阿波書房 · XXXV
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Le directeur de Allô-Police poussa un éclat de rire.

《警訊》主編放聲大笑。


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– Qu’est-ce que vous avez à rire, monsieur Allermy ? demanda Patricia. C’est votre secrétaire qui est mis à mal de la sorte, votre confident.

「亞勒米先生,您在笑什麼?」帕特麗夏問,「被打得這麼慘的可是您的秘書,您的心腹耶。」


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– Excellente leçon pour lui, répondit avec satisfaction le vieillard. Le Sauvage est un si abominable gangster ! Ennemi public numéro un. Une seconde de plus, et il aurait poignardé son compagnon. Un rude gars, celui-là. Mais il ne m’est pas tout à fait inconnu… Et à vous, Fildes ?

「這對他可是個好教訓,」老人滿意地說,「野蠻人可是個無惡不作的匪徒!頭號公敵。再慢一秒,他就要一刀捅了他的同夥。這傢伙可是個狠角色。不過我好像在哪裡見過他……菲爾德斯,你呢?」


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– À moi non plus, répondit Fildes, laconiquement.

「我也是。」菲爾德斯簡短答道。


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Les deux amis remontèrent. Mac Allermy avait oublié sur son bureau le grand portefeuille de cuir fauve où il conservait tous les documents relatifs à la grande entreprise.

兩位朋友回到樓上。馬克·亞勒米把皮包忘在辦公桌上了。那是一個黃褐色的大皮包,裡頭放著那件大計畫的所有相關文件。


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Lorsque Patricia, continuant à descendre, arriva au bas de l’escalier, les deux combattants avaient disparu.

佩翠西亞繼續往下走。走到樓梯底,那兩個纏鬥的人已經不見蹤影。


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– Dommage, pensa-t-elle. J’aurais bien voulu revoir celui qui est sans doute Arsène Lupin !

「真可惜,好想再見那個八成就是亞森·羅蘋的人一面!」她心想。


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Elle sortit de l’immeuble en s’efforçant de maîtriser son émoi. Le grand air lui fit du bien. L’avenue bourdonnante de monde, dans le soir, commençait à s’illuminer des clartés jetées par l’électricité ; la jeune femme tourna à droite et s’assit dans un petit square relativement paisible. Elle avait besoin de réfléchir. Désappointée par l’échec de son premier essai en journalisme, elle trouvait cependant un réconfort puissant dans la sympathie avec laquelle son patron lui avait parlé, dans la confiance qu’il avait en elle, en son avenir… Et cette offre de mariage qu’il lui avait faite était pour elle comme une absolution du passé, qui la grandissait et la purifiait.

她走出大樓,努力壓住心頭的激動。外頭的空氣讓她好多了。入夜的林蔭大道人聲鼎沸,電燈的光陸續亮起。她向右轉,在一座比較安靜的小公園坐下來。她需要好好想一想。新聞工作的初次嘗試失敗了,她很失望。但老闆跟她說話時那麼體恤,對她、對她的未來那麼有信心,給了她很大的安慰……他向她求婚,在她看來就像赦免了過去,讓她變得更高貴、更純潔。


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Orpheline, recueillie à contrecœur par une vieille parente qui ne l’aimait pas et se désintéressait d’elle, Patricia avait eu une jeunesse âpre et solitaire où tous ses élans d’enfant avaient été durement réprimés. Elle avait grandi dans le seul désir de devenir le plus vite possible indépendante. Elle achevait ses études quand sa parente était morte, lui laissant à peine de quoi subsister quelques semaines. Mais Patricia était courageuse, le travail l’attirait ; elle était bonne dactylographe et avait rapidement conquis une place modeste, suffisante pourtant puisque c’était la vie assurée.

佩翠西亞是個孤兒。一位年老的親戚收留了她,卻是心不甘情不願,既不喜歡她,也不關心她。她的年少時光艱苦又孤單,小時候的種種熱情,一點發揮的餘地也沒有。她只有一個心願,就是盡快獨立。書還沒讀完,親戚就去世了,只留下夠她過幾個星期的錢。還好佩翠西亞很勇敢,也肯工作。她打字打得不錯,很快就找到一個小職位。職位不起眼,養活自己倒是夠了,生活總算有了著落。


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Alors, Patricia avait rencontré, dans une société où elle allait parfois le samedi soir, Henri Mac Allermy. Il était fort jeune lui aussi, il était beau, il semblait sincère et passionné… Il avait courtisé la jeune fille isolée, séduisante, naïve… Et Patricia, enthousiaste, tout enivrée du désir de vivre et d’être heureuse, sans rien savoir d’autre que l’entraînement de cet amour qui la sollicitait, avait cédé, frémissante de confiance et d’espoir… Quelques mois de bonheur, et puis les infidélités, l’abandon, la rupture brutale, cynique, déchirante pour elle… Déchirante surtout par l’affreuse amertume de devoir à présent mépriser celui qu’elle avait tant aimé – qu’elle aimait peut-être encore…

