— Pourquoi ? Parce que, à la fin de votre séjour à Paris, vous m'avez dit des paroles que j'avais le droit d'interpréter. où j'ai cru comprendre... et je ne serais pas venu... si votre départ...
「為什麼?還不是因為妳在巴黎要回去之前跟我說的那些話,我難免會往那方面想……我還以為我懂妳的意思了……要不是妳沒走,我也不會跑這一趟……」
Il s’interrompit, gêné lui-même par son emportement. Su- zanne avait les larmes aux yeux, et une telle rougeur enflammait sa figure que ses lèvres sanglantes paraissaient à peine rouges.
他話說到一半就停住了,連自己都為剛才的激動覺得不好意思。蘇珊眼裡含著淚,整張臉漲得通紅。紅得太厲害,連她血紅的嘴唇都顯得不怎麼紅了。
Philippe, stupéfait des mots qu'il avait prononcés, et plus encore de ceux qu'il avait été sur le point de prononcer, Philippe éprouvait subitement, en présence de la jeune fille, le besoin d’être doux, amical, et de réparer son inexplicable brusquerie. Une pitié imprévue l’amollissait. Il saisit entre ses mains les pe- tites mains glacées et, gentiment, avec une intonation de grand frère qui gronde :
菲利普怔住了。他對自己說出口的話感到吃驚,更對那些差點脫口的話感到吃驚。站在少女面前,他忽然想溫和些、親切些,彌補自己這股沒來由的粗暴。一陣意外的憐惜讓他心軟了。他握住她冰涼的小手,溫和地用大哥哥訓人的口吻說:
— Pourquoi êtes-vous restée, Suzanne ? — Je puis vous l’avouer, Philippe ?
「蘇珊,妳為什麼留下來?」 「菲利普,我可以跟你說實話嗎?」
— Mais oui, puisque je vous le demande, répondit-il, un peu inquiet.
他有點不安地回答:「當然,既然是我問妳的。」
— J'ai voulu vous voir, Philippe... Quand j'ai su que vous ar- riviez..., et qu'en retardant mon départ d’un jour... d’un seul jour... vous comprenez, n'est-ce pas ?..
「我想見你,菲利普……聽說你要來……只要晚一天出發……一天就好……你懂吧?……」
Il se tut, pensant bien que, s’il répliquait le moindre mot, elle en dirait aussitôt qu’il ne voulait pas entendre. Et ils ne sa-
他沉默下來。他心裡很清楚,只要自己再多說一個字,她立刻就會說出他不想聽的話。
vaient plus comment se tenir l’un en face de l’autre, et ils n'osaient plus se regarder. Mais Philippe sentait les petites mains tiédir au contact des siennes, et toute la vie, en cet être jeune et tumultueux, affluer de nouveau ainsi qu’une source libérée qui ramène la joie, la force et l’espoir.
兩人面對面站著,卻手足無措,也不敢看對方。但菲利普握著那雙小手,感覺它們在他手中慢慢暖了起來。她還年輕,性子又奔放,生命力重新湧了上來,像掙開束縛的泉水,帶來喜悅、力量和希望。
Des pas se faisaient entendre, et un bruit de voix s’éleva dans le vestibule.
腳步聲傳來,門廳裡響起了人聲。
— Monsieur Morestal, chuchota Suzanne. Et le vieux Morestal criait, en effet, avant même d’entrer :
蘇珊低聲說:「莫雷斯塔爾先生。」果然,老莫雷斯塔爾還沒進門就大聲嚷了起來:
— Où es-tu donc, Suzanne ? Voilà ton père qui arrive. Vite, Jorancé, les enfants sont ici. Mais oui, ta fille également... je l’ai ramenée de Saint-Élophe... Mais toi, tu es donc venu par les bois ?
「蘇珊!妳在哪啊?妳爸來囉!若朗塞,快點,孩子們都在這裡啦。對啦,你女兒也在……是我從聖埃洛夫把她帶回來的……欸,你呢?你是從樹林那邊過來的喔?」
Suzanne enfila de longs gants de suède et, au moment même où la porte s’ouvrit, elle dit, d’un ton de résolution impla- cable, et comme si cette promesse devait combler Philippe de satisfaction :
蘇珊戴上長長的麂皮手套。門一開,她便語氣堅定地說,彷彿這個承諾就能讓菲利普滿意:
— On ne verra plus mes bras nus... Personne ne les verra, je vous le jure, Philippe. Personne ne les caressera jamais.
