– Non, l’escalier et le vestibule l’auraient conduit bien plus à gauche... À moins que...
「不對啦,要是走樓梯和門廳,他應該更偏左邊才對……除非……」
Une même idée les secoua. Elles se penchèrent. Au-dessous d’elles, une échelle était dressée contre la façade et s’appuyait au premier étage. Une lueur éclairait le balcon de pierre. Et un autre homme qui portait aussi quelque chose enjamba ce balcon, se laissa glisser le long de l’échelle et s’enfuit par le même chemin.
兩人同時閃過同一個念頭,渾身一震。她們探身往下望,只見一架梯子靠在外牆上,上端撐到二樓。一道微光照亮了石造的陽台。接著,另一個男人也扛著什麼東西,翻過陽台,順著梯子滑下去,循同一條路逃走了。
Suzanne, épouvantée, sans forces, tomba à genoux, balbutiant :
蘇珊娜嚇壞了,渾身發軟,當場跪倒,結結巴巴地說:
– Appelons !... appelons au secours !...
「快叫人啊!……快喊救命啊!……」
– Qui viendrait ? ton père... Et s’il y a d’autres hommes et qu’on se jette sur lui ?
「叫誰來?妳爸爸嗎……要是還有別人,一起撲向他怎麼辦?」
– On pourrait avertir les domestiques... ta sonnette communique avec leur étage.
「可以叫僕人來啊……妳那電鈴不就通到他們樓上嗎。」
– Oui... oui... peut-être, c’est une idée... Pourvu qu’ils arrivent à temps !
「對……對……或許這倒不失為一個辦法……就怕他們來不及趕到!」
Raymonde chercha près de son lit la sonnerie électrique et la pressa du doigt. Un timbre en haut vibra, et elles eurent l’impression que, d’en bas, on avait dû en percevoir le son distinct.
雷蒙德在床邊摸索電鈴按鈕,伸手按了下去。樓上鈴聲一響,兩人都覺得,樓下的人應該也聽見了這清晰的鈴聲。
Elles attendirent. Le silence devenait effrayant, et la brise elle-même n’agitait plus les feuilles des arbustes.
她們等著。四周的寂靜越來越可怕,連微風也停了,一動不動的灌木葉子彷彿凝在夜裡。
– J’ai peur... j’ai peur... répétait Suzanne.
「我好怕……我好怕……」蘇珊娜一直低聲念著。
Et, tout à coup, dans la nuit profonde, au-dessous d’elles, le bruit d’une lutte, un fracas de meubles bousculés, des exclamations, puis, horrible, sinistre, un gémissement rauque, le râle d’un être qu’on égorge...
突然間,深沉的夜色裡,樓下傳來一陣扭打聲,家具被撞得翻倒碎裂,還有幾聲驚呼。接著,是一聲駭人、陰森的粗啞呻吟——那是有人喉頭被割時的臨終喘息……
Raymonde bondit vers la porte. Suzanne s’accrocha désespérément à son bras.
雷蒙德一躍而起,撲向門口。蘇珊死命抓住她的手臂。
– Non... ne me laisse pas... j’ai peur.
「不……別丟下我……我怕啦……」
Raymonde la repoussa et s’élança dans le corridor, bientôt suivie de Suzanne qui chancelait d’un mur à l’autre en poussant des cris. Elle parvint à l’escalier, dégringola de marche en marche, se précipita sur la grande porte du salon et s’arrêta net, clouée au seuil, tandis que Suzanne s’affaissait à ses côtés. En face d’elles, à trois pas, il y avait un homme qui tenait à la main une lanterne. D’un geste, il la dirigea vers les deux jeunes filles, les aveuglant de lumière, regarda longuement leurs visages, puis sans se presser, avec les mouvements les plus calmes du monde, il prit sa casquette, ramassa un chiffon de papier et deux brins de paille, effaça des traces sur le tapis, s’approcha du balcon, se retourna vers les jeunes filles, les salua profondément, et disparut.
