Arlette entendit aussi huit heures, neuf heures et dix heures. Elle ne bougeait pas. Elle n’osait. La menace de l’homme la tenait blottie et frissonnante.
阿爾萊特也聽見了八點、九點、十點的鐘聲。她一動也不動。她不敢動。那個男人的威脅讓她縮著身子,直發抖。
Ce n’est qu’après minuit, que, plus calme, sentant la nécessité d’agir, elle descendit de son poste. La coupe de bronze bascula et tomba sur le parquet avec un tel fracas que la jeune fille resta pétrifiée et chancelante d’angoisse. Cependant personne n’entra. Elle remit la coupe en place.
直到午夜過後,她才鎮定一些,覺得必須行動,便從藏身處爬了下來。那只銅碗翻倒,掉到木地板上,撞出很大的聲響。她嚇得僵在原地,怕得站都站不穩。可是,沒有人進來。她把銅碗放回原位。
Une grande lumière venait du dehors. Elle s’approcha d’une fenêtre et vit un jardin qui allongeait sous la lune éclatante une pelouse bordée d’arbustes. Cette fois elle réussit à ouvrir la croisée.
外頭透進一片明亮的光。她走近一扇窗,向外望去。月光皎潔,花園裡一片草坪向前延伸,兩旁栽滿灌木。這一次,她順利把窗戶打開了。
S’étant penchée, elle constata que le niveau du sol devait être, sur cette façade, plus élevé, et qu’il n’y avait pas la hauteur d’un étage. Elle n’hésita pas, enjamba le balcon et se laissa choir sur du gravier, sans se faire aucun mal.
她探身往下看,看來這一面的地面比較高,離地還不到一層樓。她毫不猶豫,跨過陽台跳下去,落在碎石地上,毫髮無傷。
Elle attendit qu’un nuage obscurcît la lune, traversa vivement un espace nu et gagna la ligne sombre des arbustes. Les ayant suivis en se courbant, elle arriva au pied d’un mur dressé en pleine lumière et trop haut pour qu’elle pût espérer le franchir. Un pavillon le flanquait à droite, qui ne semblait pas habité. Les volets en étaient clos. Elle s’approcha doucement. Avant le pavillon, il y avait une porte dans le mur, verrouillée, et, dans la serrure, une grosse clef. Elle ôta les verrous, tourna la clef et tira.
她等一朵烏雲遮住月亮,就飛快穿過一片空地,躲進灌木叢的陰影裡。她彎下腰,沿著灌木叢走,來到一堵高牆腳下。牆整個露在月光裡,高得她根本翻不過去。牆右側連著一座小亭樓,看起來無人居住,百葉窗都緊閉著。她放輕腳步靠過去。還沒走到亭樓,牆上就有一扇門,門上了閂,鎖孔裡插著一把大鑰匙。她拔開門閂,轉動鑰匙,用力一拉。
Elle n’eut que le temps d’ouvrir et de sauter dans la rue : ayant jeté un coup d’œil en arrière, elle avait vu une ombre qui courait à sa poursuite.
她只來得及開門,跳到街上。回頭一看,一道黑影正追上來。
La rue était déserte. Cinquante pas plus loin peut-être, s’étant retournée, elle aperçut l’ombre qui semblait gagner de vitesse. L’épouvante la secoua, et, malgré son cœur qui haletait et ses jambes qui se dérobaient, elle avait l’impression exaltante que personne n’aurait pu la rattraper.
街上空無一人。約莫再往前五十步,她回頭一看,那道黑影好像追得更快了。她嚇得渾身一震。心跳急促,雙腿發軟,她心裡卻一陣亢奮:誰也追不上她。
Impression fugitive : ses forces la trahirent d’un coup, ses genoux plièrent, et elle fut sur le point de tomber. Mais alors des gens passaient dans une autre rue très animée où elle s’engageait. Un taxi se proposa. Quand elle eut donné l’adresse et qu’elle se fut enfermée, elle vit, par la lucarne du fond, l’ennemi qui s’engouffrait dans une autre voiture, laquelle démarra aussitôt.
這種感覺只維持了一瞬間。她體力突然撐不住,雙膝一軟,差點摔倒。就在這時,她轉進另一條熱鬧的街道,街上有不少行人。有一輛計程車靠了過來。她報了地址,鎖好車門。她從車後的小窗望出去,看見那個仇敵鑽進另一輛車。那輛車立刻開走了。
Des rues… des rues encore… La suivait-on ? Arlette n’en savait rien et ne cherchait pas à le savoir. Sur une petite place, où l’on déboucha soudain, des autos en station se succédaient. Elle frappa à la vitre.
一條街……又一條街……有人跟著她嗎?阿爾蕾特不知道,也不想知道。車子突然駛進一座小廣場。廣場上停著一輛接一輛等客的汽車。她敲了敲車窗。
« Arrêtez, chauffeur. Voilà vingt francs, et continuez rapidement pour dépister quelqu’un qui s’acharne après moi. »
「司機,停車。這二十法郎拿去,繼續往前開快一點,幫我甩掉那個死纏著我不放的人。」
Elle sauta dans un des taxis et redonna son adresse au nouveau chauffeur.
