L’auto suivit la rue de Rivoli, en direction de la Concorde. Comme on traversait cette place, la femme enfouit Arlette sous une couverture qu’elle serra autour du cou, et la piqua d’un poignard à l’épaule.
汽車沿著裡沃利街駛向協和廣場。車子穿過廣場時,那女人把阿爾萊特罩進一條毯子底下,在她頸間收緊,再用匕首刺進她的肩膀。
Arlette se débattit, mais sa frayeur se mêlait de joie, car elle pensait que la maladie de sa mère n’était qu’un prétexte pour l’attirer et que son enlèvement devait avoir une tout autre cause. Elle finit donc par se tenir tranquille. Elle écouta et observa.
阿爾萊特奮力掙扎,恐懼中卻夾著幾分欣喜。她想,母親生病恐怕只是引她上鉤的藉口,綁架她必定另有緣由。這麼一想,她便漸漸安靜下來,凝神細聽,暗中觀察。
Les mêmes constatations que Régine avait faites, elle les fit à son tour. Même course rapide dans les limites de Paris. Mêmes crochets brusques. Si elle n’aperçut point la main de sa gardienne, elle entrevit l’un de ses souliers, qui était fort pointu.
蕾吉娜當初觀察到的種種,如今輪到她一一印證。車子同樣在巴黎市區內疾馳,同樣冷不防地急轉彎。她沒能看見看守者的手,卻隱約瞥見那女人的一隻鞋,鞋頭尖得很。
Elle put aussi entendre quelques mots d’une conversation que les deux complices poursuivaient entre eux, d’une voix très basse et avec la certitude, évidemment, qu’elle ne pouvait entendre. Une phrase cependant lui parvint tout entière.
她還能隱約聽見兩名同夥交談的片段——他們壓低了嗓子,顯然篤定她不可能聽見。然而,有一句話仍一字不漏地傳進她耳中。
« Tu as tort, dit la femme, tu as tort… Du moment que tu y tenais, tu aurais dû attendre quelques semaines… Après l’affaire de l’Opéra, c’est trop tôt. »
「你錯了,」那女人說,「你錯了……你既然非幹不可,就該再等幾個禮拜……歌劇院那件事才過沒多久,太早了。」
Phrase qui parut claire à la jeune fille : le même couple l’enlevait, que Régine Aubry avait dénoncé à la justice. Le pseudo-docteur Bricou était l’incendiaire de l’Opéra. Mais pourquoi s’attaquer à elle, qui ne possédait rien et n’offrait à la convoitise ni corselet de diamants, ni bijoux d’aucune sorte ? Cette découverte acheva de la rassurer. Elle n’avait pas grand-chose à craindre et serait relâchée dès que l’erreur aurait été constatée.
少女一聽就明白了:綁走她的,就是那對曾向司法當局告發蕾吉娜·歐布里的夫婦。那個假醫生布裡庫,就是歌劇院的縱火犯。可是,她一無所有,對她下手做什麼?既沒有鑽石胸甲,也沒有任何珠寶,有什麼值得貪圖?想到這裡,她反而徹底放心了。她沒什麼好怕的,等對方發現抓錯人,很快就會放了她。
Un bruit de porte à lourds battants roula. Arlette, qui suivait en souvenir l’aventure de Régine, devina qu’elle entrait dans une cour pavée. On la fit descendre devant un perron. Six marches, qu’elle compta. Puis les dalles d’un vestibule.
沉重的大門轟隆響起。阿爾蕾特記得蕾吉娜的遭遇,猜自己進了石板鋪成的庭院。他們讓她在臺階前下車。臺階一共有六級,她都數了。接著腳下踏上前廳的石板地。
En ce moment elle avait tellement repris son calme et se sentait si forte, qu’elle agit d’une façon qui lui parut tout à fait imprudente sans qu’elle pût résister à l’appel de son instinct. Durant que l’homme repoussait la porte du vestibule, sa complice glissa sur une dalle et, l’espace d’une seconde, lâcha l’épaule d’Arlette. Celle-ci ne réfléchit pas, se débarrassa de l’étoffe qui l’encapuchonnait, s’élança devant elle, grimpa vivement un escalier, et, traversant une antichambre, pénétra dans un salon dont elle eut la présence d’esprit de refermer la porte sur elle avec précaution.