「以後不會再有人看見我裸露的手臂了……我跟您發誓,菲利普,誰都看不到。誰都別想碰。」
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CHAPITRE III
第三章
Jorancé, gros homme un peu lourd d'aspect, mais de figure sympathique, avait épousé, vingt-cinq ans auparavant, alors qu'il était secrétaire au commissariat d’Épinal, une jeune fille de grande beauté qui donnait des leçons de piano dans un pen- sionnat. Après quatre années de mariage, quatre années de tor- ture, pendant lesquelles le malheureux subit les pires humilia- tions, Jorancé trouva, un soir, la maison vide. Sa femme était partie sans explication, emmenant leur fillette, Suzanne.
若朗塞是個胖子。身形看起來有點笨重,臉倒是和善。二十五年前,他在埃皮納勒警察分局當秘書。那時他娶了一個美人。她容貌出眾,在女子寄宿學校教鋼琴。婚後四年,折磨了四年。這四年裡,這個可憐人受盡了最難堪的屈辱。一天晚上,若朗塞回家一看,屋裡空無一人。妻子不辭而別,還帶走了他們的小女兒蘇珊。
La seule raison qui l’empêcha de se tuer, ce fut l’espoir de reprendre l'enfant et de l’arracher à la vie que l'exemple de la mère lui eût imposée dans l’avenir.
他沒有自殺,只有一個理由。他還抱著希望,要把孩子搶回來,不讓她將來步上母親的後塵。
Les recherches, d’ailleurs, ne furent pas longues. Le mois suivant, sa femme renvoya la petite, qui, sans doute, la gênait. Mais la plaie demeura au plus profond de lui-même, et ni le temps, ni l'affection qu'il reporta sur sa fille, ne purent effacer le souvenir de la cruelle aventure.
不過,找人倒沒花多少時間。下個月,妻子就把孩子送了回來,想是嫌孩子礙事。但傷口留在他心底深處。時間沖不掉,他後來全心疼愛女兒也沖不掉。那段殘酷的往事,他始終忘不了。
Il se mit au travail, accepta les besognes les plus pénibles pour accroître ses ressources et donner à Suzanne une bonne instruction, passa au commissariat de Lunéville et, sur le tard, fut promu au poste important de commissaire spécial à la fron- tière. Fonctions délicates de sentinelle avancée qui regarde le plus possible ce qui se passe chez le voisin, et que Jorancé ac- complit avec tant de scrupule et d’habileté que ce voisin, tout en redoutant sa clairvoyance, rendait hommage à son caractère et à ses qualités professionnelles.
他開始工作,再苦再累的活都接,為了多掙一點錢,讓蘇珊接受好的教育。他調到呂內維爾警察分局,上了年紀,才升上邊境特別警察局長這個要職。這是前哨哨兵的位置,不好當,得把鄰國的動靜盯得越緊越好。若朗塞做得謹慎漂亮,鄰國那邊既怕他的眼光銳利,也敬重他的為人和辦事能力。
À Saint-Élophe, il retrouva le vieux Morestal, dont il était le petit-neveu par alliance et qui avait pour lui beaucoup d’amitié.
在聖埃洛夫,他重逢了老莫雷斯塔爾。論起姻親,他是老人的姪孫。老人一向待他親厚。
Les deux hommes se virent presque chaque jour. Le jeudi et le dimanche, Jorancé et sa fille dînaient au Vieux-Moulin. Souvent, Suzanne venait seule et accompagnait le vieillard dans sa promenade quotidienne. Il se prit d’affection pour elle. Et c’est ainsi que, conseillé par lui et sollicité par Philippe et Mar- the Morestal, Jorancé avait conduit Suzanne à Paris, l'hiver pré- cédent.
兩人幾乎天天見面。每逢星期四和星期日,若朗塞就帶女兒到老磨坊吃晚餐。蘇珊也常自己過來,陪老人走每天固定的散步。老人越來越疼她。就這樣,老人出面勸說,菲利普和瑪爾特·莫雷斯塔爾也再三邀請,若朗塞便在前一年冬天帶蘇珊去了巴黎。
Tout de suite en entrant, il remercia Philippe :
他一進門,就向菲利普道謝:
— Tu ne saurais croire, mon bon Philippe, combien cela m’a fait plaisir. Suzanne est jeune. Un peu de distraction n’est pas pour me déplaire.
「好菲利普啊,你都不知道我有多開心。蘇珊還年輕嘛,出去散散心,我一點也不反對。」
Il regardait Suzanne avec cette passion des pères qui ont élevé leur fille eux-mêmes et dont l’amour se mêle d’une ten- dresse un peu féminine.
他望著蘇珊。那是親手帶大女兒的父親才有的熱情,愛裡透著一絲女性般的溫柔。
Et il dit à Philippe :
他對菲利普說: