— Ah ! dit Me Morestal, une lettre du fils. Ouvre-la donc, je n'ai pas mes lunettes... Sans doute, il nous confirme son arri- vée pour ce soir, puisqu'il devait quitter Paris ce matin.
「啊!」莫雷斯塔爾先生說,「是兒子的信,快拆開念念,我沒戴眼鏡……一定是寫來說今晚會到啦,他今天早上本來就要從巴黎出發了。」
— Pas du tout ! s’écria M. Morestal, qui parcouraït la lettre. Philippe et sa femme ont conduit leurs deux fils chez des amis à Versailles, et ils sont partis avec l'intention de coucher le soir au ballon de Colnard, d’assister au lever du soleil, et de faire la route à pied, le sac au dos. À midi, ils seront ici.
莫雷斯塔爾先生邊看信邊嚷道:「才不是呢!菲利普跟他太太把兩個兒子送去凡爾賽的朋友家了,他們打算今晚住在科爾納爾氣球旅館,看完日出再背著背包走路過來,中午就到家了。」
Elle s’affola. — Et l'orage ! L’orage de cette nuit ?
她慌了起來問:「那暴風雨呢!昨晚那場暴風雨怎麼辦?」
— Mon fils s’en moque de l'orage. C’est un gaillard qui en a vu bien d’autres. Il est onze heures. Dans une heure nous l’'embrasserons.
「我兒子哪會怕暴風雨。那小子什麼大風大浪沒見過。現在十一點了,再一個鐘頭就能抱到他了。」
— Mais c’est impossible ! Rien n’est prêt pour les recevoir.
「哎呀,這怎麼行!什麼都還沒準備好,要怎麼招待他們啦!」
Elle se mit à l’œuvre sur-le-champ avec toute son activité de petite vieille, un peu trop grosse, un peu lasse, mais alerte encore, et si méthodique, si ordonnée, qu'elle ne risquaït pas un mouvement qui ne fût indispensable et ne lui apportât un avan- tage immédiat.
她立刻動手,拿出小老太婆十足的幹勁。她身形偏胖,略帶倦意,手腳卻依然靈活。做事條理分明,井然有序,絕不浪費一個動作,每動一下就要馬上見到效果。
Lui, il reprit sa promenade entre la terrasse et le salon. Il marchait à grands pas égaux, le buste droit, les mains dans les poches de son veston, un veston de jardinier en coutil bleu, d’où l’on voyait émerger la pointe d’un sécateur et le tuyau d’une pipe. Il était haut de taille, épais d’encolure, et son visage, au
他則繼續在露臺和客廳之間踱步。他步子大而均勻,上身挺直,雙手插在上衣口袋裡。那是件藍色斜紋布的園丁外套,口袋邊露出一截修枝剪的尖頭和一截菸斗柄。他身形高大,脖子粗壯,臉色紅潤,
teint coloré, semblait jeune encore, malgré le collier de barbe blanc qui l’encadrait.
一圈白鬍子框著臉龐,看起來倒還年輕。
— Ah ! s’écria-t-il, ce bon Philippe, quelle joie ! Il y a trois ans déjà qu’on ne s’est vu. Parbleu ! depuis sa nomination à Pa- ris comme professeur d'histoire. Bigre, en voilà un qui a fait son chemin ! Ce que nous allons le soigner pendant ces quinze jours ! De la marche... de l'exercice. Eh ! quoi, c’est un homme de plein air, comme le vieux Morestal !
他嚷道:「啊,好個菲利普,真是叫人高興!我們都三年沒見啦!可不是嘛,自從他到巴黎當歷史教授以後——乖乖,這小子可真混出名堂了!這十五天我們可得把他照顧好!多走走……多動動!欸,他本來就是個愛往戶外跑的人,跟老莫雷斯塔一個樣!」
Il se mit à rire :
他笑了起來:
— Sais-tu ce qu’il lui faudrait ? Six mois de bivouac du côté de Berlin.
