

果然有人敲門。魯克斯瓦爾一聽就認出,那是執達吏慣有的輕敲方式。


[174]

— Il n’est pas seul, affirma Petitgris.

「他不是一個人。」佩蒂格里斯說。


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