La Frontière · la_frontiere
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[175]

— Non, dit-elle, tu as raison.

「沒有,你說得對。」她說。


[176]

Elle avait de ces gestes imprévus qui coupent court aux hé- sitations et vous jettent en face des événements. Une autre se fût répandue en paroles. Marthe, elle, engageait tout de suite sa responsabilité, alors même qu’il s’agissait des plus petits faits de la vie ordinaire. C’est ce que Philippe appelait en riant l’hé- roïsme quotidien.

她總有些出人意表的舉動,一下斬斷猶豫,讓人直接面對事情本身。換作別人,大概只會說個沒完。瑪爾特不一樣。就算只是日常生活裡再小的事,她也立刻承擔下來。菲利普笑著說,這就是「日常的英雄主義」。


[177]

Il l'embrassa, tout réconforté par son assurance.

她的篤定讓他安心,他抱住了她。


[178]

En bas, ayant appris que son père n’était pas de retour, il résolut de l’attendre au salon. Il alluma une cigarette, la laissa

他下了樓。父親還沒回來,他決定在客廳等他。他點了一支菸,任它


[179]

s’éteindre et, distraitement d’abord, puis avec un intérêt crois- sant, il regarda autour de lui, comme s’il cherchait à se rensei- gner auprès des choses sur celui qui vivait en leur intimité.

熄了。起先他只是隨意看看,後來越看越有興趣。他環顧四周,彷彿想向這些東西打聽,和它們親密共處的那個人究竟是個什麼樣的人。


[180]

Il examina le râtelier où s’alignaient les douze fusils. Ils étaient tous chargés, prêts à servir. Contre quel ennemi ?

他打量槍架,十二把步槍排得整整齊齊。每把槍都上了膛,隨時可用。防的是哪個敵人?


[181]

Il vit le drapeau qu'il avait si souvent contemplé dans l’an- cienne maison de Saint-Élophe, le vieux drapeau déchiré dont il savait la glorieuse histoire.

他看見了那面旗幟。在聖埃洛夫的舊宅,他常常凝視它。那是一面破舊、撕裂的老旗,它的光榮歷史,他都知道。


[182]

Il vit les cartes pendues au mur, qui toutes décrivaient, en ses moindres détails, la frontière et les pays qui l’avoisinaient, à gauche et à droite des Vosges.

他看見牆上掛著地圖。每一幅都畫得鉅細靡遺,有邊界,也有佛日山脈左右兩側相鄰的國家。


[183]

Il se pencha sur les rayons de la petite bibliothèque et lut les titres des ouvrages : La Guerre de 70, d'après le grand état- major allemand ; La Retraite de Bourbaki ; Comment préparer la revanche ?.. Le Crime des pacifistes.

他俯身看向小書架,一一讀出架上書名:《1870年戰爭》,根據德國總參謀部資料;《布爾巴基的撤退》;《如何準備復仇?》……《和平主義者的罪行》。


[184]

Mais un volume attira son attention. C'était son livre sur l’idée de patrie. Il le feuilleta et, comme certaines pages étaient couvertes et balafrées de coups de crayon, il s’assit et se mit à lire.

但有一本書引起了他的注意。談「祖國觀念」的那本,就是他寫的。他翻了翻,有些頁面布滿了鉛筆記號,又圈又劃。他便坐下來,讀了起來。


[185]

— C’est bien cela, murmura-t-il au bout d’un instant. Pour- ra-t-on s'entendre désormais ? Sur quel terrain se placer l’un et l’autre ? Il est inadmissible qu’il accepte mes idées. Et comment me soumettre aux siennes ?

過了一會兒,他低聲喃喃道:「果然是這樣……從今往後,我們還能談得來嗎?我們兩個人,還有什麼能站在一起的立場?他不可能接受我的想法,我又怎麼可能去接受他的?」


[186]

Il continua sa lecture, relevant des réflexions dont la ri-

他繼續讀下去,留意到一些想法,


[187]

gueur le désolait. Vingt minutes s’écoulèrent ainsi dans un si- lence que troublait seulement le bruit des feuillets.

嚴峻得讓他難受的想法。就這樣過了二十分鐘。四周一片安靜,只聽得見翻動書頁的聲音。


[188]

Et, soudain, il sentit deux bras nus qui lui entouraïient la tête, deux bras nus et frais qui caressaient son visage. Il voulut se dégager. Les deux bras serrèrent leur étreinte.

忽然,他感到有兩條裸露的手臂環住他的頭。那手臂涼涼的,輕撫著他的臉。他想掙開。那雙手臂卻抱得更緊。


[189]

Il fit un effort brusque et se leva. — Vous ! s’écria-t-il en reculant, vous ici, Suzanne !

他猛一用力,站了起來。他邊退邊喊:「是妳!蘇珊,妳在這裡!」


[190]

Une jolie créature se tenait devant lui, souriante à la fois et honteuse, en une attitude de provocation et de crainte, les mains jointes et les bras offerts de nouveau, de beaux bras sa- voureux et blancs qui émergeaient de sa chemisette de fine ba- tiste. Ses cheveux blonds se séparaïent en deux bandeaux ondu- lés et lâches dont les boucles indociles jouaient à l’aventure. Elle avait des yeux gris, très longs, avec des cils noirs qui les voi- laient à demi, et ses petites dents riaient au bord de ses lèvres rouges, si rouges qu'on eût dit, bien à tort, qu’elles étaient pein- tes.

眼前站著一個漂亮姑娘,又笑,又害羞。雙手交握,神情既挑逗又害怕,雙臂又向他伸來。那雙手臂白皙好看,從細麻布短衫裡露出來。金髮分成兩邊,波浪鬆垂,不聽話的鬈髮隨意飛揚。她的眼睛灰色細長,黑色睫毛半掩著。小牙齒在紅唇邊笑著,那嘴唇紅得很,讓人以為擦了口紅,其實沒有。


[191]

C'était Suzanne Jorancé, la fille de Jorancé, commissaire spécial, et l’amie de Marthe, qui l'avait connue tout enfant à Lu- néville.

她就是蘇珊·若朗塞。父親若朗塞是專門委員。她是瑪爾特的朋友,瑪爾特幼年在呂內維爾就認識她了。


[192]

L'hiver précédent, Suzanne avait passé quatre mois à Paris chez les Philippe Morestal.

去年冬天,蘇珊在巴黎住過四個月,就住在菲利普·莫雷斯塔爾家裡。


[193]

— Vous, répéta-t-il, vous, Suzanne !

「是你,蘇珊,竟然是你!」他重複道。


[194]

Elle répondit gaiement :

她笑著回答:


[195]

— Moi-même. Votre père est venu chez nous à Saint- Élophe. Comme le mien est en promenade, il m'a emmenée. Je

「是我呀!你爸爸來我們在聖埃洛夫的家,我爸剛好出去散步,他就把我帶來了。我」


[196]

suis descendue de voiture. Et me voici.

下了車,就到這兒了。」


[197]

Il la saisit aux poignets, en une crise de colère, et, la voix sourde :

他一怒之下,抓住她的雙腕,沉聲說:


[198]

— Vous ne deviez pas être à Saint-Élophe Vous avez écrit à Marthe que vous partiez ce matin. Il ne fallait pas rester. Vous savez bien qu'il ne fallait pas rester.

「妳現在不該在聖埃洛夫的。妳明明寫信跟瑪爾特說妳今天早上就走了。妳就不該留下來。妳自己很清楚,妳不該留的。」


[199]

— Pourquoi ? murmura-t-elle toute confuse.

她一臉困惑,低聲呢喃:「為什麼?」


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