阿波書房 · XXVII
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[125]

– Si, madame, quelquefois, puisque vous êtes ici au lieu d’être là-bas.

「會的,夫人,有時候還是會改的,不然您現在就不會在這裡,而是在那邊了。」


[126]

La jeune femme eut un moment de gêne. Toute sa colère était tombée. Elle regardait Rénine avec cet étonnement que l’on éprouve en face de certains êtres différents des autres, plus capables d’actes inaccoutumés, plus généreux et plus désintéressés. Elle se rendait parfaitement compte qu’il agissait sans arrière-pensée ni calcul, simplement, comme il le disait, par devoir de galant homme envers une femme qui se trompe de chemin.

年輕婦人感到一陣尷尬。她的怒氣全消了。她望著雷寧親王,眼裡滿是驚訝。那是人們面對某些異於常人的人時的眼神。那些人更敢做不尋常的事,也更慷慨,更無私。她心裡很明白,他沒有私心,也沒有算計。他就像他自己說的,只是盡一個紳士的本分,向走錯路的女人伸出手。


[127]

Très doucement, il lui dit :

他輕聲對她說:


[128]

– Je sais très peu de choses sur vous, madame, assez cependant pour que j’aie le désir de vous être utile. Vous avez vingt-six ans et vous êtes orpheline. Il y a sept ans, vous avez épousé le neveu par alliance du comte d’Aigleroche, lequel neveu, assez bizarre d’esprit, à moitié fou, a dû être enfermé. D’où impossibilité pour vous de divorcer, et obligation, votre dot ayant été dissipée, de vivre à la charge de votre oncle et auprès de lui. Le milieu est triste, le comte et la comtesse ne s’accordant pas. Jadis le comte a été abandonné par sa première femme, laquelle s’est enfuie avec le premier mari de la comtesse. Les deux époux délaissés ont, par dépit, uni leurs destinées, mais n’ont trouvé dans ce mariage que déceptions et rancœurs. Vous en subissez le contrecoup. Vie monotone, étriquée, solitaire pendant plus de onze mois sur douze. Un jour, vous avez rencontré M. de Rossigny qui s’est épris de vous et vous a proposé la fuite. Vous ne l’aimiez pas. Mais l’ennui, votre jeunesse qui se perd, le besoin d’imprévu, le désir de l’aventure… bref, vous avez accepté avec l’intention très nette d’éconduire votre amoureux, mais avec l’espoir un peu naïf que ce scandale forcerait votre oncle à vous rendre des comptes et à vous assurer une existence indépendante. Voilà où vous en êtes. À l’heure actuelle, il faut choisir : ou bien vous mettre entre les mains de M. Rossigny… ou bien vous confier à moi.

「夫人,我對您的事知道得不多,但已經足夠讓我想幫您了。您今年二十六歲,很小就沒了父母。七年前,您嫁給了艾格羅什伯爵姻親那邊的一個姪子,那個人頭腦不太正常,近乎瘋癲,現在應該是被關起來了。所以您沒辦法離婚,嫁妝又被花光了,只能靠伯父生活,住在他身邊。那個家氣氛很沉悶,伯爵和伯爵夫人又合不來。當年伯爵被他的第一任妻子拋棄,她是跟伯爵夫人的前夫跑了。這兩個被丟下的人一氣之下結了婚,可在這段婚姻裡得到的,只有失望和怨恨,結果苦的都是您。一年十二個月裡,您有十一個多月都過著單調、壓抑又孤單的日子。有一天,您遇到了羅西尼先生,他愛上了您,提議帶您私奔。您並不愛他,只是日子太悶,眼看青春一天天流掉,又渴望有點意外、有點冒險……總之,您答應了,心裡卻打定主意不會真的跟他,只是天真地想,靠這樁醜聞或許能逼伯父出面,讓您能獨立過活。您的處境大概就是這樣。現在,您得做個選擇:要嘛把自己交給羅西尼先生……要嘛交給我。」


[129]

Elle leva les yeux sur lui. Que voulait-il dire ? Que signifiait cette offre qu’il fit gravement, comme un ami qui ne demande qu’à se dévouer ?

她抬眼看他。他究竟想說什麼?他鄭重提出這個提議,像個一心只想付出的朋友,這又是什麼意思?


[130]

Après un silence, il prit les deux chevaux par la bride et les attacha. Puis il examina la lourde porte dont chacun des battants était renforcé par deux planches clouées en forme de croix. Une affiche électorale, datée de vingt ans, montrait que personne depuis cette époque n’avait franchi le seuil du domaine.

沉默了一會兒,他牽起兩匹馬的韁繩,把馬拴好。接著,他仔細打量那扇沉重的大門。兩扇門板各釘了兩塊木板,釘成十字加固。有一張二十年前的選舉海報,看得出來,自那時起,就沒有人再踏進這座莊園一步。


[131]

Rénine arracha un des poteaux de fer qui soutenaient un grillage tendu autour de la demi-lune et l’utilisa comme levier. Les planches pourries cédèrent. L’une d’elles démasqua la serrure qu’il attaqua au moyen d’un couteau épais, muni de lames nombreuses et d’outils. Une minute plus tard, la porte s’ouvrait sur un champ de fougères qui s’étendait jusqu’à une longue bâtisse délabrée que dominait, entre quatre clochetons d’angle, une sorte de belvédère construit sur une tourelle.

雷寧親王拔下一根鐵柱,當作撬棍。這根鐵柱原本撐著鐵絲網,鐵絲網圍著半月形的空地。腐朽的木板撐不住,鬆開了。其中一塊掉下來,露出鎖頭。他掏出一把厚刀,刀上附了許多刀片和工具,動手撬鎖。一分鐘後,門開了。門後是一片長滿蕨草的原野,一路延伸到一棟破敗的長屋。長屋四角各有一座小尖塔,中間一座塔樓上蓋了涼亭,高出整棟屋子。


[132]

Le prince se retourna vers Hortense.

