Le trimestre suivant il revint.
下一季,他又來了。
Cette fois il étala devant moi, en piles qu’il caressait amoureusement, trois cent quarante pièces de cent sous.
這一回,他在我面前攤開三百四十枚一百蘇銅幣,疊成一小堆一小堆,還滿懷愛意地撫摸著。
– En vérité, lui dis-je, vous en faites collection !
我對他說:「說真的,您這是在收藏啊!」
Il affecta de ne pas entendre, pour s’éviter l’ennui d’une réplique, et s’en alla rapidement.
他裝作沒聽見,省得回話麻煩,匆匆走了。
Sept semaines après, par emprunts successifs, il m’avait tout repris.
七個星期後,他一次又一次來借,把錢全拿了回去。
Et chaque trimestre il en fut ainsi. Toujours il me confiait la même somme, presque entièrement formée de grosses pièces blanches qu’il dépensait ensuite avec une sorte de rage.
之後每一季,都是同樣的情形。他交給我的,永遠是同樣一筆錢。裡面幾乎全是大枚銀幣,他花起錢來,又像發狠似的。
Je l’avoue, la singulière composition de ces versements, les allures effarées du prêtre, son silence à peine coupé de jérémiades sourdes sur la diminution trop rapide de son dépôt, tout cela m’intriguait au plus haut point. Où touchait-il ces revenus ? Une banque n’eût pas effectué ce mode immuable de paiement, pas plus qu’une compagnie, ni que telle société commerciale. Et puis pourquoi cette éternelle soutane dont on voyait maintenant la trame lâche se disjoindre comme le canevas d’une toile ?
我承認,這幾件事讓我好奇到了極點:存款的組合實在古怪,神父舉止慌張,幾乎不說話,只偶爾低聲抱怨,說存款少得太快。他這些錢究竟是從哪裡領來的?銀行不可能永遠用同一種方式付款,公司不可能,商號也不可能。還有,他為什麼永遠穿著那件教士袍?袍子如今布都鬆了,紋路散開,看起來像畫布的網眼。
Un jour, je lui confessai ma curiosité :
有一天,我向他說出心中的好奇:
– Enfin, monsieur le curé, me direz-vous d’où vous vient cette invraisemblable profusion de pièces de cent sous ?
「我說啊,本堂神父先生,您就告訴我吧,您那多到不可思議的一百蘇銅幣,到底是從哪裡來的?」
Il rougit, resta pensif quelques minutes, puis se décida tout d’un coup :
他臉紅了起來,靜靜想了幾分鐘,接著突然下定決心:
– Eh bien oui, je vous le dirai, d’autant plus que vous pouvez me rendre un grand service… qui vous coûtera peu de peine, d’ailleurs.
「好啦,我就跟您說了吧,何況您還能幫我一個大忙……而且也不會太麻煩您。」
Et il me raconta cette étrange histoire :
他接著跟我講起這段離奇的故事:
– J’ai un défaut, monsieur, un grave défaut qui me gâte la vie et m’entraîne dans des complications où sombre ma tranquillité. Il m’est impossible, mais, vous entendez, matériellement impossible, de refuser l’aumône à qui me la demande, un secours à qui l’implore de ma bonté.
「先生,我有個毛病,一個很嚴重的毛病,把我的人生都搞砸了,還把我捲進一堆麻煩,害我不得安寧。不管是向我乞討的,還是求我幫忙的,我就是拒絕不了,您聽我說,是真的,身體上就辦不到。」
« Ne croyez pas que j’éprouve le moindre orgueil à vous exposer cela. Non. L’argent me gêne, m’ennuie. Je n’ai de plaisir qu’à le répandre. Quand j’en sens dans ma poche, je le soupèse au fond de ma main, avec l’envie irrésistible de l’offrir au premier passant.
「您可別以為,我跟您說這些是在自誇。不是,完全不是。錢放在我身上只會讓我彆扭、讓我心煩。我唯一的樂趣,就是把它送出去。只要一摸到口袋裡有錢,我就會在手心裡掂一掂,忍不住就想把它塞給迎面走來的第一個人。
« Les pauvres le savent bien. Il en arrive de tous les villages d’alentour. Ils assiègent mon presbytère. C’est une procession qui entre, reçoit, et s’en va, sans me remercier, tellement, tous, ils considèrent cela comme un dû. Mais je ne leur en veux pas. J’adore les pauvres, monsieur, je les adore de toute mon âme, j’ai du respect pour eux, une pitié sans bornes. La vue de leurs haillons me déchire le cœur. Je leur donnerais ma maison, mes vêtements, ma nourriture, ma vie. Je voudrais être comme eux, et mendier le long des chemins. J’ai honte du sou que je garde, comme d’un vol.