後來,佩翠西亞在一處社交場合認識了亨利·馬克·阿勒米。她偶爾會在週六晚上去那裡。他也很年輕,長得英俊,看起來真誠又熱情……他開始追求這個少女。她孤身一人,模樣動人,心思單純……佩翠西亞滿懷熱情,一心想活下去、想得到幸福,整個人都醉了。除了眼前這份愛的牽引,她什麼也不懂,就這樣把自己交了出去,顫抖著,心裡滿是信任和希望……幸福了幾個月,接著就是背叛、拋棄,還有一場粗暴、無恥、讓她心碎的決裂……最讓她心碎的,是那份難忍的苦澀:如今她不得不鄙視自己深愛過的人——那個她或許至今還愛著的人……


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Mais l’enfant qui venait de naître avait été le lien nouveau rattachant la jeune femme à la vie. Patricia avait mis dans son fils, au berceau, tout son espoir d’avenir. N’attendant plus pour elle-même rien de l’existence, elle avait farouchement concentré sur le petit Rodolphe toutes ses forces d’amour et d’ambition. Il serait sa vivante revanche contre le père qui l’avait trahie ; elle ferait de lui l’homme sincère et noble qu’elle avait cru voir en Henri Mac Allermy… Encore enfant elle-même, elle ne serait plus que mère…

然而,剛出生的孩子成了新的牽繫,把年輕的她重新拉回人生。佩翠西亞把對未來的一切希望,都寄託在搖籃裡的兒子身上。她對自己的人生已無所求,只是固執地把所有的愛與抱負,全都放在小魯道夫身上。他會是她活生生的報復,向那個背叛她的父親討回公道;她要把他培養成真誠高尚的男人,就像她曾以為在亨利·馬克·阿勒米身上看到的那樣……她自己明明還是個孩子,此後卻只做一個母親……


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Et puis le temps avait passé, dégageant la jeune femme du mauvais passé, lui redonnant le goût de vivre. Mais la volonté de faire de son fils un homme digne des plus hautes destinées demeurait sa grande raison de vivre… Et, maintenant, ne trouvait-elle pas, sans l’avoir cherchée, l’aide nécessaire ? N’était-ce pas l’occasion inespérée qui se présentait inopinément ? Le vieux Mac Allermy ne serait-il pas pour elle-même, pour Rodolphe, le tout-puissant appui qui suppléerait à l’appui défaillant d’Henry Mac Allermy, menteur et lâche ?… Patricia, dans le soir à présent descendu, envisageait un avenir meilleur.

日子一天天過去。那段不堪的過往漸漸鬆開了年輕女子,她也重新嚐到了活著的滋味。但她活下去最大的理由始終沒變,就是要把兒子培養成配得上最高遠前程的人……而現在,她沒去找,不就找到了需要的助力嗎?這不就是意料之外、自己送上門的機會嗎?老馬克·阿勒米對她、對魯道夫來說,不正是一個強大的靠山,正好補上亨利·馬克·阿勒米缺了的那一份,那個說謊又懦弱的男人?……夜色沉了下來,佩翠西亞望見了更好的未來。


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L’heure avançait. Patricia, sortant de sa rêverie, se leva pour se diriger vers le petit restaurant où elle dînait habituellement avant de rentrer dans son modeste logement de femme seule et qui travaille pour vivre. Mais elle s’arrêta brusquement. En face d’elle, en dehors du square, au rez-de-chaussée d’un immeuble, une petite porte basse s’ouvrait et cette petite porte, elle le savait, était en communication, par de longs couloirs et de nombreux escaliers, avec l’étroite pièce où se trouvait le coffre-fort de Mac Allermy. Celui-ci empruntait souvent cette issue pour sortir du journal.

時間不早了。佩翠西亞從遐想中回過神來,起身往那家小餐館走去。她平常都在那裡吃過晚飯,才回自己簡樸的住處。她一個人住,靠工作過活。但她忽然停下腳步。就在對面,廣場外,一棟大樓的底層,一扇矮小的門開了。這扇小門通往哪裡,她很清楚。穿過長長的走廊,再走下層層階梯,就會到那間放著馬克·阿勒米保險櫃的狹小房間。他常常走這個出口離開報社。


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Et, précisément, Mac Allermy paraissait en compagnie de Frédéric Fildes.

就在這時,馬克·阿勒米出現了,身邊跟著弗雷德裡克·菲爾德斯。


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Sans voir Patricia, les deux hommes traversèrent le square et s’éloignèrent par une rue parallèle à l’avenue principale.

兩人都沒有看見佩翠西亞,穿過廣場,沿著一條與主幹道平行的街道走遠了。


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Chapitre II - Onze hommes se réunissent

第二章 十一人聚首


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Chapitre II – Onze hommes se réunissent

第二章 十一人聚首


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Patricia, sans se montrer, suivit les deux hommes. Aucune curiosité banale ou intéressée ne la poussait, mais elle n’oubliait pas les paroles qu’avait prononcées James Mac Allermy, relativement aux périlleux hasards d’une aventure dont le dénouement pourrait lui être funeste. N’était-il pas sous le coup d’une menace précise ? Patricia ne devait-elle pas voir en ces paroles un avertissement dont il lui fallait tenir compte ? N’était-ce pas son devoir de veiller sur lui ? Mac Allermy et Fildes partaient en expédition nocturne, aucun doute à ce sujet. Donc, pour elle, nécessité d’agir.

