Les Contes du Gil Blas · gil_blas
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[225]

– Mon pauvre petit… mon pauvre petit…

「我可憐的孩子……我可憐的孩子……」


[226]

Je sanglotais. J’interrogeai le docteur. Il me répondit :

我哭著問醫生。他回答:


[227]

– C’est la fin… un transport au cerveau…

「不行了……腦充血……」


[228]

Le prêtre entra. Je m’éloignai, et me tins dans le salon. Je ne pleurais plus. Des idées se succédaient en moi, que je ne comprenais pas. Je me sentais très seul, simplement, seul déjà, et j’avais peur.

神父進來了。我退到客廳站著。我不再流淚。心裡念頭一個接一個,我都弄不明白。我只覺得非常孤單,就是孤單,已經只剩我一個人。我很害怕。


[229]

Rompant le chuchotement de la confession, la voix du prêtre s’éleva, indignée, me sembla-t-il. La cloison était mince, j’entendis :

神父揚高聲音,打斷了告解的低語。在我聽來,他帶著憤慨。板壁很薄,我聽見:


[230]

– Mon fils, vous êtes un grand pécheur.

「我的孩子,你是個大罪人!」


[231]

Quelque chose comme un rire crispa ma bouche. Cette pauvre maman Jumelin, un grand pécheur ! Le murmure recommença, j’écoutai, mais il était trop faible.

我嘴角一抽,差點笑出來。可憐的朱姆蘭(Jumelin)太太,是個大罪人!低語又響起來,我仔細聽,卻聽不清楚。


[232]

Puis soudain, une voix haute accentua cette phrase étrange :

接著,忽然有個高亢的聲音,清楚說出這句奇怪的話:


[233]

– Il ne faut pas douter, mon fils, c’est là qu’on doit chercher la cause de la maladie noire qui a décidé votre frère à se tuer. Vous auriez dû vous séparer, ne plus vivre ensemble, vous fuir l’un l’autre, comme deux ennemis mortels.

「別懷疑,我的孩子,就是從那裡,才找得到害你兄弟自殺的那場黑病的原因。你們早就該分開,不該再住在一起,要像兩個不共戴天的仇人一樣,能躲多遠就躲多遠。」


[234]

Je me levai épouvanté. J’entrouvris la porte et j’aperçus ma mère. Ses yeux étaient fermés, les lèvres blanches s’agitaient, mais je ne distinguais qu’un long gémissement, des plaintes… Autour d’elle, les rideaux du lit presque fermés étouffaient davantage la confession. Sur les draps, plus bas que le menton, un christ gisait.

我嚇得站起身。我把門推開一條縫,看見母親。她雙眼緊閉,蒼白的嘴唇不住顫動,我只聽得見一聲長長的呻吟,幾句哀訴……她四周床帳幾乎合攏,告解聲悶得更低了。床單上,下巴底下,躺著一尊基督像。


[235]

Enfin le prêtre saisit les mains de l’agonisante et conclut :

最後,神父握住垂死者的雙手,總結道:


[236]

– Mon fils, il n’est point de crime si monstrueux auquel Dieu ne pardonne. Sa miséricorde est infinie. Espérez.

「孩子啊,再怎麼駭人的罪,上帝都會赦免。祂的慈悲是無限的,要懷著希望啊。」


[237]

Je m’enfuis, je gagnai la route, je me cachai dans un fourré. Quand je revins, ma mère était morte.

我逃了出去,跑上大路,躲進灌木叢裡。等我回來,母親已經死了。


[238]

Comprenez-vous, maintenant ? Ai-je le droit de me tuer ? Voilà dix ans que je vis sachant cela. Combien d’hommes auraient pu lutter aussi vaillamment ? J’ai voyagé, j’ai joué, rien ne me distrait de cela. Je n’ai pas un ami, pas une connaissance. J’ai tenté d’aimer, l’hérédité pèse sur moi… Donc je suis bien seul au monde, seul avec un souvenir, et ce souvenir me tue. N’est-ce point d’ailleurs la destinée qui m’a reconduit ici, malgré moi, dans cette maison maudite, à l’endroit même du crime ? Je ne peux plus vivre, je ne peux plus vivre !

你現在明白了嗎?我有權利自殺嗎?知道這件事,我這樣活了十年。有幾個人能像這樣勇敢地撐下去?我旅行過,也賭博過,什麼都無法讓我分心。我沒有朋友,也沒有熟人。我試著去愛,可是遺傳的重擔壓在我身上……所以在這世上,我是真正的孤身一人,只剩一段回憶陪伴,而那段回憶正在殺死我。再說,若不是命運,我怎麼會身不由己回到這裡,回到這棟受詛咒的房子,回到罪行發生的地點?我活不下去了,我活不下去了!