這時候她已經完全冷靜下來,也覺得自己很有力氣。她做出一件連自己都覺得十分冒險的事,本能一來,根本擋不住。那男人正推開前廳的大門,他的女同夥在石板上滑了一下。就在這一秒的空檔,對方鬆開了阿爾蕾特的肩膀。她來不及多想,扯掉罩在頭上的布巾,往前衝去。她飛快爬上一道樓梯,穿過一間前室,走進一間客廳。她還記得順手把門帶上,動作放得很輕。
Une lampe électrique, voilée d’un abat-jour épais, étalait un cercle lumineux qui donnait un peu de jour au reste de la pièce. Que faire ? Par où s’enfuir ? Elle essaya d’ouvrir une des deux fenêtres dans le fond, et ne le put. Maintenant, elle avait peur, comprenant que le couple eût été déjà là s’il avait commencé ses visites par le salon, et qu’il allait arriver d’un moment à l’autre et se jeter sur elle.
一盞電燈罩著厚厚的燈罩,投下一圈光,房間其他地方只分到一點亮。怎麼辦?能往哪裡逃?後頭有兩扇窗,她試著開其中一扇,打不開。她這才害怕起來。她明白,那對夫婦要是從客廳開始找,早就來過這裡了。他們隨時會到,一進來就會朝她撲上去。
De fait, elle entendait des claquements de portes. À tout prix, il fallait se cacher. Elle escalada le dossier d’un fauteuil appuyé contre le mur et monta facilement sur le marbre d’une vaste cheminée dont elle longea la glace jusqu’à l’autre bout. Une haute bibliothèque se dressait là. Elle eut l’audace de poser le pied dans une coupe de bronze et réussit à saisir la corniche de cette bibliothèque, puis à se hisser, elle n’aurait su dire comment. Quand les deux complices se ruèrent dans la pièce, Arlette était couchée au-dessus du meuble, à moitié dissimulée par la corniche.
果不其然,門開開關關的聲響傳了過來。不管怎樣,非躲起來不可。她攀上一把靠牆的扶手椅的椅背,很輕鬆就爬上寬大壁爐的大理石檯面。她貼著鏡面,一路走到另一端。那一端立著一座高大的書櫃。她壯起膽子,一腳踩進一個青銅飾盆,伸手抓住書櫃的簷板,接著使勁一撐翻了上去。連她自己也說不清是怎麼辦到的。兩個同夥衝進房間時,阿爾蕾特已經躺在櫃頂,半個身子藏在簷板後面。
Ils n’auraient eu qu’à lever les yeux pour apercevoir sa silhouette, mais ils ne le firent pas. Ils exploraient la partie inférieure du salon, sous les canapés et les fauteuils, et derrière les rideaux. Arlette discernait leurs ombres dans une grande glace opposée. Mais leurs visages demeuraient indistincts et leurs paroles à peine perceptibles, car ils s’exprimaient tout bas, d’une voix sans timbre.
他們只要一抬頭,就能看見她的身影,但他們沒有抬頭。他們搜的是客廳的下半部,沙發底下、扶手椅底下,還有窗簾後面。阿爾蕾特從對面的大鏡子裡看見他們的身影。他們的臉依舊模糊,話語聲也幾乎聽不見,因為他們把聲音壓得很低,語調平板,聽不出起伏。
« Elle n’est pas là, dit l’homme, à la fin.
男人最後說:「她不在這啦。」
– Peut-être a-t-elle sauté par le jardin ? observa la femme.
那女人說:「搞不好她從花園那邊跳出去了?」
– Pas possible. Les deux fenêtres sont closes.
「不可能啦,兩扇窗都關著。」
– Et l’alcôve ? »
「床龕那邊呢?」
Il y avait sur la gauche, entre la cheminée et l’une des fenêtres, un de ces petits réduits à usage d’alcôve qui, jadis, attenaient aux salons dont ils étaient séparés par une cloison mobile. L’homme tira la cloison.
左側,壁爐和其中一扇窗戶之間,有一間當床龕用的小隔間。以前客廳旁都有這種小隔間,只用一道活動隔板隔開。那男人把隔板拉開。
« Personne.
「沒人。」
– Alors ?
「所以咧?」
– Alors, je ne sais pas, et c’est grave.
「那,我也不知道,這就嚴重了。」
– Pourquoi ?
「為什麼啊?」
– Si elle s’échappe ?
「萬一她逃了呢?」
– Comment s’échapper ?
「她能怎麼逃啊?」
– Oui, en effet. Ah ! la mâtine, si je la pince, tant pis pour elle ! »
「是啊,沒錯。哼!那個賤貨要是被我逮到,有她好看的!」
Ils sortirent, après avoir éteint l’électricité.
他們關了燈,走了出去。
La pendule de la cheminée sonna sept heures, d’une petite voix aigrelette et démodée qui tintait clair comme du métal.
壁爐上的座鐘敲響七點。鐘聲又細又尖,帶點老派的調子,清脆得像金屬一樣。