Le Triangle d’or · triangle_or
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Son émotion grandissait à les retrouver, eux qu’elle appelait ses enfants. Et Patrice Belval s’exclama :

和他們重逢,她越來越激動。這些都是她口中的孩子。帕特里斯·貝爾瓦爾喊道:


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– Ah ! maman Coralie, voilà que vous pleurez ! Maman, maman, c’est ainsi que vous nous avez pris le cœur à tous. Quand on se tenait à quatre pour ne pas crier, sur le lit de torture, on voyait de grosses larmes qui coulaient de vos yeux. Maman Coralie pleurait sur ses enfants. Alors on serrait les dents plus fort.

「啊!柯拉莉媽媽,妳哭了!媽媽、媽媽,妳就是這樣把我們大家的心都收服了。以前在刑床上,我們拚命忍著不敢喊出聲,卻看見妳眼裡斗大的淚珠一直掉。柯拉莉媽媽在為她的孩子們掉淚,那我們就把牙咬得更緊了。」


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– Et moi, je pleurais davantage, dit-elle, justement parce que vous aviez peur de me faire de la peine.

「我啊,反而哭得更兇了,」她說,「就是因為你們怕我難過啊。」


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– Et aujourd’hui, vous recommencez. Ah ! non, assez d’attendrissement ! Vous nous aimez. On vous aime. Il n’y a pas là de quoi se lamenter. Allons, maman Coralie, un sourire… Et tenez, voici Ya-Bon qui arrive, et Ya-Bon rit toujours, lui.

「今天您又哭了。啊!不行,別再感傷了!您愛我們,我們也愛您,這有什麼好難過的。來,柯拉莉媽媽,笑一個嘛……您瞧,亞邦來了,他那傢伙啊,永遠都是笑嘻嘻的。」


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Elle se leva brusquement.

她猛地站了起來。


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– Croyez-vous qu’il ait pu rejoindre un de ces deux hommes ?

「您覺得,他追得上那兩個人當中的一個嗎?」


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– Comment, si je le crois ! J’ai dit à Ya-Bon d’en ramener un par le collet. Il n’y manquera pas. Je ne redoute qu’une chose…

「這還用問!我叫亞邦揪著衣領給我拖一個回來,他絕對不會失手。我就怕一件事……」


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Ils s’étaient dirigés vers le vestibule. Déjà le Sénégalais remontait les marches. De sa main droite, il serrait à la nuque un homme, une loque plutôt, qu’il paraissait porter à bout de bras, comme un pantin. Le capitaine ordonna :

他們朝門廳走去。塞內加爾人已經踏上臺階。他用右手掐住一個男人的後頸。那與其說是個男人,不如說是一團爛布。他手臂伸得筆直,把人像木偶一樣拎著。上尉命令道:


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– Lâche-le.

「放開他。」


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Ya-Bon écarta les doigts. L’homme s’écroula sur les dalles du vestibule.

雅邦鬆開手指。那人倒在門廳的石板地上。


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– Voilà bien ce que je redoutais, murmura l’officier. Ya-Bon n’a que sa main droite, mais lorsque cette main tient quelqu’un à la gorge, c’est miracle si elle ne l’étrangle pas. Les Boches en savent quelque chose.

「這正是我擔心的,」軍官低聲說道,「雅邦只剩一隻右手,可只要這隻手掐住誰的脖子,沒把人掐死就算奇蹟了。德國佬可是領教過的。」


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Ya-Bon, une sorte de colosse, couleur de charbon luisant, avec des cheveux crépus et quelques poils frisés au menton, avec une manche vide fixée à son épaule gauche et deux médailles épinglées à son dolman, Ya-Bon avait eu une joue, un côté de la mâchoire, la moitié de la bouche et le palais fracassés par un éclat d’obus. L’autre moitié de cette bouche se fendait jusqu’à l’oreille en un rire qui ne semblait jamais s’interrompre et qui étonnait d’autant plus que la partie blessée de la face, raccommodée tant bien que mal, et recouverte d’une peau greffée, demeurait impassible.

雅邦是個巨人般的壯漢,皮膚黑得像發亮的煤。一頭捲髮,下巴留著幾撮捲鬍子。左肩縫著一隻空袖管,上衣別著兩枚勳章。一塊彈片打碎他一邊臉頰、半邊下顎,還有半張嘴和上顎。剩下的半張嘴咧到耳邊,看起來像一直在笑。受傷的那半邊臉勉強縫好,又植上一層皮,始終沒有表情。也正因如此,這抹不停的笑才格外讓人吃驚。


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En outre, Ya-Bon avait perdu l’usage de la parole. Tout au plus pouvait-il émettre une série de grognements confus où l’on retrouvait son sobriquet de Ya-Bon éternellement répété.

雅邦也說不出話了。他頂多發出一串含糊的咕噥。仔細聽,翻來覆去都是「雅邦」這個綽號,不斷重複。


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Il le redit encore d’un air satisfait, en regardant tour à tour son maître et sa victime, comme un bon chien de chasse devant la pièce de gibier qu’il a rapportée.

他一臉滿足,又叫了一聲。看看主人,又看看獵物。活像一隻好獵犬,守著自己叼回來的獵物。


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– Bien, fit l’officier, mais, une autre fois, vas-y plus doucement.

「很好,不過下次輕一點。」軍官說道。


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Il se pencha sur l’homme, le palpa, et constatant qu’il n’était qu’évanoui, dit à l’infirmière :

他俯身摸了摸那人。確定只是昏了過去,便對護士說:


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– Vous le reconnaissez ?

「妳認得他嗎?」


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– Non, affirma-t-elle.

她肯定地說:「不認得。」


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– Vous êtes sûre ? Vous n’avez jamais vu, nulle part, cette tête-là ?

「妳確定嗎?這張臉妳真的哪裡都沒見過?」


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C’était une tête très grosse, à cheveux noirs et pommadés, à moustache grisonnante. Les vêtements, gros bleu, et de bonne coupe, indiquaient l’aisance.

那顆頭很大,黑髮抹了髮油,留著花白的鬍子。衣服是藍色粗布衣,剪裁很好,看得出家境寬裕。


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– Jamais… jamais… déclara la jeune femme.

「沒有……我真的沒見過……」年輕女子說。


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Le capitaine fouilla les poches. Elles ne contenaient aucun papier.

上尉搜了搜他的口袋,裡面一張紙也沒有。


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– Soit, dit-il, en se relevant, nous attendrons qu’il se réveille pour l’interroger. Ya-Bon, attache-lui les bras et les jambes, et reste ici, dans le vestibule. Vous, les autres, les camarades, c’est l’heure de rentrer à l’annexe. Moi, j’ai la clef. Faites vos adieux à la maman, et trottez-vous.

他站起身說:「好吧,那就等他醒了再問話。雅邦,把他手腳綁起來,你就留在這兒,守著門廳。你們幾個,其他弟兄,該回附屬病舍了,鑰匙在我手上。跟媽媽道個別,趕緊走吧。」


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Et lorsque les adieux furent faits, il les poussa dehors, revint vers la jeune femme, la ramena au salon, et s’écria :

道別完,他把他們推出去,回到年輕婦人身邊,領她回客廳,隨即喊道:


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– Maintenant, causons, maman Coralie. Et d’abord, avant toute explication, écoutez-moi. Ce sera bref.

「來,柯拉莉媽媽,我們來談談。您先別解釋,先聽我說,我長話短說。」


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