「窮人可都清楚得很。附近各村的人都跑來了,把我的司鐸住宅圍得水洩不通。人一個接一個進來,拿了錢就走,連聲謝也沒有,好像這是他們應得的一樣。可我不怪他們。先生,我愛窮人,我是打從心底愛他們,我敬重他們,也真心可憐他們。看到他們衣衫襤褸,我的心都碎了。我的房子、衣服、吃的,甚至我的命,我都願意給他們。我巴不得跟他們一樣,到大路上討飯去。自己多留一文錢,我都覺得羞愧,就跟偷來的一樣。」
Il parlait tout bas, d’une voix triste, mouillée de larmes. Il haussa le ton et reprit :
他低聲說話,語氣悲傷,帶著淚意。他提高聲調,接著說:
– Or je suis ou plutôt j’ai été très pauvre. Et ma fâcheuse manie me poussait jadis aussi impérieusement qu’aujourd’hui. C’est ce qui m’a perdu. J’ai fait des dettes, j’ai négligé de payer le boulanger ou l’épicier, j’ai emprunté, j’ai couvert de ma signature des gens qui m’ont trahi. Enfin, ce fut un tel scandale que l’on me déplaça, et j’échouai dans cette petite commune de la Haie-Aubrée, l’une des plus indigentes du département.
「說真的,我很窮,不,應該說我以前窮得很徹底。當年我這個要命的毛病逼起我來,跟現在一樣兇,根本擋不住。就是它把我給毀了。我欠了一屁股債,麵包師傅、雜貨商的帳都拖著不還,到處借錢,還替人簽名作保,結果都被那些人出賣了。最後醜聞鬧得太大,我就被調走,才流落到拉伊-歐布雷這個小鄉鎮,全省最窮的地方之一。
« J’y souffris beaucoup. Les pauvres, là, sont innombrables. On me retenait une partie de mon traitement. À tout instant, monsieur, je devais refuser l’aumône. Je n’avais rien, rien. J’en pleurais.
「我在那兒吃了不少苦。那地方的窮人多到數不清。我的薪水還被扣掉一部分。先生,我動不動就只能硬起心腸,拒絕施捨。我什麼都沒有,真的什麼都沒有。一想到這個,我就忍不住掉淚。
« C’est vers cette époque que mourut un de mes parents, vieux cousin éloigné avec lequel je n’avais plus de relations. Je me trouvai le seul héritier de ses biens, qui consistaient en une maison de rapport sise à Chartres, rue de la Volasse, numéro 9, et estimée quatre-vingt mille francs.
「就在那陣子,我一個親戚過世了,是個早就沒在往來的遠房老表親。結果我成了他唯一的繼承人,遺產就是一棟在夏特勒(Chartres)沃拉斯街九號的收租房子,估價有八萬法郎。
« Je me préparais à partir pour cette ville, quand un individu se présenta chez moi. Il me déclina son nom, M. Gourche, me fournit des quittances attestant qu’il louait cette propriété depuis dix ans, et m’offrit de payer les droits de succession, moyennant quoi j’abaisserais le prix annuel du loyer à huit mille francs.
「我那時正準備動身過去,忽然有個人找上門來。他自報姓名,說是古爾什先生(M. Gourche),還拿出幾張收據,證明那棟房子他已經租了十年,又說遺產稅他可以幫我出,條件是年租降到八千法郎。
« Confondu, je bégayai :
「我都聽傻了,結結巴巴地說:
« – Huit mille francs ! Du dix pour cent !
「八千法郎!這可是一成利啊!
« Il me répondit :
「他回我說:
« – C’est exagéré, n’est-ce pas ? Consentez-vous à une diminution plus forte ?
「這有點太高了,對吧?您能不能再多降一點?
« Je m’empressai de signer tous les papiers et tous les pouvoirs nécessaires. Et désormais, régulièrement, M. Gourche m’apporta lui-même les deux mille francs du terme échu.
「我趕緊把該簽的文件、授權通通簽了。從那之後,每一期到期的兩千法郎,都是古爾什先生親自送來給我的。」