– Allô ! Qui est là ?
「喂!誰啊?」
– C’est moi, Patricia… Je viens te donner un conseil. Décampe… J’ai prévenu la police de tes intentions contre Fildes. Décampe tout de suite.
「是我,帕翠西亞……我警告你一句,趕快逃……你想對菲爾德下手的事,我已經報警了。馬上逃,立刻!」
– Bah ! c’est toi, fit la voix sans autrement s’émouvoir, alors cet idiot de matelot a fait des siennes… Ça va, je vais partir. Mais j’ai bien cinq minutes. J’ai encore un mot à dire à M. Fildes.
「哼,是妳啊,」那聲音不動聲色地說,「原來是那個笨水手壞了事……行,我走就是了。不過我還有足足五分鐘,我還有句話要跟菲爾德斯先生說。」
Patricia frémit, mais sa voix devint impérieuse et dure :
帕翠西亞打了個顫,語氣卻變得威嚴而強硬:
– Prends garde, Sauvage. J’ai tout dit. Les gens de la police sont partis en auto. Ils doivent déjà cerner la maison. Pense à la chaise électrique si tu commets ton crime…
「你給我小心點,索瓦熱。我什麼都說了。警察已經開車出發了,現在應該已經把房子團團圍住了。你要是敢動手,就等著坐電椅吧……」
– Merci de t’intéresser à moi, répondit la voix railleuse. Alors, on va se dépêcher…
「謝啦,還這麼關心我啊,」那聲音帶著嘲諷說,「那我們得快一點了……」
Un silence là-bas. Puis, soudain un cri étouffé… un cri d’agonie.
那頭靜了下來。接著突然傳來一聲悶叫……一聲垂死的慘叫。
– Ah ! le bandit ! murmura Patricia, haletante, près de défaillir ; le bandit, il l’a tué.
「啊!那個惡棍!」帕翠西亞喘著氣,快昏過去似地喃喃說道,「那惡棍,他把他殺了。」
Affolée, elle raccrocha le téléphone, s’enfuit en jetant de l’argent au garçon du bar. Le matelot arrivait ; elle l’évita, et dehors courut éperdument. Par fortune elle vit un taxi vide, y sauta. La tête perdue, machinalement, au lieu de donner au chauffeur l’adresse de Frédéric Fildes ou l’adresse du journal, elle donna son adresse à elle, comme une bête blessée qui se réfugie en son gîte.
她嚇慌了,掛上電話,塞了些錢給酒吧侍者,轉身就逃。那名水手正走過來,她閃身避開,一到外面就拚命跑。幸好她看見一輛空計程車,立刻跳了上去。她腦子一片混亂,全憑本能行事。她沒有報弗雷德裡克·菲爾德斯的地址,也沒有報報社的地址,脫口說出的竟是自己家的地址,就像受傷的野獸,只想逃回自己的窩。
Elle se sentait soudainement, atrocement faible, lasse à mourir. Elle voulait se coucher, dormir… oublier ce drame qu’elle pressentait, ce drame qui, à présent, était accompli et auquel elle ne pouvait plus rien. Les événements étaient plus forts qu’elle.
她忽然虛弱得厲害,難受極了,累到快要撐不住。她只想躺下來,睡一覺……忘掉那場她早有預感的悲劇。那場悲劇如今已經發生,她再也無力挽回。事態的發展,不是她擋得住的。
Elle dormit mal, d’un sommeil coupé de cauchemars affreux et qui, au milieu de la nuit, fit place à une insomnie, où l’aventure lui semblait de plus en plus effroyable. L’épisode du portefeuille dérobé augmentait ses angoisses. Cependant, elle n’en tira pas la déduction logique qui eût dû s’offrir à son esprit, c’est-à-dire que, si le portefeuille avait été volé à Mac Allermy, cela n’avait pu avoir lieu que par la force. Non, elle était parfaitement consciente que Frédéric Fildes avait été la victime du Sauvage, mais, pas une seconde, elle n’eut de craintes au sujet de Mac Allermy ; elle ne devina rien, ne fut envahie par aucun pressentiment.
