Les Milliards d’Arsène Lupin · milliards
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Patricia, pourtant, avait la certitude – certitude sans preuve, du reste – que l’agresseur était le Sauvage, qui, après avoir tué le père, s’était débarrassé du fils. Elle imaginait le Sauvage embusqué parmi les passagers. Elle étudiait tous les visages… Mais comment reconnaître un homme qu’on n’a fait qu’entrevoir rapidement et en des circonstances dramatiques ne prêtant pas à l’observation précise ?

然而派翠亞(Patricia)心裡認定,兇手就是那個「野人」。這認定毫無憑據。她想,野人殺了父親之後,又除掉了兒子,如今就藏身在旅客之中。她逐一端詳每張面孔……可是,那個人她只匆匆瞥見過幾眼,當時場面驚險,根本無從細看,她又要如何認得出來呢?


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La jeune femme, malgré son courage, eût connu des heures d’angoisse si elle n’avait eu l’impression irraisonnée, mais réconfortante, que quelqu’un veillait sur elle. Oui, celui qui l’avait déjà sauvée une fois la sauverait encore, le cas échéant. Était-il donc à bord de l’ Île-de-France ? Pourquoi pas ? N’avait-il pas promis de la secourir, de la défendre ? N’était-il pas tout-puissant ? Avec le sentiment qu’elle se protégeait contre toute agression possible, elle suspendit à son cou, comme un fétiche bienfaisant, le sifflet d’argent qu’il lui avait donné. À la moindre alerte, elle l’appellerait et il viendrait, elle en était sûre…

她再勇敢,要是少了那份感覺,日子恐怕也很難熬。那感覺說不出道理,卻讓人安心:有人在暗中守著她。是啊,救過她一次的人,有需要還會再救她。他會不會就在「法蘭西島號」上?有什麼不可能?他不是答應過要救她、護她嗎?他不是無所不能嗎?靠著這份什麼侵擾都不怕的安全感,她把他送的那隻銀哨子掛到脖子上,當成保平安的護身符。一有動靜,她就吹哨喊他。他一定會來。這一點,她深信不疑……


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Dès lors, rassurée, elle put vivre tranquille pendant le reste du voyage. Rien ne se passa. Comme le Sauvage, le Sauveur demeurait dans l’ombre impénétrable où elle le cherchait.

她放下心來,剩下的航程過得平靜安穩。什麼事也沒發生。那位救星和野人一樣,都躲在暗處,她怎麼找也看不透。


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À l’arrivée, sur la passerelle du débarquement, en face de laquelle elle se posta, aucun signe ne lui permit d’identifier, parmi les passagers quittant le bord, l’un ou l’autre de ces hommes qui tenaient tant de place dans sa mémoire, l’un sinistre, vulgaire et redoutable, avec sa passion tenace, brutale et hardie ; le second, déterminé, amical et si puissant que, sûre de lui, elle n’avait plus peur de rien, puisqu’il avait promis de la secourir et de la défendre.

抵港時,她站在下船舷梯的正對面守著。旅客紛紛離船,卻沒有任何跡象,能讓她認出那兩個在她記憶中分量極重的男人。一個陰險、粗鄙又可怕,帶著那股頑強、粗暴、大膽的執念;另一個果決、親切,強大得讓人安心。她信得過他,有他在便什麼都不怕,因為他答應過要救她、護她。


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Les projets de Patricia s’appuyaient sur le raisonnement suivant :

派翠亞的計畫,來自這樣一番推理:


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La grande et secrète entreprise de James Mac Allermy avait décidé celui-ci à faire un voyage en France. Donc, le Sauvage, son assassin – oui, on n’en pouvait douter – voulait, lui aussi, gagner la France, autant pour se mettre à l’abri des poursuites de la police new-yorkaise, que pour continuer l’affaire commencée qu’il voulait confisquer à son profit. Sans doute, ayant quitté le bateau clandestinement en Angleterre, tenterait-il de passer en France par une autre voie. Au Havre, Patricia, donc, loua une auto, se fit conduire à Boulogne, puis à Calais, afin de surveiller les débarquements de Grande-Bretagne.

詹姆士·麥克阿勒米為了那樁龐大而祕密的計畫,才動身前往法國。那個「野人」就是殺他的兇手,這一點毫無疑問,他當然也想去法國。一是為了躲開紐約警方的追緝,二是為了繼續那樁已經開始的勾當,佔為己有。他想必已在英國偷偷下船,會設法改從別的路線進入法國。於是,珮翠西亞在哈佛爾租了一輛車,先到布隆涅,再到加萊,緊盯每一批從英國上岸的旅客。


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En fin de journée, à Calais, un individu, vêtu d’un large raglan, coiffé d’une casquette enfoncée et le bas du visage enfoncé dans un cache-nez gris, franchit la passerelle. Sa main droite tenait une lourde valise. Sous le bras gauche, parmi une liasse de journaux et de magazines, il dissimulait un paquet enveloppé de papier d’emballage et ficelé, dont la dimension correspondait au portefeuille volé à Mac Allermy.

當天傍晚,在加萊,有個男人走下跳板。他穿著寬大的風衣,鴨舌帽壓得低低的,下半張臉埋在一條灰色圍巾裡。右手提著一隻沉甸甸的行李箱。左腋下夾著一疊報紙和雜誌,中間藏著一個包裹。那包裹用包裝紙包好,還捆了繩子,大小正好跟從麥克阿勒米那裡偷走的皮包一樣。


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Patricia, qui, se dissimulant avec soin, observait l’arrivée, reconnut la silhouette de celui qu’on appelait le Sauvage. Elle s’attacha à ses pas.