芭翠霞沒有現身,只是暗暗跟著那兩個男人。她不是出於尋常的好奇,更不是別有所圖。她忘不了詹姆斯·麥克艾勒米說過的話。那是一場冒險,處處兇險,結局可能對他不利。他此刻不正面臨明確的威脅嗎?這番話,她難道不該當成警告,好好放在心上嗎?照看他,不正是她的責任嗎?麥克艾勒米和菲爾德正要展開夜間行動,這點毫無疑問。所以,她必須行動。


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Les deux amis marchaient sans tourner la tête en arrière. Bras dessus, bras dessous, ils discutaient avec animation. Mac Allermy tenait de sa main libre le portefeuille fauve à poignée de cuir, Frédéric Fildes jouait avec sa canne.

兩位朋友頭也不回地走著。兩人手挽著手,聊得正熱。麥克艾勒米空著的那隻手,拎著一隻黃褐色公事包,提把是皮做的。弗雷德裡克·菲爾德把玩著手裡的手杖。


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Ils marchèrent longtemps et gagnèrent des rues que Patricia, acharnée à sa poursuite secrète, n’avait jamais encore traversées et le long desquelles ils allaient eux, sans hésitation, comme si la route leur eût été familière.

他們走了很久,走進幾條街道。這些路芭翠霞從沒走過,她只顧暗中緊跟在後。他們兩人卻走得毫不遲疑,彷彿這條路他們很熟。


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Enfin, ils contournèrent une vaste place carrée, dont un des côtés était orné d’une colonnade, au-dessous de laquelle s’alignaient des boutiques, à cette heure closes de leurs volets contigus. Plusieurs de ces boutiques présentaient un aspect entièrement semblable, même disposition, mêmes dimensions, même décoration. Des portes les séparaient, donnant accès à des logements situés au-dessus.

最後,他們繞過一個寬闊的方形廣場。廣場一側是一排柱廊,柱廊底下是一排店面,此刻都拉下相連的遮板,緊緊關著。其中好幾家店外觀完全相同,格局一樣,大小一樣,裝潢也一樣。店與店之間以門隔開,通往樓上的住家。


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Mac Allermy s’arrêta brusquement et ouvrit une de ces portes. Patricia, se postant à peu de distance dans l’ombre des arcades, entrevit les premières marches d’un escalier conduisant à l’entresol.

麥克艾勒米猛地停下腳步,打開其中一扇門。芭翠霞在不遠處停下,站在拱廊的陰影裡,只瞥見那座通往夾層的樓梯最底下的幾階。


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Mac Allermy, suivi de Frédéric Fildes, s’engagea dans l’escalier et la porte se referma. Le directeur de Allô-Police dut rester en haut à peine une minute, puis redescendre, car Patricia vit la boutique du rez-de-chaussée s’illuminer d’une clarté qui filtrait par l’étoile des trous, par quoi était percé le rideau de la devanture.

麥克艾勒米帶著弗雷德裡克·菲爾德走上樓梯,門隨即關上。芭翠霞看見一樓店面亮起燈光。店面的鐵捲門上布滿小孔,光就從孔裡透出來。《警訊》的主編在樓上想必待不到一分鐘,就又下樓了。


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Il y eut quelques minutes de tranquille silence.

一片寧靜,持續了幾分鐘。


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Dix heures sonnèrent. Presque aussitôt, deux hommes parurent et, d’une allure nonchalante, vinrent rôder sous les arcades. Patricia se dissimula davantage dans l’ombre où elle était embusquée. Les deux hommes parvinrent à la hauteur de la boutique, et l’un d’eux frappa sur la devanture avec un objet métallique qu’il tenait dans la main. Aussitôt, dans le rideau de métal, une petite porte basse fut ouverte de l’intérieur. Vivement, les deux hommes s’engouffrèrent et la trappe fut refermée. Puis Patricia, épiant toujours, le cœur battant, distingua ensuite un groupe de quatre hommes qui s’avançaient sans hâte, comme des promeneurs désœuvrés. Eux aussi s’arrêtèrent devant la boutique et frappèrent à la devanture. Pour eux aussi, la petite porte s’ouvrit. Ils y disparurent.

十點的鐘聲響起。鐘聲剛落,兩個男人現身了。他們腳步悠閒,在拱廊下來回徘徊。芭翠霞躲在暗處,又把身子往裡藏了藏。兩人走到店門前,其中一人拿手上的金屬物敲了敲店面。裡頭的人立刻打開鐵捲門上那扇矮小門。兩人馬上閃身鑽進去,小門隨即關上。芭翠霞心跳加速,繼續盯著看。又有四個男人走過來,不慌不忙,像沒事閒晃的散步者。他們也在店門前停下,敲了敲店面。裡頭的人同樣替他們開了小門。他們閃身進門,不見蹤影。


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