她睡得很不好,噩夢不斷,到了半夜更是徹底失眠,越想越覺得那場冒險駭人。皮包失竊那一段,讓她更加不安。然而,那個原本應該想到的道理,她偏偏沒想到:皮包若是從麥克·阿勒米身上拿走的,不動手硬搶,根本不可能得手。不,在她心裡很清楚,弗雷德裡克·菲爾德斯才是索瓦熱的受害者;至於麥克·阿勒米,她一秒鐘也沒有擔心過。她什麼也沒猜到,心裡也沒有浮起一絲預感。
Sa stupeur fut profonde lorsque, le lendemain, dès son arrivée au journal, elle vit le tumulte des bureaux, l’agitation des salles de rédaction, et lorsqu’elle apprit que le patron avait été frappé d’un coup de couteau en plein cœur, dans une boutique de la place de la Liberté. La place de la Liberté ! C’était cela, la place aux arcades !
第二天她一到報社,整個人都驚呆了。辦公室裡亂成一團,編輯部鬧哄哄的。老闆在自由廣場的一家店鋪裡,心口挨了一刀。自由廣場!那不就是那個拱廊廣場嗎!
Elle se raidit pour ne pas défaillir, pour garder le silence. L’événement la bouleversait ; elle se sentait saisie des plus cruels remords. N’aurait-elle pu sauver Mac Allermy ? N’aurait-elle pu agir ?… Elle ne songeait qu’à cela, à sa responsabilité dans le crime commis !… Le reste, c’est-à-dire la façon dont la police avait été avertie, ce que les inspecteurs pouvaient savoir sur la boutique, sur le propriétaire de cette boutique, sur les réunions qui s’y tenaient, tous ces détails, qui furent connus plus tard, ne lui importaient pas en cette minute tragique où, comme une criminelle, elle se reprochait son inaction !
她繃緊身子,撐住自己別昏倒,也別說漏嘴。這件事把她徹底打亂,最殘酷的自責緊咬著她不放。她難道救不了麥克·阿勒米嗎?她難道不能做點什麼嗎?……她滿心只有這個,只有自己在這樁罪行中的責任!……至於其他的事,在這悲痛的一刻她一概顧不上。警方是怎麼接到通報的,探員對那家店、對店主、對店裡的聚會知道多少,這些後來才曝光的細節,她全不在意。她就像個罪犯,只怪自己當時什麼都沒做!
Elle lut pourtant tous les quotidiens du soir, qui, tous, relataient l’assassinat avec des renseignements différents, des commentaires variés et une documentation le plus souvent erronée sur la victime, personnage en vue, dont la mort tragique et mystérieuse causait dans le public une forte sensation.
但她還是把當晚的晚報全讀了一遍。每一家都在講這起謀殺案,消息不一,評論各異。說到那位受害者,資料又大多有誤。他是個知名人物,死得淒慘離奇,在大眾之間引起很大的轟動。
Dans ces journaux, également, était relaté un autre crime sensationnel aussi, mais qui ne fut pas une surprise pour Patricia : n’en avait-elle pas été informée la première par téléphone et au moment où il était commis ? Il s’agissait du crime sur la personne de l’attorney Frédéric Fildes. Celui-ci, qui devait bientôt s’embarquer pour l’Europe, avait été assassiné chez lui, au cours de la soirée précédente, par un inconnu qui était venu le voir et qui l’avait frappé d’un coup de couteau au cœur – précisément comme avait été frappé le directeur de Allô-Police . Y a-t-il corrélation entre ces deux meurtres, se demandaient les journaux ? Les deux victimes se connaissaient bien et avaient des affaires communes. Une bande de gangsters aurait-elle résolu leur mort ? Les aurait-elle exécutés presque à la même heure ?
