L’Éclat d’obus · eclat_obus
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[175]

– Qu’est-ce que tu viens de dire, Paul ? c’est une chose si monstrueuse !…

「保羅,你剛才說了什麼?這……這簡直太可怕了!……」


[176]

Il répondit sur le même ton :

他也壓低聲音回答:


[177]

– Oui, c’est une chose monstrueuse. Moi-même je n’y crois pas encore… je ne veux pas y croire…

「對,這件事太可怕了。連我到現在都還不敢相信……我不想去相信……」


[178]

– Alors… tu t’es trompé, n’est-ce pas ? Tu t’es trompé, avoue-le…

「那麼……是你搞錯了,對不對?你一定搞錯了,承認嘛……」


[179]

Elle le suppliait de toute sa détresse, comme si elle eût espéré le fléchir. Par-dessus l’épaule de sa femme, il accrocha de nouveau son regard au portrait maudit, et tressaillit des pieds à la tête.

她以滿心的絕望苦苦哀求,彷彿還指望能打動他。他的目光越過妻子的肩頭,再度落在那幅受詛咒的肖像上,整個人從頭到腳一陣戰慄。


[180]

– Ah ! c’est elle, affirma-t-il en serrant les poings. C’est elle… je la reconnais… C’est elle qui a tué…

「啊!是她!」他握緊拳頭,一口咬定,「是她……我認得她……人就是她殺的……」


[181]

Un sursaut de révolte secoua la jeune femme, et se frappant violemment la poitrine :

年輕女子渾身一顫,憤怒湧上心頭,她用力捶著胸口:


[182]

– Ma mère ! ma mère à moi aurait tué… ma mère ! celle que mon père adorait et qu’il n’a pas cessé d’adorer !… ma mère qui me berçait autrefois et qui m’embrassait ! J’ai tout oublié d’elle, mais pas cela, pas l’impression de ses caresses et de ses baisers ! Et c’est elle qui aurait tué !

「我母親!我的親生母親會殺人……我母親!爸爸那麼深愛、到死都還深愛著的女人!……我母親,從前哄我睡覺、親我的那個母親!她的事我全忘了,就只有這些忘不了,忘不了她撫摸我、親我的感覺!結果竟然是她下的手!」


[183]

– C’est elle.

「是她沒錯。」


[184]

– Ah ! Paul, ne dites pas une telle infamie ! Comment pouvez-vous affirmer, si longtemps après le crime ? Vous n’étiez qu’un enfant et, cette femme, vous l’avez si peu vue !… à peine quelques minutes.

「啊!保羅,別說出這麼可怕的指控!命案都過去那麼久了,您怎麼還能這樣斷定?您當時只是個孩子,而那個女人,您幾乎沒見過她!……頂多幾分鐘而已。」


[185]

– Je l’ai vue plus qu’on ne peut voir, s’exclama Paul avec force. Depuis l’instant du crime, son image ne m’a pas quitté. J’aurais voulu m’en délivrer parfois, comme on veut se délivrer d’un cauchemar. Je n’ai pas pu. Et c’est cette image qui est là contre ce mur. Aussi sûrement que j’existe, la voilà, je la reconnais comme je reconnaîtrais votre image après vingt ans ! C’est elle… Tenez, mais tenez, à son corsage, cette broche entourée d’un serpent d’or… Un camée ! ne vous l’ai-je pas dit ! Et les yeux de ce serpent… des rubis ! Et le fichu de dentelle noire autour des épaules ! C’est elle ! c’est la femme que j’ai vue !

「我看見過她,比誰都看得清楚,」保羅激動地喊道。「從命案發生的那一刻起,她的模樣就再也沒有離開過我。有時候我也想擺脫它,就像人想擺脫一場噩夢那樣。可我做不到。而那個影像就在那裡,就在這面牆上。就像我活生生站在這裡一樣確定——那就是她,我認得她,就像再過二十年,我也照樣認得您的模樣!是她……您看,您看,她胸前那枚繞著金蛇的胸針……是浮雕寶石!我不是早跟您說過了嗎!還有那條蛇的眼睛……是紅寶石!肩上那條黑色蕾絲披巾!是她!就是我親眼見過的那個女人!」


[186]

Une fureur croissante le surexcitait, et il menaçait du poing le portrait d’Hermine d’Andeville.

怒火越燒越旺,他激動難抑,朝著埃爾米娜·德·安德維爾的畫像揮起了拳頭。


[187]

– Tais-toi, s’écria Elisabeth, que torturait chacune de ses paroles, tais-toi, je te défends…

「閉嘴!」伊莉莎白喊道,他的每一句話都在折磨著她,「閉嘴,我不准你再說下去……」


[188]

Elle voulut lui appliquer la main sur la bouche pour le réduire au silence. Mais Paul eut un geste de recul comme s’il se refusait à subir le contact de sa femme, et ce fut un mouvement si brusque, si instinctif, qu’elle s’écroula avec des sanglots, tandis que lui, exaspéré, fouetté par la douleur et la haine, en proie à une sorte d’hallucination épouvantée qui le faisait reculer jusqu’à la porte, proférait :

她想伸手捂住他的嘴,讓他住口。保羅卻猛然退開,彷彿不願受妻子碰觸。這動作來得如此突兀、如此出於本能,她當場癱倒,泣不成聲。而他怒不可遏,被痛苦與仇恨驅策著,陷入一種恐怖的幻覺,一路退到門邊,嘶聲喊道:


[189]

– La voilà ! C’est sa bouche mauvaise, ses yeux implacables ! Elle pense au crime. Je la vois… je la vois… Elle s’avance vers mon père ! Elle l’entraîne !… Elle lève le bras !… Elle le tue !… Ah, la misérable !…

「她在那兒!那張惡毒的嘴,那雙無情的眼睛!她動了殺念。我看見她了……我看見她了……她朝我父親走過去!她拖著他!……她舉起手來!……她殺了他!……啊,這個賤人!……」


[190]

Il s’enfuit.