雷蒙德推開她,衝進走廊。蘇珊隨即跟上,踉踉蹌蹌,一路扶著牆壁,尖叫不已。雷蒙德跑到樓梯口,一級級跌撞下樓,撲向客廳大門,卻猛然止步,釘在門檻前,蘇珊也癱倒在她身旁。她們面前三步之處,站著一個男人,手裡提著一盞風燈。他舉燈朝兩位少女照了過來,強光刺得她們睜不開眼。他久久端詳她們的臉孔,然後不慌不忙,舉止鎮定到了極點:拿起鴨舌帽,拾起一團紙屑和兩根麥稈,抹去地毯上的痕跡,走近陽台,又轉身向兩位少女深深行禮,隨即消失無蹤。
La première, Suzanne courut au petit boudoir qui séparait le grand salon de la chambre de son père. Mais dès l’entrée, un spectacle affreux la terrifia. À la lueur oblique de la lune on apercevait à terre deux corps inanimés, couchés l’un près de l’autre.
蘇珊第一個跑進小起居室。這間屋子隔在大客廳和她父親的臥房之間。可是一進門,眼前的景象便嚇得她魂飛魄散。月光斜照進來,地上並排躺著兩個不動的人影。
– Père !... père !... c’est toi ?... qu’est-ce que tu as ? s’écria-t-elle affolée, penchée sur l’un d’eux.
「爸爸!……爸爸!……是你嗎?……你怎麼了?」她俯身撲在其中一人身上,驚慌地喊道。
Au bout d’un instant, le comte de Gesvres remua. D’une voix brisée, il dit :
過了一會兒,熱夫勒伯爵動了動,聲音沙啞地說:
– Ne crains rien... je ne suis pas blessé... Et Daval ? est-ce qu’il vit ? le couteau ?... le couteau ?...
「別怕……我沒事,沒受傷……達瓦爾呢?他還活著嗎?那把刀呢?……刀子呢?……」
À ce moment, deux domestiques arrivaient avec des bougies. Raymonde se jeta devant l’autre corps et reconnut Jean Daval, le secrétaire et l’homme de confiance du comte. Sa figure avait déjà la pâleur de la mort.
這時,兩名僕人提著蠟燭趕來。雷蒙德撲到另一具屍體前,認出是讓·達瓦爾(Jean Daval),伯爵的祕書兼心腹。他的臉已經白得像死人一樣。
Alors elle se leva, revint au salon, prit, au milieu d’une panoplie accrochée au mur, un fusil qu’elle savait chargé, et passa sur le balcon. Il n’y avait, certes, pas plus de cinquante à soixante secondes que l’individu avait mis le pied sur la première barre de l’échelle. Il ne pouvait donc être bien loin d’ici, d’autant plus qu’il avait eu la précaution de déplacer l’échelle pour qu’on ne pût s’en servir. Elle l’aperçut bientôt, en effet, qui longeait les débris de l’ancien cloître. Elle épaula, visa tranquillement et fit feu. L’homme tomba.
於是她站起身,回到客廳,從牆上那套兵器中取下一把獵槍——她知道裡頭上了子彈——然後走上陽台。那傢伙踏上梯子第一根橫檔,肯定還不到五、六十秒,人不可能走遠;更何況他還小心地把梯子挪開,免得被人用上。果然,她很快便看見他沿著舊修道院的殘壁逃走。她舉槍上肩,從容瞄準,開了槍。那男人應聲倒下。
– Ça y est ! ça y est ! proféra l’un des domestiques, on le tient celui-là. J’y vais.
「打中了!打中了!」一名僕人喊道,「這下可逮著他了。我去追。」
– Non, Victor, il se relève... descendez l’escalier, et filez sur la petite porte. Il ne peut se sauver que par là.
「不行,維克多,他又站起來了……快下樓,直奔小門。他只有從那裡才逃得出去。」
Victor se hâta, mais avant même qu’il ne fût dans le parc, l’homme était retombé. Raymonde appela l’autre domestique.
維克多急忙趕去,可是人還沒踏進花園,那男人又倒下了。雷蒙德喚來另一名僕人。
– Albert, vous le voyez là-bas ? près de la grande arcade ?...
「阿爾貝,你看到那邊那個人了嗎?就在大拱門那邊?……」
– Oui, il rampe dans l’herbe... il est fichu...
「有啊,他正在草叢裡爬……這下完蛋了……」