親王轉身面向奧爾唐絲。


[133]

– Rien ne vous presse, dit-il. Ce soir, vous prendrez votre décision, et si M. Rossigny parvient une seconde fois à vous convaincre, je vous jure sur l’honneur que vous ne me trouverez pas en travers de votre chemin. Jusque-là, accordez-moi votre présence. Nous avons résolu hier de visiter ce château, visitons-le, voulez-vous ? C’est une manière comme une autre de passer le temps et j’ai idée que celle-ci ne manquera pas d’intérêt.

「不急。」他說,「決定留到今晚再做。如果羅西尼先生能再說服您一次,我以名譽向您保證,我絕不會擋您的路。在那之前,就讓我陪著您吧。我們昨天說好要參觀這座城堡,那就去走走吧,好嗎?反正也是打發時間,而且我有預感,這一趟肯定不會無聊。」


[134]

Il avait une manière de parler qui commandait l’obéissance. Il semblait à la fois ordonner et implorer. La jeune femme n’essaya même pas de secouer l’engourdissement où sa volonté sombrait peu à peu. Elle le suivit vers un perron à moitié démoli, au haut duquel on apercevait une porte également renforcée de planches en croix.

他說話的口氣,讓人不得不服從。聽著像在命令,又像在懇求。年輕女子連掙扎一下都沒有,任由意志一點一點沉入麻木之中。她跟著他走向一座半毀的臺階。臺階頂上有一扇門,同樣用木板打成十字加固。


[135]

Rénine procéda de la même manière. Ils entrèrent dans un large vestibule, dallé de noir et blanc, meublé de dressoirs anciens et de stalles d’église, et orné d’un écusson de bois où se voyaient des vestiges d’armoiries représentant un aigle cramponné à un bloc de pierre, tout cela sous un tissu de toiles d’araignées qui pendaient sur une porte.

雷寧親王如法炮製。他們走進寬敞的門廳。廳裡鋪著黑白相間的地磚,擺著古老的餐櫃和教堂長椅,還有一面木盾。盾上依稀看得出紋章的殘痕,圖案是一隻老鷹緊抓著石塊。這些東西上頭都罩著一層蜘蛛網,網絲一路垂到一扇門上。


[136]

– La porte du salon, évidemment, affirma Rénine.

雷寧肯定地說:「這顯然就是客廳的門。」


[137]

L’ouverture en fut plus difficile, et ce n’est qu’en l’ébranlant à coups d’épaule qu’il réussit à pousser l’un des battants.

這扇門更難開。他用肩膀撞了好幾下,才推開其中一扇。


[138]

Hortense n’avait pas prononcé une parole. Elle assistait non sans étonnement à cette suite d’effractions exécutées avec une véritable maîtrise. Il devina sa pensée et, se retournant, lui dit d’un ton sérieux :

奧爾唐絲一句話也沒說。她看著他接連破門,手法十分熟練,心裡不免吃驚。他猜到她在想什麼,回過頭來,正色對她說:


[139]

– C’est un jeu d’enfant pour moi. J’ai été serrurier.

「這對我來說是小兒科,我以前當過鎖匠。」


[140]

Elle lui saisit le bras tout en murmurant :

她抓住他的手臂,低聲說:


[141]

– Écoutez.

「你聽。」


[142]

– Quoi ? fit-il.

他問:「什麼?」


[143]

Elle accentua son étreinte, exigeant le silence. Presque aussitôt, il murmura :

她手上加了勁,要他別出聲。隨即,他低語道:


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– En effet, c’est étrange.

「嗯,真的很怪。」


[145]

– Écoutez… écoutez…, répéta Hortense stupéfaite. Oh ! est-ce possible ?

「聽……聽……」奧爾唐絲驚愕地重複道:「喔,這怎麼可能?」


[146]

Ils entendaient, non loin d’eux, un bruit sec, le bruit d’un petit choc revenant à intervalles réguliers, et il leur suffit de prêter l’oreille avec attention pour reconnaître le tic-tac d’une horloge. Vraiment oui, c’était cela qui scandait le grand silence du salon obscur, c’était bien le tic-tac très lent, rythmé comme le battement d’un métronome, que produit un lourd balancier de cuivre. C’était cela. Et rien ne pouvait leur paraître plus impressionnant que la pulsation mesurée de ce petit mécanisme qui avait continué de vivre dans la mort du château… par quel miracle ? par quel phénomène inexplicable ?

不遠處傳來一聲乾脆的聲響,小小的一記撞擊,隔著固定的間隔反覆響起。他們凝神細聽,隨即認出那是時鐘的滴答聲。真的,就是這個聲音,在幽暗客廳的大片寂靜裡打著拍子。那滴答聲十分緩慢,規律得像節拍器,是沉重的銅擺錘擺出來的。就是它了。城堡明明一片死寂,這小機械卻還活著,規律地脈動,再沒有比這更叫人震撼的了……靠著什麼奇蹟?靠著什麼無法解釋的現象?


[147]

– Pourtant, balbutia Hortense, qui n’osait élever la voix, pourtant personne n’est entré ?…

「可是……」奧爾唐絲不敢大聲說話,結結巴巴地說,「可是真的都沒有人進來過嗎?……」


[148]

– Personne.

「沒有。」


[149]

– Et il est inadmissible que cette horloge ait pu marcher pendant vingt ans sans être remontée ?

「而且,一座時鐘二十年都沒上發條,竟然還會走,這實在說不過去吧?」


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