他奪門而出。


[191]

Cette nuit-là, Paul la passa dans le parc, courant comme un fou, au hasard des allées obscures, ou se jetant exténué sur le gazon des pelouses, pleurant, et pleurant indéfiniment.

那一晚,保羅是在庭園裡過的。他像瘋了似的狂奔,在幽暗的小徑間胡亂亂闖,不然就是筋疲力竭地撲倒在草坪上,哭個不停,無止無休地哭。


[192]

Paul Delroze n’avait jamais souffert que par le souvenir du crime, souffrance atténuée, mais qui, néanmoins, dans certaines crises, devenait aiguë, jusqu’à lui sembler la brûlure d’une plaie nouvelle. La douleur, cette fois, fut telle et si imprévue que, malgré sa maîtrise habituelle et l’équilibre de sa raison, il perdit véritablement la tête. Ses pensées, ses actes, ses attitudes, les mots qu’il criait dans la nuit, furent ceux d’un homme qui n’a plus la direction de lui-même.

從前,保羅·德爾羅茲(Paul Delroze)只因那樁罪行的記憶而痛苦;痛楚雖已淡了,卻仍會在某些時刻驟然尖銳,像一道新傷在灼燒。這一次,痛苦來得太猛、太突然,縱使他素來自制、心智穩定,也真的亂了方寸。他的思緒、行動、姿態,以及夜裡喊出的話,全都屬於一個再也無法自主的人。


[193]

Une seule idée revenait toujours en son cerveau tumultueux, où les idées et les impressions tourbillonnaient comme des feuilles au vent, une seule pensée terrible : « Je connais celle qui a tué mon père, et la femme que j’aime est la fille de cette femme ! »

在他紛亂的腦海裡,念頭與印象如風中落葉般翻飛盤旋,唯有一個可怕的想法一再浮現:「我認識那個殺害我父親的女人,而我深愛的女子,正是這個女人的女兒!」


[194]

Aimait-il encore ? Certes il pleurait désespérément un bonheur qu’il savait brisé, mais aimait-il encore Elisabeth ? Pouvait-il aimer la fille d’Hermine d’Andeville ?

他還愛她嗎?誠然,他正為一份自知已然破碎的幸福絕望痛哭;但他還愛伊莉莎白嗎?他能愛埃爾米娜·當德維爾(Hermine d'Andeville)的女兒嗎?


[195]

Au petit jour, quand il rentra et qu’il passa devant la chambre d’Elisabeth, son cœur ne battit pas plus vite. Sa haine contre la meurtrière abolissait tout ce qui pouvait palpiter en lui d’amour, de désir, de tendresse ou même de simple et humaine pitié.

天將破曉時,他回到家中,經過伊莉莎白的房門,心跳卻沒有加快半分。他對那個兇手女子的仇恨,早已將心中一切可能悸動的情感——愛、慾望、溫柔,甚至連最單純的人性憐憫——全都抹滅。


[196]

L’engourdissement où il tomba durant quelques heures détendit un peu ses nerfs, mais ne changea pas la disposition de son esprit. Peut-être au contraire, et cela sans même y réfléchir, se refusait-il avec plus de force à rencontrer Elisabeth. Cependant, il voulait savoir, se rendre compte, s’entourer de tous les renseignements nécessaires, et ne prendre qu’en toute certitude la décision qui allait dénouer, dans un sens ou dans l’autre, le grand drame de sa vie.

接下來幾個小時,他陷入麻木,神經稍稍鬆弛,心境卻沒有改變。或許恰恰相反:他不假思索,反而更加抗拒去見伊莉莎白。不過,他想知道真相,想看清事實,想蒐集一切必要的資訊,不到完全確定,絕不做下那個決定——無論朝哪個方向,它都將為他人生這齣大戲收場。


[197]

Avant tout il fallait interroger Jérôme et sa femme, dont le témoignage prenait une valeur considérable du fait qu’ils avaient connu la comtesse d’Andeville. Certaines questions de dates, par exemple, pouvaient être élucidées sur-le-champ. Il les trouva dans leur pavillon, tous deux très agités. Jérôme un journal à la main et Rosalie gesticulant avec effroi.

首先,他得詢問傑羅姆夫婦。兩人認識當德維爾伯爵夫人,證詞因此格外有分量;譬如某些日期問題,當場就能釐清。他在門房小屋裡找到他們,夫妻倆都激動得很:傑羅姆手裡捏著報紙,羅莎莉驚惶地比手畫腳。


[198]

– Ça y est, monsieur, s’écria Jérôme. Monsieur peut en être sûr : c’est pour tantôt !

「來了,先生!」傑羅姆嚷道,「先生儘管放心,就在今天下午!」


[199]

– Quoi ? fit Paul.

「什麼?」保羅問。


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