這些報紙還報導了另一樁轟動命案。對派翠霞而言,這一點也不意外:案發那一刻,她不正是第一個接到電話通知的人嗎?被害的是律師弗烈德里克·菲爾德斯(Frédéric Fildes)。他原本不久就要啟程返回歐洲,卻在前一晚在家中遇刺身亡。一名陌生人上門拜訪,一刀刺中他的心臟——手法和《警訊》(Allô-Police)社長遇害時一模一樣。這兩起命案之間是否有關聯?各家報紙紛紛追問。兩名死者彼此熟識,生意上也有往來。是不是一夥匪徒決意要他們的命,又在幾乎同一時刻把兩人處決?
Mais chez Fildes un coffre-fort avait été forcé. Une somme de cinquante mille dollars avait été volée… Était-ce donc le simple crime crapuleux d’un isolé ?
不過菲爾德斯家裡,有人撬開保險箱,偷走五萬美元……難道這只是一名獨行歹徒幹的謀財命案?
Patricia, elle, savait à n’en pouvoir douter que la même main criminelle avait frappé les deux vieillards. Mais dans quel but précis ? Pour le compte de quelle puissance occulte ? Le Sauvage était-il un criminel de grande envergure, ou un simple instrument ? Elle voulait le savoir… Pour cela, un seul moyen…
派翠霞卻毫不懷疑,殺害兩位老人的,是同一隻黑手。但究竟為了什麼?又是在替哪股暗中的勢力效力?「野人」到底是個大罪犯,還是別人手裡的一顆棋子?她非弄清楚不可。而辦法,只有一個……
Le lendemain du double crime, dans l’après-midi, Patricia fut convoquée par Henry Allermy dans le bureau directorial du journal de police dont, fils et héritier de James Mac Allermy, il avait pris possession.
雙屍命案隔天下午,亨利·阿勒米把派翠霞叫到警政報社的社長辦公室。他是詹姆斯·麥克·阿勒米(James Mac Allermy)的兒子兼繼承人,已經接管了報社。
Sans émotion apparente, la jeune femme répondit à cet appel. Henry Mac Allermy avait trente ans. Patricia, qui ne l’avait pas vu depuis plusieurs années, retrouva en lui, homme fait, les traits du jeune homme qu’elle avait autrefois connu. Mais toute passion était morte en elle comme en lui. Ils se parlèrent avec la réserve de deux étrangers.
派翠霞神色如常,應約前來。亨利·麥克·阿勒米今年三十歲。派翠霞多年沒見過他了,他已長大成人,她仍認得出當年那個少年的模樣。只是當年的熱情,在她和他心裡都已熄滅。兩人交談,客氣而疏遠,宛如陌生人。
– Mademoiselle, dit le jeune directeur, la dernière note écrite par mon père sur son registre particulier vous concerne : « Patricia… un caractère, de l’énergie, le sens de l’organisation. Serait tout à fait à sa place comme sous-directrice. »
「小姐,」年輕社長說,「我父親在他那本私人筆記上留的最後一筆,是關於您的:『派翠霞……有個性、有幹勁,很有組織能力。當副社長,再合適不過。』」
Sans regarder la jeune femme, il ajouta :
他沒有看她,接著說:
– Je tiendrai compte dans toute la mesure du possible de l’opinion de mon père sur vous… Toutefois, bien entendu, si cela s’accorde avec vos intentions…
「我會盡可能尊重我父親對您的看法……不過,當然,這還得看您自己的意願……」
Patricia répondit avec la même réserve :
派翠霞同樣有所保留地回答:
– Je crois, monsieur, que la meilleure façon dont je puisse servir le journal, c’est en me consacrant à la tâche de venger votre père. Dans quelques heures, je m’embarque pour la France. Je viens de retenir ma place sur le paquebot Île-de-France .
「先生,我想,我為報社效力最好的方式,就是專心替令尊報仇。再過幾個小時,我就要動身去法國了。『法蘭西島號』的船票,我剛訂好。」
Henry Mac Allermy eut un geste d’étonnement.
亨利·麥克·阿勒米露出訝異的神情。