珮翠西亞小心藏好自己,緊盯著登岸的旅客。她認出那道身影,正是人稱「野人」的男子,隨即跟了上去。


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Il prit le train pour Paris, Patricia monta dans le compartiment voisin. À Paris, il descendit dans un grand hôtel non loin de la gare du Nord. Patricia s’établit dans le même hôtel, au même étage.

他搭火車前往巴黎,珮翠西亞坐進隔壁車廂。到了巴黎,他在離北站不遠的一家大旅館住下。珮翠西亞也住進同一家旅館,住在同一層樓。


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Elle avait la certitude qu’il ne soupçonnait pas sa présence. Tout un jour elle attendit, construisant des plans qu’elle abandonnait à mesure. La femme de chambre de l’étage, dont elle acheta les bons offices, la renseigna sur l’emploi du temps du voyageur. C’était simple : il avait dormi tout l’après-midi et avait demandé qu’on lui servît à dîner dans sa chambre. Il ne se séparait pas d’un grand portefeuille fauve, à poignée de cuir.

她很確定,他沒察覺到她。她等了一整天,想一個計畫,又丟掉一個。她花錢買通這一層的女侍,打聽到那位旅客的作息。其實很簡單:他整個下午都在睡覺,還交代把晚餐送到房裡吃。那只黃褐色大皮包,有個皮提把,他片刻不離手。


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Ce dernier renseignement vainquit les hésitations de Patricia et ses craintes. Il fallait agir avant que le bandit n’agît. Il fallait lui enlever le portefeuille avant qu’il n’eût le temps de tirer parti des documents qui s’y trouvaient contenus ou bien qu’il le portât peut-être en une cachette sûre.

這最後一項情報,讓珮翠西亞不再猶豫,也不再害怕。得搶在那匪徒之前,先動手。皮包裡的文件,他還沒來得及動用;皮包,他也還沒藏到穩妥的地方,得趁現在把它奪過來。


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Patricia prit dans son nécessaire de toilette un petit revolver bijou, porte-respect sans quoi elle ne voyageait pas et, avec un nouveau et sérieux pourboire, se fit conduire à la chambre du Sauvage par la femme de chambre qui lui en ouvrit la porte à l’aide d’un passe-partout.

派翠霞從隨身化妝包裡拿出一把小巧精緻的左輪手槍。這是她防身的寶貝,出門從不離身。她又塞給女侍一筆可觀的小費,請女侍帶她到「野人」的房間,女侍用萬能鑰匙替她把門打開了。


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Patricia entra, referma la porte derrière elle, se trouva seule avec l’homme.

派翠霞走進去,轉身把門關上。房裡只剩下她和那個男人。


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Il venait d’achever de dîner. Il se dressa, Patricia vit sa haute taille, sa large carrure, son visage massif et bestial qu’elle n’avait jusqu’alors fait que deviner dans l’ombre d’un palier ou d’un quai et que, pour le moment, la stupeur rendait presque comique.

他剛吃完晚餐。他站了起來。派翠霞這才看清他:身材高大,肩膀寬闊,一張臉又大又粗,透著獸性。先前在樓梯口或月臺的陰影裡,她只隱約瞥過一眼。此刻他滿臉錯愕,看起來有點滑稽。


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Mais il se ressaisit vite et voulut railler.

但他很快回過神來,想調侃她。


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– Patricia ! Non, c’est vous ! Quelle charmante surprise ! Comme c’est gentil de venir voir un vieil ami ! Asseyez-vous donc ! Voulez-vous des fruits, du café, des liqueurs ? Mais, d’abord, on ne s’embrasse pas ?

「派翠霞!哎喲,真是妳啊!這可真是個驚喜!還特地來看老朋友,真有心哪!來,快坐、快坐!吃點水果?喝杯咖啡?還是來點甜酒?欸,不過,咱們見面不先抱一個嗎?」


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Il fit un pas vers elle. Elle braqua sur lui son petit revolver :

他向她跨出一步。她舉起小左輪手槍,對準他:


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– Restez tranquille, n’est-ce pas !

「別動,聽到沒!」


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Il rit, mais s’arrêta :

他笑了一聲,隨即止住笑聲:


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– Alors, qu’y a-t-il pour votre service ?

「好,那有什麼我可以幫妳的嗎?」


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– Rendez-moi le portefeuille de cuir fauve que vous avez volé après avoir tué M. Mac Allermy dans la boutique où vous êtes revenu après la réunion des « onze », ordonna Patricia.

派翠霞命令道:「把那個黃褐色皮夾還我,就是『十一人』聚會後你回到店裡,殺了麥克·艾勒米先生之後偷走的那個。」


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Il rit encore.

他又笑了。


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– Si j’ai jugé bon de tuer pour voler ce portefeuille, ce n’est pas pour le rendre, voyons ! Qu’en voulez-vous faire ?

「我為了偷這個皮夾連人都殺了,還會還妳?拜託!妳拿它想幹嘛?」


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– Continuer l’œuvre commencée par mon ancien directeur. Je suppose que tous les documents indispensables sont dans ce portefeuille ?…

「把我前社長沒做完的事繼續做完。我想,需要的文件應該都在那個皮夾裡吧?……」


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– Certes. Et sans eux, impossible de rien faire !

「那還用說,沒了這些,可是什麼都做不成!」


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