[239]

Un jour, j’espérai devenir fou. Ce ne me fut même pas accordé. Je n’ai qu’une demi-folie, celle du jaloux ou de l’avare, l’idée fixe. Toutes mes pensées, tous mes rêves se concentrent sur une vision, elle ne me quitte jamais, elle marche devant moi, elle couche auprès de moi. Mon cerveau est à nu, tout saignant, et à chaque minute, à chaque seconde, implacablement, comme un fer rouge, s’y incruste cette hideuse image : un clou, et pendu à ce clou, un couple, M. et M me Jumelin… et ce clou m’attire… il me veut… Allons… il le faut.

有一天,我盼著自己發瘋。連這點願望都沒能如願。我只瘋了一半,像嫉妒的人、守財奴那樣,只剩一個揮不去的執念。我所有的念頭、所有的夢,都繞著同一個幻影打轉。它從不離開我,走在我前頭,睡在我身邊。我的腦子裸露在外,血淋淋的。每一分鐘、每一秒鐘,毫不留情,像燒紅的烙鐵一樣,把那幅醜惡的畫面烙進去:一根釘子,釘子上吊著兩個人,朱姆蘭先生和太太……那根釘子吸住我……它要我……走吧……只能這樣了。


[240]

( Le Gil Blas , 12 décembre 1892.)

(《Gil Blas》,1892年12月12日)


[241]

V – L’ÉCHAFAUD

五 斷頭臺


[242]

L’homme quitta le divan où il reposait, prit un bougeoir et vint se planter devant la glace. Là, écartant les vêtements qui cachaient sa poitrine, il chercha du doigt la place de son cœur. Il le sentit qui bondissait par saccades irrégulières. Alors il saisit une épingle et s’écorcha la peau à l’endroit où il avait posé l’index.

那人躺在沙發上休息。他起身,拿起一個燭台,走到鏡子前站定。他撥開胸前的衣服,用手指去摸心臟的位置。心臟一陣亂跳,又急又沒規律。他拿起一枚別針,對準剛才食指按的地方,把皮膚劃破。


[243]

Puis il gagna la fenêtre, l’ouvrit et arpenta lentement la galerie de bois qui bordait la façade de son chalet.

接著他走到窗邊,推開窗,在木造迴廊上緩緩踱步。那條迴廊沿著他小屋的正面延伸。


[244]

La pluie avait cessé. Il faisait une nuit douce et tranquille. Du massif de lauriers et de caoutchoucs entassés sous le balcon, ainsi que de la grande pelouse semée de plates-bandes sombres, montaient des odeurs mouillées. Des gouttes dégringolaient de feuille en feuille, avec un bruit frais et continu.

雨停了。夜晚溫和寧靜。陽臺下,月桂和橡皮樹叢擠成一堆,大草坪上散布著深色的花壇,濕潤的氣味從那裡升上來。水珠順著葉子一片接一片往下滾,發出清涼而不間斷的聲響。


[245]

Il s’accouda sur la balustrade. Et il humait l’air fortement, aspirait de toute sa poitrine, de tous ses sens, le charme de cette nuit d’été.

他把手肘撐在欄杆上。他用力嗅著空氣。他敞開胸膛,張開全身感官,品味這夏夜的魅力。


[246]

Une envie lui vint. Il sortit de sa poche un briquet, puis une cigarette qu’il alluma. Et, très bas, il fit :

他忽然想抽一支。他從口袋掏出打火機,又取出一支菸點上。他壓低嗓子說:


[247]

– La dernière !

「最後一支了!」


[248]

Il la trouvait bonne, sans doute, car il la fumait à lentes bouffées, les yeux vers les étoiles qui s’éveillaient à travers les nuages disjoints. Il reconnut l’une d’elles, Véga. Quel souvenir ! Il aimait alors, et, chaque soir, à la même minute, durant les douloureuses séparations, il unissait sur l’étoile choisie son regard au regard de l’aimée.

這支菸他想必覺得不錯,一口一口抽得很慢,眼睛望向星空。雲散開了,星星一顆一顆亮了起來。他認出其中一顆,是織女星。多麼難忘的回憶!那時他正戀愛著,在那些痛苦分離的日子裡,每天晚上同一時刻,他都把自己的目光,和愛人的目光,交會在那顆選定的星上。


[249]

Sa vie se déroula.

他的一生,展開了。


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