她跳上其中一輛計程車,再把地址告訴新司機。
« À Montmartre, rue Verdrel, 55. »
「蒙馬特,維德雷爾街五十五號。」
Elle était hors de danger, mais si lasse qu’elle s’évanouit.
她已經脫險,只是累得昏了過去。
Elle se réveilla sur le canapé de sa petite chambre, près d’un monsieur agenouillé qu’elle ne connaissait pas. Sa mère, attentive et inquiète, la regardait anxieusement. Arlette essaya de lui sourire, et le monsieur dit à la mère :
她在小房間的沙發上醒來,身旁跪著一位她不認識的先生。母親守在一旁看著她,神情關切又焦急。阿爾蕾特想對母親笑一笑。那位先生對母親說:
« Ne l’interrogez pas encore, madame. Non, mademoiselle, ne parlez pas. Écoutez d’abord. C’est votre patron, Chernitz, qui a prévenu Régine Aubry que vous aviez été enlevée dans les mêmes conditions qu’elle. La police a été aussitôt alertée. Plus tard, apprenant l’affaire par Régine Aubry, qui veut bien me compter au nombre de ses amis, je suis venu ici. Votre mère et moi, nous avons guetté dehors toute la soirée, devant la maison. J’espérais bien que les gens vous relâcheraient comme Régine Aubry. J’ai demandé à votre chauffeur d’où il venait : « De la place des Victoires. » Pas d’autres renseignements. Non, ne vous agitez pas. Vous nous raconterez tout cela demain. »
「夫人,先別問她。不,小姐,妳先別說話,先聽我說。是妳的老闆切爾尼茨(Chernitz)通知蕾吉娜·歐布莉(Régine Aubry),說妳跟她一樣被綁走了,警察那邊馬上就接到了通報。後來我是從蕾吉娜·歐布莉那裡知道這件事的——她肯把我當朋友看待——我就趕過來了。整個晚上,我跟妳母親都在外頭守著,就守在這棟房子前面。我一直盼著那些人會像放了蕾吉娜·歐布莉那樣把妳放回來。我問過妳的司機是從哪裡來的,他說:『從勝利廣場。』除此之外就沒有別的線索了。來,別激動,這些事明天再慢慢跟我們說。」
La jeune fille gémissait, agitée par la fièvre, et par des souvenirs qui la tourmentaient comme des cauchemars. Elle referma les yeux, en chuchotant :
少女輕聲呻吟。她發著燒,夢魘般的回憶纏著她,讓她心神不寧。她又閉上眼睛,喃喃說道:
« On monte l’escalier. »
「有人上樓來了。」
De fait, quelqu’un sonna. La mère passa dans l’antichambre. Deux voix d’homme retentirent, et l’une d’elles proféra :
果然,門鈴響了。母親走進前廳。傳來兩個男人的聲音,其中一人說道:
« Van Houben, madame. Je suis Van Houben, le Van Houben de la tunique de diamants. Quand j’ai connu l’enlèvement de votre fille, je me suis mis en chasse avec le brigadier Béchoux qui arrivait justement de voyage. Nous avons couru les commissariats, et nous voici. La concierge nous a dit qu’Arlette Mazolle était rentrée et, tout de suite, Béchoux et moi, nous venons nous enquérir auprès d’elle.
「夫人,我是範·胡本(Van Houben),就是那個鑽石短上衣案的範·胡本啦。一聽說您女兒被綁架,我馬上就跟剛好出差回來的貝舒(Béchoux)警士追下去了,警局一間一間跑,這才趕到這裡來。門房說阿萊特·馬佐爾(Arlette Mazolle)已經回來了,我跟貝舒就立刻過來找她問問。」
– Mais, monsieur…
「可是,先生……」
– C’est d’une importance considérable, madame. Cette affaire est connexe à celle des diamants qu’on m’a volés. Ce sont les mêmes bandits… et il ne faut pas perdre une minute… »
「夫人,這件事要緊得很。這跟我的鑽石失竊案是連在一起的,就是同一批歹徒幹的……一分鐘都不能拖……」
Sans plus attendre l’autorisation, il entra dans la petite chambre, suivi du brigadier Béchoux. Le spectacle qui s’offrit à lui sembla l’étonner outre mesure. Son ami Jean d’Enneris était à genoux devant un canapé, près d’une jeune personne étendue dont il baisait le front, les paupières et les joues, délicatement, d’un air appliqué, avec componction.
他沒等許可,就走進那間小房間。貝舒警士跟在他身後。眼前的景象似乎讓他大吃一驚。他的朋友讓·德內里斯(Jean d'Enneris)正跪在沙發前。沙發上躺著一位年輕女子。他輕輕吻著她的額頭、眼皮和臉頰,神情專注,一臉虔誠。
Van Houben balbutia :
範·胡本結巴著說:
« Vous, d’Enneris !… Vous !… Qu’est-ce que vous fichez là ? »
「是、是你,德內里斯!……你……你在這搞什麼鬼啊?」
D’Enneris étendit le bras et ordonna le silence.
德內里斯抬手要他安靜。