「你知道他還缺什麼嗎?去柏林那邊紮營個半年啦。」
— Je suis tranquille, déclara-t-elle, il a passé par l’École normale. En temps de guerre, les professeurs ne quitteront pas leur garnison.
她說:「我放心啦,他是師範學校畢業的,打起仗來,老師是不會離開駐地的。」
— Qu'est-ce que tu chantes ?
「你亂講什麼啊?」
— C’est l’instituteur qui me l’a dit.
「是老師跟我說的。」
Il sursauta.
他嚇了一跳。
— Comment tu lui adresses encore la parole, à ce pleutre- là ?
「妳怎麼還跟那個膽小鬼講話?」
— C’est un très brave homme, assura-t-elle. — Lui, un brave homme ! avec de pareilles théories !
「他人很好的啦,」她保證說。「他?好人?就憑他那套理論!」
Elle s’empressa de sortir pour éviter la bourrasque. Mais Morestal était lancé :
她連忙走了出去,避開這場風暴。莫雷斯塔爾卻已經說開了:
— Oui, oui, des théories ! Je maintiens le mot... des théo- ries ! Comme conseiller d'arrondissement, comme maire de Saint-Élophe, j'ai le droit d’assister à ses leçons. Ah ! tu n’imagi- nes pas !.. Il a une manière d'enseigner l’histoire de France !.… De mon temps, les héros, c'était le chevalier d’Assas, c'était Bayard, c'était La Tour D’Auvergne, tous ces bougres qui ont illustré un pays. Aujourd’hui, c’est Mossieu Étienne Marcel, Mossieu Dolet... Ah ! elles sont propres, leurs théories.
「對,對啦,就是理論!我堅持用這個詞……就是理論!我身為區議員,又是聖埃洛夫的鎮長,我是有權去聽他上課的。唉!妳是沒看過啦!……他教法國歷史的那一套!……我們那個年代,英雄就是阿薩斯騎士,就是貝亞爾,就是拉圖爾多韋爾涅,全都是替國家爭光的好傢伙。現在倒好,變成埃蒂安·馬塞爾先生、多萊先生……哼!他們那套理論,可真漂亮啊。」
Il barra le chemin à sa femme qui rentrait, et lui jeta au vi- sage :
妻子正要進屋,他擋住去路,劈頭說:
— Sais-tu pourquoi Napoléon a perdu la bataille de Water- 100 ?
「妳知道拿破崙滑鐵盧那一仗是怎麼輸的嗎?」
— Impossible de retrouver le bol à café au lait, dit Mme Mo- restal, tout entière à ses occupations.
莫雷斯塔爾太太顧著手邊的忙,隨口回道:「咖啡牛奶碗怎麼都找不到。」
— Eh bien, demande-le à ton instituteur, il te donnera sur Napoléon les théories du jour.
「那你去問你的小學老師啦,他會跟你說現在都是怎麼講拿破崙的。」
— Je l’avais mis moi-même sur ce bahut. — Mais voilà, on s’ingénie à déformer l'esprit des enfants. — Ça dépare ma douzaine.
「那只咖啡碗是我親手放在那個櫃子上的耶。」「你瞧瞧,現在的人就是變著法子把孩子教壞。」「這樣我那一套十二只就不成套了嘛。」
— Ah! je te jure bien qu’autrefois nous l’aurions fichu à l’eau, notre maître d'école, s’il avait osé... Mais fichtre, la France avait alors sa place au soleil. Et quelle place ! C'était l’époque de Solférino !… de Magenta !… On ne se contentait pas alors de démolir les poteaux des frontières. on les franchissait, les fron- tières, et au pas de course...
「啊!我跟你發誓,要是擱在以前,我們那個小學老師敢這樣搞,早就被我們丟到水裡去了……見鬼,那時候的法國在太陽底下可是有位子的。多大、多風光的一個位子啊!那可是索爾費裡諾戰役的年代!……馬真塔戰役的年代!……那時候的人,才不只是把國界上的界樁拆一拆就算了,是直接跨過去,那些國界啊,直接用跑的跨過去……」